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Qu’ai-je appris en 25 ans de photo professionnelle ?

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Je réalise ( ! ) que cela fait environ 25 ans, que j’évolue dans le monde de la photo professionnelle ou dans des univers qui en sont « proches » (presse, édition, web, formation photo et Lightroom)… ce qui m’a permis de vivre de mes photos et de mon savoir faire dans ce domaine.

Du coup, je me suis posé cette question : « qu’ai-je vraiment appris en 25 ans de photo professionnelles » ? La suite est à lire par ici : Qu’ai-je appris en 25 ans de photo pro ? Partie 2/2. Pas inutile de faire un peu le point… Voici quelques idées qui me sont venues, un peu en vrac… Je ne vous les présente pas forcément, par ordre d’importance, mais plutôt par associations d’idées ! J’espère que tout cela vous intéressera… Et donnera peut-être lieux à quelques débats, ou témoignages dans les commentaires.

Ladakh, Inde. Aout 2017.

 

 


Ce qui survit aux années : ce sont les portraits, pas les paysages : rien de plus facile que de photographier des paysages…  Quitte à y consacrer beaucoup de temps, tout le monde est capable de réussir quelques bons paysages : c’est finalement très facile et cela ne demande pas énormément de talent., mis à part celui se trouver « au bon endroit, au bon moment » (ce qui. est tout de même un talent, c’est vrai)… Mais d’ici quelques décennies : tout le monde oubliera vos photos de paysages, même les plus belles (y compris vous). Ce qui restera par contre : je crois que ce sont les portraits.

Birmanie, Lac Inle… Janvier 2014.

 

 


Ne craignez pas d’abimer vos appareils, ce ne sont que des outils ! Les pires photographes, sont peut-être ceux qui sont obsédés par la protection de leur matériel : au point qu’ils en oublient de… « regarder autour d’eux ». Achetez du matériel « moins cher » et accordez-lui moins d’attention. Quitte à l’abimer un peu plus vite et à en changer un peu plus souvent… Décontractez-vous : lorsqu’il y a des débats matériels, il n’y a pas mort d’homme !

Le matériel photo est tout de même très costaud en général. Quelques gouttes d’eau sur l’appareil, ne font généralement rien de mal. Un objectif à la lentille un peu rayée, prendra d’aussi bonnes images que si il était neuf. Un appareil à l’état de surface un peu abimé, se revendra un peu moins cher, certes… Mais vous ne regretterez pas trop ce petit « déficit » : si en contre partie, vous avez pu prendre de meilleures images… En étant un peu moins concentré sur sa protection.

Funérailles Indonésie…  Aout 2011.

 

 


Trouvez « votre sujet » ou « votre style »… Le plus difficile est de trouver votre propre style : le jour ou vous aurez réussi cela, vous serez devenu un « vrai photographe ». Autrement dit, le jour ou en voyant une de vos photos, quelqu’un se dira peut-être : « tiens, cela pourrait être une photo de Toto »… Pour trouver « son style » : il est important de « creuser » un certain sillon et de ne pas trop se « disperser ». Et c’est tellement difficile : qu’à 50 ans, je ne crois pas avoir trouvé le mien…

Hong Kong, Chine… Janvier 2018

 

 


Jamais il n’a été si simple d’être photographe ! Vous ne vous rendez pas compte, à quel point il est devenu « simple et facile » de faire des photos…  A l’époque du film : prendre des photos était une « autre histoire ». Pas seulement à cause du matériel photo. et des films. Mais aussi à cause de tout le reste… Parfois, je me demande comment je parvenais à voyager dans les années 90 : sans Booking.com, sans GPS, sans téléphone portable, sans internet… Et surtout, sans ordinateur et sans emails !

Je me souviens de quelques aventures mémorables qui me sont arrivée aux Philippines en 1998, ou au Vietnam en 1996… Et qui malheureusement, ne seraient plus « possibles » aujourd’hui. Oui parfois je ne peux m’empêcher de penser que c’était « mieux avant ». Surtout lorsque. je vois des hordes de touristes irresponsables et irrespectueux « massacrer » certains endroits. Je n’ai vraiment pas honte de le penser et même pas peur de l’écrire : « c’était mieux avant ».

Hanoi, Vietnam. Hiver 1996…

 

 


On « serre » toujours un peu trop ses cadrages : on m’avait déjà donné ce conseil dans les années 90 ! Un photographe d’agence, qui avait eu la gentillesse d’accorder un peu de temps au « petit jeune » que j’étais, m’avait dit que je serrais trop mes cadrages. Ce qui était une qualité initialement, se retournait parfois contre moi… C’était encore plus vrai du temps de la diapositive.

Pensez à conserver 15 à 20% d’espace de sécurité autour de votre cadrage « idéal » : cela permettra d’ajuster un peu les choses, de redresser un peu l’horizon… Heureusement ce qui m’a sauvé durant plusieurs années : c’était le petit recadrage du viseur optique, de certains reflex APS-C qui n’affichaient que 96% ou 98% de l’image. C’était en fait un véritable avantage (une fois de plus les passionnés de matos ne sont pas forcément dans le vrai)…

Et comme par hasard, mon défaut de jeunesse, a refait un peu surface depuis quelques années, que je profite de viseurs affichant 100% du cadre : c’est peut-être confortable… Mais du coup, il faut faire bien plus attention à penser à se reculer d’un pas…

Bali, volcan Agung. Aout 2011.

