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Le Canon Focus Bracketing sur le Canon EOS RP

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Aujourd’hui, je laisse la parole à l’un de nos lecteur : Julien, qui nous propose son retour d’expérience en Macro Photographie du « bracketing de mise au point » du Canon EOS RP. Ce que l’on appel en Anglais : le Focus Stacking. Et chez Canon particulièrement : le Canon Focus Bracketing.

Je précise que j’ai découvert grâce à lui récemment, que l’EOS RP proposait cette fonction, alors que l’EOS R ne la proposait pas (pour le moment). Le Canon EOS RP possède un mode de bracketing de mise au point, pas mal fichu. En gros : vous lui indiquez combien de clichés vous voulez, de combien vous voulez décaler votre mise au point entre chaque cliché… Puis vous faites votre mise au point sur le premier plan le plus en avant, il ne reste qu’a déclencher. Et il fait tout le reste. Il pilote l’AF micrométriquement pour vous et vous garantit ainsi de ne louper aucune zone de net du début, à la fin.

Plus d’infos à propos du Canon Focus Bracketing, dans cet intéressant article. Cette fonctionnalité automatique est limitée à une dizaine d’objectifs Canon EF et RF récents… Il se pourrait (peut-être) que grâce à une mise à jour Firmware, cette fonction soit un jour ajoutée au Canon EOS R : puisque le logiciel Canon DPP 4.1 la supporterait pour les EOS RP, EOS R et EOS 5D MkIV. (relire notre Grand test terrain du Canon EOS R).

 

Julien, est un photographe amateur, qui pratique la photo à temps perdu depuis 2015 et notamment la Macrophoto. Il publie quelques clichés sur http://pic.drarena.fr. Je lui laisse la parole :

 


« Je n’ai aucune prétention, je suis amateur et je m’amuse. Je possède beaucoup de clichés macro/proxy, dont beaucoup de moyens (légers flous, mauvaise expo, etc…)… Puis quelques bons aussi, que je considère sympas et qui ke l’espère : témoignent de ma progression.

 

 


La macro ? La macro est une technique de prise de vue qui consiste à obtenir un rapport de grossissement de 1:1 minimum de son sujet. C’est-à-dire que l’image formée sur la capteur de l’APN, est de même taille (1:1) que dans la réalité. Si on dépasse le rapport 1:1 (2:1 , 3:1 etc…), on va alors grossir l’objet par rapport à la réalité (comme le fait un microscope).

Alors qu’au contraire si on prend au rapport 1:2 ou 1:10, l’objet sera plus petit sur le cliché qu’il ne l’est dans la réalité.

Les rapports plus petits qui s’approchent du 1:1 définissent ce que l’on appelle la proxy photographie : on prend des sujets « en gros plan », ils prennent beaucoup de place, sont gros et détaillés, mais ce n’est pas pour autant de la « vraie » macro (même si par abus de langage, on parlera tout de même de macro).

Proxy, au grand angle : http://pic.drarena.fr

 

La caractéristique physique principale d’une prise de vue macro est la distance de mise en point extrêmement faible : vous êtes souvent collés à votre sujet, l’extrémité de votre objectif le touche presque. La distance minimale de mise au point dépend bien entendu de l’objectif et de sa focale.

Macro, rapport 1:1, une guêpe : http://pic.drarena.fr

 

La plupart des objectifs ne peuvent atteindre le rapport 1:1 (ou plus). Ne vous faites pas avoir! Beaucoup d’objectifs se disent « macro », c’est écrit dessus mais ils ne le sont pas vraiment (au sens strict du terme).

Si vous lisez (c’est aussi écrit sur l’objectif ou sa fiche) le rapport de grossissement, peu d’entre eux atteignent le 1:1 ou le dépassent : ce ne sont donc pas de vrais objectifs macros. Vous aurez compris que fabriquer un vrai objectif macro est un challenge assez particulier, la demande aussi n’est pas grande. Il y a donc assez peu de références disponibles sur le marché.

 

 


Mon équipement macro : Je suis équipé de boîtiers Canon et l’objectif que j’utilise est un Sigma Macro 150 mm f/2,8 EX DG APO OS HSM (949 €) : un vrai macro qui fait du 1:1. Le tout en full frame : avec un boitier Canon EOS RP (dont on va reparler pour la macro plus loin).

Il existe d’autres objectifs « vrais » macros, dont des spécialisés qui ne font que ça… Dont le fameux objectif Canon EF MPE 65 mm f/2.8 (1057 € chez Amazon) qui est quasi inconnu de la plupart des photographes. Plus d’infos chez Canon à propos du Canon EF MP-E 65 mm f/2.8.

