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Racontez des histoires en photo, ne comptez pas les pixels

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L’actualité qui voit l’arrivée d’un nouveau capteur Sony de 61 Mpixels m’a suggéré cette petite réflexion…

Moi qui suis pourtant assez partisan de toujours davantage de pixels (je travail avec 50 Mpixels depuis 2015), je me suis dit : faut-il vraiment disposer de 61 Mpixels pour faire de bonnes images en 2019 ? Qui aura besoin de cette Formule 1… Vraiment besoin ?

Il est clair que de nombreux collègues photographes se trompent de combat, en recherchant sans cesse : quel serait le meilleur capteur, le meilleur objectif, ou le meilleur boîtier qui leur permettrait de ramener de meilleures photos… Voir : quel serait le meilleur sac à dos, le meilleur pied, ou le meilleur filtre ! Ce qui parfois touche au ridicule…

Les vendeurs d’appareils photos (comme les épiciers du marché local de Jaïpur) : ont intérêt à vous laisser penser que si vous ne réussissez pas vos photos : c’est que vous devez changer de matériel… Et c’est exactement cette raison qui a conduit Amazon a acheter le site DPreview d’ailleurs. Le rôle de DPreview désormais : est de vous faire croire que tout le matériel qui a été vendu « avant »… serait « bon à jeter ». Et que grâce à du nouveau matériel : tout serait plus facile… C’est aussi ridicule que de penser qu’en achetant de nouvelles épices : on fera de la meilleure cuisine ! ! ! Ce qui n’enlève rien au plaisir d’aller faire son marché…

 

Mais pas un seul moment, ils ne s’interrogent sur ce qu’il conviendrait de changer dans leur pratique personnelle et dans leurs méthodes de prise de vue… Voir dans leur état d’esprit : autant de progrès, qui pourrait bien davantage changer la donne, qu’un changement de matériel.

Plutôt que de travailler sur eux-même et plutôt que d’essayer d’apprendre de l’expérience d’autres photographes (et je vous assure que parfois il y a vraiment beaucoup de choses à changer, lorsque je vois des photographes amateurs travailler) : beaucoup de photographes cherchent des raisons extérieures (à eux-même), qui pourraient expliquer pourquoi ils ne sont pas contents de leurs photos.

Oui, cette photo aurait été aussi réussie : si l’on avait utilisé un appareil compact, un micro 4/3, un APS-C, ou un Full Frame !

 

En fait ils cherchent « des excuses »… Pour les uns, ce serait leur appareil et leurs objectifs qui seraient trop gros, trop visibles, trop encombrants. Il leur faudrait donc un hybride Micro 4/3 ! Pour les autres, ce serait leur capteur qui serait trop petit… Ou variante différente (et très répandu chez les lecteurs de site web consacrés à la photo) : ce serait leur capteur qui manquerait de « dynamique ». Ahhh, cette fameuse « dynamique » qui expliquerait (à elle seule), toutes leurs photos ratées ! Il leur faudrait donc un Sony ou un Nikon, dont les capteurs proposeraient un peu plus de dynamique.

Citations de Jacques-Henri Lartigue : « Je suis triste de ne pouvoir photographier les odeurs. J’aurai voulu, hier, photographier celles de l’armoire à épicerie de Grand-Mère. »

 

Pensez-vous vraiment que 10% ou même 20% de « dynamique » en plus : cela va donner 10% ou 20% de bonnes photos en plus ? Non bien évidement. Car la (légère) différence de dynamique, ne jouera un rôle visible : que pour seulement 1% ou 2% de photos. Celles qui sont « à la limite de la plage dynamique »… Vous obtiendrez donc peut-être 10% ou 20% de meilleurs photo… parmi ces 1 ou 2% de l’ensemble de vos photos. Malheureusement vos « potentielles bonnes photos » ne se trouvent pas forcément dans ce paquet là.

Il y a même des photographes qui s’imaginent que le « look extérieur » de leur appareil (plus ou moins vintage) aurait un effet sur les personnes qu’ils photographient : une idée très répandue que je trouve assez ridicule… Passons !