 

 


Pour progresser en photo, voyagez : j’ai remarqué que l’on se démotive bien plus facilement en restant dans sa ville ou sa région, qu’en voyageant… Il est arrivé que je ne pense plus trop à la photo, à certaines périodes. Mais dès que je repars en voyage : l’envie de photographier me revient. Cela a marché pour moi en tous cas, cela marchera probablement pour vous. C’est d’ailleurs, pourquoi je vous invite à m’accompagner en voyage photo.

Gare de Jaipur, Inde. Novembre 2016.

 

 


Les conseilleurs ne sont pas les payeurs : il y aura toujours quelqu’un pour vous conseiller l’air assuré, « d’acheter cet objectif à grande ouverture » dont le seul défaut est d’être très coûteux (trop pour vous)… Ou cet appareil offrant les meilleures performances du moment (une dynamique supérieure, une rafale défiant l’imagination, ou une résolution fabuleuse)… N’écoutez pas les « conseilleurs » : car « tout cela ne sert à rien ! Posséder le meilleure appareil : « ne sert absolument à rien ». Achetez simplement l’appareil qui entre « dans votre budget ». Pas plus.

Je vous garanti qu’il ne sert vraiment à rien d’acheter le matériel le plus cher, le meilleur, le plus performant… Car cela n’aide pas à réaliser de meilleures images. Le plus pathétique : ce sont ces gens (pas vraiment professionnels) qui achètent des Leica en pensant que cela va les aider à « passer un cap », mais ne savent pas exactement en quoi la spécificité de ce type de matériel pourrait les aider.

Par contre, il est certain qu’il existe un « minimum d’équipement vital » en dessous duquel ne pas descendre. Attention : cela dépend « totalement » de votre domaine d’activité bien entendu… C’est notamment la question des objectifs qui doit être étudiée en premier lieu : Ce qui compte c’est l’objectif.

Par exemple, moi qui fais principalement de la photo de voyage depuis quelques années : je ne pourrais me passer d’un 70-200 mm f/4 par exemple… Ni d’un ou deux objectifs fixes à f/1.4 ou f/2… Ni d’un appareil Full Frame : le moins cher possible (par exemple un EOS 6D première version me suffirait).

Rivière Li, Yangshuo, Guangxi Chine. Mai 2005.

 

 


Une photo réussie, c’est souvent une photo simple : j’ai cru remarquer que les images qui « marquent » et dont on se souvient, ce sont souvent les plus simples… Celles qui résument une idée, un sentiment ou une impression, en un seul geste.

Un peu comme une « citation » parvient à résumer toute l’oeuvre d’un écrivain… « Longtemps je me suis couché de bonne heure » : voilà c’est tout Proust. Et il y a tout Proust dans ce petit livre : Un amour de Swann dont cette phrase est extraite (c’est même la première du livre). Tous les photographes devraient rechercher parmi leurs photos, celle qui pourrait se résumer à une simple phrase. Et celle qui pourrait les résumer en un seul regard.

Déchargement du riz en provenance de Chine, sur les rives de l’Irriwaday. Mandalay, Birmanie. Mars 2017.

 

Trouver « LA » photo, qui utilise les moyens les plus simples : une couleur, une ligne, ou une lumière. La photo qui résumerait ce que j’aime le plus faire : ce serait peut-être un contre jour violent… (enfin : à voir j’hésite un peu). Souvent pendant la prise de vue, on ne se rend pas compte si l’on est en train de réussir quelque chose de simple et de fort. Ou tout bêtement : une photo « trop simple », qui n’intéressera pas grand monde…

En fait : je ne parviens à faire au mieux : qu’une ou deux bonnes photos comme cela par an. Et encore : il y a des années « sans »… Le tout sera de ne pas « rater » ou « écarter » cette « bonne photo », au moment du classement et de la sélection. C’est malheureusement souvent ce qui arrive : on passe parfois « à côté » des meilleures photos, car on les trouve trop simples…

Et c’est pour cette raison, que je considère que la phase la plus importante du travail du photographe : c’est le moment ou il sélectionne ses images. Et l’outil nécessaire à ce filtrage (cette « extraction »), c’est son logiciel de gestion de photothèque. Le moment qu’il ne faut pas rater : c’est le moment ou l’on extrait les bonnes images, de cette « gangue épaisse », que constitue l’ensemble de la production… Comme un sculpteur extrait des formes, de leur gangue de pierre.

Indonésie, funérailles… Aout 2011.

 

 


Tout ce qui est à le mode, se démode : je fuis un peu les effets de mode. Par exemple tout ce qui ressemble de près ou de loin à Instagram, me fait horreur en ce moment… Instagram, c’est malheureusement le triomphe du « clonage » et de « l’homogénéisation » : tout le monde sur Instagram essaie de copier ce qu’il a déjà vu. C’est bien triste et parfaitement ennuyeux Instagram : et je ne suis pas le seul à le penser ! Dire qu’une génération entière de bébés nés entre 2014 et 2018, n’auront comme souvenir de leurs premières années, que des photos avec « filtre Instagram »…

Tout ce qui est « à la mode », c’est ce qui deviendra le plus vite « ringard ». Que l’on se souvienne des filtres « softness » de David Hamilton par exemple. Fuir les effets de Mode, ce n’est peut-être pas le plus efficace à court terme. Mais c’est peut-être un moyen de « durer ».