 

On peut d’ailleurs lire un commentaire enthousiaste à son propos : « Pourquoi est-il génial ? Je l’utilise depuis un an, en complément du 100L macro. Le rapport 5X est difficile à maîtriser (lumière et bougé), cependant avec un boîtier type 6D (ISO élevés sans problème, c’est jouable, pour autant qu’on utilise un pied : il ne faut pas rêver, car à 5x sans pied…). Cependant, comme la MAP est entièrement manuelle, il ne faut pas compter faire du focus stacking sans rail (contrairement au 100L, avec un soft spécifique ou une télécommande dédiée à cette technique). Il est un peu lourd, mais c’est normal, tant sa construction est sérieuse et super pro. Equipé d’un flash macro, on obtient d’excellents résultats vs un prix maîtrisé. Pour ma part j’utilise un MT-24 EX avec diffuseurs. A noter que ce flash est à monture native pour cette objectif (tout comme le MR-24) Conclusion : pour le passionné de macro (comme moi), il est un outil (quasi) indispensable qui ne donne que de la satisfaction, pour peu qu’on prenne le temps de le prendre en main (et qu’on accepte beaucoup de ratés au début). Faut-il l’acheter ? : Comme il est manuel, le risque sur une occasion est faible. Les conseilleurs ne sont pas les payeurs, donc je ne donnerai pas de conseil … mais pour ma part, je n’ai pas hésité et je ne le regrette pas. »

 

J’ai choisi le n Sigma Macro 150 mm f/2,8 EX DG APO OS HSM (949 €) : car je voulais me frotter à la macro, mais pouvoir aussi utiliser mon objectif dans d’autres domaines. Le Sigma 150mm macro f/2.8 stabilisé me sert pour d’occasionnels portraits (discipline que je pratique peu) aussi, par exemple.

A cet objectif il m’arrive d’ajouter une bonnette macro, la Canon 500D, qui me permet d’atteindre le rapport 1.5:1. Une bonnette est une lentille, que l’on visse à l’extrémité d’un objectif comme un filtre. Cela permet de diminuer la distance de mise au point et donc d’augmenter le rapport de grossissement. On ne perd pas en exposition, mais on ne peut plus faire la mise au point sur l’infini.

Je possède aussi des bagues d’extension : 36, 20 et 12mm. En montant les 3 et en combinant avec la bonnette, je passe alors à un rapport d’environ 3:1. Les bagues sont des tubes vides que l’on intercale entre sa monture sur l’appareil et l’objectif. Cela rallonge le tirage de l’image et donc mécaniquement augmente le rapport de grossissement, mais au prix d’une perte de lumière (je crois que je suis à -2IL avec les bagues montées). Mes tubes en revanche conservent la liaison électronique avec l’objectif (tous ne le font pas).

 

 


Les challenges – La caractéristique physique principale d’une prise de vue macro est la distance de mise en point extrêmement faible. Autant tout de suite dire que l’approche sur un sujet craintif (type insecte qui vous voit bien arriver) est très difficile, mais pas impossible (la macro est une discipline).

Ajoutez à cela une profondeur de champ microscopique (de l’ordre du millimètre et même moins que le millimètre au delà de 1:1 à pleine ouverture) et le manque de lumière lorsqu’on s’approche très près d’un sujet,  et vous avez là toutes les difficultés techniques de la photographie macro.

Trépied obligatoire. J’ai réussi des macros à main levée, mais dans des conditions très particulières. J’en ai loupé des milliers aussi ;-)

Le stabilisateur aide peu en macro (il ne stabilise pas l’axe de la profondeur, le plus complexe en macro). En passe temps, je photographie des plantes ou des animaux placides, en macro parfois, en proxy aussi. Conditions idéales donc (bonne lumière, sujet immobile non craintif, de la place).

Mais même avec un sujet parfaitement immobile et bien éclairé, le gros challenge reste la profondeur de champ. Sans entrer dans tous les calculs de la PDC : à f/8, vous avez une PDC de 1cm (à tout casser)… Peut être même moins… En gros, il est impossible d’avoir tout votre sujet, entièrement net, sans avoir recours à des techniques particulières.

Vous pouvez fermer davantage le diaphragme : jusqu’à f/22. Mais l’intérêt de la photo macro : c’est la photo des « fins détails » : on aime observer ses clichés en pleine résolution… On apprécie le moindre détail, en grand.