Ce qui compte c’est l’histoire que la photo raconte, l’atmosphère que ses couleurs inspirent. L’importante n’est pas sa netteté, sa dynamique, ou sa résolution…

 

Bien évidement aucune de ces excuses diverses (et j’en oublie beaucoup) : n’explique les échecs des photographes lors des prise de vues… Je prendrais un exemple assez parlant qui s’applique à la street photo et dans lequel certains se reconnaîtront peut-être.

Je rencontre régulièrement des photographes qui se plaignent de l’Autofocus de leur appareil qui ne serait pas assez performant et rapide, pour réaliser des photos sur le vif dans la rue… Mais ce sont surtout des photographes qui dans le même temps, n’ont jamais osé faire confiance aux automatismes très performants proposé par les appareils, depuis disons 10 ans…

Le plus souvent : peu importe ou est fait le point… Ce qui compte c’est la lumière, la couleur.

 

Des photographes encore très nombreux : qui s’obstinent encore en 2019 à préférer systématiquement utiliser un Collimateur Unique, qu’ils déplacent « laborieusement » sur leurs sujet, grâce au Joystick, ou grâce au Joypad… Du coup, lorsqu’ils échouent à faire le point assez vite : ce serait parce que leur appareil ne proposerait pas de « Joystick », ou que ce « Joystick » ne serait pas assez pratique ? Ou ce serait éventuellement leur pouce, qui serait trop lent ?

Mais non ! L’erreur : c’est leur méthode de travail, qu’ils ne changent jamais (même pour faire un test sur un sujet sans importance)… Oui, ils devraient beaucoup plus souvent : utiliser la sélection automatique des collimateurs, qui est bien plus rapide que leur pouce (sauf dans les rares cas ou il fait être très précis – mais ces cas sont rares). Ces partisans du collimateur unique travaillent comme on le faisait à la fin des années 80. Et c’est cette méthode qu’ils devraient changer : pas leur appareil…

Ils seront peut-être effarés d’apprendre que pour 80% de mes photos : j’utilise la Sélection Automatique des collimateurs (avec tous les Collimateurs actifs). Je parle ici de mon reflex Canon EOS 5DsR comme de l’EOS R… Mais je travaillais déjà comme cela avec l’EOS 6D en 2012. Et bien avant cela, avec l’AF de l’EOS 5D en 2005… Ou avec mon EOS D60 en l’an 2000.

Tous les collimateurs AF actif avec sélection Automatique : de façon à laisser une chance à l’appareil de faire le point sur le sujet le plus proche, qui passera… ici, ou là ! Je ne peux le savoir à l’avance.

 

Et que dans 90% des cas : l’appareil à toujours fait le bon choix… Il donne généralement la priorité au « sujet le plus proche » et c’est exactement ce qu’il faut ! Sauf pour de rares cas particuliers : dans ce cas je change instantanément de méthode de sélection des collimateurs (ce qui est très rapide notamment si l’on a programmé une touche pour cela)…. Si nécessaire aidez l’appareil, en fermant un peu le diaphragme et en augmentant un peu la profondeur de champs.

Voici un exemple (un cas assez rare), ou je suis passé de la Sélection Automatique du collimateur… A un Collimateur Unique : qui devrait être « l’exception » et non la norme.

 

Il faut savoir que sur les hybrides récents avec l’arrivée de la détection sur l’oeil : votre « sujet » sera encore plus facilement repéré. Vous aurez donc encore plus intérêt à remettre en question vos méthodes de travail et à abandonner ce fameux « collimateur unique »…

Cette révolution « personnelle », ne devrait pas seulement concerner votre façon de faire le point grâce à l’Autofocus… Ces changements devraient concerner aussi de nombreux autres sujets : votre façon d’exposer, votre façon de tenir votre appareil photo, le type de sangles que vous utilisez… Ou même votre façon de décharger vos cartes mémoires.

En voyage, l’important est de « se perdre »… Histoire de ne pas ramener les mêmes photos que tous les touristes. Si vous vous perdez : vous ne serez plus un touriste… Peut-être deviendrez-vous un « voyageur ».

