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Canon EOS R à l’épreuve des sommets au Pakistan

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BILLET PREC.

Je laisse la parole aujourd’hui à Laurent. Boiveau qui a la particularité d’être Guide de Montagne et qui nous parle de son expérience récente au Pakistan, avec le Canon EOS R…

Laurent est aussi un de nos très anciens lecteurs, avec qui j’avais échangé il y a pas mal de temps à propos du Micro 4/3, un format qui l’intéressait pour des questions de place. et de poids. Vous pouvez découvrir son Trek au Népal dans son livre : « Népal – Histoire d’un trek » Editions Clémentines. On attend vos questions et commentaires…

 

« Pour mes voyages (guide-photographe) en régions lointaines et pas toujours faciles d’accès, j’ai besoin d’un matériel robuste et léger. Du moins le plus léger possible. Tout n’est donc que compromis. Lorsque je dois porter tout mon matériel de montagne, plus celui lié à la photographie, il arrive le moment où je ne peux pus lever mon sac. Je vieillis, certes, mais c’est une réalité que je ne pas passer sous silence.

Lors de ma traversée du Népal (solo à deux ;-), j’avais privilégié un 4/3 (pour être exact 2) pour avoir la meilleure relation qualité poids. J’avais tout de même 25 kg sur le dos avec vingt-cinq cols à 5000 m. Et trois à 6000 m. : à 47 ans je trouvais cela bien assez lourd.

 


Mais je voulais revenir au plein format. Je m’étais habitué au viseur électronique, même un tout petit viseur. Je m’étais habitué à prendre des photos sur l’écran avec mes gros doigts. Après un temps d’adaptation, j’avais terminé par retrouver mes réflexes. Alors quand est sorti l’EOS R, je me suis dit que c’était peut-être une solution, peut-être pas LA solution, mais une tout à fait acceptable.

Donc, ce printemps, direction une région perdue du Pakistan  : l’Hindu Kush. Il était prévu d’explorer un vaste enchainement de glaciers qui n’a jamais été relié, pour rejoindre un monumental bassin glaciaire, celui du Chiantar. Fermé depuis 1967…

 

Le Full frame prenait toute sa valeur à mes yeux, mais pour une raison de poids, je me suis limité au standard, c’est à pire le pack avec le 24-105. J’ai assez de définitions pour couper un peu et resserrer l’image si j’ai besoin de faire un gros plan sur un sommet. Et puis il fallait bien partir avec quelque chose.

Les conditions ont été parfois sévères, -15°C la nuit dans la tente, 1m de neige fraîche dans les premiers jours, plusieurs passages à + de 5000 m.

Et bien le matériel n’a pas bronché, les batteries ont tenu le coup même sans protection excessive.

 


Viseur – Je dois l’avouer, on s’habitue à tout. Autant ceux essayés avant n’étaient pas très lumineux, autant ce dernier est amplement suffisant. Avoir l’histogramme, avec les réserves habituelles, est devenu un plus. Par contre, avoir le niveau en même temps est un peu encombrant. Je n’ai pas trouvé où le supprimer tout en gardant l’histogramme…

L’œil a bien assez de place pour parfaire son cadrage malgré toutes les infos présentes.

 


Utilisation – J’ai passé de nombreuses années sur Canon, mes doigts ont retrouvé instinctivement les boutons, comme s’ils n’avaient quasiment pas bougé depuis mon dernier EOS 5D. Tout est là.

J’ai réglé la bague à l’avant de l’objectif pour effectuer des corrections d’exposition, c’est très pratique. En effet, j’ai dû travailler bien souvent avec des gants, et cette bague est plus simple à utiliser que tout le reste, où j’ai tendance à appuyer sur plusieurs touches en même temps…

Par contre pour la barrette tactile à droite du viseur, là je n’ai pas encore trouvé d’attribution pertinente à lui attribuer. A suivre.

 

Les menus sont simples et s’enchaînent naturellement, rien à y redire. Je n’utilise pas la vidéo, je n’ai donc pas fouillé ce domaine en profondeur.

J’aurais préféré que le zoom soit dans l’autre sens. Pour moi, tourner le pouce vers l’intérieur est plus rapide et demande moins d’efforts que vers l’extérieur. Or lorsque l’on zoome, c’est souvent pour une prise de vue rapide. Alors que lorsque l’on veut revenir au grand-angle rien ne presse…cela reste un avis personnel.