Or à f/22 : on constate que la « diffraction » fait beaucoup chuter le piqué : abiment drastiquement les fins détails. En macro ça ne pardonne pas ! Certes, elle est bien nette : la PDC à f/22 est grande, mais le piqué est affreux, les détails sont absents, les tons fades et creux.

On peut en revanche la conserver, pour la redimensionner et l’exploiter dans un format plus petit, mais ne comptez pas sur la pleine résolution, vous serez vite déçus de vos images prises à f/22 (ou aux autres valeurs de diaphragme exagérément fermées, disons au delà de f/16).

 

 


Le focus stacking – Le focus stacking est une technique qui ressemble au bracketing d’expo pour le HDR. Ca consiste à prendre plusieurs fois le même cliché, mais en décalant très légèrement la zone de netteté à chaque cliché, au fur et à mesure pour tout obtenir une image nette de chaque plan dans la profondeur…

On ne touche pas à l’expo du tout. L’idée bien entendu : sera de combiner en post-traitement tous ces clichés, pour n’en faire plus qu’un : qui sera entièrement net. Et en macro, je peux vous garantir que ça claque :

Niveau détails. Regardez plutot cet exemple : http://pic.drarena.fr

  

Cet animal qui est mien (espèce Morelia Viridis) est tout de même impressionnant de près, non ? Regardez le cliché en pleine résolution. Et je n’étais pas en macro là : je n’étais pas à la distance minimale de mise au point, dans un tel cas je n’aurai visé quasiment que le nez en plein cadre !

Ce n’est pas mon but immédiat, mais j’aimerais essayer un boîtier avec davantage de pixels : en macro ça prend tout son sens. Par exemple un Canon EOS 5Ds R.

Si vous shootez à votre ouverture de piqué (généralement f/5.6 à f/8) : vous obtenez une PDC moyenne (5mm je dirai pour ce cliché, quasi macro). Mais vous avez une image très piquée. Les détails sont incroyables de netteté.

Il faut alors combiner plusieurs clichés. Sur l’exemple précédent du serpent vert, ce sont 20 clichés pris à f/9, qui ont étés combinés. Il existe différents logiciels pour faire du focus stacking. J’utilise Photoshop. On peut voir que la fusion n’est pas parfaite, notamment dans le bas de l’image, mais ce n’est pas ce qui compte ici.

Le soft a fait un très bon boulot et le sujet de l’image (la gueule de l’animal) ressort parfaitement et entièrement nette. L’image a été retraitée après coup, afin de la contraster et augmenter les détails de la gueule et des yeux (au prix d’altérer les noirs, peu importants ici encore une fois). 

Pour faire du focus stacking dans Photoshop, comptez sur un ordi musclé (j’ai 32Go de RAM). Il faut en général 20 à 50 clichés pour un bon rendu final en focus stacking aux rapports macros ou proches. Il y a 20 images dans le cas précédent (à f/9).

Vous saisissez le challenge ? le Challenge est la mise au point et de régler ses décalages successifs. j’ai utilisé la mise au point manuelle évidemment, dans des cas aussi extrêmes l’AF piloté à la main (par le choix de collimateur) : ne sert à rien. Mieux vaut décaler à la main : pile comme il faut entre chaque cliché. Les objectifs macros possèdent généralement des bagues de mise au point très précises. C’est le cas du Sigma 150mm, la bague est très grande et chirurgicalement précise.

Mais malgré ça, la moindre zone « oubliée » dans le total de la profondeur, peut poser problème : car le post traitement ne va pas « inventer » le net, là où vous l’avez oublié… Vous obtiendrez un « raté », plus ou moins pardonnable sur le cliché final.

Regardez cet exemple raté de plante (Drosera Capensis, plante carnivore) : http://pic.drarena.fr

 

Pas facile hein ? Toutes les zones loupées sont flagrantes, mais on garde quand même les détails importants : quelques gouttes de glue nettes qui sont les pièges à insectes de cette espèce de plante carnivore.

Cette photo est une macro (1:1). Je n’ai plus les détails en tête, mais elle doit être composée de 20 à 30 clichés… Elle est loupée oui, c’était un essai témoignant de la difficulté de l’exercice.

Macro 1:1 , 1 seul cliché, extérieur, flash cobra déporté, mains levées, posé : http://pic.drarena.fr

 

Il s’agit d’un python royal. Les détails sur sa gueule sont très fins et très piqués. Proxy (j’étais pas loin de 1:1), 1 seul cliché, posé : http://pic.drarena.fr

 

 

 


Le mode bracketing de mise au point de l’EOS-RP – Le Canon EOS RP possède un mode de bracketing de mise au point, pas mal fichu. En gros : vous lui indiquez combien de clichés vous voulez, de combien vous voulez décaler votre mise au point entre chaque cliché…

Puis vous faites votre mise au point sur le premier plan le plus en avant, il ne reste qu’a déclencher. Et il fait tout le reste. Il pilote l’AF micrométriquement pour vous et vous garantit ainsi de ne louper aucune zone de net du début, à la fin.

