web analytics

Livres numériques : quel pourcentage pour l’auteur ?

13
BILLET PREC.
BILLET SUIV.

J’ai jusqu’à présent refusé la transcription de mes livres en applications iPad / iPhone, proposée par mon éditeur… Pour la simple raison que le pourcentage proposé à l’auteur ne devrait en aucuns cas, rester identique à l’édition papier.

Car en tenant compte du prix souvent dérisoire auquel sont vendus ces applications (quelques euros, au lieux de 20 à 30 € pour le livre) et du pourcentage habituellement dévolu aux auteurs, les gains de ceux-ci promettent d’être ridicules. Pire, vendre ses livres sur iPad (avec succès), pourrait même cannibaliser les ventes classiques en librairie et diminuer les gains de l’auteur au final (au seul profit de l’éditeur qui a tout intérêt à dématérialiser)… Si vous vous sentez concernés, lisez donc cet article chez OWNI, qui revient sur ce problème : 

 » Les 10% du prix de vente hors taxe que perçoivent en moyenne les auteurs français sur les versions papiers sont certes justifiables par les éditeurs, mais le même pourcentage semble très faible sur le numérique.

En effet, la rémunération de l’auteur basée sur le livre papier se justifie par les coûts d’impression, de stockage et de manutention, inhérents à la publication d’un roman papier. Et l’éditeur touche en moyenne 20 % en fin de chaîne. Or, le livre numérique n’a pas de coûts de stockage ni d’impression. Pour le numérique, les seuls coûts sont le DRM ajouté pour éviter le piratage et l’hébergement des livres sur des librairies virtuelles. Il reste donc un peu moins de 90 % du prix du livre pour l’éditeur. « 

(…) 

«  Les 10% en moyenne pour les parutions papiers appliquées aux ventes numériques sont totalement ridicules : le travail d’édition est déjà fait, il suffit juste de reprendre le fichier, de le verrouiller et de le mettre en ligne. La rémunération faible de l’auteur ne se justifie plus. « 

Les éditeurs ont peut-être fait leurs calculs avant de transcrire les livres en applications iPad et livres électroniques. Mais ont-ils pensé à la survie des auteurs (et des libraires) dans leurs équations… Pas certain. Si les éditeurs ne font pas un geste, la seule solution pour les auteurs passera par l’auto édition.

BILLET PREC.
BILLET SUIV.

13 commentaires

  1. Rien de bien bon pour les illustrateurs en tout cas.
    Les éditeurs commencent à se dire qu’il y a de l’argent à se faire avec l’ipad. Moi certains éditeurs me demandent de fournir mes illustrations près à être « animer » sans vouloir rémunérer le sur-cout que cela implique ( séparer les calques, détourer les personnages… ) Je les envoie chier tout simplement.
    Le coté positif du livre numérique : plus de pilon, donc une durée de vie plus longue et l’espoir de toucher quelques droits… mais bon faut pas trop rêver.
    Mieux vaut continuer à négocier un bon à-valoir.

  2. Oui mais il ne faut pas oublier les 30% d’apple afin de pouvoir passer par itunes.
    Il faut donc bien que quelque’un paie ce surcoût.
    Moi j’habite en Thïlande, et vue les prix pratiqués pour l’envoi de livre, je n’achète que du numérique.
    Maintenant s’il n’existe pas, c’est moi qui y perd, mais payer le port plus chère que le livre, plus pour moi, j’ai donné

  3. On assiste à une « paupérisation » de l’édition en France : de moins en moins de moyens, on paye mal les auteurs, la qualité des livres s’en ressent…
    et ça va bien avec les gouts de chiotte des lecteurs, qui au final n’ont que ce qu’ils méritent. Bientôt, il n’y aura plus que les bio de starlette de TV qui se vendront. Il faut dire qu’avec les niveau scolaire des jeunes générations il ne faut s’étonner de rien. Pauvre France.

