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La règle des tiers est une catastrophe pour vos photos

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Mettons immédiatement les pieds dans le plat : cette (soi-disant) règle des tiers n’a été inventée QUE pour éviter aux débutants de faire des photos systématiquement ratées ou maladroites… Mais oubliez-là très vite !

Car elle n’a pas été faite pour aider les « photographes » à créer des photos intéressantes… Elle aurait plutôt tendance à vous pousser à produire des images systématiquement ennuyeuses : du moins si vous l’appliquez aveuglément et systématiquement.

La règle des tiers est à l’apprentissage de la photo, ce que le « chasse neige » est à l’apprentissage du ski… Un « basique » bien utile aux débutants, dont on ne se servira plus beaucoup ensuite…

Comment cette règle des tiers a-t-elle été inventée alors ? Et bien tout simplement je suppose que l’on a dû remarquer que : « souvent » d’excellentes images obéissent à ce type de proportions avec des point forts de l’image situés aux « tiers »… Toutefois cette réalité (si tant est qu’elle existe) : n’implique aucunement que la respecter va créer forcément d’excellentes images… Car on oublie aussi de préciser, que beaucoup d’excellentes images « n’obéissent pas » à cette règle des tiers.

 

J’aime bien cette image, pour pas mal de raisons que vous ne partagez pas obligatoirement. Pour autant elle n’obéi pas exactement à la règle des tiers… Tout tombe « plus ou moins « à côté » des tiers.

 

 

Prenons une métaphore pour expliquer ce paradoxe… On remarque que les voitures qui gagnent des courses sont souvent peintes en rouge (vrai)… Mais pourtant : cela n’implique pas qu’en peignant votre voiture en rouge vous ayez soudain « plus de chances » de gagner des courses (sans même imaginer que toute le monde peigne sa voiture en rouge également). Tout juste les statistiques des assurances auraient-elle tendance à démontrer que les voitures rouges, provoquent plus souvent des accidents que les voitures d’autres couleurs.

Je rebondis aussi sur cette idée amusante : imaginez que toutes les photographes utilisent la règle des tiers (ou se mettaient à peindre leur voiture en rouge ! )… Comment produiraient-ils alors des photos plus intéressantes, que leur voisin ? La « banalité » n’est pas le meilleur moyen d’attirer l’attention sur vos photos.

 

Je ne l’ai pas fait exprès : ici le visage exactement au tiers supérieur. Et au tiers à droite… Image non recadrée.

 

 

Nous vivons dans un monde d’images, ou nous sommes confrontés à tellement d’images que nous ne les remarquons même plus. C’est pourquoi les seules images qui « arrêtent notre regard » sont généralement celles dont la composition est « surprenante », voir « déstabilisante »… Ou celles dont le sujet est si fort : que peu importe leur composition ! Échapper à la règle des tiers ne suffira évidemment pas à captiver le regard : il faudra bien entendu « autre chose » à votre photo : un sujet, un sens, un message, etc… Relire à ce sujet : Les photos doivent-elles « avoir du sens » ? Une image n’est pas faite que de géométrie comme l’écrivait Henri Cartier-Bresson : qui se contrefichait pas mal de la règle des tiers au moment de « l’instant décisif » !

 

« La composition doit être une de nos préoccupations constantes, mais au moment de photographier elle ne peut être qu’intuitive, car nous sommes aux prises avec des instants fugitifs où les rapports sont mouvants ».

 

 

Pour l’anecdote : la règle des tiers est un grand classique chez les photographes de paysage Américains : beaucoup en sont « fan » comme on peut le lire ici ou là. J’ai d’ailleurs remarqué sur les sites de photo US que les Américains aiment beaucoup les « recettes toutes faites »… Les « check-lists » et les « guides d’utilisation » préparés et bien calibrés (un peu dans le genre « comment réussir dans votre business », l’Amérique est le pays des « Self made man »)… A ce sujet, j’ai trouvé cet article intéressant sur : neomodern.medium.com.

