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Les photos doivent-elles « avoir du sens » ?

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Vos photos ont-elle « du sens  » ? Pourquoi, faire des photos ? Pour qui, faire des photos ? Désirez-vous raconter une histoire ? Ou éventuellement seul l’aspect « esthétique » ou « plastique » des images, vous intéresse-t-il ?

Autant de questions qu’il faut se poser… un jour ou l’autre. Parmi les images que l’on a réussi au cours des années, on ne choisira pas forcément les « mêmes photos » si l’on désire réaliser une belle exposition… ou un beau livre. Et l’on réalise encore moins les mêmes photos : si il s’agit de les vendre à une agence d’illustration… De les vendre à un magazine de voyage… Ou de vendre des tirages destinées à décorer un salon, un hôtel… Ou le mur de ses propres toilettes (souvent c’est là que terminent les tirages que l’on ne peut plus « voir en peinture » dans son salon… Triste destin pour certaines images).

Années après années, je me rends compte que parmi mes propres images : je retiens plutôt celles qui semblent avoir un « sens »… Une « signification symbolique », celles qui racontent une histoire. Et que cet aspect des photos, devient beaucoup plus important que leur simple qualité esthétique, ou « plastique » dont on se lasse éventuellement. Car trop d’esthétique, tue l’esthétisme…

Etrangement, lorsqu’il s’agit d’envisager des « tirages déco » : tout cela vole un peu en éclat… Et les images trop chargées de sens, deviennent dérangeantes ou envahissantes lorsqu’elles sont accrochées à un mur et que vous les croisez tous les jours. Par exemple les portraits… Certains portraits ont une telle présence : que l’on a du mal à les supporter au quotidien dans son salon.

Ci-dessous, voici quelques réflexions à propos du sens (ou pas) de quelques images que j’aime bien… Et je vous invite à poster vous-même une ou deux de vos images (dans les commentaire) qui éventuellement posent la question du « sens des photos ». Allez-y, jouez le jeux et postez vos images : je veillerais à ce que toutes les critiques ou appréciations en commentaires, restent bienveillantes… Cela devrait donner des échanges assez intéressant !

 

 


Les « lignes de forces » chargent les image d’un « sens graphique » : ici une diagonale descendante vers la droite… Inversez l’image horizontalement dans l’autre sens (comme dans un miroir) et le « sens » de l’image changera aussi… Généralement on explique qu’une diagonale « montant » vers la droite, dégage une impression plus « positive », voir plus « optimiste »… Du moins c’est éventuellement valable en Occident ou l’on écrit de la droite vers la gauche : donc on y lit peut-être aussi les photos dans le même sens.

Canon EOS 5DsR. Avec EF 24-70 mm f/4 L IS USM  –  24 mm  –  EXIF : 1/250 sec  –  f/6.3  –  ISO 50.

 

 

Une diagonale descendant vers la droite, ce serait un peu l’équivalent en musique du Mode Mineur qui évoque parfois la tristesse. Je cite l’auteur de musiclodge.fr  : « Par exemple, les musiques tziganes ou orientales, généralement en mineur, peuvent être « festives » selon la manière dont elles sont jouées, mais elles ont toujours un peu de la tristesse du mineur. Pourquoi cette tristesse du mineur ? Il existe une réponse assez simple à cette question : les intervalles mineurs sont des intervalles plus petits, plus « ressérés » que les intervalles majeurs… ce qui donne cette impression de mélancolie, d’introversion, de mystère. Prenez une comptine pour enfants, jouez-la en mineur… et vous verrez qu’elle perdra de son côté léger et apaisé, elle s’assombrira et deviendra mélancolique. » Merci à lui pour cette explication géniale…

Canon EOS 5DsR. Avec EF 24-70 mm f/4 L IS USM  –  24 mm  –  EXIF : 1/250 sec  –  f/6.3  –  ISO 50.

 

 

Sur l’image ci-dessus les différentes composantes sont très contradictoire… D’une part la ligne diagonale principale « monte » vers la droite (message positif). Mais en même temps le personnage principal se dirige vers la gauche et descend (message « négatif »). Pendant que trois autres montent (péniblement) la pente : tout cela est très compliqué… Trop compliqué pour être analysé !

Attention : toutes ces conjonctures : c’est « ce que l’on dit » généralement dans les école d’Art plastique ou de photo… Mais il ne faut rien prendre pour argent comptant à ce propos, tant les éléments graphiques et formels qui peuvent influencer la « lecture émotionnelle » d’une image, peuvent être nombreux… Et aucune étude scientifique n’a jamais vraiment été menée sur tous ces sujets (sans quoi vous en auriez déjà entendu parler). Précisons qu’il s’agit du déchargement de sacs de riz en provenance de Chine, sur les rives de l’Irriwaday ; le fleuve bordant Mandalay dans le Nord de la Birmanie. Et voici (je crois) : la meilleure image de cette série…

Canon EOS 5DsR. Avec EF 70-200 mm f/4 L IS USM  –  70 mm  –  EXIF : 1/2500 sec  –  f/6.3  –  ISO 50.

 

 


La queue du chien ? Là, si vous trouvez un « sens » à cette image : alors là bravo ! Moi je cherche encore… Et pourtant elle est intéressante, par ses textures, ses couleurs, (enfin, peut-être). Mais je l’aime bien cette photo de la queue du chien. Elle signifie peut-être : « le pire, serait de se prendre au sérieux » ?

Canon EOS 5DsR. Avec EF 24-70 mm f/4 L IS USM  –  24 mm  –  EXIF : 1/250 sec  –  f/4  –  ISO 100.

 

 


Ici, le sens de la photo est à rechercher dans la « tradition picturale », peut-être… J’ai toujours adoré les peintres flamands (Vermeer, ou Rembrandt) et dès je vois une fenêtre à contre jour (si possible avec une lumière du soir) : j’essaye (modestement) d’en faire « une peinture ». Et neuf fois sur dix, ça rate lamentablement, du coup je n’obtiens ni peinture, ni même une photo lisible… Vous le savez aussi, à condition d’avoir essayé ça vous-même !

Mais parfois on a un coup de bol, comme cette fois… Ces tentatives passent généralement par un bracketing d’exposition, afin de me laisser quelques chances de gérer le « clair-obscure ». C’est franchement très difficile… De plus, il faut aussi que le sujet soit « un minimum » intéressant… Comme c’est le cas ici : un moine au Ladakh dans un tout petit monastère isolé, non loin de Lamayuru. Au final quel est le « sens » de cette image ? Je ne sais pas encore, mais peut-être je le découvrirais plus tard…

Canon EOS 5DsR. Avec EF 24-70 mm f/4 L IS USM  –  24 mm  –  EXIF : 1/250 sec  –  f/4  –  ISO 100.

