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Et pourquoi ne pas cadrer plus souvent… verticalement ?

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J’ai toujours adoré le cadrage en vertical… Il faut dire qu’à une certaine époque, lorsque je pigeais principalement pour la presse écrite dans les années 90 (avant Internet imaginez un peu) : je ne rêvais que de faire la « Couv ».

La « Couv » ou la « Une », qui est un terme un peu plus ancien encore… Une belle « Couv » c’était le graal et l’accomplissement de tout photographe de presse. Cela n’arrivait pas très souvent, mais j’ai quand même eu eu quelques belles « couv » à l’occasion… celle-ci par exemple :

Le snowboarder de la Clusaz Mathieu vanoorenberg, images réalisée en Fuji Velvia 50, publiée à la Une de l’Equipe Mag en 1996

 

Mais revenons au présent : pourquoi ne pas cadrer plus souvent verticalement ? Avez-vous des raisons précises, pour expliquer que vous ne le faites pas très souvent ?

De quoi avez vous peur ? Peut-être que vos images verticales ne soient pas assez « pratiques » à publier sur Instagram ? Personnellement Instagram ne m’a jamais séduit… Mais si vous pensez à Facebook par exemple : ça se passe très bien pour les images verticales. Qui seront même « plus visibles » et plus grandes que les horizontales…

 

L’utilisation éventuellement plus fréquente à l’avenir de tablettes pour trier vos photos (avec Lightroom Mobile par exemple), vous encouragera peut-être à davantage pratiquer le cadrage vertical… Car la tablette se tourne dans tous les sens, contrairement à l’écran de votre Mac ou PC.

Je ne crois pas que le cadrage vertical appartienne au passé. Même si temporairement on peut admettre qu’il n’est plus vraiment « à la mode », contrairement au cadrage carré par exemple. Mais la mode : c’est tout ce qui se démode… Et vouloir être « dans le vent », n’est qu’une ambition de feuille morte (on en voit voler pas mal dans le monde de la photo).

 

 

Pour la petite histoire, rappelons qu’il y a eu plusieurs appareils dans l’histoire de la photo, qui étaient spécialement conçus pour produire directement des images « verticales » lorsqu’on les tenait en main « normalement »…

Notamment en utilisant une « demi largeur du film »… Comme ce Bronica 645, ou comme l’Olympus Pen, que l’on appelait un « demi-format ». Et qui utilisait les mêmes bobines dites « 35 mm » qui offrent une hauteur utile de 24 mm et une largeur variable généralement fixée à 36 mm (mais pas obligatoirement).

L’idée n’était pas seulement un « amour » du cadrage vertical », mais surtout une raison économique. En effet avec un Olympus Pen, on pouvait donc prendre deux fois plus de photos. Car elle étaient pus petites : seulement 18 mm en largeur et les habituels 24 mm en hauteur (à la place du cadrage horizontal normal de 24 x 36mm)… Lire : Olympus Pen D3 : le demi-format expert.

 

D’ailleurs, au 21èm siècle : pourquoi ne pas imaginer un reflex ou un hybride, dont le capteur serait placé verticalement ? Ou même un capteur carré ? Ce serait un joli coup marketing… Et ça pourrait peut-être se vendre, allez savoir… Cela permettrait de recycler les capteurs Micro 4/3 par exemple, qui à mon avis n’ont pas un avenir totalement débouché, en cadrage horizontal.

Par contre un hybride ou même un compact à capteur Micro 4/3 vertical : ça aurait de la gueule. D’autant que en cadrage vertical : je trouve le ratio Micro 4/3 plus « esthétique » que le ratio 3/2, qui parait un peu trop haut. Et un peu trop étroit. Si Olympus sortait un Pen à cadrage vertical exactement comme le Pen original : il se vendrait peut-être très bien !