 

N’accusez plus votre matériel, mais posez vous des question sur votre « façon de faire ». Car c’est probablement là, que vous disposez de la plus grosse marge de progression ! Dites vous que la photo, ce n’est pas obligatoirement une question de pixels, de « sujets nettes », ou de « hautes lumières surexposées »…

Mais que la photo, ce sont surtout des « histoires » qu’il s’agit de « raconter », ou simplement « d’évoquer »… Un exemple : si vous vous baladez dans une ville étrangère, en vacances… Ne vous posez pas la question de comment vous allez photographier les gens.

Posez-vous plutôt la question de ce que vous allez photographier dans cette ville. Peut-être cela vous donnera l’idée d’un « thème ». Un thème esthétique tournant autour d’une couleur peut-être ? Le « bleu » des villes Indiennes, ou le « rouge » des femmes. Ou un thème tournant autour d’un sujet particulier : les vendeurs de légumes, les chauffeurs de taxi, ou autre thèmes bien plus intéressants que ceux-là…

Il n’existe pas de thèmes inintéressants en fait : seulement des façons plus ou moins audacieuses de les traiter… Je vous laisse écrire dans votre tête, la seconde partie de cet article.

 

 

A lire :        Oubliez (un peu) ce bon vieux Collimateur AF Unique

 

 

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44 commentaires

  1. Bravo pour un avis proposant quelque chose de consistant… à développer sur ton site !
    Perso je me permet une petite info concernant un de tes collègues ( en anglais seulement) Sean Tucker qui développe des avis très intéressants.

  2. Georges Chassagne le

    Bravo Jef pour cet article, beaucoup de vérités et une bonne démarche . Plutôt que d’investir encore dans du nouveau matériel, voyageons avec cet argent économisé.

  3. Que dire d’autre que d’accord sur tout !

    Depuis que les appareils dépassent 12-15 mpx, on peut tout faire.. quasiment.

    Mon 6D de 2012 me le confirme tous les jours…

  4. Salut JF,
    Bien que comme souvent je n’adhère pas à 100% à tout ce que tu dis (par exemple, je suis convaincu que si c’était Canon qui avait sorti un 61MP, tu trouverais que c’est pas mal… ), je suis d’accord avec l’ensemble de l’article. Une fois de plus, merci pour une analyse sensée, que beaucoup de nos collègues photographes devraient méditer. Et je suis comme toi, la sélection automatique des collimateurs, je l’utilise depuis longtemps. Bise…

    • Salut Lionel ! Ahhhh, mais ça ne m’empêche pas de trouver super, l’arrivée de ce Sony A7 RIV à 61 Mpixels : c’est une très bonne nouvelle. Et si j’avais équipé en Sony comme toi : je l’achèterais, je pense…

      Et je pense que Canon et Nikon vont arriver (eux aussi) avec un 60 ou 70 Mpixels (fin 2019 ou début 2020) : Canon certainement pour un de ces deux prochains EOS R, attendus… Et je pense que je l’achèterais, quelque soit le prix… (car mon EOS 5D sR commence à être assez amoché, après 4 ans de fidèles et loyaux services…)

      Ce prochain boitiers sera le bon moment pour moi de passer sur hybride… L’EOS R est déjà très bien : mais je ne ressens pas encore une « obligation » de remplacer mon EOS 5DsR.

      J’attend aussi un viseur encore un peu meilleur que celui de l’EOS R… (le nouveau du Sony à 5,76 Mpixels : ça commence à être bien).

      Pour autant : tout cela, ne m’empêche pas de rester connecté aux « vraies choses » : c’est à dire tout ce qui fait une bonne photo… ET qui vient « avant » le matos.

      Mais lorsque l’on a déjà remis (plusieurs fois) en question ses propre techniques de prise de vue : il n’est pas interdit de penser (aussi) au matos, un peu… Ce qu’il faut éviter absolument : c’est de ne penser « que » au matos ! Qui est un travers assez habituel…

      A très vite !