Yangoon, Birmanie… Mars 2017.

 

 


La couleur, ça compte aussi : souvent on oublie de rechercher les contrastes de couleur. Ou tout simplement de « jouer » avec la couleur… Je suis assez effaré de voir à quel point les gens ne regardent pas les couleurs de leurs propres images.

Beaucoup de photographes font des photos et notamment des portraits, ou les visages un un côté verdâtre ! Jaunasse, ou carrément orange… (A quel point les couleurs Sony sont-elles… moches ?) Les gens « ont l’air malades » sur leurs photos : mais ils ne s’en rendent même pas compte.

Udaipur, Inde… Novembre 2016.

 

 


On a toujours besoin d’un oeil extérieur : je regrette de ne pas avoir demandé plus tôt, l’avis d’autres personnes sur mes propres photos. Car seul : on ne se rend pas compte (surtout lorsque l’on est jeune photographe), que notre propre point de vue est « très spécifique ».

Parfois c’est une chance : lorsque notre point de vue est « original », ou « innovant », ce qui est souvent le cas lorsque l’on est jeune ou débutant (la chance du débutant, la fraicheur d’un oeil neuf). Dans ce cas, un avis extérieur permet de s’en rendre compte et de creuser sa propre voie. Car il arrive que l’on fasse des choses très bien sans s’en rendre compte, et que l’on « passe à côté », faute d’un avis extérieur…

Le pire qu’il puisse vous arriver : c’est que ce soient vos productions les plus banales et sans intérêt, que vous trouviez les plus intéressante. Tout simplement car elles commencent à ressembler à ce que vous pensiez être « bon » chez d’autres photographes… Pour se rassurer on a un peu tendance à vouloir « imiter » ce qui est reconnu par le plus grand nombre.  Et donc à « tuer » sois-même, sa propre originalité.

Autre cas de figure assez courant (inverse du précédent) : malheureusement notre point de vue est « plutôt banal »… Mais l’on ne s’en rend pas compte, tant que personne n’ose nous le dire… On finit par tourner en rond et reproduire toujours les mêmes travers. Seul un « oeil extérieur » permet « d’en sortir » et permet de se « renouveler ». Il faut aussi un oeil extérieur pour se démotiver parfois… Comment lutter contre l’ennui… en photographie.

Yangoon, Birmanie… Mars 2017.

 

 


Ceux qui savent, ne parlent pas ! Et ceux qui parlent ne savent pas (toujours)… J’en ai croisé des gens, des photographes et des beaux parleurs, en 25 ans ! J’en ai entendu des conseils et de bêtises… Et j’ai appris à me méfier de ceux qui parlent sans savoir (et maintenant je les repère de loin)…

Notamment pour tout ce qui concerne la technologie (et il y en a de plus en plus dans la photo numérique) : il y a ceux qui se précipitent sur la moindre évolution technologique, en croyant (peut-être) que cela va leur donner du talent ! Et ils vous expliquent même que vous devriez passer à du matériel plus moderne : que cela vous aiderait… Pour ma part je suis plutôt du genre prudent, même si la technologie est une passion. J’ai appris à ne pas trop me précipiter, sans être « conservateur » pour autant. Mais je pense qu’il vaut mieux laisser les « early adopter » essuyer les plâtres. Un peu comme quand il arrive une mise à jour du Système d’Exploitation de mon Mac : j’attend toujours un ou deux mois, avant de la faire…

Pour autant, il me semble important de travailler avec les moyens de son époque et ne pas s’accrocher au « matériel du passé », ce qui est la cas de certains photographes un peu trop « romantiques ». Il est aussi ridicule de penser qu’un appareil ancien aurait des « vertues disparues ». Aussi ridicule de croire que l’on fera de meilleures images, en utilisant le matériel du futur ! Je ne fais pas de meilleures images aujourd’hui, grâce à du meilleur matériel, qu’il y a 15 ans. Si c’est (éventuellement) le cas : mes progrès, si j’en ai fait : ne doivent rien au matériel plus moderne que j’utilise en 2018. Mais tout à l’expérience et aux innombrables erreurs que j’ai accumulées… A ce propos, toute l’énergie que certains mettent dans le débat actuel sur le « passage à l’hybride », me fait doucement sourire.

Hong Kong, Chine.Janvier 2017.

 

 


Ce qui compte : ce sont les objectifs, pas les boitiers…  Depuis 1993, j’ai utilisé des dizaines de reflex et de compacts, que j’ai vite oublié… Mais beaucoup moins d’objectifs, et je me souviens parfaitement de chacun ! Si il est une chose que j’ai retenue en me replongeant dans mes archives, c’est bien celle-ci. Relisez notre série d’articles à ce sujet :  Ce qui compte c’est l’objectif : partie 1partie 2partie 3… et partie 4. Mais aussi : Consacrez trois quarts de votre budget aux objectifs.