Au niveau de l’œilleton, dans les conditions dans lesquelles j’étais, il y a une grosse rentrée de lumière, il n’est pas assez prononcé. Mais il redevient très confortable dans des conditions d’utilisation plus habituelles…

 

Un petit plus, pour moi, lorsque l’on bascule tout en Mise au point Manuel (cf. panorama) : la mise au point est rehaussée par une surbrillance rouge ce qui permet d’avoir un contrôle rapide sur cette dernière.

Pas encore de zoom à f/2,8 : et alors ? Ce n’est tout de même pas l’ouverture que j’utilise le plus souvent. Et très franchement, en voyage, avant de faire un portrait, je passe beaucoup de temps à discuter avec la personne avant de déclencher. Ce qui permet de réaliser le portrait que l’on souhaite, sans lui sauter dessus, même à f/2,8.

Je regrette de ne pas avoir regardé la fonction de compression en Raw, cela doit être bien utile pour gagner un peu de place sur les DD, au prochain voyage, juillet, à nouveau au Pakistan…

La gestion par Lightroom ne pose aucun problème, c’est toujours ça de pris !

 

Dans l’absolu, il faudrait que je lui adjoigne un objectif qui couvre le 200 mm. Mais à nouveau, je vais me retrouver dans une situation de poids excessif, comme quoi tout n’est que compromis (ndlr : pas forcément  Laurent. regarde du côté du zoom 24-240 mm à venir : Quels objectifs recommander pour les Canon EOS R et Canon EOS RP ? Je tiendrais à jour également : ce tableau des objectifs et de leurs prix : 2 – Combien coute un équipement Full Frame pour chaque marque ?)

En attendant, il va repartir pour un voyage au Pakistan. Cinq voyages au Népal et une traversée de la Nouvelle-Zélande, qui elle devrait durer 4 à 5 mois… Le terrain, en grand. »


Laurent Boiveau – Tekenessi.fr.

 

 

 


Pour les photos réalisées avec l’EOS R, vous pouvez les retrouver sur les articles suivants :

http://www.tekenessi.fr/news.php?id=820&pass=r4ml45

http://www.tekenessi.fr/news.php?id=816&pass=r4ml45

http://www.tekenessi.fr/news.php?id=814&pass=r4ml45

La galerie photo est ici : http://www.tekenessi.fr/galerie.php?id=302

 

BILLET PREC.

14 commentaires

  1. Beau sujet et bien sûr très belles photos …
    J’aurai pensé que les batteries du R en mode « congelés » auraient été un peu rétive et trop limité en autonomie pour le R … ce sont celles des 5D et autres, mais en mode Mirrorless, la consommation n’est pas vraiment la même.
    Canon prévoit sous peu des zooms plus étendus et normalmeent compact en monture RF comme le 24-240mm.
    => http://photoetmac.com/wp-content/uploads/2019/02/canon-rf-24-240-mm.jpg
    J’imagine que le RP avec ce 24-240 en mode full frame peut être une solution si l’autonomie des batteries RP est suffisante. Un bon capteur FF de 6DII dans un boitier plus compact que le EOS R, ça doit s’étudier.

    Bravo pour ce retour très instructif et avec de très belles photos !!!

    • Les batteries étaient juste dans un sac dans ce qui ma sert d’oreiller et non dans mon duvet…
      Oui, cet objectif pourrait convenir, mais f/6,3 au 200mm, faut voir…

  2. Bravo à Laurent !
    Les photos sont très restitutives d’une atmosphère inconnue chez nous.
    Comme dit JF, un billet d’avion, une bonne santé physique, du talent, un matos « basique » (mais encore cher) suffisent à déclencher avec réussite !
    Super reportage !

  3. Je partage pleinement l’avis personnel sur le sens de rotation de la bague focale du zoom.
    Belles images et dans quelles conditions ! Comme quoi le matériel n’est qu’une garniture au talent …

  4. Bonjour

    Merci à tous pour vos commentaires.
    Je vous souhaite de bonnes photos, peu importe le matériel.
    Mais cet EOS R, première version, n’est pas si mal…
    A voir les prochaines.

    Laurent

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