      • Oui, tu as raison sur ton analyse, il n’y a pas « que » le matos, c’est l’erreur de beaucoup de ne penser qu’à ça…

      • 21 ans de métier et je n’ai jamais été convaincu par la mise au point automatique sur toute la plage des collimateurs existants. Je cadre peut-être trop large, mais une fois sur deux les boitiers ne choisissent pas la bonne zone ou la bonne personne.

        Quand tu fais énormément de reportages institutionnels, beaucoup de personnes entrent dans dans ton cadrage, souvent en intérieur, peu de lumière tu bosses entre 2,8 et 5,6 max faut être précis en mise au point sans oublier d’être rapide pour ne pas rater « la poignée de main »… (donc effectivement exit la solution du collimateur unique, IoI !)
        J’ai donc toujours préféré bosser en « semi-automatique ». C’est à dire choisir un groupe assez large de collimateurs à l’intérieur duquel le boitier automatiquement de faire la mise au point. Concrètement je découpe en 3 zones : gauche/milieu haut/droite , que je choisi instantanement d’un seul clic avec joystick ou Pad. Je limite donc la mise au point automatique du boitier à 1 seule de ces 3 zones, je m’épargne ainsi des mauvaises surprises ;-)

        J’en viens donc au seul reproche que je fais à mon EOS R : Canon a mis fin à cette possibilité de regrouper les collimateurs par zone. A la place, dans les choix de zones larges on a un carré ou un rectangle et malheureusement leur déplacement est extrêmement lent avec le Pad… Donc inutilisable en reportage.
        J’ai tentais de les déplacer avec le pouce car c’est hyper rapide mais visant de l’oeil gauche mon nez touche toujours l’écran venant à déplacer involontairement la zone de MAP, IoI ! (j’ai personnalisé une touche pour activer/désactiver le touché/déplacé la zone de MAP)
        Du coup je m’adapte et je vise avec l’écran :)) En mode zone ou tout auto détection de visage, si le boitier choisi la mauvaise personne c’est plus rapide de lui « montrer » la bonne en la touchant du doigt sur l’écran plutôt que l’oeil dans le viseur et changer de personne avec le Pad gauche/droite (là aussi le boitier ne voit pas la bonne personne si elle est de profil et saute à une autre…)

        Donc si j’étais ingénieur chez Canon, pour les prochains boitiers (ou mise à jour Firmware si possible !) je leur suggèrerais de donner la possibilité de personnaliser les zones de mise au point et de pouvoir les choisir en 1 clic; avec un retour du joystick les Pro apprécieront ;-)
        La technique doit être au service de l’utilisateur. Quand elle ne répond pas aux exigences et bien l’utilisateur doit s’adapter et changer ses habitudes de travail. Et attentat d’avoir la bécane parfaite :))
        Pour le reste très bon article JF !

      • 50mp ou 60mp c’est presque pareil. (8600px de large face à 9500px, bof). Pour vraiment avoir une évolution de résolution, il faut une grosse augmentation de mégapixel. Faudra plutôt passer de 50 à 100. Par contre en traitement, ca va couter cher.
        Belles photos et beau texte :)

  5. Putain hallelujah !!
    Pas une ligne en trop et des images superbes ! Bravo !

    Le fait que la « vrai photo » ce soit la lumière, les couleurs, le cadrage, l’instant, l’émotion…. plus que le FX, le nombre de collimateur ou la marque du boîtier ça fait du bien de le lire sur ce blog !

    Bravo !

      • La diffraction c’est comme le piqué, les AC, le flou de bougé… »doesn’t care about your megapixel war » aussi, ça se voit plus si tu agrandis plus, et ça marche aussi sur les autres formats donc si 30-35MP c’est trop sur du FF, ça fait longtemps que l’APS-C est encore pire avec des 20-24MP.
        D’autant que pour ceux qui utilisent le FF dans le but d’avoir une PDC très réduite, se mettre à f/8-f/16 n’a pas vraiment de sens, ceux qui veulent une grande PDC même prendre un format plus petit n’est pas plus censé sur la diffraction puisqu’elle apparaitra plus tôt avec des capteurs moins pixelisés.