Il vous faudra trouver votre objectif fétiche. Vous en aurez peut-être plusieurs au fil des années (comme on connait plusieurs périodes dans sa vie professionnelle ou amoureuse). J’ai eu mes périodes 16-35 mm et 70-200 mm. Et bien plus récemment j’ai eu ma lubie 35 mm f/2 (alors que le 35 mm m’ennuyait beaucoup auparavant… Comme quoi : il ne faut jamais dire « Fontaine, je ne boirai pas de ton eau » !

Je suis aussi passé par le 24 mm f/1.4 (Sigma 24 mm f/1.4 Art : mon objectif préféré). Et je me suis même astreint au 85 mm f/1.4… Il n’y a pas un seul objectif incontournable, mais probablement certains « passages obligés ».

Vietnam… Avec mon 70-200 mm f/2.8 de 1996. Diapositive, Fuji Velvia. Hiver 1996.

 

 


C’est la lumière qui fait la photo : pas la dynamique du capteur ! Face à une belle lumière : peu importe votre capteur… J’ai réalisé de magnifiques images en JPEG dans les années 2002 à 2005 : avec une dynamique ridicule (celles-ci au Ladakh par exemple). La dynamique de votre boitier est sans importance… Cessez de vous en inquiéter et cherchez plutôt la belle lumière. Osez les contre jour sans craindre « percer les hautes lumières » : l’éblouissement est une chose naturelle dans la vie. Personne n’y prêtera attention, si le sujet est intéressant sur votre photo, le gens ne verront que lui.

Oubliez ces obsessions ridicules : « déboucher » les ombres et « rattraper » les hautes lumières. Car tout le monde s’en fout complètement une fois la photo publiée, imprimée ou partagée ! Même si vos hautes lumières sont un peu « percées » : quelle importance ? Une belle photo reste une belle photo… Et toutes ces questions ne sont que la « surface » des choses. Personne ne regardera vos « hautes lumières » : concentrez-vous plutôt sur l’essentiel…

Ce qui compte c’est la composition, le sujet cadré, l’action qui a été saisie. Et finalement la « vie » que vous avez capté… D’ailleurs, voici un article d’un photographe de sport qui pense exactement la même chose, que moi.

Kenya, village Massai… Aout 2015.

 

 


Pour composer mieux : osez composer autrement : la composition classique d’une photo, fini par « lasser »… J’ai été très, très lent à comprendre, qu’il fallait bousculer mon sens instinctif de la composition. Et j’ai fini par me forcer à composer autrement, mais pas assez tôt.

Oui, je m’en veux, d’avoir perdu autant de temps à composer des images aussi « classiques » et aussi peu « imaginatives ». J’ai négligé de prendre des risques en terme de composition, durant trop d’années. C’est mon principal regret de photographe. J’ai voulu « trop bien faire » et je ne me suis pas assez « lâché ». Mais j’ai une excuse : je devais gagner ma vie avec mes images…

Et les commanditaires de ces photos, avaient une idée assez précise de ce qu’ils leur fallait. Et ils attendaient de la photo « classique », qui ne dérange pas trop les lecteurs. Une double d’ouverture, avec le sujet à droite (pour le titre et le texte à gauche. Et aussi une « verticale », avec un peu de chance pour une « Couv ». Aujourd’hui en 2018, alors que la photo est partout, quasi gratuite : ce genre de photos classiques se ressemblent beaucoup trop. Il faut être sacrément imaginatif, pour créer des compositions originales qui se « démarquent » un peu… Qui « dérangent » un peu l’oeil, jusqu’à ce qu’on les remarque.

Je regrette aussi de pas avoir assez souvent « osé le mouvement et le floué… Le problème de la photo (mais aussi sa force parfois) face à la vidéo, c’est de figer les mouvements… Il faut donc savoir se faire violence et parfois penser à ralentir sa vitesse d’obturation, afin de récupérer de la vie et du mouvement ! Je regrette de n’avoir pas sur oser plus tôt mettre à profit les basses vitesses, pour recréer de la vie…

Hong Kong, Tsim Sha Tsui… Janvier 2014.

 

 


Le noir et blanc est parfois (trop souvent) une facilité : contrairement à une idée répandue, je considère que le Noir et blanc est parfois une « facilité ».  Et dans certains cas, un cache misère… Lorsque la lumière est catastrophique : je n’ai parfois pas d’autre solution que de passer en noir et blanc, pour « sauver les meubles »… Idem, pour un certain style « dé-saturé minimaliste » très à la mode chez une génération de photographes auteurs. Il est plus difficile de traiter un thème en couleur (avec des couleurs réalistes), qu’en noir et blanc. C’est du moins mon idée. Je sais que tout le monde ne sera pas d’accord, discutons de ça en commentaires.

Ladakh, Inde… Aout 2017.