 

 

Mais passons à quelques images verticales que j’ai sélectionné et qui n’auraient (peut-être) pas été aussi intéressantes, si je les avais cadré horizontalement… Celle-ci (ci-dessus) je l’aime beaucoup. Il s’agit d’une diapositive argentique en Fuji Velvia 50. Photo d’un jeune snowboarder de La Clusaz (Mathieu Vanoorenberg) sur fond de Chaine des Aravis :

Les verticales : j’adore ça ! Souvent elles sont assez « dynamiques »…  Le cadrage vertical présente aussi l’avantage de pouvoir facilement confronter le premier plan (très proche) et un arrière plan (lointain). Lorsque l’on fait cela en horizontal, ça a tendance à « couper l’image » en deux zones, mais verticalement la transition s’opère plus facilement entre le proche et le lointain.

Les arrières plan des paysages cadrés verticalement paraissent plus lointains et c’est normal, car le cadrage vertical (si l’on ne prend pas plus de ciel), permet d’inclure davantage de « sol » que le même cadrage en horizontal (avec la même quantité de ciel). Il est des situations (comme ci-dessous), ou l’on ne dispose pas de recule et l’on a pas le choix, donc le cadrage verticale s’impose immédiatement après que vous constatez que le cadrage horizontal ne donne rien (il y avait un trou juste derrière moi qui m’empêchait de me reculer).

Mieux valait faire la photo verticalement, que pas de photo du tout, car ce mon e n’avait pas l’intention de poser pour moi plus de 2 ou 3 secondes…

Par définition (et de par la forme du visage humain et notre position debout), le cadrage vertical est bien adapté au portrait. Il aurait tendance à rendre les gens plus grands (un peu comme un pull à rayures verticales allonge, alors qu’un pull marin à rayures horizontales nous grossirait ?).

 

D’abord une série de cadrages verticales au ratio »natif » de 3/2, qui est issu du film 24×36 :

 

Comme je le disais plus haut : c’est peut-être car nos yeux « voient en largeur » (peut-être en 16/9, voire en beaucoup plus large, peut-être en Cinémascope) qu’il semble un peu plus agréable de regarder les images verticales, après les avoir recadré au ratio Micro 4/3… Ratio un peu « trapu » que je n’aime pas trop par contre, lorsqu’il est appliqué aux images horizontales. C’est en tous cas ce que j’ai cru remarquer…

Voici, une série de cadrages verticales recardées au ratio 3/2, qui est issu de l’écran informatique, puis auparavant de le Télévision, puis auparavant des premiers films de cinéma  : peut-être serez-vous d’accord à propos du ratio 4/3 « plus esthétique » en vertical ?

 

 

Je pense qu’il faut se garder de toutes « idées préconçues » un peu « culcul la praline » concernant le choix d’u cadrage horizontal ou vertical. Genre les paysage : en horizontal et les portraits en vertical… Très souvent c’est la scène qui vous impose le choix du cadrage…

Il peut-être aussi intéressant après avoir réaliser le type de cadrage qui semble le plus naturel : d’essayer l’inverse. peut-être cela peut donner un résultat surprenant ? Parfois cela ne marche pas, parfois oui…

 

Et d’une façon général, face à une scène intéressante : je réalise systématiquement les deux photos : la photo horizontale (en pensant à la « Double page du magazine ») et la verticale (en pensant à la « couv »), même si l’on ne fait plus souvent beaucoup de « couv ». 2videment passer de l’un à l’autre est bien plus facile en utilisant un zoom, notamment pour les photographes qui ont tendance à « serrer leur sujet ».

 

Pour l’anecdote : la photo du Président Valéry Giscard d’Estaing est le seul portrait d’un président de la République Française a avoir été cadré horizontalement, par Jacques Henri Lartigue. En l’occurrence c’était une innovation, une révolution, tant le « portrait officiel » semble irrémédiablement destiné à être cadré verticalement… Lire : Valéry Giscard d’Estaing et son photographe Jacques-Henri Lartique pendant les séances de prise de vue pour la photographie officielle, sur le perron du Palais de l’Elysée.

