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Fuyez Instagram, c’est une perte de temps pour les photographes !

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Depuis le temps que j’explique qu’Instagram est de la « bouillie pour chats » et que les photographes ne devraient pas perdre leur temps sur ce réseau commercial (bien plus commercial, que social)… Déjà en 2017 : Instagram est-il vraiment ce « royaume des connes » ? En 2012 : Instagram ou le triomphe de la médiocrité.

Il suffit d’y poster quelques dizaines de photos représentatives de votre travail, en quelque sorte une espèce de « book » renvoyant à votre propre site… et puis c’est mare ! N’y allez plus ensuite… Prenez plutôt du temps de peaufiner votre site (par exemple grâce à PhotoDeck.com un système hyper efficace proposant des thèmes élégants ainsi qu’un back office puissant, que j’ai choisi pour héberger mon site de photographe : vibertphoto.com).

Bien entendu il « faut » être aussi présent sur Instagram (j’y suis moi aussi instagram.com/vibertphoto). Mais une fois votre profile crée : n’y touchez plus ensuite car c’est inutile (en un an je n’ai posté qu’une photo sur Instagram) ! Ne perdez surtout pas votre temps à alimenter ce puits sans fond, qu’est Instagram. Car Instagram est indigne de votre confiance, ne nourrissez pas ce monstre qui cherche à tuer le photographie : à lire chez Télérama :

 

« Début mai, Instagram a modifié son algorithme et semble vouloir s’inspirer toujours plus des méthodes de son principal concurrent TikTok. Un virage de la photo vers la vidéo, qui fait grogner les grands photographes qui utilisent le réseau social. »

Parmi les agacés, il y a donc Boris Allin, alias odieuxboby, 31 ans, ambassadeur Leica aux 61 000 abonnés sur le réseau social. « L’année dernière, mes photos faisaient entre 5 000 et 10 000 likes. Aujourd’hui, j’ai 20 000 abonnés supplémentaires, mais en à peine deux semaines, mes audiences ont chuté jusqu’à atteindre 2 000 likes au maximum, alors que je n’avais jamais fait au-dessous. »

 

Chaque heure que vous perdez sur ce réseau, ne représente qu’une « petite cuillère de pixels » que vous versez dans un immense océan de vacuité (patiemment et gratuitement)… En plus : Instagram vous obligera finalement à payer pour que l’on continue de voire votre travail (sans payer vos vues diminueront) : ce qui ne vous rapportera rien du tout à la fin et vous coutera très cher, que ce soit en temps perdu ou en dollars :

 

« Un constat que partage aussi Boris Allin : « J’ai l’impression que les algorithmes ont serré la vis pour pousser les gens à consommer de la sponsorisation : désormais, dès que je publie une photo, je reçois une notification m’offrant dix euros pour la booster. Sans doute essaient-ils au passage de rendre Instagram plus rentable… »

 

Alors que si vous passiez le même temps et la même énergie à contacter des entreprises, des agences, des média, directement par téléphone ou à rencontrer des gens sur des salons, ou des évènements publics : vous finiriez par décrocher quelques contrats, pistes, connections, opportunités… Car au moins vous seriez « uniques » ! Alors que sur Instagram : vous n’êtes que quantité négligeable noyée dans une masse infinie ! Et vous n’obtiendrez jamais plus que quelques secondes d’attention et des « likes » à la fin… Et dans l’immense majorité des cas : aucune commande.

 

 

 

A moins d’avoir payé des milliers d’Euros pour construire une communauté de plusieurs centaines de milliers de followers (en dessous de 100.000 follower vous n’existez pas) ; parmi lesquels les acheteurs potentiels ne représentent qu’un pourcentage négligeable ! Proche du « zéro absolu » si l’on se rapporte au nombre total d’utilisateurs du réseau. Mieux vaut jouer au loto : vous aurez probablement plus de chance de toucher un « lot », que d’obtenir une commande grâce à Instagram.