Je le règle sur le pas numéro 3 en général (ça va de 1 à 9). Si je fais de la proxy – et donc je suis plus éloigné du sujet, avec une PDC plus grande – alors je règle sur des pas plus grands (ça passe aussi en macro). A taton…

Tous les objectifs ne semblent pas compatibles avec ce mode, on imagine pourquoi. Le Sigma 150mm macro fonctionne à merveille avec (au travers de la bague d’adaptation RF-EF bien entendu).

La présence de cette fonctionnalité de « bracketing de mise au point »,  a beaucoup pesé dans ma décision lorsque quand je suis passé du reflex, à l’hybride…. Actuellement, l’EOS-R ne possède pas (encore) ce mode (mais on peut espérer son arrivée via une mise à jour Firmware). Je tenais à rester chez Canon, car je suis équipé de nombreux objectifs EF : donc l’EOS RP était le bon choix pour moi.

Macro 1:1, 40 clichés à f/8 stackés, trépied : http://pic.drarena.fr

 

Ici j’ai du utiliser 40 clichés avec. le bracketing auto de l’EOS RP. Le pas était réglé sur 4. Il reste quelques zones non nettes, un peu de loupé dans la fusion, mais on est quand même sur un résultat satisfaisant globalement.

Pour un ordre de grandeur, on distingue à peine ces gouttelettes à l’oeil nu. Le cliché final n’est pas parfait, mais beaucoup mieux réalisé que le précédent, grâce au bracketing auto de mise au point de l’EOS RP (même si je n’en suis qu’au début de son exploitation).

Autre point pratique des viseurs électroniques pour la Macro : c’est l’utilisation le contrôle de la Profondeur de Champs grâce au testeur (on peut programmer diverses touches pour accueillir cette fonction). On peut vérifier l’image avec sa netteté finale, sans qu’elle soit assombri (comme c’est obligatoirement le cas avec le testeur de PDC d’un reflex).

Le Canon EOS RP possède aussi un mode de « surlignage » de la PDC, dans le viseur (c’est le fameux « Focus Peaking ») : lorsque l’on passe en manual focus. En macro, c’est bien pratique…

Notez qu’outre le mode bracketing de mise au point, il existe aussi des rails millimétriques pour trépied, qui permettent de déplacer physiquement l’appareil (à l’échelle millimétrique) d’avant en arrière. C’est une technique aussi pour la macro, elle fonctionne, elle reste « manuelle » (et je ne l’ai pas essayée).

Gardez en tête ce point technique : plus vous réduisez la distance de mise au point, plus vous raccourcissez la PDC. Une grande focale aussi, raccourcit la PDC. Il reste possible de faire de beaux clichés proxy, aux rapports 1:2 ou 1:3 par exemple, tout en bénéficiant d’une PDC déjà bien plus grande, sans avoir recours au focus stacking.

Le focus stacking est réserve aux cas extrêmes : lorsque vous êtes vraiment très proche du sujet, limite macro. Lorsque vous êtes dans une situation de PDC extrêmement courte, que vous êtes sur trépied avec un sujet fixe.

Dernier point : si vous manquez de lumière – classique en macro – vous compenserez par le temps de pose, lorsque c’est possible (comme dans mon cas par exemple). Sinon il existe des flashs macros (ou annulaires) qui produisent de beaux résultats (je n’en possède pas). Un flash cobra déporté avec réflecteur peut aussi aider (j’en ai un, pas facile de le placer, mais ça peut aider) ».

Texte et photos : Julien.

 

 

 


Et zouuu : deux petites vidéos sur le sujet, en Allemand et en Hollandais ;-)

 

 

 

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7 commentaires

  1. Intéressant aussi dans d’autres domaines, comme en photographie de paysage.
    Disponible aussi dans d’autres marques tout aussi intéressantes.

  2. Oui, le Nikon D850 permet aussi de faire du focus stacking automatiquement. Je l’ai utilisé en paysage, et ça marche très bien.

  3. Oui mon Fuji XT-3 possède aussi cette technologie, c’est très pratique surtout pour les paresseux comme moi ou on peut choisir la photo qui nous convient le mieux,
    Je ne sais pas si sur Sony, Olympus et Pentax il y a aussi cela…

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