        • Ce qu’il y a de sûr c’est que ça va demander plus d’efforts de traitement et de place disque pour seulement espérer pouvoir traiter/corriger tout ça, dans l’espoir également incertain que ça donne un résultat véritablement et visiblement meilleur à l’impression, et encore, à condition aussi et déjà que la photo vaille tous ces efforts …

          C’est clair qu’une meilleure optique a infiniment plus de chance d’aider à un résultat techniquement réussi qu’un plus grand nombre de pixels…

          • Ca c’est bien clair, et ça aussi ça marche sur tous les formats quelle que soit la définition donc le poids des fichiers et le temps de traitement est à mon sens la vraie seule contrainte d’une définition plus grande :) .

  6. « Voici un exemple (un cas assez rare), ou je suis passé de la Sélection Automatique du collimateur… A un Collimateur Unique : qui devrait être « l’exception » et non la norme.« 

    —> tu pourrais même préciser que en 2019 ou 60% des ventes sont en mirrorless avec la détection du visage tu n’aurai pas non plus à passer en collimateur unique pour cette image non plus ;-)

    Et sinon en l’an 2000 c’était le D30, pas le D60 !
    J’ai eu les 2 aussi.

  7. Très bel article ! Tu as totalement raison. Mieux vaut dépenser son temps, son argent à élargir sa culture photographique et voyager.

  8. Les mégapixels, surtout passé la barre des 20-26, c’est du confort.

    Si on sait faire des photos avec 12MPx, ou même 6, ça apporte plus de détail, plus de souplesse au recadrage, un moiré diminué, de la finesse s’il y a besoin de retouches, etc.

    Si on ne sait pas faire de photos décentes avec peu de MPx, ça n’arrangera rien d’avoir plus de pixels.

    Pour l’autofocus, autant avec les « vieux » AF avec peu de points, fallait être techniquement assez bon pour les situations délicates, autant aujourd’hui je crois que je suis de plus en plus adepte moi aussi du focus automatisé de bout en bout. Certes, je vais rater des photos parce que manuellement ça aurait été au bon endroit, mais avec le focus auto c’est dans les choux. Mais en contrepartie, pour une photo ratée à cause de l’AF auto, j’en réussi dix qui auraient été ratées avec le collimateur manuel.

    Seule exception à ça, la photo de sport, quand c’est un sport que je maîtrise bien. Comme j’anticipe, je sais ce que je veux faire de mon focus, donc là je tourne plus en manuel (enfin un mix, avec le tracking 3D).

    Mais pour de la photo « normale », je ne me pose plus trop de questions. Idem pour l’exposition, usuellement mon boîtier gère ça mieux que moi.

    Plus y’a d’automatismes sur des trucs inintéressants une fois qu’on les maîtrise, mieux je me porte. Je sais faire un focus. Je sais faire une exposition. Maintenant, je me repose sur les outils développés depuis trente ans, et ça me convient.

    Par contre je continue de penser que c’est bien d’apprendre la photo avec un boîtier à l’autofocus old school et avec une exposition suffisamment dans les choux (par ex. avec une dynamique moisie) pour mieux savourer et exploiter les automatismes d’aujourd’hui.

  9. Chapeau l’artiste, un des meilleurs posts que tu ai publié depuis que je te suis, qui laisse pour une fois la gueguerre Canon VS les autres marques de coté, des réflexions très juste venant d’un personne qui sait de quoi il parle.

    Entièrement d’accord avec la totalité de ton article, c’est comme partout faut apprendre à évoluer sans renier ce que l’on sait déjà, on experimente, on apprend par coeur les fonctions de son appareil pour ne pas avoir de surprise le jour ou l’on tombe devant la photo de sa vie pour ne pas la rater, plus on test, plus on sait, et ensuite on fait sa propre confiture en fonction de son style photographique.

    Et pour commenter ta citation de la photo 3 (celle des epices) là aussi tu as entièrement raison, Robert Frank pour son livre « Les Americains » un des livres photo les plus connu, n’avait pas sélectionné parmi les 83 photos qui composent son livre les meilleures ou les plus nettes, mais celles qui ensemble racontent quelque chose…
    A méditer pour les ferrues du plus de pixel, plus de piqué, plus de tout en fait, des fois avec pas grand chose on fait quelque chose de merveilleux et avec la meilleure des choses une bouillie informe…

    JF, encore une fois d’autres article de cet acabit et je continuerais de te suivre et vraiment chapeau bas.