 

 


J’aime l’image suivante réalisée récemment dans un temple en Inde… Elle est presque en noir et blanc (ou plutôt en noir et jaune) et sa composition est plutôt minimaliste. Je lui trouve un sens symbolique assez fort : cette femme qui se cache les yeux, en priant, face à un feux… Je ne sais pas trop ce que ça veut dire. Mais ça veut probablement dire quelque chose, que chacun est libre d’imaginer, pour sois…

Ce qui me semble évident (à moi), sera peut-être invisible à d’autres. Il y a du mystère dans ce qui peut plaire à certains et ne pas intéresser les autres…

Canon EOS 5DsR. Avec EF 24-70 mm f/4 L IS USM  –  70 mm  –  EXIF : 1/2000 sec  –  f/6.3  –  ISO 400.

 

 


Un de mes portraits préférés, c’est cette image pleine de sens d’un jeune Massai, dans une région très isolée du Kenya (très loin du Massai Mara)… Pour autant, je n’ai pas forcément envie de l’afficher dans mon salon, car il y a presque trop d’intensité dans ce regard…

Canon EOS 5DsR. Avec EF 70-200 mm f/4 L IS USM.  –  90 mm  –  EXIF : 1/250 sec  –  f/7.1  –  ISO 320.

 

Quelle est « l’histoire » racontée par cette photo ? Déjà, cette lance tenue par ce jeune berger n’est pas la pour « la déco ». Elle est forgée à partir d’un tige métallique massive et lourde et elle a une fonction simple et nécessaire : se défendre contre les lions et autres fauves, qui dans cette région isolée du Kenya attaquent le bétail et quiconque se trouve seul à leur portée… La teinture rouge dans les cheveux est symbolique d’un « rite de passage » de l’enfance à l’adolescence. L’arrière plan laisse comprendre l’aridité de cette région semi désertique… Que l’on perçoit mieux en observant cette autre image de la plaine « vue d’en haut »… Il faut parfois plus qu’une seule image, pour raconter une histoire. C’est la force et la faiblesse de la photo.

Canon EOS 5DsR. Avec EF 24-70 mm f/4 L IS USM –  24 mm  –  EXIF : 1/640 sec  –  f/4  –  ISO 100.

 

 


Lorsque l’orage menace, je pense parfois aux peintres romantiques du 18 et 19 em, (lire ceci également), tels que Caspar David Friedrich, ou Turner… Je le cite : « Le peintre ne doit pas peindre seulement ce qu’il voit en face de lui, mais aussi ce qu’il voit en lui »… Et dans sa biographie on peut lire : « Cette phrase est la clé de son œuvre, elle exprime tout le travail de l’artiste romantique face à la nature ».

Avant l’orage, l’irruption d’un rayon de lumière « perce » les nuages et crée un contraste « chaud froid », ce qui est assez rare dans la nature en dehors des temps orageux (et encore faut-il que ce soit en fin de journée)… Les nuages bloquent les rayons « chauds » de lumière solaire ce qui génère des zones froides (à dominantes bleues ou dé-saturées). Et lorsque le rayon de soleil trouve finalement un passage : c’est le moment de shooter…

Des couleurs chaudes qui font irruption au coeur d’un orage, c’est la définition même du « romantisme » : une sorte de « métaphore plastique » de la psychologie de l’artiste romantique… Qui est souvent « cyclothymique » et passe par des « humeurs contrastées » : alternant désespoir et exaltation…

Voici un paysage assez « romantique » (du moins, je trouve) ; typique des hautes vallées perdues du Ladakh et pour quelques années encore : éloignées de tout. Il nous aura fallut 3 jours de 4×4 pour y arriver, dont une bonne partie via une piste abominable. Puis après deux jour passés sur place, le retour aura pris deux jours (sans arrêts en route) pour en revenir bien fatigués. Et ça en valait la peine.

Canon EOS 5DsR. Avec EF 24-70 mm f/4 L IS USM –  24 mm  –  EXIF : 1/320 sec  –  f/8  –  ISO 100.

 

 


Cette image prise au Rajasthan, me semble « avoir du sens »… C’est l’une de mes préférées : par sa lumière naturelle transversale… Ce n’est même pas « posé » : ce « sādhu » sortait la vache de son étable, il a (à peine) marqué un temps d’arrêt, qui m’a permis de prendre trois ou quatre photos. J’ai remarqué pur certaines images, que plus le vocabulaire plastique utilisé (couleurs, lignes, valeurs) est minimaliste : plus le « sens » de l’image s’imposait facilement…

Canon EOS 5DsR. Avec EF 70-200 mm f/4 L IS USM  –  78 mm  –  EXIF : 1/125 sec  –  f/4  –  ISO 160.

 

 


La présence de personnages (même si il ne s’agit que de quelques silhouettes) apporte « du sens » à cette image prise au Ladakh (en 2005, c’était en JPEG avec un appareil APS-C dont la dynamique était ce que vous pouvez imaginer… Une démonstration que le dynamique du capteur est la chose la moins importante, de toutes les choses importantes en photo. Ne comptez pas sur un nouvel appareil, ou un meilleur capteur… pour apporter plus de sens à vos images ! Car cela ne marche pas comme ça ;-)

Canon EOS 20D. Avec EF 70-200 mm f/2,8 L IS USM  –  120 mm  –  EXIF : 1/40 sec  –  f/20  –  ISO 100.

 

 


Une image prise dans un village Padaung (ou Kayan) en Birmanie… Le « sens de cette photo » peut éventuellement être dérangeant si l’on connait la situation de ces « femmes girafes » dont certaines sont devenues des attractions touristiques. Je précise toutefois que cette image a été prise dans un village ou les membres de cette ethnie, ont eux-même organisé une petite boutique d’artisanat qui permet de financer le développement du village. Donc ici : il ne s’agit pas d’un de ces « quasi zoo humain », tel que l’on peut en trouver dans quelques spots hyper touristiques (en Birmanie ou en Thailande) et qu’il convient d’éviter.

Canon EOS 6D. Avec EF 70-200 mm f/4 L IS USM  –  190 mm  –  EXIF : 1/320 sec  –  f/4.5  –  ISO 1250.

 

 


Au delà d’être une forme géométrique, « L’ellipse » est une forme littéraire (ou une forme cinématographique) qui consiste à décrire partiellement une chose, de façon à la décrire plus vite… Donc plus efficacement. Par exemple,  « On trouve une ellipse du verbe dans ce texte de Joachim Du Bellay : « Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage »… A la place de « Heureux est celui qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage ».

Ou encore : « dans 2001, l’Odyssée de l’espace : un saut de plusieurs centaines de milliers d’années alors qu’un os est lancé en l’air par un primate à l’aube de l’humanité, pour se « transformer » en satellite dans l’espace ».