 

 


Fuyez les clichés, pensez à faire des photos plutôt : les photos que tout le monde a déjà vu et que beaucoup souhaitent refaire à leur tour, faute de meilleures idées : cela s’appel des clichés… Ce ne sont pas des photos ! En tous cas pas de bonnes photos… Parmi les pire « tartes à la crème, on compte quelques « grands classiques », que je ne résiste pas au plaisir d’énumérer :

La photo dé-saturée (en noir et blanc) mais avec une touche de couleur sélective sur une zone. L’autoportrait dans le miroir. Le filtre sépia façon Instagram. Les séries de portes et de fenêtres sans personne (parce que l’on a pas osé photographier les habitants d’une ville, alors on s’est dit que photographier des portes et des fenêtres ce serait une bonne solution pour rendre l’atmosphère locale)…

Et que dire de la « fille nue allongée sur des cailloux inconfortables » ! En plein hiver près d’un ruisseau.. Ahah ! Ou pire encore : « allanguie » sur des rails de chemin de fer (en plus c’est dangereux)… Ajoutez des talons aiguille, pour un malaise maximale. Fuyez les « clichés », capturez la vie plutôt.

Hanoi, Vietnam. Février 2011.

 

 


Restez un photographe de voyage éthique : lorsque je repense à toutes les gaffes que j’ai faites, alors que j’étais jeune voyageur, dans les années 90 : j’ai un peu honte. Rétrospectivement, je me rend compte qu’à l’époque on respectait beaucoup moins les gens et les lieux. Depuis, j’ai moins de pression (la pression que je me mettais, mais aussi celle de mes commanditaires qui attendaient que je rapporte les photos demandées) et j’ai un peu réfléchi…

Ne payez jamais pour des photos. Soyez patients et ne vous énervez jamais si vous ne parvenez pas à obtenir la photo que vous essayez de prendre : les gens autour de vous ne comprendraient pas. Comprenez la culture locale et essayez de comprendre les besoins et préoccupations des gens que vous rencontrez. Oubliez vous… Oubliez même que vous devez rapporter des photos. Si les choses doivent se faire : elles se feront. Ne forcez pas les choses… Mais aidez seulement à réunir les « circonstances favorables », afin que les choses puissent arriver d’elles-même. Comme si les photos, pouvaient s’organiser « elles-même ».

Birmanie, Bagan… Janvier 2014.

 

 


Pensez à mémoriser votre « Best of » annuel : rien de pire que le temps qui passe… Et l’on oublie les bonnes images, que l’on a prise au cours des mois et des années précédentes. Contre ce danger : une méthode simple…

Chaque fin d’année, forcez-vous à créer et mettre à jour à  une collection « Best of annuel », afin de mémoriser vos meilleures images de l’année.  Les Collections Dynamiques de Lightroom peuvent vous « mâcher » un peu le travail. Que vous affinerez à la main, en créant des Collections Manuelles… Voilà pourquoi vous avez besoin d’un vrai logiciel de « catalogage ». Et pas seulement d’un simple « Explorateur de fichier ». Je peux vous former à Lightroom : c’est devenu mon principal métier.

Triez, triez, triez encore vos photos… Mettez des notes, des labels, des mot-clés. Même si vous ne. trouvez rien de bien dans votre production : ça n’est pas grave. Trier (et chercher les bonnes images), n’est jamais du temps perdu ! Car la prochaine fois que vous serez sur le terrain, en train de faire des photos, vous vous souviendrez du temps passé à rechercher (vainement) de bonnes photos dans votre production généreuse (comme une aiguille dans une botte de foin).

Et cela vous aidera peut-être à prendre de meilleurs décisions au moment de la prise de vue… Ou peut-être à changer de point de vue, à essayer d’autres types de photos. Chez moi, ça fonctionne comme ça…

Ladakh, Inde… Aout 2017.

 

 


Méfiez-vous des « recettes » et des idées « toutes faites »… Cela se saurait : si il existait des recettes simples et évidentes, pour réussir vos photo. Ou pour « réussir dans la photo » ce qui n’est pas exactement la même chose. Car vraiment, ce n’est pas le cas : rien ne « fonctionne à coup-sur » !

Pas plus la « règle des tiers »… Que l’utilisation systématique d’un 35 mm à grande ouverture. Ni l’idée simplette « d’exposer à droite ». Et encore moins le fait de passer toutes vos images, en noir et blanc, ou en sépia… Et surtout pas « l’idée folle » de tout faire en Mode d’exposition Manuel. Ou pire encore : tout photographier en « Mise au point Manuelle ». Rien de cela « ne marche à coup-sur ».

Oubliez la. recherche de la « bonne astuce », du bon « procédé », de « la recette miracle » : car tout cela ne marche pas… Recherchez plutôt l’authenticité, le sujet, l’action, l’émotion, la lumière… Que sais-je encore.

Hong Kong, Chine…  Janvier 2014.

 

 


Observez la peinture, pour inspirer votre photo : je me souviens toujours de cette reproduction très fade d’une peinture de Degas, installée dans le  couloir de mon école primaire (un célèbre pastel de Degas, Ballet, dit aussi L’Etoile 1876, présenté à Giverny)… J’étais enfant et je crois bien que cette image m’a inspiré toute ma vie. Je n’avais jamais compris à l’époque (et durant de longues années ensuite), si cette danseuse descendait des nuages, ou si elle était en train de voler dans le ciel… Cette peinture était très énigmatique et m’obsédait littéralement, au point de la voir dans mes rêves.

