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Pourquoi les photographes de presse adoptent le Canon EOS R5

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Regardez bien les 30 premières secondes de cette vidéo et le travail exemplaire du photographe tout d’abord visible au premier plan : celui équipé d’un Canon EOS R5, avec un masque noir et une chemise noire (si quelqu’un le connait, qu’il me fasse signe)…

Ces 30 secondes valent mille mots : regardez-les bien et vous comprendrez pourquoi un photographe de presse doit abandonner son reflex… Admirez la façon extrêmement efficace dont ce photographe à « renversé » une situation qui tournait mal pour lui… Alors qu’il était bousculé par d’autres (une détestable habitudes de photographes de presse, j’ai bien connu ça), il n’a fallut que quelques secondes pour déployer son écran de côté et faire son image à bout de bras : presque relax…

 

Et réaliser une photo qui sera probablement meilleure que celle de ses collègues en reflex, grâce à une légère contre plongée… et grâce à l’AF à détection de l’oeil qui simplifie beaucoup son travail et son cadrage.

On remarque aussi l’utilisation du petit 35 mm, qui lui donne un avantage question agilité et légèreté, par opposition aux nombreux « trans-standards » longs et encombrants équipés de leurs pare-soleils.

Dans les mêmes circonstances : le Canon RF 14-35 mm f/4 L IS USM (dont nous parlions récemment ici) aurait aussi pu faire l’affaire et aurait permis deux types d’images très différentes et complémentaires. Et franchement payer 500€ de plus, ou même 800€ de plus, de façon à bénéficier d’un outil de travail un peu plus « court » et un peu moins lourd : je n’hésiterais pas une seconde… Du moins pour quelqu’un qui l’utilise chaque semaine : ce n’est pas le genre d’économie (de bout de chandelle) que l’on fait. 

On remarquera enfin le bruit des rafales des reflex, plutôt dérangeantes dans certaines circonstances, qui bientôt disparaitront… Et qui peut-être nous manqueront ! Et manqueront certainement aux hommes politiques et aux « People » qui avaient certainement l’habitude de mesurer leur popularité, à l’intensité du bruit des reflex du « pool » qui les cernent.

Petite anecdote, je me souviens d’ailleurs d’un personnage à l’étranger (peu importe qui et peu importe le pays), qui avait invité l’ambassadeur de France et le gouverneur local de la Province pour une visite en hélicoptère de ses établissements. Et il m’avait demandé de couvrir l’événement : en fait il se foutait un peu de récupérer quelques photos, mais il voulait surtout que j’en prennent énormément. Il avait insisté : « en rafale » et surtout au flash pour que ça se voit et ça s’entende bien… C’était ça le plus important !

Oui, le métier de photographe de presse : ça ressemble parfois à ça… Et parfois c’est pas facile tous les jours ! Alors pouvoir compter sur un boitier compacts, réactif et disposant d’objectifs tels que ce RF 35 mm f/1.8 (même si sin Af n’est pas pro) et ce RF 14-35 mm f/4 L IS USM c’est un sacré atout…

 

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26 commentaires

  1. JF, je vais faire l’avocat du diable: avec un reflex à écran inclinable (ou qui se tourne), le live view, et le mode silencieux… ça le fait aussi ? Non ?

    • La différence c’est un peu la réactivité en visée écran… (même si les derniers EOS 5D MkIV et EOS 1DX sont quasi au niveau des hybrides en visée écran, mais leur écran étant fixe : pas pratique).

      L’autre différence, c’est que sur le reflex l’on change de système AF entre visée écran et visée viseur… (donc, il faut parfois un petit temps pour prendre ses marques, si l’on utilise pas très souvent l’écran…

      Je le faisais assez souvent sur mon reflex, mais étant équipé d’un EOS 5DsR de 2015 : il est clairement ancien au niveau Dual Pixel (avec son écran fixe : c’est surtout ça qui gène). Alors que l’hybride a l’avantage de présenter exactement le même AF entre visée écran et visée via le viseur. Un seul système à maitriser

      Ajoutons que de très nombreux reflex n’ont pas l’écran orientable (la plupart des reflex pro en sont dépourvus, à quelques exceptions près… ce qui était assez idiot en effet)…

  2. ce qui est surtout surprenant c’est de se battre pour photographier quelqu’un qui a si peu de choses intéressantes à dire !

  3. Ca sent plus l’assistant du community manager LR que le journaliste de presse (je passerai sur la manière de tenir le boitier façon lapereau de 2 semaines). Par contre la gars avec son D5/D6, lui il sait y faire pour bien se positionner face à son sujet. Le métier mon gars, le métier.