L’ellipse est aussi un classique en photographie, qui peut « donner du sens »… Parfois « on fait dans l’elliptique » sans même le vouloir : tout simplement lorsque l’on est équipé d’une focale trop longue et que l’on a pas le temps de se reculer assez vite. C’est d’ailleurs parfois « une chance » d’être équipé d’un objectif fixe, trop court, ou trop long… C’est « l’autre raison » pour laquelle l’utilisation d’objectifs fixes est intéressante pour progresser en photographie.

En nous empêchant de cadrer comme on aurait aimé le faire, on se retrouve obligé de « composer avec » la réalité, du coup, on trouve des solutions originales (et elliptiques)… Et du coup : un « sens caché de choses » s’impose parfois, malgré nous.

Canon EOS 100D. Avec EF 70-200 mm f/4 L IS USM  –  116 mm  –  EXIF : 1/1600 sec  –  f/4  –  ISO 800.

 

 


Exemple typique d’une photo assez peu intéressante au niveau esthétique (enfin, ça se discute), mais qui peut avoir du sens (éventuellement… mais là aussi ça se discute). En ce qui me concerne, si une photo ne s’impose pas immédiatement comme « évidente », j’aurais tendance à me dire qu’il faut l’oublier. Et pourtant il arrive que d’autres personnes trouvent « un sens », là ou je n’ai vu qu’un « gadget graphique ». Le seul moyen de se sortir du doute : c’est d’obtenir des avis extérieurs… Donnez-moi le votre sur cette image, prise à Kyoto.

Canon EOS 6D. Avec EF 24-70 mm f/4 L IS USM  –  24 mm  –  EXIF : 1/1600 sec  –  f/6.3  –  ISO 1600.

 

 


Des dockers photographiés sur le port de Rangoon se reposent assis sur des sacs de riz… Le sens le plus évident de cette image est que ce doit être bien plus difficile de gagner sa vie en déchargeant à la main des sac de riz à Rangoon, que de la gagner en faisant des photos.

L’autre sens de la photo : pourrait être que je dois avoir l’air d’un extra terrestre à leurs yeux, vu leurs regards relativement hostiles à ce moment. Pourtant ensuite : je me suis ensuite arrêté pour discuter un peu avec les mains (je n’avais pas de guide ni traducteur), leur montrer les photos ce qui m’a permis de réaliser quelques portraits supplémentaires… Et d’échanger quelques poignées de main, des rires et des sourires totalement amicaux et sincères…

Ce que l’on ne peut deviner sur cette image… Si je n’avais pas eu le courage de vaincre une certaine appréhension pour m’approcher et discuter un peu : je n’aurais peut-être retenu de ce moment que ces regards, assez peu amicaux. Et cela aurait été bien dommage.

Canon EOS 5DsR. Avec EF 85 mm f/1.8 USM  –  85 mm  –  EXIF : 1/400 sec  –  f/4.5  –  ISO 100.

 

 


Les enfants (du monde entier), sont un sujet inépuisable… Et le « sens » que l’on y trouve, dépendra de chacun : ces images nous rappèlent des souvenirs de notre propre enfance peut-être ? Ou alors nos propres enfants ? Et c’est peut-être les seules raisons pour lesquelles la plupart des gens aiment autant les photos d’enfants ? Et que les femmes les aiment plus encore, que les hommes…

Canon EOS 5DsR. Avec EF 24-70 mm f/4 L IS USM  –  28 mm  –  EXIF : 1/1600 sec  –  f/4.5  –  ISO 100.

 

 


L’orientation des photos (de droite à gauche, ou l’inverse), peut éventuellement avoir « du sens »… En occident par exemple, on lit de gauche à droite… Que peut donc signifier une image, ou le sujet principale est orienté de droite à gauche ? Le sens (de lecture) de l’image, peut-il avoir un « sens » ?

Canon EOS 5DsR. Avec EF 24-70 mm f/4 L IS USM  –  30 mm  –  EXIF : 1/500 sec  –  f/8  –  ISO 400.

 

 


Les couleurs ont en sens, bien entendu ! Par exemple, cette photo me fait penser à « Noël » probablement à cause des couleurs étonnantes… Ou est-ce le fait, que ce petit temple est situé dans une grotte ? Le contraste chaud – froid est très important en photo : ici les personnages en rouge et orange au premier plan… Au fond le mur bleu est éclairé d’un rayon de lumière venant d’une fenêtre à droite.

J’ai un peu renforcé les éclairages naturels à l’aide des Filtre Radial de Lightroom, sans quoi cette image serait resté obscure… Le contraste chaud froid est-il porteur de sens à lui seul ? Ou est-ce le décors « exotique » qui l’emporte ? Donnez-moi votre avis : car j’aime beaucoup cette photo, mais je ne sais si elle a une « signification ».

Canon EOS 5DsR. Avec EF 35 mm f/2 IS USM  –  35 mm  –  EXIF : 1/200 sec  –  f/2.5  –  ISO 800.

 

 


Parfois le « sens d’une image » est assez indéfinissable, même si l’on sent qu’il « se passe quelque chose ». Ici, plusieurs éléments sont porteurs de sens, qui permettent à chacun de s’inventer une histoire (ou pas… car après tout il n’est pas obligatoire d’aimer cette image)… Il y a cette architecture complexe et un peu étrange. Puis la silhouette de cet homme et son regard, qui semble croiser cet oiseau en arrière plan…

Canon EOS 5DsR. Avec EF 24-70 mm f/4 L IS USM  –  38 mm  –  EXIF : 1/500 sec  –  f/7.1  –  ISO 250.

 

 


Cette façade d’appartement anciens à Hong Kong, peut éventuellement être jugée « inquiétante »… Une telle frontalité a-t-elle « un sens », en tant que tel ? Peut-être que oui… Un tel « mur » signifie-t-il qu’il serait impossible d’avancer ? Que le passage est impossible et l’avenir fermé et bouché ? Après un petit moment à observer la photo, on distingue tout en bas : qu’il y a peut-être des portes, par ou passer…

Canon EOS 5DsR. Avec EF 24-70 mm f/4 L IS USM  –  24 mm  –  EXIF : 1/30 sec  –  f/4  –  ISO 100.

 

 


Les rails de chemin de fer pointées vers l’horizon ou les routes toutes droites en perspective, ont toujours inspiré les photographes et les cinéastes… D’ailleurs, la première fois que j’ai vu ce genre de « perspective » très symbolique, je m’en souviens j’étais enfant : c’était la seine finale du film de Chaplin : Les temps Modernes.

Certains photographes prennent parfois des risques fous pour photographier des rails de chemins de fer, jusqu’à y laisser leur vie ou celle de leur modèle : ce qui est d’une stupidité indicible… Une telle passion pour les rails de chemin de fer, doit certainement vouloir dire que ce type d’images… ont en « sens ».