Il existe bien entendu des photographes qui sont sur Instagram et qui travaillent, ou qui ont travaillé : par exemple Eric Bouvet (43.000 abonnés ce qui sur Instagram est peu). Mais ce n’est pas grâce à Instagram qu’ils sont devenus connus : c’est uniquement grâce à leur travail, à leur talent… Grâce aux risques qu’ils prennent, grâce à leur relationnel, grâce à leur volonté…. Ce n’est pas parceque certains milliardaires mangent du caviar : que manger du caviar vous rendra milliardaire.

 

De plus, construire une carrière professionnelle qui dépend intégralement du business d’une société étrangère, qui peut faire absolument ce qu’elle veut de votre contenu, y compris effacer votre compte sous n’importe quel prétexte (morale, politique, religieux, économique) : c’est confier tout votre avenir aux mains de personnes qui ne partagent pas vos intérêts… Par exemple, la déontologie d’un journaliste ne devrait en aucun cas s’accommoder d’une dépendance à Instagram, Twitter ou Facebook.

Voici un autre exemple ce qui peut se passer pour de simples raisons d’évolution du business modèle d’Instagram : « Ils m’ont bien eu ! , s’irrite le photoreporter Boris Allin. Le sujet de son énervement ? Un « bête » changement d’algorithme sur Instagram. Début mai, le réseau social a fait peau neuve, laissant la priorité aux images verticales et aux contenus originaux sur sa plateforme. Une évolution qui donne plus de poids aux « réels » inédits, autrement dit, aux vidéos, et non plus aux images qui faisaient pourtant l’ADN du site. »

Il y a enfin une dernière chose que je ne supporte plus dès que j’ouvre Instagram : c’est la médiocrité globale du contenu… et je préfère ne pas y être associé. Ni l’encourager en contribuant (par mon travail) au succès de ce réseau. Car Instagram c’est vraiment « le nivellement par le bas »…

Y poster la moindre photo, c’est accepter de se retrouver noyé au milieu des vidéos de chat ou de filles à grosses fesses qui dansent sur de la techno. Peut-être que pour certains et certaines : la vie c’est les chats ! Pour moi il faudrait que ce soit autre chose : la photo, les livres, les voyages.

 

 » (…) la photographe espagnole Cristina de Middel, 47 ans, représentée par la prestigieuse agence Magnum, 67 800 abonnés, vient quant à elle de supprimer l’application de son téléphone. « Instagram, avant, c’était de la photo. Aujourd’hui, c’est devenu des gens qui dansent, regrette-t-elle. ( … ) » D’autant que l’évolution de la plateforme n’a pas réussi à changer une chose : les commentaires haineux sous ses images. « Il est dur d’être une femme sur un réseau social. Si poster des images amène à faire un lien entre la qualité de mon travail et mon poids, je n’ai pas l’énergie pour m’exposer à ça, je préfère faire de la photo ! » la suite : à lire chez Télérama.

 

A écouter également : Instagram ruined photography

 

 

 

 

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19 commentaires

  1. Je suis d’accord !
    Mais alors, quelles sont les alternatives viables ? 500px et YouPic ? J’ai un peu de mal avec leur algorithme qui fait aussi des hauts et des bas …

    Si vous avez des proposition, je prends !

  2. Guillaume Grandin le

    Très bon article – à charge – mais tu prêches un convaincu, née en 1977 je suis déjà un « hasbeen » tiens, d’ailleurs les jeunes n’utilisent plus cet anglicisme « Hasbeen » donc c’est dire… IoI ! :))

    Plus sérieusement, cela me désole pour les jeunes photographes pro qui ont investit bcp d’énergie dans ce réseau social. Mais c’est à l’image de nos société, un nivellement vers le bas, dans trop de domaines…

    • Oui !

      Et quand je pense à tous ceux qui ont passé des jours et des jours, à concevoir leur « mur » d’images bien carrées, en faisant bien gaffe à l’harmonie des couleurs, etc…

  3. Il est clair que sur Insta et même YouTube il suffi de voir que les minettes font des pose Yoga, ou alors à mettre en avant leur attribut féminin, donc à partir de là aucun intérêt a moins de faire de la photographie boudoir ou des femmes en maillot.

    Donc oui vaut mieux faire un blog et d’ouvrir un Facebook et insta juste pour mettre son lien de blog.

    Il existe plein de solution, squarespace, photodeck, après il existe des français comme site W ( on peut faire du blog au site marchand ), wix, etc…

    Alors il doit exister d’autre alternative.