  10. Remarquable article !

    P&M est un îlot de bon sens dans un océan pollué par des « conseils » photo ineptes, merci M. Vibert :)
    Bien cordialement,
    Marc

  11. Pour la sélection automatique des collimateurs, moi qui fait bcp de portraits, j’ai vite laissé tomber car la mise au point ne se faisait jamais sur les yeux. Avec les hybrides, c’est différent. j’y viendrai sûrement…

  12. J utilise, 90 % du temps un unique collimateur et pourtant je vois très bien ce qu est une méthode et une zone. Comme tu dis, l important est d aligner ses méthodes avec les résultats voulus.
    Sinon les épices aident à mieux cuisiner (masquer ses faiblesses et les autres mauvais ingrédients). Le problème est le consommateur, tu lui mets une touche de coriandre, un zest de citron il est content même si le plat est nul parce qu il n a aucune éducation culinaire et parfois aucun palais. C est la même chose pour l image, une sauterelle sur un pétale jaune et photographe comme grand public est heureux.
    Sean tucker bonne référence dans les commentaires, ça change des vendeurs qui font des clichés.
    Chez Sony maintenant ils ont le a7r4 et le sigma 35 1.2. Pas mal pour des faiseurs de PlayStation avec une monture d apsc. Canon et Nikon savent aussi raconter n importe quoi. Restons focus sur l image t as bien raison.

  13. Très bonne réflexion sur le sujet car c’est plus facile d’accuser le matériel que de se remettre en question mais pour ce qui est des 61Mpixels, il y aura toujours des photographes pour courir après le dernier modèle et d’autres qui suivront surtout si l’un fait des belles photos, on se dira que c’est l’appareil le secret, etc…

  14. Encore un excellent article qui va m aider à patienter étant en attente d un hybride PF canon , mais pas encore décidée je vais continuer un peu avec le lumix G9 et partager ces excellentes réflexions , merci

  15. Je continue d’utiliser un Canon EOS-1D Mark.
    Au début, c’était mon boitier principal. II continue de me faire vivre l’hiver en station, il est increvable et rentre par hiver 15 000 € avec des tirages 15x23cm et qui y trouve à redire, en tous cas pas les clients qui trouvent les photos de leurs enfants en cours, course de ski superbe.

    Mon vieux Mac Pro (début 2009)
    Mis à jour : 2 x 3,46 GHz 6-Core Intel Xeon
    24 Go 1333 MHz DDR3
    Disque SSD M.2 sur adaptateurPCI-E qui tourne à 1500 Mb/s
    Radeon RX Vega 64 8 Go

    Ce brave ordi, malaxe grâce à Capture One les fichiers de mes EOS 5 D II et III avec rapidité.

    J’ai aussi mis à jour la carte wifi et Bluetooth pour avoir tous les raffinements du sans-fil avec Mac OS Mojave.

    Le matos photo est un outil, l’oeil fait le reste.

    L’informatique doit se faire oublier comme le photographe pour ramener des photos.

    Un photographe qui est payé pour ramener des photos ne doit pas avoir le complexe de: « je vais gêner », il est là pour ramener de la photo.

    Quant à dire  » lorsque je vois des photographes amateurs travailler » Euh… L’amateur il s’amuse…

    • Un amateur qui gagne sa vie grâce à ses photos, ce n’est plus un amateur ;-)

      Et la seule chose qui compte : c’est le résultat…

      J’ajourerais que pour un photographe : la qualité des photos ne compte que pour 25% du travail (et dans cette petite partie, on peut attribuer 1/3 au matériel) ! Le plus important (selon les gens) : c’est le contact avec le client, la ponctualité et le fait de… durer ;-)

      Il n’empêche que lorsque je vois certains collègues travailler (amateurs et pro) avec des méthodes si peu efficaces : j’aimerais leur expliquer qu’ils gagneraient à remettre certains pratiques en questions. Ce qui prend un peu de temps bien entendu (et donc ce n’est pas possible le plus souvent).