Si des gens choisissent de se photographier sur des rail de chemin de fer plutôt que sur des pistes d’atterrissage d’aéroport : c’est surtout parceque les pistes d’atterrissage… sont interdites d’accès ! Sans quoi on peut supposer qu’il y aurait aussi des gens assez idiot, pour y faire des photos bien dans l’axe… Avec des avions en approche à l’arrière plan si possible !

Ici bien entendu : je n’ai pris aucun risque en photographiant d’en haut la vieille gare de Yangoon, tôt le matin… Et j’aime bien le contraste et la perspective obtenues : tout ici veut dire, « voyage », départ », « découverte », ou « aventure »…

Canon EOS 5DsR. Avec EF 35 mm f/2 IS USM  –  35 mm  –  EXIF : 1/2500 sec  –  f/2  –  ISO 100.

 

 


J’aime bien cette image, prise à Hong Kong au mois de janvier… On se croirait un peu dans Blade Runner en 1982 avec ces écrans géants (à Hong Kong les écrans deviennent de plus en plus gigantesques). Le sens « littérale » de cet image est assez simple : des humains transformés en robot, le nez collé à leurs écrans de smartphone… Qui défilent indifférents, sous des publicités sexy qui deviennent de plus en plus gigantesques au fur et à mesure que les gens deviennent de plus en plus indifférents à ce qui les entoure ? Une scène imaginée dans Blade Runner… 37 ans avant qu’elle n’existe en vrai.

Canon EOS 5DsR. Avec EF 24-70 mm f/4 L IS USM  –  24 mm  –  EXIF : 1/800 sec  –  f/4  –  ISO 1250.

 

 


C’est peut-être un peu idiot, mais lorsque j’ai découvert cette photo : symboliquement, j’ai pensé à la façon dont nous jouons de façon insouciante avec notre environnement… Un peu comme un enfant joue de façon insouciante avec son ballon au risque de le perdre. Oui, je sais : c’est un peu couillon, une simple « association d’idées ». Parfois la photo c’est aussi simple que ça…

On pourrait coller une image de la planète à la place du ballon : ça ferait une jolie campagne de pub pour La Défense de l’environnement (ne me prêtez pas des idées que je ne partage pas pour autant : car la question écologique est bien plus compliquée que ce que l’on nous en raconte)… Les ombres et la lumière rasante de la fin d’après-midi donne à l’image un côté crépusculaire intéressant. J’ai quelque peu renforcé le vignettage, ce qui renforce cette impression de fin de journée… Ou de fin du monde !

Canon EOS 5DsR. Avec EF 70-200 mm f/4 L IS USM  –  200 mm  –  EXIF : 1/1600 sec  –  f/4  –  ISO 100.

 

 


Il y a souvent du mystère et du sens dans les « contre jours ». D’ailleurs, c’est ce que je préfère en photo : les « contre-jours ». Il me semble que les contre-jours (par nature assez imprévisibles), ont le potentiel de faire émerger des « significations » par hasard. Sans que l’on ne s’y attende… Ce visage « masqué », c’est ce que j’aime ici… Pourtant, il n’est pas très évident de « trouver un sens » à cette image… On est davantage dans le registre de « l’impression ».

Canon EOS 5DsR. Avec EF 24-70 mm f/4 L IS USM  –  70 mm  –  EXIF : 1/250 sec  –  f/6.3  –  ISO 100.

 

 


Mélancolie : c’est éventuellement tout ce que peut signifier cette image… Par les teintes légèrement « passées ». Par la pause. Par l’oeil du personnage « un peu humide » : tout cela va « en ce sens »… Il s’agit d’un coiffeur photographié dans un petit bled paumé au Rajasthan qui attend ses derniers clients en début de soirée. Et il n’y avait vraiment pas grand monde dans ce coin-là : on peut donc comprendre son désespoir… A moins qu’il ne s’agisse de toute autre chose : une histoire romantique, un amour impossible, que sais-je ?

Canon EOS 5DsR. Avec EF 70-200 mm f/4 L IS USM  –  85 mm  –  EXIF : 1/25 sec  –  f/4  –  ISO 1000.

 

 


la (trop) fameuse région du Landmannalaugar en Islande… Un joli paysage avec une belle lumière, peut-il avoir du sens à lui tout seul ? Ou devons-nous cantonner ce genre de photos de paysages, à de la « simple décoration » ? J’avoue que j’ai parfois des doutes à ce sujet, car j’adore « les paysages et la belle lumière ». Mais je suis entouré de gens qui s’en foutent totalement ! Quel « sens » peut donc avoir une photo telle que celle-ci ?

Canon EOS 6D. Avec EF 24-70 mm f/4 L IS USM   –  30 mm  –  EXIF : 1/250 sec  –  f/14  –  ISO 400.

 

 


J’aime cette image prise à Tokyo en pleine rue au 85 mm f/1.4… Elle peut évoquer l’avenir, ou l’espérance… Ou encore, des tas d’autres choses : c’est l’intérêt du « flou »… Lorsque l’on ne « représente rien très précisément » ce qui est la définition du « bokeh » à l’arrière plan : le message reste « ouvert » par définition… Et l’interprétation reste « libre » : le sens de la photo n’est pas « imposé » et chacun peut y projeter ce qui l’arrange. Et c’est très bien comme ça !

Canon EOS 5DsR. Avec EF 50 mm f/1.4 USM  –  50 mm  –  EXIF : 1/200 sec  –  f/1.8  –  ISO 50.

 

 


 

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88 commentaires

  1. Très intéressant et superbes images !
    Comme tu dis certaines n’ont pas le même sens pour tous le monde.
    En photo de voyage le fait d’avoir vécu la scène change la perception de certaines images.
    Sur la série la dernière et « l’ellipse » ne me parlent pas vraiment.

    En tous cas j’aime que les photos aient du sens, la fameuse mode « street » photo en N&B ne sort que des horreurs à 99.9% du temps dénué de sens avec parfois « une touche » artistique.
    Bravo pour l’article, la réflection et les photos ! C’est un régal !

  2. Même chose : qui est l’auteur de la photo ? Et est-il d’accord pour la publier ici ?

    Je vais devoir les supprimer malheureusement… Tant que je n’ai pas la certitude que l’auteur est d’accord pour cette publication (non rémunérée de surcroît).