La règle des tiers tombe donc « à pic » pour pas mal de photographes Américains, qui en ont fait une espèce de « mantra », de recette magique, qu’il suffirait de suivre pour obtenir de bonnes photos… Dans le même genre de fables : on pourrait évoquer « le nombre d’or » qui est une superstition assez ridicule en provenance d’un lointain passé obscur.

 

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Nous voilà encore très loin de la règle des tiers… Mais j’aime bien cette photo ! La grande surface du mur (proportionnellement au reste de l’image), contribue à l’impact du cette couleur qui est le principal moteur de cette image… Le chien est un contre-point indispensable, sans lequel cette photo n’existerait pas (j’ai fait pas mal d’autres photos de ces murs bleu). Ce petit chien en mouvement qui « disparait » dans l’arrière plan est tout l’inverse de ce grand mur bleu statique qui « reste » au premier plan… Et sa couleur chaude est exactement la complémentaire du bleu. Sa toute petite taille et la forme en « virgule pointue » de sa queue, contrastent de façon amusante avec l’immense surface rectangulaire « d’aplat » bleu…

Au final : cette image fonctionne bien : en totale contradiction avec la règle des tiers ! On voit sur cette image les 4 lignes de séparation des tiers. Et la ligne diagonale du coin haut gauche, vient croiser la ligne oblique qui part vers la droite (fils électrique). Leur croisement se produit par hasard : exactement sur la ligne lumineuse qui se forme être l’arrière plan sombre à l’ombre et le mur lumineux. Ce point précis est un peu comme le centre d’une « étoile » du coup » (bien que partielle) qui forme un « centre géométrique rayonnant »…

Au premier quart inférieur : exactement en dessous, le cou du chien croise également le mur et ceci de façon exactement symétrique (par rapport à la moitié horizontale). En somme cette « étoile » du haut, répond au chien en dessous qui en est le symétrque… Enfin on remarque une autre ligne diagonale en bas à gauche (la ligne délimitant l’ombre noir et le chemin couleur Terre de Sienne)… De façon étonnante : on remarque que le croisement de cette ligne avec la diagonale partant du coin en haut à gauche : se situe précisément sur la ligne médiane horizontale… Rigolo : tout cela étant le fruit du hasard…

 

 

Le chien sur cette photo ne suit pas la règle des tiers . La seule chose qu’il suive ici, c’est probablement son maitre.

 

 

 

Oubliez ce « nombre d’or » ! C’est une superstition digne de l’alchimie et de la transmutation du plomb en or… Oubliez simplement son existence (sauf en tant que curiosité historique), j’en avais d’ailleurs parlé ici : Oubliez le nombre d’or, la Spirale de Fibonacci et autres « superstitions mystiques ». Extrait :

« Il arrive même (exceptionnellement) que le nombre d’Or sente le souffre : Le nombre d’or est-il raciste ? Bons et mauvais usages, de la géométrie à l’idéologie. » Ce sont bien les sous-entendus métaphysiques ou idéologiques qui expliquent qu’un nombre en soi bien innocent, suscite des engouements tels qu’ils conduisent à inventer de fausses citations, tricher sur des diagrammes, imaginer des transmissions improbables de secrets millénaires… A nous de réveiller la raison, et de ne pas nourrir les monstres. » Ne pas nourrir les monstres à force de « superstitions » !

En dépit d’un confort matériel, d’une abondance apparence et d’une sécurité incontestable (encore que dans certains quartiers, cela devient relatif) : notre époque est troublée et nous semble désormais (depuis 2020 singulièrement) beaucoup plus inquiétante que tout ce que nous avons pu connaitre depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Notre époque est donc devenue un terrain favorable pour le retour des superstitions, des fausses sciences, des médecine parallèles, des « poudres de perlimpinpin » et des recettes « bidon et rassurantes »… Ne vous faites pas « avoir » par des « superstitions », ou par de faux prophètes.