  4. les beaux livres ? C’est fini. Il suffit pour s’en convaincre de regarder les linéaires des libraires à Noël notamment. Qu’est ce qui se vend ? Ben oui, les bio des people, et surtout, surtout, des livres de cuisines et de jardin avec toujours toujours les sempiternelles même images formatées vues et revues, et le « plus produit » obligatoire : un set de table en faux bambou, des fausses terrines en caoutchouc ou une raclette à fromage taille Lilliputiens, des râteaux ou des pelles miniatures avec du gazon dans une mini-serre, etc etc.
    Bref, un beau livre qui se vendrait pour lui même, c’est fini, c’est devenu marginal en 2 ans seulement. Très très peu de beaux livres se vendent encore. Mais pour combien de temps ?
    Lire un livre numérique sur un iPad, oui pour un roman, une enquête, mais le beau livre, celui qui sent bon l’encre, qui se laisse caresser les pages délicatement, où l’on est ébloui par les grandes photos en double page, celui à qui on jette un oeil familier en entrant dans son bureau ou dans son salon, ben ça, c’est presque fini.

  5. Entièrement d’accord, il faut que les auteurs soient justement rémunérés pour leur travail et que tout le fric n’aille pas au distributeur ou aux majors !
    A force de tout numériser, on va tuer le beau livre comme on a tué la musique de qualité (je parle des supports, pas des contenus !) avec les mp3 de merde.
    Alors arrêtez d’acheter des i-machins, prenez un vrai bouquin avec des vrais pages en vrai papier. Achetez un bon vinyl, à la rigueur un CD, écoutez la musique dans un vrai fauteuil !

  6. Auteur le plus beau métier du monde… Certainement.. Mais notre survie passera par l’autoproduction c’est sur, du moins pour le numérique.
    Les éditeurs abusent, quelque part ils refusent de faire leur métier dans certains domaines. La photo animalière par ex, ca fait longtemps que les auteurs doivent eux même financer les expéditions sur leur fond propre pour créer le contenu.
    Si les éditeurs ne prennent plus de risques, ils deviennent inutile, autant passer par l’auto-production pour augmenter nos marge déjà ridicules. La promo est devenue assez facile grâce à internet, est si la qualité est là, ca se vend… (Ex de Radiohead)
    Beaucoup d’auteurs sont obligés de se diversifier pour survivre. Pratiquement tout les photographes auteurs en animalier par ex proposent des stages, ou encadrent des voyages thématiques. C’est même devenu leur principal revenu pour certain (même des top gun, comme quoi c’est devenu vraiment très dur pour tt le monde).
    Le problème, c’est qu’en ayant tous la même idée, ils saturent eux même ce nouveau marché, qui n’est pas si grand que ca.
    Il reste quelques domaines ou le travail à la commande existe encore, mais c’est aussi de moins en moins lucratif, et la concurrence est de plus en plus rude dans ces niches « protégées ».
    Le paradoxe dans tout ca, c’est qu’il n’y a jamais eu autant de gens pour se prétendre auteur !
    Pour survivre dans ce monde impitoyable, il faut être de plus en plus créatif, imaginer de nouvelles façons de créer des revenus. Beaucoup n’y arrivent pas, et finissent par changer d’orientation, mais bon on a même pas le droit au chômage :) héhé…
    Quand on y pense, entre les agences, les éditeurs, maintenant les diffuseurs (ex apple), beaucoup de gens se sucrent sur notre boulot, sans prendre aucuns risques.

  7. Il y a certaines contre-vérités là dedans…
    « le livre numérique n’a pas de coûts de stockage ni d’impression »
    Il y a un coût de stockage, différent, certes, mais pas nul. Pas de coût d’impression, c’est vrai, mais la génération du fichier électronique a un coût, non nul, incluant notamment (et pas seulement) l’ajout des DRM.
    En effet, il ne suffit pas de reprendre le fichier qui a servi pour l’édition papier, c’est un peu plus compliqué que cela. Aujourd’hui, la diffusion numérique a nécessité la mise en place d’un nouveau process (avec des coûts non négligeables), qui à terme permettra de gérer « indifféremment » la destination finale de l’ouvrage (papier ou électronique). Mais ce n’était pas le cas jusqu’alors.
    Enfin, la diffusion électronique, même si elle n’implique pas les mêmes coûts que la diffusion papier, n’est pas gratuite non plus…
    Je n’ai pas de chiffre à donner, donc je ne peux pas dire si les revenus proposés en numériques sont justifiés ou non. Je dis juste que ce n’est pas aussi simple et « gratuit/pas cher » que ce que j’ai lu.
    En tout cas, longue vie au papier ;)