    Il n’y a pas de « dérogation » au droit d’auteur, y compris dans les commentaires…

  3. Dans mon club photo où je donne des cours techniques sur le réglage d’un appareil photo.
    Je fais passer le message suivant :

    Pour faire une bonne photo, il suffit, comme critères :
    – D’un bonne technique
    – D’un oeil de photographe (voir ce que la plupart ne voit pas)
    – De l’émotion.
    Et le plus important est en bas : l’émotion.
    Et le moins important : la technique

    Manque de pot, je suis surtout meilleur en Technique :)

    Sinon, tes photos sont magnifiques et tapent dans les trois critères :)

  4. Jeff Lemarchand le

    Merci Jean-François pour cet article très intéressant.
    Ici une image, en Inde, au Rajasthan pendant la foire de Puskar en Nov 2018, j’avais vu que la femme de gauche ne cessait de regarder celle de droite en s’éloignant, le regard « appuyé ». Celle de droite semble l’ignorer et a le regard porté sur l’homme qui remplit le seau, un homme entre les deux.. qu’i y a t il entre ces deux femmes? de la jalousie…

  5. Jeff Lemarchand le

    Je vous propose une seconde image que j’ai failli ne pas garder au moment de trier , ici à Londres en 2018, des ouvriers qui prennent leur pause, tous, sans exception ont le nez rivé à leur portable, qu’ont ils donc de si important à consulter? il y a 20 ans, ils auraient sans doute échangé leurs dernières blagues apprises au Pub la veille au soir? Ils sont ensemble mais seuls, chacun dans bulle…je vous laisse interpréter et commenter…

  6. merci effectivement pour vos images! (très belles en plus de raconter une histoire)

    le talent est la!

    marrant de voir que vos si belles images parfois en condition de faible luminosité sont réalisées avec des zooms F4… et finalement souvent pour ma part, celles faites à grandes ouvertures (<f2.8) sont justement assez "vide" d'histoire" avec un sujet noyé dans un "flou qui ne montre rien".

    même en basse lumière, finalement avec un "f4" is on fait (je trouve) des images plus "intéressantes" … plus "lisibles"

    sauf bien sur pour du reportage "humain" ou cela bouge ou du portrait avec arrière plan "chargé" ou une focale fixe ouverte est nécessaire…

    j'en reviens (un peu) de mes fixes même en basse lumière… et chaque fois que je les prends en me disant que je ferais des images plus "typées" et" inintéressantes " finalement …non…

    il manque un truc…: ah oui le talent…

  7. Hello,

    Je serais intéressé de
    Voir l’image sans traitement pour voir le travail sur ce
    Magnifique contraste.

    Celle au 6D Landmannalaugar

    Salutations

  8. Une photo est toujours porteur de message et donc a toujours un sens. Parfois, le message est évident et d’autres fois, ça l’est moins.

  9. Toujours aussi superbes tout ça…

    Mon avis sur ta photo « gadget » :
    Tu as raison, et d’après moi, ce n’est pas ton truc. Il y a un détail graphique amusant, un effet global lié à la pluie sur la vitre, un flou, une sorte de déchirure, mais ça ne suffit pas (avis qui reste personnel).
    A mon sens, tu as une expérience faite de transcription du réel humain et vivant, je pense, et c’est ce que tu fais le mieux.
    Ce qu’il y a de curieux, c’est que (en tout cas pour moi) ce que tu produis sur des sujets vivants contient plus d’éléments graphiques élaborés que cette photographie. Je pense que c’est ton véritable mode de fonctionnement que d’être inspiré « graphiquement » par des scènes de vie… et comme c’est réussi, pourquoi chercher autre chose ? Après, il ne faut pas se priver de jouer bien sûr.
    Mais, l’abstraction ou le purement « matériel », c’est toujours risqué, ça peut laisser plus de liberté d’interprétation, mais ça touchera moins de monde aussi, la plupart du temps.
    La difficulté étant de transformer un pur objet en sujet et en général, c’est le boulot de celui qui regarde.
    Le sens n’est pas un valeur absolue et mesurable, elle dépend essentiellement du public…
    Tout ça pour dire que de toute façon, tes photos toucheront à mon avis probablement plus de personnes qu’une photo froidement abstraite ou industrielle par exemple…

    • Disons que j’en fait beaucoup aussi de truc « graphiques »… au cas ou !

      Mais je ne les aime pas trop, donc je ne les montre pas trop.

      Celui-ci était marrant, car le plastique anti UV à l’extérieur de la vitre, qui est arraché… peut fayote penser à une fumée de cheminée.

      Et comme on est au Japon, quelques années après Fukushima, j’ai fait l’association d’idée (mais je suis un peu le seul à la comprendre : et c’est ça le drame des photos qui n’intéressent que leurs auteurs…)

  10. Ha oui y’a une partie retouche « créative » sur tes images.
    J’aime beaucoup cette façon d’ajouter de beau contraste avec de belles transitions clair/sombre.

    Ça me surprend tout de même quand tu dis que la dyn ne sert pas à grand chose vu que sur les exemples y’a quand même quelques relevages d’ombres (a moins que se soit via bracketing et masque de fusion.

    En tout cas, j’adore les photos qui ont du contraste, c’est pas lisse et effectivement des images sont très belles sans une dyn à 15IL

    Si j’avais la possibilité d’habiter plus près probablement que je m’inviterais à une séance de formation.
    Faudrait faire aussi via FaceTime ;-)

    J’arrête la c’était pas le sujet du topic

  11. Salut JF
    Ça fait presque un an qu’on ne s’est pas causé (pratiquement depuis HK 2018) !
    Quand je t’entends dire que l’objectif est plus important que le boitier, j’ajouterai que LR vient pas loin derrière quand je vois ce que tu sors comme image de ton Mac !
    Bravo.
    J’en poste une prise dans un coin perdu d’un souk de Marrakech.
    L’endroit était une ruine mais il restait le four (à gauche) qui chauffait le hammam d’à côté.
    Un marabout avait profité d’un espace désaffecté pour établir le site de ses consultations…
    L’ambiance était surréaliste. La photo l’est moins mais elle m’aide a garder le souvenir !
    Ça sert à ça aussi les photos !
    A plus
    Luc

  12. Je me rends compte que j’aurai besoin d’un Workshop Lightroom spécial retouche photo ambiances / paysages !
    J’aurai pu faire ressortir les passages de lumière qui traversaient le plancher…

    • Oui, sans doutes !

      Eventuellement : vous auriez pu faire aussi une double exposition (bracketing 2 vues en rafale), ce qui aurait permis de ne pas « bruler » les hautes lumières… C’est ce que j’aurais fait dans ce cas là : car c’est la seule façon de faire…

      Même si vous aviez utilisé un boitier qui aurait offert 15% ou même 20% de dynamique de plus, qu’un autre : cela n’aurait fait aucune différence. Dans ce genre de cas : je brakette systématiquement sur 2 ou 3 vues…

  13. la première image et l’unique que j’ai encadrée pour l’instant pour offrir.
    avec mon objectif préféré le 100mm macro. comme dit jean francois il y a des objectifs qui nous offrent des images
    avec des saveurs particulières.

  14. Sympa cet article, je me rend compte qu’en photo on est trop souvent en train de regarder le matos et la technique et de se poser des questions qui ne font pas la photo.