    • Parce qu’en plus d’avoir un appareil couteux et d’être photographe presse, il faudrait savoir tenir l’appareil avec style (et faire de bonnes photos… accessoirement) ? Façon lapereau…. N’importe quoi ! Là, je ne peux m’empêcher de le dire. Du grand n’importe quoi votre remarque. Et les gens devraient vous le dire plus souvent (car vous prenez la parole assez souvent).

      • Ce n’est pas une question de style, mais avec une vingtaine d’années d’expérience professionnelle pour un studio américain, je renifle rapidement ceux qui ne savent pas utiliser leur matériel (et peu importe le prix du matos, on s’en fiche) Et cela est vrai dans n’importe quel corps de métier. Je suis toujours prêt à donner quelques conseils gratuits à qui est ouvert à recevoir comme moi je reste également ouvert à recevoir des leçons afin de continuer à progresser. Le mec de la vidéo, c’est juste un gag. Ca peut marcher quelques fois (la chance du débutant), mais ça manque cruellement de technique.

      • RAGE a probablement raison…

        La prise en main du 35 mm fait un peu « photographe occasionnel », ou photographe auteur mais « pas trop presse »…

        Un pro de la photo de presse tient assez rarement son boitier comme ça… (je confirme, j’en ai vu des tonnes opérer… et moi d’ailleurs je n’ai pas exactement cette prise en main avec mon 35 mm). Même si le passage à l’hybride pousse à innover question prise en main. Celle-ci est « bizarre »…

        Second élément qui conforte le point de vue de RAGE : la façon dont il est bousculé par les pro de la presse, me font penser qu’il n’est pas considéré comme « légitime » par ces dernier…

        Et qu’il appartient peut-être plus au monde de la « com », que celui de la presse. Ce qui est cohérent avec la « hargne visible » dont fait preuve son collègue de la presse (qui le considère comme un gêneur, bien plus qu’un concurrent… et veut le lui faire sentir visiblement).

        Cela ne veut pas dire qu’il n’est pas un bon photographe pour autant…

        D’ailleurs, il a su « y faire » en changeant rapidement de point de vue…

      • Désolé XCID, mais je trouve que RAGE a raison… Déjà il y a le choix bizarre du 35 mm fixe, dans des circonstances ou n’importe quel pro de la presse serait au 24-70 mm f/2.8. Et qui fait penser que le gars vient d’un autre univers (éventuellement très pro), mais pas forcément une agence de presse.

        La prise en main répétée d’un reflex sur plusieurs décennies : cela développe un « style de prise en main » assez reconnaissable, une certaine façon de tenir l’appareil, qui se repère instantanément.

        Et du coup : on repère instantanément une prise en main « peu assurée », ou « bizarre »… Celle-ci est un peu étrange d’ailleurs.

        Peu de professionnels mettront leur index sur l’avant de l’objectif comme ça : c’est « peu naturel » surtout en l’absence de pare soleil. Vraiment rare… Toutefois cela peut m’arriver avec des objectifs « court » (mais très rarement).

        Un pro sait très bien qu’avec la stabilisation du boitier + celle de l’objectif + une vitesse confortable, il n’a pas besoin d’en faire des tonnes : il n’y aura pas de flou de bouger… donc pas trop de précautions de ce genre à prendre. Enfin… à voir !

        Il me semble que souvent un pro tient donc son 35, de la même façon que son zoom… généralement le pouce reste sur la bague d’objectif près du bouton AF/MF. Ceci par reflex, à cause de l’habitude de zoomer / dézoomer, (vu qu’un photographe de presse bosse à 99% au zoom)…

        Voir parfois on a pas besoin de mettre la main gauche du tout (notamment avec les objectifs légers), la mienne est souvent occupée à autre chose. Et de plus en plus souvent je fais tout à l’écran d’ailleurs (sans le déployer à chaque fois).

        Ce qui ne veut pas dire qu’il est un mauvais photographe. Comme je l’ai déjà dit…

  4. Impossible de visionner sous Safari & Firefox mais ok avec Chrome.

    Quant à faire une conf uniquement avec 1 boîtier monté d’un 35mm, cela est risqué.
    Vous constatez que la bousculade entre pros est coutumière (là les collègues sont peu nombreux) et que vous risquez de vous retrouver dans un axe /champ restreint, quand ce n’est pas le service d’ordre qui en rajoute une couche.
    Donc SEUL un zoom peut palier à ce genre de contrainte dans l’instant.
    Tout le monde ne peut travailler à la Depardon ou Bouvet (petit clin d’oeil amical de pro à pros qui comprendront) !