  4. Gilles+Theophile le

    Il n’y a pas d’alternative, JF l’explique très bien : quel que soit le service ou le réseau, tes publications sont aussitôt noyées par l’afflux des autres publications. Instagram ne peut pas se substituer à un bon site web, d’un côté on a l’immédiateté, et de l’autre, le durable. L’approche la plus raisonnable – parce que c’est quand même difficile, aujourd’hui, de devoir renoncer aux réseaux sociaux pour se faire connaître – est de se limiter à la notification de ce qu’on publie sur son site mais là, attention, il faut publier assez régulièrement du contenu de qualité et aller dans le sens du référencement.

    Pas facile, c’est du boulot, il faut être disponible, pendant qu’on s’occupe de ça, on ne produit ni travail, ni richesse, et le ROI reste très aléatoire.

  5. Mouais.
    J’ai pleins de contre exemple :
    * Gajan Balan, photographe canadien, moins de 8000 abonnés sur Insta, aussi présent sur youtube. A clairement percé grâce aux réseaux
    * Stockezy, photographe NEw-Yorkais, présent aussi sur youtube, 20 000 abonnés sur Instagram et malgré tout ambassadeur pour Leica, bosse avec Jason Momoa…
    * En France, même si je n’apprécie ni le personnage, ni son boulot : Julien Fabro, 41 000 abonnés sur Insta, ambassadeur pour Hyundai, le Ponant… A clairement percé grâce aux réseaux sociaux.

    Bon je pourrais aussi cite Isabelle Fabre, Ioe Greer, Nigel Danson, Joshua Jackson, Allan Schaler, Jérémie Villet, Adrien Favre…

    Le site web c’est le même problème au final. Sans un excellent référencement tu resteras dans les limbes d’Internet.

  6. Photographe amateur (au sens où je cherche pas à vivre de la photo), je suis hélas totalement d’accord avec le constat. J’ai 2 comptes : un pour les paysages, voyages, etc… (sorolimages) et un pour le portrait/boudoir (women_by_sorolimages). Les 2 comptes stagnent en nombre d’abonnés depuis des mois (1400 et 600, ce qui est très faible j’en convient mais qq abonnés de plus par semaine suffisaient à mon bonheur) malgré des publications régulières. Mais je n’arrive pas trouver d’alternative « correcte » à Instagram pour le moment. Publier une photo prend 2 minutes sur Instagram quand il en faut bien plus pour mettre à jour mon site (sorolimages.fr).
    Surtout pour le compte portrait, il me permettait de toucher de potentielles modèles pour des collaborations, d’exposer mon travail et de le comparer à d’autres photographes dans le même domaine. Instagram est très pratique à utiliser. C’est juste sa politique de visibilité qui est nulle et son système de censure…
    A part des sites payants (type Patreon) que je me refuse d’utiliser car c’est plus de l’étalage de viande que de la photo suggestive ou artistique, je ne trouve pas de solution de remplacement. Si quelqu’un a des suggestions, elles sont bienvenues.

  7. J’ai toujours détesté Instagram, pour tout un tas de raisons « historiques » : obligation de faire des photos carrées (au début), obligation de poster à partir d’un mobile, API fermée au possible qui rendait impossible l’intégration dans IFTTT.

    Bref, son seul intérêt serait de toucher des communautés qui sont centrées sur des thématiques précises (tourisme, jardinage, pour ce que j’ai testé). Encore faut il qu’elles soient actives sur Instagram.

    Pour la publication, les choses sont nettement plus faciles maintenant avec la Business Suite de Meta qui permet de gérer en même temps Insta et FB.

    Mais l’idéal, que je n’ai jamais vraiment atteint, serait de publier « en chaîne » sur des profils présents sur plusieurs sites : 500px, FlickR, Instagram… et renvoyer vers son propre site. J’avais fait un truc comme ça à un moment, mais ça ne marchait pas avec Instagram.