    Les portraitistes parlent peu de leur matériel, c’est plutôt la relation qu’ils installent avec la personne qui va faire la valeur de leur photo.

    voilà une petite photo pour participer, quand je suis en l’air le graal c’est les nuages avec des conditions de vol favorables, ça donne un relief au vol incroyable et quand on est deux en l’air c’est vraiment le pied. ce sont des instants très brefs et exceptionnel.

    Dans ce cas je suis hyper content de pouvoir prendre quelques photos avec mon appareil que je peux tenir d’une main, on partage ces photos avec les copains qui ont fait ce vol et on fait saliver les autres, pour moi c’est le sens premier de ces photos sans prétention que je prends de plus en plus de plaisir à faire, un prolongement d’une expérience intense et brève…

    d’ailleurs ici c’est du sport mais ça peut très bien être capter un sourire fugace où une lumière particulière !

    • Magnifique !

      Même si le développement pourrait être un peu meilleur (il y a quelques défauts oui), voilà une photo qui a « du sens »… Je lui trouve un tout petit problème de couleur notamment (ballante des Blanc auto peut-être ?) … Mais c’est un peu négligeable par rapport à l’impact évident du sujet.

      Merci du partage…

  15. Bonsoir Jean François
    J’aime beaucoup les questions que tu soulèves. « Pourquoi. » C’est la notion du sens de la photo. Mais surtout « pour qui ». Ce sont des questions que je n’arrête pas de me poser depuis quelques temps. Heureusement la réponse au « pourquoi » m’est souvent évidente. Par contre au « pour qui » je n’ai souvent pas de réponse.
    Je vais publier trois photos.
    La première que je serais tenté d’intituler  » Non Jeff t’es pas tout seul » en pensant à la chanson de J.Brel. J’aime beaucoup cette photo, prise sur le vif, mais elle est impubliable (sauf sur ton site en petit comité) car je ne connais pas les deux personnes et je ne leurs ai pas demandé l’autorisation de publier cette photo.

  16. La deuxième a été prise, non pas sur un circuit, mais dans une toute petite rue du quartier de la Défense à la sortie d’un parking d’immeuble. elle est complètement axée sur le graphisme. Je me sui fait plaisir en la prenant et en la traitant. Mais à part moi , pour qui d’autre ?

  17. Tu auras reconnu la troisième. Il s’agit de Lamayuru au Ladakh pris sous un angle inhabituel. La photo de ce paysage sortant du commun peut être mise dans le salon d’un particulier. Elle se trouve du reste dans le mien depuis trois ans mais je pense que ,sous peu, elle risque de rejoindre le mur des WC…

  18. Questions intéressantes qui sont soulevées… Mais sans réponse définitive, et surtout variables selon le contexte. Néanmoins, à défaut d’un sens, il doit nécessairement y avoir une intention, une raison derrière la l’image. Ça peut être de raconter une histoire, une symbolique, ou simplement de monter quelque chose de joli ou surprenant…

    Pour jouer le jeu, en voici une que j’aime bien d’une église plantée au milieu de nulle part. J’ignore si c’est un sens, mais à chaque fois que la regarde je ne peux m’empêcher de me demander ce qui a pu poussé des gens à construire une église à un endroit où il n’y a personne… Ou peut-être y-a-t-il déjà eu des gens, des maisons, mais aujourd’hui seule l’église est toujours debout ? Enfin bref, elle a un petit côté mystérieux qui m’accroche et que j’ai essayé de rendre au mieux…

    • Il y a des contrastes intéressants…

      Il y a un sujet : l’église… Mais est-il suffisant à donner du sens à la photo ?

      Je dirais qu’il faudrait un truc en plus pour qu’il se passe quelques choses : une « direction, ou une ligne graphique, » ? Ou un personnage ?

  19. pour raconter une histoire, il faut qu’il y ait un sujet et un environnement qui explique le contexte et souvent c’est cela qui fait je trouve des photos exceptionnelles… car elles sont belles et pleines de sens

    souvent je trouve un paysage seul ou un portrait seul ne raconte pas d’histoire et après l’effet « waouh » esthétique et plastique on s’en lasse…

    voici par exemple des paysages que j’aime et que j’ai fait , je les trouvent esthétique mais d’un intérêt limité…

  20. ou comme celle ci…. quel intérêt à part pour moi???

    c’est bien ce qui me maque, des photos avec « sens »

    • L’important, c’est qu’elle dise quelque chose à quelqu’un, même si seulement une personne! C’est d’ailleurs un peu la base de la photo familiale. Des photos pas toujours très bien réussis, sans beaucoup d’intérêt hors du cercle familial, mais qui néanmoins comptent souvent parmi les biens les plus précieux d’une famille…

  21. souvent je trouve les photos qui « restent » dans les mémoires sont celles qui certes sont belles mais ont un sujet dans son environnement (personnage + contexte) ou une ambiance particulière…

    • C’est un peu ce qui fait la différence entre les bonnes, très bonnes et excellentes photos. Plus une photo a de « dimensions », meilleure elle sera globalement. Une photo ayant un sens, faisant réfléchir, avec une ambiance, esthétiquement réussie et techniquement bien réalisée sera nécessairement meilleure qu’une autre n’ayant qu’un ou deux de ces éléments. C’est d’ailleurs ce que l’on remarque lorsqu’on regarde des classiques de la photographie: elles sont multidimensionnelles, offrant de nombreux angles d’intérêt. Différentes personnes pouvant par ailleurs apprécier ces photos pour des raisons complètement différentes…

      C’est sans doute aussi un peu ce qui fait un bon photographe: la capacité à combiner ces différents éléments dans un tout cohérent…

  22. Merci Jean-François pour les superbes images.
    Ma préférée c’est la troisième du déchargement de sacs de riz en noir et blanc, puis celle prise à Hong Kong qui vous évoque Blade Runner et le portrait du jeune Massai.
    Pour participer, voici mon « petit danseur zoulou ».
    Je n’aime pas ces attractions « touristiques  » auxquelles on ne peut pas toujours ne pas assister, mais le petit garçon m’avait fascinée. J’ai d’ailleurs coupé les danseurs adultes à la prise de vue

  23. Salut Jean-François,

    D’abord un grand merci pour ce bel article et ces superbes photos ! Si tu sens la nécessité de publier ce type d’article, c’est que tu penses que la technique n’est pas la chose la plus importante en photographie même si elle est incontournable. La question du « sens » que tu te poses en lien avec ton travail de photographe est tout à fait pertinente.

    Elle renvoie à la notion plus générale du sens que l’Homme cherche à donner à ce qu’il fait et produit depuis la préhistoire. La définition du mot « sens » est multiple. C’est ce qui fait sa complexité. Ce peut être chacune des fonctions physiologiques qui nous relie au monde extérieur, ou la direction d’un mouvement, ou la signification d’une chose, ou l’aptitude à connaître ou apprécier une chose de manière intuitive, ou encore la raison d’être ou la finalité de quelque chose. Le mot renvoie aussi à d’autres termes : sensation, sensibilité, sentiment, etc.