A lire, ce sujet voisin : Analyse d’image : décryptez les lignes rayonnantes (un article que j’ai publié en 2016)

 

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Ultime remarque : pour autant parmi mes propres photos (celles dont je me souviens et que je trouve les plus intéressantes) : vous en trouverez certaines qui cadrent parfaitement avec  la « règle des tiers »… Etonnement ! Mais ce n’est qu’un hasard, rassurez-vous.  

Et certainement pas un effort « conscient » de ma part… Et si on la prend la règle un peu au sens large (avec un peu de souplesse) : il est quasiment « inévitable » que pas mal de photos voient leurs centre d’intérêt tomber « à peu près » sur des tiers… C’est juste inévitable pour des raison géométriques : et ça devient d’autant plus inévitable qu’on la considère avec une certaine souplesse. Parmi ces photos il y a des bonnes photos et des mauvaises.

Mais si l’on veut absolument trouver une logique géométrique : on va finir par la trouver ! Y compris dans les oeuvres d’Art et dans la nature (les fractale, le nombre d’or etc…) Les adeptes de « nombres » voient des « nombres » partout ! Tant mieux pour eux… Et tant pis pour la science et la logique ! Il faudrait tout de même apprendre à distinguer corrélation et causalité…

 

Voyez-vous certains élément correspondent aux « tiers » ici ? Je crois qu’il n’y en a aucun justement… Rajasthan, Inde.

Rien en tombe « aux tiers » ici… Est-ce pour autant une photo ratée ?

Horizon au tiers inférieur (quasi). Mat du bateau sur le tiers droit… S’agit-il pour autant d’une photo réussie ?

 

 

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32 commentaires

  1. Bonjour, intéressant l’article.

    Je pense que la règle des tiers n’est pas vraiment une règle mais plutôt une ligne directrice pour pouvoir bien composer sa photo, je l’ai souvent entendu pour les débutants qui ne savent pas trop comment positionner leur sujet dans le cadre.

    Après bien sur ce n’est pas systématique tu l’as démontrer avec plusieurs exemple via des photos.

    Ce problème ce sont souvent les plus jeunes et les débutants en photos qui se fixent dessus, dans cette règle ils suivent un guide car un peu perdu.

    Aussi je pense que dans nos APN, on peut aussi afficher une grille pour ça.

  2. Le nombre d’or est une technique utilisée par bien des peintres avant nous , a moins qu’il n’y ait eu une règle pour les peintres débutants . Regare de bien tes photos , tu n’est pas si loin du cadrage tiers , ce n’est pas de la composition au cm près non plus .
    Cordialement
    Richard

    • Oui, et je sais aussi que nombre de merveille architecturales du passé étaient également « guidées » par de tas de superstitions ou traditions ; croire en n’importe quelle superstition moyenâgeuse n’empêche aucunement de créer aujourd’hui (ou même à l’avenir) des merveilles artistiques.

      Toutefois les superstitions (telle que le nombre d’or) : ne conduisent pas « nécessairement » à réussir une Lecuivre d’Art (ni en photo, ni en peinture, ni en architecture)…

      Il a existé des artistes qui ont accompli des merveilles au cours des siècles passés, guidés et motivés par d’innombrables croyances ridicules (religieuses, ou superstitieuses) qui étaient un « moteur » à leur créativité. Admirer la beauté artistique de leur réalisations : ne nous empêche pas de considérer que leurs croyances étaient ridicules.

      Selon moi le nombre d’Or est une superstition ridicule et arriérée. Mais je n’empêche personne d’y croire, si ça lui chante… Et tant mieux si certains créent des merveilles grâce à cette croyance.