L’étoile, un pastel de Degas…

 

Peut-être à cause de la mauvaise reproduction, il m’était impossible de comprendre qu’il s’agissait d’une vue plongeante au dessus de la scène (très audacieuse pour l’époque ou la peinture a été réalisée). Ce que je supposait être le ciel, ou des nuages en bas de l’image : c’était le sol de la scène éclairé à la bougie et observée depuis très haut. Une vue du « paradis« , aussi appelé poulailler (le dernier étage d’une salle de théâtre, au-dessus des loges et des balcons). Mais moi (enfant), je croyais qu’elle tombait du ciel, j’essayais de comprendre pourquoi cette silhouette descendait ainsi du plafond. C’en était un peu inquiétant… Je n’ai compris que beaucoup plus tard, en découvrant une reproduction plus fidèle de ce pastel, dans un livre.

Rajasthan, Inde… Novembre 2016.

 

Souvent Johannes Vermeer (1632-1675), les impressionnistes, ou Gustave Moreau, sont des inspirations fortes pour les photographes… (relire cet article de Slate très intéressant : Vermeer, le maître des photographes). Il y a comme cela plusieurs peintures ou dessins auxquels je repense, lorsque je passe en revue certaines photo.

Pêcheurs, Indonésie…  Aout 2008.

 

 

Comme cette photo ci-dessus (des pêcheurs remontant leur bateau en Indonésie), qui m’avait fait immédiatement penser à la reproduction d’une vieille gravure jaunie, dans un vieux cadre accrochée sur le mur d’une vieille maison de famille. Cette gravure est un souvenir qui remonte très loin dans mon enfance et qui m’impressionnait par son aspect violent. Je l’ai recherché longtemps et finalement retrouvée sur Internet : « Caïn » une Eau forte dessinée d’après une peinture de Cormon (1845 – 1924). La photo, c’est aussi de la mémoire…

« Caïn est le premier tableau d’inspiration préhistorique de Cormon qui s’en fera ensuite une spécialité. Son exécution suit de peu les découvertes de l’homme de Cro-Magnon et les peintures paléolithiques d’Altamira. Il correspond à la vision anthropologique des années 1880. » Source : Un Tableau D’inspiration Anthropologique, Stéphanie Cabanne.

 

 

La suite est à lire par ici : Qu’ai-je appris en 25 ans de photo pro ? Partie 2/2.

 


 

 

 

Ecrire des articles de fond et des test, prend énormément de temps… Mais c’est ceux-là qui vous intéressent le plus (et moi aussi). Je ne sais combien de temps je pourrais continuer à enrichir ce blog (qui existe depuis plus de 10 ans) sans rémunération directe. En effet, depuis que le Mensuel Déclic Photo a disparu, l’écriture des « tests terrain » n’est plus financée en quelque sorte).

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Donc pour « garder le rythme », je compte un peu sur votre « investissement » sur ce blog, que vous pourriez faire par vos dons via Paypal. C’est rapide, sécurisé à 100% et facile ! Merci d’avance et bonne lecture…

 

 

 

 

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58 commentaires

  1. Un très bel article qui mérite d’être lu et relu pour nous donner de l’inspiration pour tout le monde.

    Il est vrai que lorsque je suis allé aux USA en 1996, ce fut assez drôle de comparer notre façon de voyager en 2018 ou l’on peut vraiment tout faire avec un smartphone (réservation d’hotel, GPS, photos, vidéo et téléphone parfois).

    Il y a de plus en plus de touristes irrespectueux, mais ceux qui sont respectueux sont quasiment invisible car nous n’y prêtons pas attention.

    Je suis passé à l’hybride (EOS M5), non pas par avancer technologique, mais c’est léger et la série des objectifs EF-M sont de bonne qualité, léger et pas cher.

    Donc merci Canon :).

    Bonne soirée

     

    • Merci ! Oui, les choses ont tellement changé en voyage…

      Avant. il arrivait de chercher un hôtel jusque tard dans la nuit… sans trouver ! Et en se disant que l’on allait peut-être devoir dormir dans la voiture.

      Beaucoup de gens aujourd’hui refusent de prendre ce risque. Et réservent tout plusieurs jour à l’avance…

      • Je fais parti de quelques groupes FB sur les voyages aux US (mon père vivant là-bas, et ayant la chance d’y aller souvent depuis tout petit…)
        Je suis effaré de voir les gens réservés la totalité des hébergements de leur circuit avant de partir… Et je passe toujours pour un énergumène quand je leur explique que je book juste la première et la dernière nuit (par commodité et pour éviter le stress) et qu’après, je fais en fonction de mes (nos avec Madame ;) )envies, de la météo, de nos coups de coeur, des conseils des locaux…

        J’ai souvent le droit à un « oui mais vous, vous n’avez pas d’enfants ». Oui et? Mes parents fonctionnaient déjà de cette manière avec moi, et on a jamais eu de soucis…

  2. Merci.

    Excellent article qui est très instructif pour le photographe en herbe que je suis. Je constate que je sui bien souvent raccord avec beaucoup de poncifs énoncés ici. Je vais de ce pas corriger ma copie et en premier lieu tenter de regarder le dernier boitier qui vient de sortir, mais au contraire rechercher plus celui avec lequel j’aurais envie de déclencher. J’apprends également qu’il faut que je cesse de négliger le classement de mes photos. Effectivement, je déclenche mais je ne fais plus grand chose de ces photos. Paresse ou plus exactement incompétence dans le traitement de mes photos et aussi restons honnête, le manque de temps que je veux bien accorder à ce que j’estime ma passion. Résultat, j’entasse toutes ces photos et n’en fait rien. Je suis honteux de cette façon de faire, je m’en rend compte et je me sens honteux. En tout cas merci pour ce très bon article qui je trouve ressente le débat parfois pour ne pas dire trop souvent inutile voir stérile sur les à côtés de la photographie au détriment de ce que devrait être la photographie.