  8. Oui mais…..
    Quelle est la fonction d’un éditeur?
    D’être un marchand de produits, pas celle d’être un activiste culturel même si certains se réclament de cette logique, alors ou est le problème ?
    Sans doutes est ce une vision à court termes car faute d’auteurs vivant de leurs créations les éditeurs n’auront plus de produits marchands pour alimenter leurs dividendes, mais quels sont les choix politiques en la matière de la part du gouvernement de la France et quel avis avons nous sur ces choix?
    Il est des silences qui sont très complices de ces choix mercantiles.

  9. 1984 sera comme 1984 le

    Au final, ne nous leurons pas… ceux qui s’arrogeront les seuls bénéfices de la diffusion numérique des biens culturels (presse, musique, livre, films), sont les majors et surtout Apple, Google, Sony ou Orange (qui nous vendent les abonnements)…
    Les perdants seront les petits (éditeurs français sans vision globale, ni moyens d’en construire une faute de maitrise de la technologie)l…
    En europe on a perdu la maitrise des « tuyaux » et du logiciel… nous vivons donc une véritable décadence et notre supprematie « culturelle » sera bientôt balayée (en même temps que les revenus économiques de celle-ci).
    Apple après avoir tué le marché de la musique (pour se l’approprier), va tuer l’économie du livre et de la presse. Bienvenu en 1984 !

  10. les editeurs musicaux ont longtemps tenu le meme discours retrograde, on voit ou ca les a mener…a la botte d apple et d amazone.
    on vends quasi plus de CD, bientut on ne vendra quasi plus de livre, il vaut mieux prendre ce qu on vous donne que de carrement rater le wagon.
    il est aussi a noter que les marges faibles, les prix bas…sont un modele economique qui est mieux a meme a fonctionner online qu en reseau classique.
    les resultats financier de certains jeux sur l app store sont interessants a analyer a ce niveau la.

  11. Le plus grand gagnant du numérique pourrait bien être le distributeur. La librairie numérique empoche en général 30 % du prix du livre, soit au minimum 3 fois plus que l’auteur.
    C’est comme cela que fonctionnent les deux plus gros libraires numériques actuels (Amazon et Itunes, en l’occurence…) qui ne semblent pas près de vouloir baisser leur pourcentage malgré des demandes en ce sens de la part des éditeurs et des auteurs.
    Dans le cas d’une librairie physique, cette somme sert à payer la location des lieux (une librairie bien placée doit faire face à un loyer salé) et le salaire du personnel.
    Dans le cas d’une librairie numérique, il n’y a pas de loyer exhorbitant et très peu de salaires à verser. Il y a bien quelques développeurs et peut-être un ou deux vendeurs chargés d’assurer le SAV, mais dans l’ensemble, presque tout est automatisé(en plus, les rares employés sont souvent situés dans des pays comme l’Irlande ou le Luxembourg. L’addition est donc particulièrement légère pour ces entreprises).
    Le grand gagnant du livre numérique, pour l’instant, ce n’est donc pas l’auteur, ce sont surtout l’éditeur et le libraire en ligne – encore que l’éditeur à quand même encore un certain nombre de métiers à rémunérer (du correcteur en passant par le maquettiste, le relecteur et l’informaticien qui va transformer le fichier en livre numérique). Mais il est vrai que les tâches du correcteur et du maquettiste sont de plus en plus souvent externalisées et confiées à des freelances mal payés…
    Au final, on peut s’étonner que les fabricants de « tuyaux » s’en sortent beaucoup mieux que les fabricants de contenus. Actuellement, on privilégie la forme (formats de fichiers, tablettes, ordinateurs, téléphones, sites de librairies numériques …) au fond. L’important, c’est quand même la qualité du livre. Sans les auteurs, les maquettistes, les relecteurs, etc… la librairie numérique ou la liseuse sont vides et ne peuvent pas fonctionner.

Leave A Reply


Notifiez-moi des commentaires à venir via émail. Vous pouvez aussi vous abonner sans commenter.