      Bone continuation !

  16. Coucou JF
    Un grand merci pour cet article. Je me joins à tes fidèles lecteurs pour te remercier. Très intéressant….
    Revenu chez Canon …grâce à toi !

    Nicolas (DGAC Drone)

  17. Pingback: Racontez des histoire en photo, ne comptez pas les pixels - BonPlanPhoto

  18. Bon…que dire si ce n’est que « faites comme moi,votre méthode est nulle » !
    ha bon,l’utilisation du collimateur unique,c’est juste un truc de « vieux » qui ne veut pas changer sa « façon de faire » ?
    je répondrais à ça en disant ceci : j’utilise un collimateur unique dans ma pratique photo et j’ai raison de le faire…point !
    pcq pour l’utilisation de longues focales en animalier ,c’est bien plus précis et rapide..je défie n’importe quel boitier de trouver l’oeil d’un cerf (ou de tout autre animal) dans le fouillis nature…
    je précise que j’utilise du matériel moderne et que je ne me prive pas d’utiliser d’autres semi-automatisme quand cela me rend plus efficace ..
    cela sent quand même un peu la pédanterie cet article…ou alors,vous ne considérez que seule votre style de photo vaut la peine que l’on en parle…

    https://www.flickr.com/photos/patrice_hick/

    bonne journée.

    • Bonjour Patrick. Il y a les « généralités » qui concernent 90% des situations et des gens…

      Et les cas « particuliers » !

      Le cas de la photo animalière fait évidement partie des « cas très particuliers », pour lesquels l’utilisation du collimateur unique est recommandée (pas forcément tout le temps, mais assez régulièrement)… Je la pratique à l’occasion (assez rarement, juste quand je vais au Kenya).

      Vous serez probablement d’accord avec moi, pour dire qu’il s’agit d’un cas très particulier, qui concerne entre 5 et 20% des photographes peut-être ?

      D’une façon générale : il faut utiliser des objectifs de focales supérieure à 100 mm, ou alors disposant d’une ouverture fabuleuse (genre f/1.2 pour un 50 mm), pour que la profondeur de champs soit si faible, pour que la précision de la zone mise au point soit telle, que la seule solution soit l’utilisation d’un collimateur unique…

      C’est à dire que ce type de circonstance ne concerne qu’une minorité de situations et de photographes.

      Pour 90% des photos prises dans le monde par tous les photographes amateurs et pro : il ne s’agit pas du tout de faire face à ce genre de circonstances particulières.

      Bonnes photos à vous !

  19. Merci JF pour cet article. En effet après avoir passé plusieurs années à regarder les articles de presse ou internet sur le matériel (probablement justifié jusqu’au années 2012-2014) j’ai finis par me rendre compte que je regardais moins l’essentiel : les photos
    Une année il y a 12; puis 18; puis 24 et encore 36 mpixels l’année suivante. Monter en définition était nécessaire jusqu’à l’arrivée des capteurs de génération actuelle. Mais franchement, hormis pour les possibilités de recadrage, pour un passionné simple, quelle différence entre 20, 24 ou 36 mpixels ? Je possède une imprimante photo A3, je fais rarement mais quelques fois un tirage A2 via un site type Whitewall. Je leur confie aussi mes envies de tirage sur support spéciaux type toile ou plaque métallique. Après si je veux faire des tirages de très grande taille, en plus d’augmenter le nombre de pixels il me faudra agrandir la surface de la maison.
    Bref du coup je me suis arrêté aux 20mpixels de mon Canon 70D avec lequel je prends beaucoup de plaisir. J’utilise un hybride Fuji qui en fait 16 et que je trimballe partout (même la semaine au travail) car discret et pratique. Je me suis fait plaisir avec un Nikon D700 + 24-70 2.8 d’occasion il y a 2 ans et franchement quel régal. Lourd mais j’ai fait le mariage de mon père avec et c’est vraiment un boîtier qui je trouve à encore sa place par la qualité des images produites. Et très satisfaisant pour l’édition d’un livre photos et quelques tirages. Et enfin, comme je fais beaucoup de rando et parfois en autonomie plusieurs jours et bien mon boîtier de prédilection c’est un Canon G1X mark 2. Il produit des images justes avec une colorimetrie fidèle et de belles nuances. J’ai adoré mon dernier voyage dans le désert marocain en avril dernier avec ce boîtier. Je le préfère à mon G7X pourtant moins encombrant . Et mon fils, 10 ans qui s’y acclimate avec facilité aussi.
    Alors bien sûr je continue à lire les articles sur le matériel, mais j’ai laissé de côté l’envie que je pouvais ressentir il y a quelques années par: est-ce que je prends plaisir à utilisé le matériel que je possède déjà ; est-ce que j’arrive à faire à peu près les photos que j’ai en tête avec, retouches ou pas.
    Aujourd’hui la réponse est oui. Et pour chacun des boîtiers j’ai pris des optiques de natures différentes. Je peux ainsi utiliser chaque appareil en alternance selon mes envies ou situations photographiques.