 

Une dernière chose : voici le genre de gadget encombrant : dont je n’ai jamais eu besoin pour faire des cadrages verticaux ! Mais c’est à vous de voir ;-)

 

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20 commentaires

  1. Insta a quand même aidé le photographe amateur à cadrer. A la base si les gens ne cadrent pas plus souvent en vertical c’est qu’ils n’ont aucun sens du story telling. Je suis convaincu que la plupart des gens qui s’équipent d’un appareil photo sont motivés par l’illusion que l’appareil va suppléer au manque de créativité (j’achète une raquette, je sais jouer au tennis).
    Je revois des photos prises au R avec le 85 1.2. Ergonomiquement après avoir joué avec, je trouve que c’est n’importe quoi sans grip voir avec. Au lieu de s’extasier devant la performance des RF, il faut revenir à du rationnel. Autant le 70-200 est pas mal du tout, principalement parce qu’il peut être ranger verticalement dans un sac, autant les fixes 1.2 je trouve que c’est n’importe quoi. J’espère que les prochains boîtiers Canon seront mieux adaptés.

  2. Même si, comme 99% des photographes (amateur ou pro), je cadre majoritairement en horizontale, il m’arrive quand même assez souvent de cadrer en verticale, et sans avoir à me forcer à le faire. Je dirais simplement qu’avec un minimum d’expérience, selon le sujet et/ou en fonction du résultat souhaité, le cadrage verticale s’impose de lui-même dans certains cas (et je ne parle pas que de portraits).

    Pour ce qui est du Micro 4/3, autant je n’ai jamais été fan de ce format en horizontal (c’est d’ailleurs l’une des raisons qui m’ont fait choisir le Fuji X-T1 plutôt que l’Omypus OM-D E-M1 avec lequel j’hésitais lors de l’achat de mon premier hybride), autant je le trouve effectivement plus agréable à l’œil que le 3/2 en verticale qui, pour le coup, est un peu étriqué en largeur.

  3. Oui peut être qu’il faut s’habituer, c’est le genre d’optique pour lesquelles on est prêt à faire quelques efforts.
    Les 1.4 k du 70-200 c’est différent, plus long bien sûr mais aussi avec des boîtiers plus conséquents avec des boutons mieux placés, je trouve ça plus équilibré.
    J’y viendrai c’est certain, si il n’y avait pas la perspective d’annonces prochaines, j’aurai peut être déjà craqué j’avoue.

  4. c’est tout simple et con à la fois chez moi mes cadres numerique en diaporama les photos verticales serai tronqué,
    Ceci dit je pourrai faire le trie et destiner et destiner des cadres aux cadrage verticaux

    • On peut utiliser ces cadres verticalement je suppose ?

      Dans Lightroom : créer une collection dynamique destinée à afficher automatiquement les images Verticales, qui sont également notées 5 étoiles (ou qui appartiennent à la Collection « mes meilleures mages). ET destiner ces images aux cadres verticaux…

      Et créer une autre collection dynamique destinée à afficher automatiquement les images horizintales, qui sont également notées 5 étoiles (ou qui appartiennent à la Collection « mes meilleures mages). ET destiner ces images aux cadres horizontaux…

  5. C’est marrant, ma bibliothèque lightroom m’indique exactement 50/50 portraits/paysages (à quelques dizaines d’images prêt en faveur du portrait!) Je n’avais jamais vérifié. Et tout cela, sans jamais utiliser un grip inutile ; comme quoi son absence n’empêche pas de bien choisir son orientation en fonction des lignes de force.

  6. Je viens de faire la recherche dans Lr :

    5 % en carré
    40 % horizontal
    55 % vertical

    Je devrais peut-être au contraire penser à cadrer plus souvent… horizontalement :-)

    Je plussoie sur la plus grande harmonie du ratio 4/3 (ou même 5/4) sur le 3/2, pour les images verticales, au moins dans la plupart des cas.

  7. Quand son métier c’est photographe que la commande c’est : couvrir un sujet ou un événement. On ne fait pas de la photo pour se faire plaisir, mais pour que l’utilisateur final ait le choix en fonction de ses besoins. Donc des plans du plus large au plus close up et en général si le sujet est un personnage, c’est vertical. Il faut effectivement penser de la double page à la page verticale pour la couv, en passant par de petites imagettes pour illustrer le carnet d’adresses… Voici quelques images de ma production de la semaine dernière et forcément quand on n’a pas d’idée précise de ce que sera l’utilisation, c’est couvert large…

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