    • Triez, triez, triez encore vos photos… Mettez des notes, des labels, des mot-clés. Même si vous ne. trouvez rien de bien dans votre production : ça n’est pas grave. Trier (et chercher les bonnes images), n’est jamais du temps perdu !

      Car la prochaine fois que vous serez sur le terrain, en train de faire des photos, vous vous souviendrez du temps passé à rechercher (vainement) de bonnes photos dans votre production généreuse (comme une aiguille dans une botte de foin).

      Et cela vous aidera peut-être à prendre de meilleurs décisions au moment de la prise de vue… Ou peut-être à changer de point de vue, à essayer d’autres types de photos. Chez moi, ça fonctionne comme ça…

  3. Excellent article, un brin nostalgique… « c’était mieux avant », pourtant le mieux c’est demain.

    Pour le classement des photos, je confirme.

    J’ai pris un cour particulier avec JF Vibert l’an dernier et je peut dire que classer, noter, mettre un maximum de mots clés sur mes photos puis créer toutes sortes de collections dynamique, m’a fait entre autre: redécouvrir énormément d’images, mieux comprendre MES focales préféré ce qui au final à fait progresser ma pratique photographique.

    En prime maintenant j’ai une vrai stratégie de sauvegarde de mes photos qui rend impossible la perte d’une image.

  4. Encore un article très intéressant Jean-François, merci. J’ai appris avec toi beaucoup, tu parles ici des images non retenues et qu’on retrouve plus tard, donc ne rien jeter! Voilà un enseignement. Le stockage n’est pas si cher au fond.

    Et puis il y a un point que je partage, voyager pour faire des images,  en immersion et se lâcher, je ne sais pas pourquoi mais je trouve qu’on « ose » davantage quand on est en voyage….

    Pour Instagram, je ne suis pas complètement d’accord, on n’est pas obligé de céder aux filtres, je n’en utilise jamais, mais je trouve que c’est un bon moyen d’identifier les images qui plaisent au plus grand nombre, pas forcément les meilleures, je suis d’accord.

    Au plaisir de te lire

      • Insta, comme tous les sites avec notation/quantification de la popularité (coucou 500px), nous oriente vers les photos les plus facilement populaires, ni plus ni moins. Mais si on veut pratiquer une forme d’art, est-ce qu’on le fait pour avoir un maximum d’approbation des autres, ou pour soi ?

        • Disons qu’il y a différents niveaux de publiques.

          Un réalisateur, peut vouloir faire de la série TV du niveau « Les feux de l’Amour » : et sera certain d’avoir beaucoup de spectateurs.

          Ou, il peut avoir l’ambition de faire des films un peu plus intelligents… mais un peu moins populaires.

          J’ai souvent l’impression que sur Instagram, c’est plus souvent « les feux de l’Amour » de la photo… que « Les Ailes du désir » ;-)

  5. C’est un bel article. Et pour une fois, je suis quasiment entièrement d’accord.

    En particulier : si l’on a ni noir et blanc, ni filtre de couleurs un peu typés (insta ou argentique), il ne reste que la couleur (qui doit être réaliste) et c’est potentiellement le plus difficile la couleur réaliste. (Mais le noir et blanc aide beaucoup quand la lumière est pourrie, ou douce et pourrie, par exemple les jours très pluvieux.)

  6. C’est le genre d’article qui fait redescendre les pieds sur terre. Merci beaucoup.

    Sans faire mon psy de quartier, je serais curieux de comprendre cette nostalgie qui se dégage de votre récit.

    • Une fois que tu passe les 50 ans… je suppose !

      Mais il y a aussi (quand même) quelque chose spécial à notre époque, spécialement du côté de la vieille Europe : nous vivons une sorte de « déclin relatif » en Europe (et la France est certainement le pays qui décline le plus vite). Il y a quelque chose dans l’air… que l’on ne ressent pas en Asie par exemple.

      • J’ai encore 3 ans devant mois avant d’avoir le spleen.

        C’est justement le temps que je me donne pour aller visiter le Japon !

  7. Tres bel article, que je mets dans mes favoris.

    Pourquoi j’apprécie votre site, c’est que vous parlez de matériel photo et vous partagez votre expérience.
    Surtout, j’ai appris à lire entre les lignes des articles sujet à débat ^^.

    Vous avez un style reconnaissable, que j’apprécie : la photo de voyage et un de vos marqueurs est le « violent » contre jour, qui caractérise.
    On parle beaucoup de lumière, en photo, mais pas souvent d’obscurité.

    En 25 ans, le paysage photographie a beaucoup évolué (comme notre civilisation), le matériel de qualité est abordable.
    Ah l’époque du compact jetable Kodak…
    Il est vrai que les gens voyagent de plus en plus (voir des hordes de touristes chinois, mais pourquoi leur interdire, à part au niveau comportemental, leur niveau de vie augmente et ils ont la liberté de sortir de leur pays et nous sommes également touristes- désolé pour le hors sujet).