    Qu’est-ce qu’une bonne photo ? Une photo qui raconte une histoire ? Oui, souvent. Mais c’est aussi le début d’un récit, le « Il était une fois… » des contes de notre enfance, où l’imagination prend le relais de ce qui est dit et trouve un terrain fertile à son expression.

    En photographie, l’imagination prend le relais de ce que montre le photographe, de ce qu’il a perçu et saisi. Une bonne photo est le point de rencontre de deux sensibilités, celle du photographe et celle du spectateur, où il se passe quelque chose. Cela implique la notion de partage. En photographie comme en peinture, ce que nous voyons entre en résonance avec notre histoire personnelle. Cela explique peut-être que nous soyons réceptifs à certaines images et pas à d’autres, et inversement, qu’une image fasse réagir une personne et pas une autre, ou encore qu’une image puisse avoir un effet éphémère (« et finir sur le mur des toilettes »).

    Une photo offre plusieurs niveaux de lecture, à commencer par le registre plastique, c’est-à-dire le « sens graphique » et le « sens habituel de lecture », de gauche à droite et de haut en bas, dont tu parles, Jean-François. Mais plus intéressants encore sont les niveaux de lecture en « profondeur » qui relèvent davantage du registre affectif, en allant du particulier qui touche peu de monde à l’universel accessible à tous.

    Comme en peinture (cf Vermeer et les peintres flamands, le Caravage), le clair-obscur en photographie offre des possibilités de composition remarquables (malgré le taux d’échec élevé). Il exprime la part d’ombre et de lumière qui est en chacun de nous. Je pense aux deux scènes paisibles du moine de Ladakh et du « sadhu » sortant sa vache de l’étable.

    Le contre-jour est une variante de ce jeu de lumière et d’ombre. Au lieu d’éclairer la scène de manière latérale, la lumière est frontale. Nous sommes face à la part d’ombre des acteurs en scène, comme au théâtre. Les paysages sans présence humaine, comme « la (trop) fameuse région du Landmannalaugar », ont aussi leur mystère.

    Ils nous font imaginer ce qu’a pu être le monde avant l’occupation humaine. En revanche, la queue du petit chien ne m’évoque rien de précis mais elle oblige à regarder le reste de l’image. Celle de Kyoto un jour de pluie ne me parle pas non plus, sans pouvoir expliquer pourquoi.

    Comme quoi même les photos qui semblent dépourvues de sens a priori ne nous laissent pas indifférents. A nous d’imaginer la suite de l’histoire…

    Ci-jointe, une photo en couleur prise à la passerelle Simone-de-Beauvoir à Paris
    A suivre, une photo en noir et blanc prise au Musée Beaubourg à Paris

    • Bravo je trouve ces deux photos très chouettes et dans l’ensemble les contributions en commentaire très sympa, merci JF pour cet article !

      • Merci Roscographik ! Très bien aussi ta photo en vol au-dessus des nuages ! Faire ce type d’image n’est pas à la portée de tout un chacun. Un moment bref mais rare, et, j’imagine, un immense sentiment de liberté !
        Oui, ce petit forum sur « le sens des photos » est vraiment sympa. Jean-François a très bien fait d’aborder ce sujet. Les commentaires sont intéressants et conviviaux, et les photos, de belle qualité. Et puis, voir le travail des autres est toujours enrichissant. Comme quoi on peut parler photo tranquillement sans s’écharper sur les détails techniques.
        Bonne journée à tous !

  24. Le sens, les sens, je les trouve au travers de ce genre de dynamique dans la photo. Mais c’est tellement propre à soi.

    • Ah oui, très intéressante…

      Les couleurs magnifiques, les ombres délicates et les matières très riches, notamment sur la partie gauche, sont superbes…

      Le cadrage un peu serré en bas est (éventuellement) un peu moins judicieux, peut-être…

      L’horizon qui penche un peu à droite ne me gène pas trop (à voir) et j’aime bien les « angles » et ce « petit chaos de directions » dans la partie gauche…

      Il y a peut-être encore moyen d’améliorer tout ça (peut-être l’angle du mur à droite ?) en essayant de ne pas perdre la fraicheur de la photo d’origine ?

    • C’est peut-être connerie, moi j’aurais eu tendance à faire un petit redressement (pas complet)…

      J’ai ce défaut de vouloir un peu trop mettre les choses droites (ou presque droites).

      Et je suis conscient que ce n’est pas forcément nécéssaire et même que parfois : c’est une connerie.

      Et comme en plus ce n’est pas ma photo (j’aimerais bien) : du coup je ne suis vraiment,t pas sur que ce soit mieux…

    • Alors là je suis un peu partagé…

      Ici, j’ai l’impression que l’on compte un peu plus sur la phrase « écrite » pour donner du sens, que sur le « simple langage photographique »…

      Posé autrement : les éléments graphiques (couleurs, contraste, lumière, composition, etc…) vont-ils dans le même sens que la question posée par écrit dans le livre ? Si oui, tant mieux. Mais je ne suis pas certain que ce soit le cas vraiment ?

      D’une manière générale, je suis souvent partagé lorsque deux méthodes pour transmettre du sens sont employées : la photo et le texte. Parfois çà marche « dans le même sens », mais pas très souvent…

      Il arrive même que les deux : soient contradictoires.

      je laisse les autres donner leur avis. Le mien est partagé… Car par ailleurs, la photo n’est pas hyper intéressante (en tant que photo, sans même parler de son sens). Il me semble…

  25. Belles illustrations de tes exemples!
    Globalement, j’aime bien tes traitements même si je trouve que sur certaines le traitement est trop visible, notamment sur celles où les ombres se trouvent complètement bouchées.
    Pour moi (c’est très personnel comme avis) le traitement ne doit pas sauter aux yeux lorsqu’on regarde une photo.

  26. Je me sers de tout mes sens pour toucher au final le déclencheur sinon…., rien je reste sans émotion et je passe mon chemin.

  27. Gluon de la photo le

    Pour une fois que vous nous demandez notre avis au lieu de nous asséner le votre (mais je sais que c’est l’exercice et le style de ce blog, alors même si je m’agace souvent, je ne viens pas cracher dans la soupe, qui a, je dois le reconnaitre à ma fidélité distante mais ancienne, un petit goût de revenez-y), j’ai envie de commenter pour autre chose que moi aussi donner une leçon ou contester…
    J’aime *beaucoup* votre photo de Kyoto.

    Et elle me plait pour des raisons qui sont à l’opposé de ce pourquoi vos photos ne me touchent pas en général. Habituellement, je trouve vos photos léchées, travaillées et « graphiques ». Elles sont recherchées, travaillées et me font penser à des photos de Géo ou d’un catalogue de voyages haut de gamme. Des contre-jours, des portraits « à message », bref des photos pour moi qui ne disent rien sur vous. Et qui finalement ne disent pas grand chose sur ce que l’on voit. Pour moi, ce genre de photos crie « regardez comme je fais de belles photos! regardez comme je regarde le monde avec distance, respect et compassion! ».