    • Dans Insta tu ne peux mettre des liens clickable que dans la bio de ton profil. Et un seul lien…
      Donc tu fais un linktree, sur lequel les gens ne cliquent jamais :)

    •  » publier « en chaîne » sur des profils présents sur plusieurs sites : 500px, FlickR, Instagram…  »

      J’avais testé ce genre de truc pendant quelques temps avec un site nommé « Buffer » qui était assez malin…

      https://buffer.com

      Mais c’était payant au delà de 2 ou 3 cibles.

  8. Hello.
    Franchement, je pense qu’il y a plusieurs catégories de photographes.
    Les pros (ils veulent vendre…)
    Les amateurs averti (qui veulent vendre aussi de temps en temps
    Les amateurs passion (qui font ça pour le fun)
    Les amateurs (tout court…)

    Chacun voit les réseaux sociaux comme il le veut. Pour certains c’est une vitrine pour leur job, d’autres aimeraient être un peu plus mis en avant via ses réseaux pour espérer quelques ventes afin de mettre du beure dans les épinards ou simplement rembourser partiellement ou complément leur matos. Et d’autres le font simplement pour partager avec les potes photos, leur famille, leur groupe et éventuellement quelques personnes passant par là…

    Alors, Instagram à outrance, non.. (déjà ben ça pollue ne l’oublions pas…) . Insta de temps en temps pourquoi pas… Il faut pas être aussi radical.

    Après espérer vendre via ses canaux… ben en tout cas pour moi ça n’a jamais fonctionné… d’ailleurs je dois avoir 150 abonnés sur Instagram, et peut-être 200 sur Facebook…
    Et les seules petites ventes que j’ai réalisé comme tu l’a bien mentionné sont passées par mon petit site internet…

    Comme quoi… oui ça sert pas à grand chose pour beaucoup d’entre nous.

    • Oui, en effet ! ! ! N’oublions pas le prix écologique à payer… surtout pour y uploader des vidéos débiles qui nous font perdre notre temps.

      Les « jeunes » : je croyais qu’ils étaient préoccupés par l’avenir de la planète (plus que la génération des boomers) ? Dans ce cas : qu’ils cessent de la polluer avec des vidéos stupides sur Instagram et Tiktok…

      Quelle stupidité ! Et quelle manque de clairvoyance…

  9. Regardes aussi Flickr, qui chaque seconde reçoit aussi un nombre hallucinant de photos dont 90% sont sans intérêt ou parfois même porno…
    Regardes facebook avec des milliers de photos aussi stupide les unes que les autres pour 90% des cas… blindée de vidéos tout autant..
    Et cet Instagram mêlant TikTok qui reçoit des milliers de vidéos stupides…
    Tout ça représente des millions de mega octets chaque jours dans des clouds qui utilisent l’équivalent d’une ville pour fonctionner!
    Alors rien que pour cela, je dirais non à Instagram, non à facebook, non à Flickr ou 500px ect…
    Mais finalement ben j’y suis quand même… à très petite dose mais j’y suis… bien que je ne poste pas de vidéo :-) que de simple image de quelques koctet

  10. Mon petit avis.
    Je suis un amateur tout court. Certainement pas le seul dans ce cas ?
    Je fais de la photo parce que j’aime l’image. Ce qu’elle véhicule. Quel art magnifique.
    Mais je n’en vis pas (mes capacités ne me le permettraient pas). Et je partage mes très, très modestes prises de vue avec les gens que j’aime, que j’apprécie. Nous échangeons.
    Grâce à Instagram. Facile, rapide : neveux, nièces, oncles, cousines, même grands-parents ont appris à appuyer sur une touche et à regarder. Et je regarde leurs images : ce n’est pas du grand art, certes, mais ce sont leurs sensibilités qui s’expriment. Bref, rien à vendre, juste partager.
    J’ai essayé de me faire un site photo : résultat , je ne postais plus que pour moi-même.

    Je comprends tout à fait votre coup de gueule en tant que professionnel. Vraiment et sincèrement.

    Mais de grâce, juste une pensée pour tous ceux/celles qui ne le sont pas.
    Et qui pour autant aiment la photo sans nécessairement s’extasier sur des vidéos de chatons, pour autant apprécient vos articles et vos posts sans nécessairement être fan inconditionnel de Canon ou d’Apple, pour autant aiment partager avec leurs justes moyens cette passion commune qui nous anime.
    Merci pour elles/eux

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