  5. D’accord. Pas de soucis avec tout ça. Pourtant, je pense qu’ on peut aussi faire de bonnes photos et tenir l’appareil comme un manche ou plutôt on va dire ….« à sa manière » Accepter que quelqu’un puisse faire différemment, avec certainement ici moins d’assurances ou pas avec le bon objectif….. sans se faire traiter de lapereau. La bienveillance, « mon gars », la bienveillance. non ?

  6. Gilles Theophile le

    Eh bien justement, puisque ce « photographe » ne semble pas tenir et manipuler son appareil comme un vieux de la veille, peut-on affirmer que « les photographes de presse adoptent le R5 » ?

    ;-)

    • Oui, tu a raison (tu es logique) : on voit des photographes de presse avec de vieux reflex… Et un gars de la « com. » (ou supposé comme tel), qui utilise un EOS R5… Et c’est lui qui a raison (même si il tient son 35 mm un peu étrangement, ce n’est pas un problème)…

      Donc, je n’aurais pas du titrer : « Pourquoi les photographes de presse adoptent le Canon EOS R5 »

      Mais j’aurais du écrire plutôt : « Pourquoi les photographes de presse (ou pas de presse, mais en tous cas ceux qui sont payés pour faire des images) adoptent le Canon EOS R5 »

  7. Les photographes de presse découvrent les hybrides parce que Canon leur a montrés avec 10 ans de retard : ça fait peur quant à la qualité des infos que ces journalistes peuvent rapporter !
    (oui je sais, c’est gratuit, bête et inutile ;-) )

    • Non, c’est complètement idiot de croire cela…

      C’est d’abord ignorer totalement les besoins réels des professionnels (mais en avoir une idée fantasmée ;-) Le professionnel a d’abord besoin d’un « service pro » et d’un SAV qui réponde présent : ce que Sony et Fuji mis des années à construire (et pendant ce temps : il était illusoire d’utiliser leurs produits).

      Les pro ont besoin d’un marché de l’occasion visant, afin qu’ils puissent changer régulièrement leur matériel : durant les 5 ou 6 premières années de disponibilité des hybrides, un tel marché était totalement embryonnaire. De plus les premiers hybrides étaient tellement dépassés par leur successeur immédiat, qu’ils étaient impossible à revendre à un prix correct (sans parler de leur fiabilité très discutable). Donc no way !

      Les pro ont besoin de gammes optiques étoffées et spécifiques : durant les 5 ou 6 première années, celles-ci étaient trop incomplètes en hybrides (ça a beaucoup changé depuis)…

      Durant les 5 ou 6 première années : les hybrides de Sony et Fuji étaient totalement inutilisables par des professionnels… Ergonomie catastrophique, viseurs indignes d’être utilisé, affichages saccadé et interrompant la visée en rafale, gammes optiques insuffisantes (elles se sont améliorées cependant plus vite que les boitiers eux-même). Et Fuji cumulait le problème de se limiter au capteur APS-C en plus (combiné à une ergonomie qui reste très pénible dans le cadre d’un usage pro : y compris sur les GFX et cela m’est confirmé par un propriétaire de GFX 100 qui l’utilise au studio, alors u’il utilise l’EOS R5 en reportage).

      Bref : adopter un hybride durant les première années : c’était essuyer les plâtres et s’handicaper par rapport à l’utilisation du reflex. A l’exception de quelques secteurs très spécifiques (comme la photo de plateau ou le silence de fonctionnement a été « immédiatement » un avantage, même si le reste n’était pas au niveau).

      Depuis belle lurette Canon et Nikon proposent des hybrides aux amateurs (la gamme EOS M a été très appréciée… Nikon a été moins convainquant avec sa gamme Nikon One : erreur stratégique sur la taille du capteur : dommage)…

      Canon et Nikon ont commencé à proposer des hybrides aux professionnels, uniquement à partir du moment ou ils ont été capables de garantir un viseur « acceptable » et d’autres performances sensiblement supérieurs à celle de leurs reflex. En gros disons depuis fin 2018 (si l’on considère l’EOS R qui me convient bien et le Nikon Z6), ou disons depuis mi 2020 (si l’on considère l’ESO R5 / R6 et les Nikon Z6 II et Z7 II).

      Au prix ou l’on trouve ces machines et leur gamme optique (qui va de 229 € pour un 50 mm f/1.8 à des prix ultra professionnels sur des objectifs que l’on ne trouve nul part ailleurs), on ne peut pas considérer que Sony (ni Fuji) soit si en avance sur du matériel équivalent, calibré pour le budget d’un pro…

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