    • Oui : concernant le bateau (photo 2) et la cuisine dans le train (photo 4) : en effet ! Et c’est justement ce que j’explique dans la légende…

      Mais concernant la photo du bateau centré (photo 1) : non… Justement, le bateau est parfaitement « centré ». Il est certes sur la seconde ligne rouge… Rien d’autre n’obéi à la règle des tiers : ni l’horizon (en dessous du tiers). Ni le gratte ciel (à gauche du tiers…)

      Et concernant la photo à contre jour (photo 3) : non plus… Absolument rien ne tombe sur les lignes rouges : aucun « point fort »… (pour correspondre à la règle des tiers il faudrait que l’axe centrale de la colonne tombe sur la verticale rouge (premier tiers). Alors que là uniquement le bord de la colonie correspond à l’axe rouge. Mais il faudrait que ce soit le « centre de la colonie » pour que ce soit significatif en terme d’équilibre…

    • Là encore je ne suis pas d’accord :

      Photo 1 : le point d’intérêt principal (lma que du chien) ne tombe absolument pas au « tiers »… Tout juste peut-on considérer que le croisement du mur et du fil électrique correspond effectivement au tiers. Mais c’est un « centre d’intérêt » que je considère « secondaire » dans cette photo…

      Il faut je crois distinguer les « points forts » d’une photo (là ou le regard s’arrête immédiatement)… et les lignes « secondaires »…

    • Concernant la seconde photo (noir et blanc) : aucun « point fort » de l’image ne tombe sur le tiers…

      – Ni le visage de l’enfant…
      – ni le coude de l’adulte, ni son épaule…

      Mais quelques lignes secondaire : oui bien entendu… (le bord de la fenêtre et la série de rivets à gauche). C’est toutefois Mineur : et globalement on ne prendrait jamais cette photo comme « exemple », si il fallait expliquer « la règle des tiers » à un débutant en photo.

  3. Bonjour. J’adore ce site et tes images même s’il est un peu trop centré sur Canon à mon goût. Cependant dire que le nombre d’or est une superstition ridicule et arriérée est une méconnaissance de son application en architecture qu’elle soit ancienne ou récente. Il suffit de regarder les monuments grecs ou les œuvres de Le Corbusier pour s’en rendre compte. La composition avec le nombre d’or est enseignée en architecture. Car elle permet d’apprendre à créer des façades harmonieuses, pour après, pouvoir s’en affranchir ou l’utiliser autrement. Non , le nombre d’or n’est pas une croyance occulte.

    • Personnellement j’ai fait quelques études d’Art Appliqué et d’histoire de l’Art, plutôt de haut niveau… Et vraiment je ne crois pas que le « nombre d’or » soiet encore enseigné (en tant que méthode) dans aucune école d’architecture reconnue, ni de design aujourd’hui… On en est plus là heureusement ! ! ! Mais bien entendu on aborde cette curiosité historique intéressante, dans les classes d’histoire de l’Art ou « d’Esthétique » dans ces même écoles (je précise que le terme « Esthétique » : désigne en philosophie tout ce qui concerne le philosophie de l’Art, ou philosophie de la notion de « beauté »)

      Mais aucun n’architecte contemporain ne se base plus sur cette vieille sottise. Cette superstition a survécue… même si quelque utopistes illuminés et controversés l’ont utilisé dans un passé encore récent, ou à des époques ou l’on croyait également à de nombreuses autres fables (spécialement Le Corbusier et son Modulor : un architecte génial des années 40, mais extrêmement controversé https://bit.ly/3DQQJF3 dont l’obsession géométrique était irrationnelle et déraisonnable. Ce qui a conduit à quelques chef d’oeuvres et aussi à pas mal d’échecs).

      A propos des Grecs, une petite lecture instructive :

      https://www.arretetonchar.fr/le-nombre-dor-dans-larchitecture-grecque/

      « En somme, le nombre d´or est une réalité mathématique, découverte par les Pythagoriciens et connue, selon toute vraisemblance, des architectes grecs. L´ensemble des monuments qui ont survécu au temps témoigne indéniablement d´une attention aux proportions qui va jusqu´à l´utilisation de légères distorsions architecturales visant à créer des effets d´optique allant dans le sens d´une plus grande harmonie encore.