  20. JF Bravo pour cette analyse.
    Tu as quand même acheté le Canon le plus musclé en pixels de la gamme !!!
    Ce 61 mo ne doit donc pas te laisser indifférent non plus…
    Ce qui compte à mon sens n’est pas le matériel utilisé mais l’oeil du photographe !
    Depuis mes débuts, j’ai changé peut-être 10 fois de réflex en commençant par le Canon AE-1 en argentique jusqu’à l’ eos 5 DSR aujourd’hui.
    En revanche je suis désolé mais ce n’est pas au boitier de choisir le point de mise au point mais au photographe.
    C’est pour cette raison que, comme ceux que tu appelles les vieux photographes, je favorise la mise au point centrale dans tous mes travaux professionnels…

    • Hello ! Et merci du retour !

      Avec tout le respect que j’ai pour le travail d’un collègue (et j’ai regardé ton excellent travail, permet moi : je crois que tu fais une vraie erreur d’analyse et de méthode, concernant le choix automatique des collimateurs AF (qui dans certaines circonstances est une méthode bien plus efficace… Et pour ce qui me concerne : c’est 75% du temps que je l’utilise environ)…

      Je conçois bien que dans ton domaine (culinaire par exemple) : ce n’est guère adapté… Mais la photo culinaire est un domaine tres, très spécifique et peu représentatif de la majorité des photos que l’on fait en reportage par exemple…

      Je vais faire une analogie : les pilotes de Formule 1, n’ont plus à débrailler Manuellement, lorsqu’ils changent de vitesse (car l’automatisme s’en charge bien plus vite). L’automatisme (à condition qu’il soit bien maitrisé et bien compris et aussi bien configuré) : est toujours bien plus rapide…

      Rappel toi l’époque ou l’on ne voulait pas entendre parler d’Autofocus (tout court)… Et pourtant ! La résistance à l’utilisation du Mode Collimateurs Auto est un peu du même ordre.

      C’est en fait par manque de maitrise technique (manque de compréhension du fonctionnement de l’automatisme de la sélection des collimateurs et manque de maitrise de ses réglages fins qui sont parfois très compliqués), que de nombreux « vieux » photographes, refusent encre en 2019 d’utiliser la sélection Automatique du Collimateur (dans certaines circonstances… car je suis très conscient qu’il y a d’autres circonstances ou il vaut mieux basculer sur un groupe (petit ou moyen) de collimateurs… et parfois sur un collimateur unique. ET même parfois un Collimateur Spot).

      Si ces nombreuses méthodes existent et que de plus en plus souvent elles sont appréciées… (par de plus en plus de monde), ce n’est pas par hasard…

      C’est comme les boites de vitesse Automatique pour les voitures. En circonstances normales, c’est la sélection manuelle de collimateur qui s’avère être un vrai handicape et une vraie perte de temps, notamment face à des situations rapides en reportage…

      Un jour il faudra que j’écrive un long article à ce sujet : « Pourquoi vous devez moins utiliser le Collimateur Unique »… Et faire une petite sondage. Ce serait intéressant !

      A tester, à méditer ! Bonnes photos à tous.

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