    Je trouve ces photos indiscutablement réussies et certaines vraiment belles. Mais elles me font un peu chier. J’ai parmi mes connaissances et amis des gens qui font de superbes contre-jour et même si je leur reconnais volontiers ce talent, je les trouve ennuyeux lorsque leur photo n’est que cela.

    Votre photo de Kyoto est la première qui m’ait fait sourire sur votre blog que je visite depuis looooongtemps (d’autres m’ont plu ou impressionné, bien sûr). Et ce sourire est venu de l’impression que j’ai eu de ne pas voir une photo de photographe professionnel, mais une photo de photographe qui me fait un clin d’œil. J’avoue que je n’ai pas pensé d’abord au sens environnemental de votre image: j’ai d’abord souri de cette idée un peu malicieuse de détourner la forme du filtre uv déchiré pour faire un nuage sur une tour qui n’en fait pas, et puis j’ai aussi pensé qu’il avait fallu viser vite entre le moment de l’idée et le moment où l’alignement serait le bon. Du coup, j’ai pensé que ça vous avait fait rire. Que c’était un moment où vous avez pensé à vous marrer de cet alignement, de ce hasard. J’ai cru (et peut être à tort après tout, mais c’est le privilège du spectateur d’interpréter ce qu’il voit ou lit) que j’avais enfin accédé à un moment détendu et rigolard, un peu impromptu: votre photo était un moment que nous partagions et pas seulement une belle image que vous m’offriez.

    Si vous rechignez à diffuser vos photos qui peuvent être dans cette veine, je le comprends, car ce n’est pas du tout le style de ce que vous postez habituellement. Mais je tiens à vous dire que cette photo m’est très sympathique. Alors bien sûr, elle n’a pas l’effet « waouh » de beaucoup de vos photos, mais elle est sympathique et elle est le résultat d’un regard.

    Je crois que la réponse à la question de la nécessité pour une photo d’avoir du sens, ce serait « bien sûr! ». Que ce sens ne soit visible que pour vous ou pour les autres n’est pas le problème pour moi (mais vous vous en doutez, je ne vis pas de mes photos), il faut que de voir cette photo procure une émotion, un souvenir. Et si elle en procure aussi à quelqu’un qui regarde votre photo, alors, c’est une photo vraiment réussie (même si l’on n’est pas toujours d’accord avec l’interprétation que les autres peuvent en donner).

    • Merci du retour : j’aime que l’on dise les choses comme « on les sent », c’est d’ailleurs un peu ma façon de faire aussi… Faut être cash !

      Alors je suis d’accord sur ce que vous dite à propos de cette photo (merci de l’aimer, c’est aussi pour ça que l’on partage ses images) : j’ai voulu rigoler un coup, car il faisait super moche, pas de lumière, l’horreur… Je detest quand il pleut plusieurs jours ! Je n’avais pas fait une seule photo un peu intéressante depuis 48h… et je commençais à « criser grave » !

      Alors quand j’ai vu ce « nuage », j’ai pensé « Fukushima »… et j’ai aligné : juste pour rigoler (j’étais assez désespéré en faut). Je fais ça parfois : des « gags » mais souvent je ne trouve pas ça intéressant : je trouve ce genre d’images un peu « anecdotiques »… Alors je ne les montre pas trop. Je n’aime pas ce genre de photos chez les autres en général : ça m’ennui, je trouve ça « gadget » j’ai l’impression d’être sur Instagram (c’est le comble de la médiocrité Instagram)…

      Sauf parfois ! Et celle-ci qui « fonctionne bien » comme par magie, par hasard : je l’aime bien aussi… comme vous !

      Alors je sais que si je montrais ce type de photo (que je garde pour moi habituellement) : elles plairaient « beaucoup plus » à une certaines catégorie (très étroite malheureusement) de personnes comme vous, qui sont (il me semble) assez peu nombreuses…

      Si je montrait trop d’images dans ce genre : elles décridibiliseraient peut-être (aux yeux de beaucoup de personnes) toutes mes autres images, plus classiques (trop classique selon vous… et selon moi aussi ! Car je m’en rends compte)…

      En fait : il faudrait que je me dédouble, que je prenne un « pseudo secret » et que je commence (secrètement) un autre site de photographe (sous un autre nom), pour ne pas que ces images « décalées », restent inconnues, ou inutiles…

      Un peu comme Jean GIRAUD, (l’auteur de Bluberry bande dessinée trop classique à propos d’un cow-boy que je n’ai jamais lu car pas mon genre)… avait une seconde « façon » sous le nom de Moebius (bien plus génial lui).

      https://www.dargaud.com//bd/Blueberry/Blueberry
      https://www.bedetheque.com/auteur-70-BD-Moebius.html
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Giraud

      Car les gens adorent mettre les gens dans des cases…

      C’est comme ça !

      Merci en tous cas…

  28. Gluon de la photo le

    Si vous me permettez cette proposition, moi je l’aimerais plus encore un peu plus « gaie ». Je suis un très mauvais retoucheur en grande partie par conviction et un peu aussi par paresse et incapacité à choisir entre de multiples versions d’une image, mais je vous fais une proposition que je vous laisse le soin de rejeter ou jeter si vous la trouver laide ou contrevenant à votre droit d’auteur (d’autant que j’ai laissé votre signature).

  29. Hello,
    Article vraiment interessant, j’aime beaucoup l’image de Kyoto et aussi l’affiche lumineuse à Tokyo…
    La question soulevée est simple et tellement compliquée à la fois… avoir du sens pour qui pour quoi ? et surtout pour quoi faire ?
    Je dirais qu’aujourd’hui une photo isolée n’a pas beaucoup de « sens »… sortie d’une série, une image se prive de bien des indications sur la vision artistique de l’auteur(e) (contexte, vision, patte, pourquoi, pour qui, quel état d’esprit, quel univers… et j’en passe…)
    A mon avis, une seule photo sortie de son contexte, a surtout une vocation contemplative… alors à quoi bon ? Simplement car il ne sert à rien -à mon avis- de chercher à donner un sens à une photo… D’abord parce que ça vulgarise… on n’explique pas, on ressent… et puis prenons cette question absurde : à quoi ça sert de boire et manger bon?
    Quand on aime les images, qu’on a une culture de la couleur, des contrastes, du graphisme, on apprécie et on se laisse volontiers aller à toutes les interprétations possibles si l’inspiration nous vient !

    Ci-joint une image que j’aime bien, aucun sens particulier…ça défile vers la gauche (je ne l’avait même pas remarqué avant de lire l’article…hihihi)
    Merci pour l’échange :)

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