      Mais l´idée que le nombre d´or est, pour ainsi dire, la pierre angulaire de l´architecture grecque relève d´une systématisation exagérée, historiquement datée. Quant aux calculs vitruviens, ils restent théoriques, et il est rare, dans la pratique, d´arriver à reconstituer de manière convaincante le système modulaire d´un monument. Il est préférable d´établir ici que l´architecture grecque témoigne d´une recherche de rapports harmonieux et réguliers. »

      Encore un mythe, égratigné !

      • Même à l’époque antique, le nombre d’or n’était pas systématiquement utilisé.

        C’est plus une relecture a posteriori du nombre d’or dans les constructions antiques pour faire gober l’idée de proportions naturellement harmonieuses et universelles, en « forçant » notre lecture de la composition à y intégrer le nombre d’or.
        Dans les faits, les temples et tableaux c’est effectivement des proportions autour de 1,5-1,7, mais c’est loin d’être systématiquement le nombre d’or.

        C’est comme la règle des tiers : souvent ça tombe « à peu près » sur les tiers (horizontal ou vertical, rarement les deux), mais c’est toujours de l’a peu près. Le reste c’est de l’ « overthink ».

        • « overthink » : exactement ;-)

          Faudra que je me souvienne de ce mot là, c’est pas mal ! Rien d’équivalent en Français ? Peut-être : « sur analyser » ?

          https://www.linguee.fr/anglais-francais/traduction/overthink.html
          It is important not to overthink issues in an effort to minimize mitigating circumstances, for example, decriminalization.

          Il est important de ne pas suranalyser les questions en vue de minimiser les circonstances atténuantes, par exemple, la décriminalisation.

          • Suranalyser c’est pas trop mal. J’avoue que je n’ai pas réfléchi à une traduction propre du terme. Le préfixe en « sur- » est très bien, j’en suis sûr. Le radical par contre je cherche.

            Peut-être surconceptualiser ?

            Après concernant la règle des tiers : en soi si on l’admet avec de l’à-peu-près, et qu’elle peut être juste partielle (soit environ au tiers horizontal, soit environ au tiers vertical), ce n’est pas si mal. Mais souvent ça tient juste du bol, plus que du calcul réfléchi.

  4. Non mais je rêve, à part la 1ere photo avec le bateau et les builduig au loin que je trouve inintéressante
    toutes les autres photos utilisent la règle des tiers qui comme le dit Richard n’est bien sur pas à respecter au cm près.
    Mon cher JF tu aurais dû réfléchir plus avant d’écrire cet article ou proposer d’autres photos.

  5. Vibertphoto ,regardes bien tes photos ,et tu verras que tu suis la règle ridicule et arrieree, si on suis ton raisonnement ,tes photos sont ridicules et arrièrees : CQFD.

    • Comme je l’ai précisé dans mon texte : il arrive que me photos « tombent » justement sur la règle des tiers… et semble y obéir ! Oui, mais…

      C’est bien entendu un hasard et certainement pas un effort « conscient » de ma part… Et si on la prend la règle un peu au sens large (avec un peu de souplesse) : il est quasiment « inévitable » que pas mal de photos voient leurs centre d’intérêt tomber « à peu près » sur des tiers… C’est juste inévitable pour des raison géométriques : et ça devient d’autant plus inévitable qu’on la considère avec une certaine souplesse. Parmi ces photos il y a des bonnes photos et des mauvaises.

      Mais si l’on veut absolument trouver une logique géométrique : on va finir par la trouver ! Y compris dans les oeuvres d’Art et dans la nature (les fractale, le nombre d’or etc…) Les adeptes de « nombres » voient des « nombres » partout ! Tant mieux pour eux… Et tant pis pour la science et la logique !

      Il faudrait tout de même apprendre à distinguer corrélation et causalité :

      https://www.jmp.com/fr_fr/statistics-knowledge-portal/what-is-correlation/correlation-vs-causation.html

      « La corrélation détermine une relation entre deux variables. Cependant, le fait que ces deux variables évoluent ensemble ne signifie pas nécessairement qu’une variable est la cause de l’autre. C’est pourquoi on dit « Cum hoc ergo propter hoc » (avec ceci, donc à cause de ceci). Une forte corrélation pourrait indiquer un lien de cause à effet, mais il pourrait y avoir bien d’autres explications :

      Cela peut être le fruit du hasard, lorsque les variables semblent être liées, mais qu’il n’existe aucune véritable relation sous-jacente. Il peut y avoir une troisième variable qui rôde et donne une apparence plus forte (ou plus faible) à la relation qu’elle ne l’est vraiment. Pour les données observationnelles, les corrélations ne peuvent pas confirmer la causalité… »

      Je ne voit aucune « causalité » entre bonnes photos et règle des tiers. Tout juste une corrélation (parfois, mais encore… pas très souvent !)

  6. Tarte à la crème ou peau de banane ?
    Je compare souvent cette « règle des tiers » à l’apprentissage calamiteux du chasse neige en ski : c’est rapide et pratique pour se faire plaisir rapidement, mais question apprentissage du ski c’est une catastrophe.

    Il y a un argument qui me fait toujours sourire : « oui, alors c’est une règle, mais faut la respecter a peu près ».
    Ben non : une règle, elle se respecte ou pas. Si c’est « a peu près » ce n’est pas une règle !

    Plutôt que défendre becs et ongles des concepts dont on ne connait même pas l’origine, je propose de regardez cette vidéo d’un type qui sait de quoi il parle : https://www.youtube.com/watch?v=dj91GkMBZGg

    • Ahah ! Oui, pas mal l’image du « chasse neige » : je vais m’en souvenir…

      « La règle des tiers est à l’apprentissage de la photo, ce que le « chasse neige » est à l’apprentissage du ski… Un « basique » bien utile aux débutants, dont on ne se servira plus beaucoup ensuite… »

  7. Le chien suit la règle des tiers: un tiers dedans, deux tiers dehors. Mais, mais, comment doit-on compter la queue ? Question angoissante.

    • Alors peut-être ne sommes nous pas d’accord sur l’interprétation de ce qu’est la règle des tiers…

      Pour qu’elle soit respectée : il faudrait que le chien (ou au moins le bout de sa queue ! ! ! ) soit précisément situé (ou Diu moins très proche) de l’intersection de la ligne des tiers verticale (ici en bleu) et d’une ligne des tiers horizontale…

      Mais ce n’est pas du tout le cas ici !

      La seule chose que le bien suive ici (éventuellement), c’est probablement son maitre !

  8. Une discussion en feu.
    J’adore.

    Dans mes études de design et direction artistique nous avons appris pas mal de règles de construction. Que ce soit formel (règles des tiers, spirale de fibonaci,…), couleurs (relations des couleurs complémentaires, couleurs organiques,…) ou fonctionnel (relation entre éléments physiques ou évoqués).
    Il était important de connaître ces règles. Non pas pour les utiliser, mais les intégrer comme éléments de réflexion et de construction d’un tout.

    Ces règles ne sont qu’une analyse mathématique du vivant, et de ce qui nous interpelle ou pas – traduits ensuite en schéma de construction. Ça reste binaire. Un modèle.

    Les « techniciens » usent de ces règles, là oú les « artistes » les réfutent.

    Est-ce pour autant un problème?
    Le fait est que le cerveau humain fonctionne d’une manière schématique lui aussi. Intégrer ces règles permet de s’en absoudre? Non. Elles sont intégrées. Comme le dit JF, et je le crois, ces photos sont construites sciemment sans règles de tiers.
    MAIS peut-être avec règle des tiers inconsciente et sont la preuve d’un fait qui nous touche TOUS:
    Nous pensons pourvoir nous en passer. Mais au final, elles sont là, et pour les bons photographes nous n’avons plus à y penser. Tout comme le fait de connaître son appareil photo et ses settings. Nous n’y pensons plus.

    Certains, arrivent à quelque chose de disruptif. Une image qui ne semble suivre aucune règle. Pourtant il y a toujours une vision schématique derrière chaque photographe puisque nous choisissons de décomposer une image en plan, contraste, formes, avant de la recomposer en image physique.

    Le photographe David Duchemin l’évoque dans l’un de ses podcasts.

    Finalement pour se passer de ses règles, il faudrait débrancher son cerveau, se laisser aller et divaguer, voire prendre des substances. Mais même lorsque l’on essaie de se passer de choix, et de penser émotionnellement, le cerveau, lui, organise toujours ce que nous voyons. C’est de cette manière que les premières IA de génération d’image fonctionne d’ailleurs. L’organisation rationnelle dans un concept irrationnel.

    La grande question, à mon sens, est-ce que une règle, quelle qu’elle soit, fait-elle une image?

    Je ne pense pas. Ce sont les choix, conscients ou inconscients, de leur auteur. Le parti pris et l’engagement. (encore une fois, suivez le podcast de David Duchemin)
    Que ce soit en photo de mariage, de mode, de famille, de voyage, corporate.
    Avec ou sans règle.

    Le règle des tiers a-t-elle une réelle valeur?
    Oui. Non. Elle est là comme un élément de réflexion. Ni plus, ni moins.
    A savoir qu’en vidéo nous avons aussi une grille de 3×5 par exemple.

    Pour ma part j’ai choisi de favoriser ce que je vois tel qu’il est et de soustraire des éléments, PUIS d’utiliser des lignes de forces, d’avoir du dynamisme dans les contrastes, de capter l’oeil et le faire circuler dans l’image. Même si c’est difficile à certaines focales. Même si la règle des tiers semble apparaître par magie, témoin d’années de construction graphique.

    Bref.
    Est-ce que le problème ne vient tout simplement pas du terme de « règles ». Il y a un certain attachement au formalisme linguistique. Dans la littérature ou les magazine anglosaxons, ou encore en Suisse ou en Belgique (pour la partie francophone), les photographes et autres créatifs mettent beaucoup moins de poids sur ces règles. Tout au moins sur le terme de « règles ».

    Grille des tiers? ça vous frustre moins?

    • Excellente réflexion, merci !

      J’ajouterai pour compléter : que statistiquement pas mal de photos obéïssent « part hasard » à la règle des tiers. C’est inévitable…

      Tout simplement car au vu de la surface occupée par ces 4 lignes (en imaginant qu’on leur donne une certaines souplesse) : il arrive nécessairement que très souvent : certains éléments « forts » de l’image coïncident forcément avec l’une ou plusieurs de ces lignes. Voir même l’un des 4 croisements des 4 lignes (plus rare mais cela arrive fatalement).

      Ce qui explique que même si l’on souhaite s’en affranchir et ne jamais y penser au moment de la prise de vue, un photographe raisonnablement « productif » cadre nécessairement certaines de ses photos en y obéissant : sans le vouloir…

      Ensuite sur sa production : il y a la question du choix et de la sélection. Notre oeil aurait-il tendance à écarter les photos « étrangement cadrées » et sommes nous piégés par notre tendance à « préférer » les photos « équilibrées » ? Contrairement à l’instant fuigitif de la prise de vue : le « temps du choix » laisse davantage de temps pour la réflexion…

      • Exactement.

        Je pense, comme tu parle aussi d’editing. Que ces règles, ou appelons les ces guides, ne sont que des outils.
        Ces choix fait pendant la prise de vue, la sélection lors de l’editing sont pour moi plus importants.

  9. Tu as raison!
    Selon Wikipédia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Règle_des_tiers

    La règle des tiers a été décrite par John Thomas Smith en 17975. Dans son livre Remarks on Rural Scenery, il cite une œuvre de 1783 du portraitiste Joshua Reynolds, dans laquelle il explique, en termes non quantifiés, l’équilibre de l’obscurité et de la lumière dans un tableau6. Smith poursuit ensuite par une extension de l’idée.

    C’est d’abord une passion du graveur anglais John Thomas Smith qui a régi son intérêt pour la composition. Ce dernier, effectivement, s’appuyait sur une gravure mezzotinte intitulée La Sainte Famille ou Le Berceau. Cette gravure, faussement attribuée à Rembrandt mais en réalité réalisée par Jonathan Richardson Junior, entre 1742 et 1765, représente deux femmes qui veillent sur un bébé. Respectant le thème artistique de Sainte Anne trinitaire, qui associe la grand-mère Anne, la mère Marie et l’Enfant Jésus, Jonathan Richardson Junior suit les traces de Rembrandt en privilégiant le clair-obscur. La règle des tiers, à l’origine, établie par John Thomas Smith, ne s’appuie pas comme aujourd’hui sur des lignes de forces mais en effet sur une proportion d’ombre et de lumière.

    En 1845, dans son livre Chromatics, George Field note que Joshua Reynolds donne un rapport en règle de la proportion de couleurs chaudes ou froides dans un tableau, et attribue à Smith l’expansion de cette règle à toutes les proportions de la peinture.

    ————

    La règle des tiers, à l’origine, établie par John Thomas Smith, ne s’appuie pas comme aujourd’hui sur des lignes de forces mais en effet sur une proportion d’ombre et de lumière.

    Cette seule phrase donne tout sont sens au débat actuel autour de cette règle, la photographie et cette proportionnalité d’ombre et de lumière.

    • Bonjour Jean-François, bonjour à tous,

      Merci pour cet article intéressant et pour tous ces commentaires pertinents. En résumé, la règle des tiers semble remonter à 1797, mais si l’on se rapporte à l’histoire de la peinture d’avant cette année-là, on est tout de même frappé par la tendance fréquente des peintres à mettre le sujet principal d’un tableau en format paysage au tiers gauche ou droit par rapport au cadre.

      Il en va de même pour le dessin et la gravure. Comme si cette règle permettait de conférer à la composition une certaine harmonie. Certes, au départ, elle se rapportait à la proportion relative d’ombre et de lumière de l’image, mais ensuite elle s’est étendue à d’autres éléments de la composition tels les couleurs complémentaires, les formes, les contrastes, les sujets représentés, la répartition entre le ciel et la terre d’un paysage, etc.

      Par la suite, il était tout naturel que la photographie hérite de cette règle établie pour la peinture puisque les premiers photographes étaient eux-mêmes peintres ou proches des peintres et de la peinture. Quant au portrait, Jean-François, je me souviens avoir lu dans un de tes articles que le sujet pouvait être centré mais pas exactement. Cela dit, respecter la règle des tiers à la lettre revient à rester dans le conventionnel.

      Tout au plus peut-elle servir de guide quand on commence en photographie, mais il faut ensuite savoir s’en affranchir. De grands photographes (Henri Cartier-Bresson, Willy Ronis, Sabine Weiss, Vivian Maier, Steve McCurry, etc.) l’ont fait de multiples fois pour mieux nous surprendre. En fait, au moment de déclencher, les choses ne se passent pas de manière très réfléchie, ça se fait au « feeling ».

      Photo : Musée d’Orsay, 2020

      • Oui, en effet !

        Je crois que le problème est qu’une règle inventée à une époque lointaine, ou croiser des images était « rare » et même « exceptionnel »… ne peut plus servir de référence, à une époque ou nous baignons dans un océan d’images.

        Un effet pervers (et probablement inattendu) de l’application de la règle des tiers, est de rendre ces images « banales » : on ne les remarque plus, car elles répondent aux « canons » les plus standards…

        Du coup, je crois qu’il faut savoir prendre des risques en matière de composition. Il faut savoir « sortir » des habitudes !

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