    Avec les réseaux 2.0, on a une surenchère de photos, qui banalise l’image. On est noyé par la spontanéité (et fausse spontanéité), le travail de réflexion disparaît.
    On ne regarde les photos que 2-3 secondes.
    Instagram sature la rétine, si mal utilisé.

    • Merci !

      Ah, oui : les touristes Indiens sont pas mal non plus (dans le genre je jette mes saloperies dans la nature) : mais ils ont chez eux, au Ladakh par exemple… Ils vont partout ou va la route (mais pas beaucoup plus loin heureusement).

      Ce qui est terrible, c’est qu’il y a tellement, tellement de photos (souvent peu intéressantes), que certains ne regardent plus du tout les photos. Et lorsqu’il y aune belle image, elle est noyée dans la masse.

  8. Très bel article plein de sagesse.

    Parmi tous les conseils, je retiens, particulièrement, l’invitation au classement des ses photos et une certaine forme de détachement du matériel qui n’est qu’un outil pour traduire un regard.

    Ce type d’article est une invitation à faire des photos et à revenir à sa lecture dans quelques temps pour en tirer de nouveaux conseils.

    Merci.

  9. C’est un très bel article Jeff. Probablement un des meilleurs que tu as écrit depuis un bon moment !

    Je me suis reconnu dans pas mal de tes interprétations…

    A ce putain de flou de bougé que j’hésite toujours à régler, de peu de manquer un moment important !

    Ce rapport à la couleur réaliste aussi, et cette facilité de jouer avec les constrastes en n&b !

    Le voyage… Devenu facile en terme de logistique, mais tellement compliqué pour sortir des sentiers battu ! Je me souviens en fin d’hiver 2013 j’étais à Tromso au nord de la Norvège sous la pluie, et comme ca me prenait la tête en 2 h j’ai organisé un trip au Svalbard avec mon iPhone pour le lendemain. Un coup de bol pas possible, le sur-lendemain j’étais à coté de Sveagruva loin de tout par -40°C, et je photographiais des ours polaires et des renards arctiques sur la banquise avec le premier rayon de lumière de l’année. La nuit c’était aurores dans tout les sens en bivouac, impossible de dormir pendant 3 jours… Un moment rare à 3 avec ma femme et une copine guide arctique, inoubliable, qui marque une vie, totalement improvisé à l’arrache…

    • Ah, ça avait l’air pas mal, ton petit tour au Svalbard. J’y suis allé une seule fois… et je ne risque pas de l’oublier ! Je me souviens qu’avec le jour qui durait quasiment 24h, on avait jamais envie de se coucher : la belle lumière à 11h du soir ;-)

      • L’été c’est autre chose… Minéral on dira… Alors qu’en fin février debut mars, c’est une autre planète !

        T’as l’impression d’être un cosmonaute à l’ombre d’une planète blanche. La lumière est bleue, tout est bleu. Le soleil perce 2 h par jour au maximum, et descend jamais très loin sous l’horizon… Tu es avant le début de la saison touristique,  hors de Longyearbyen tu croises personne. Par contre faut connaitre des gens locaux, sinon tu peux pas sortir…

        La météo est aussi un facteur aléatoire à cette époque, car tu peux te taper des tempêtes de ouf avec 30 cm de visibilité dans le blizzard. C’est super extreme comme trip, et le matos souffre un peu, faut savoir gérer les batteries et la condensation… Mon Macbook air avait gelé, il a mis 2 jours à vouloir redémarrer.

  10. Merci beaucoup pour cet article généreux et personnel, Jean-François.
    C’est réellement singulier de lire ce retour d’expérience riche et sans complaisance…et cela fait la spécificité de votre blog.
    Je suis d’accord avec votre méfiance vis à vis d’Instagram mais pour d’autres raisons et notamment sur la « publicitarisation » de l’image que ce réseau pousse au maximum; que ce soit de la pub d’agence ou de l’autopromotion, tout le monde se retrouve à faire de la pub sur Instagram en permanence. Une autre raison et la frénésie de posts et l’ocean de photos qui déferlent (sans parler des dépenses énergétiques que ces posts engendrent).
    Le point sur lequel que suis en désaccord, c’est que les filtres, populaires à un moment, sont loin d’être obligatoires et même assez désuets aujourd’hui. Et il faut dire que pour un photographe professionnel, ce réseau permet de faire connaître ses actualités à ceux qui nous connaissent et de rencontrer bien de nouvelles personnes (de la publicité accessible donc!).

  11. Super article ! très intéressant !

    j’aime bien la partie « Ne craignez pas d’abimer vos appareils, ce ne sont que des outils ! » des fois les gens sont sidérés de voir que je met pas de bouchon (des 2 cotés) a mes optiques la journée (sans la sac j’en met a celles qui n’ont pas de filtre de protection ou a mon fisheye).

     

  12. bonjour JF

    j’ai beaucoup aimé,que dis je ,adoré lire ton article ,rempli d’humilité , de remise en question et tout un tas de verité ,et en effet comme beaucoup ici ,je serai amener a le relire tellement il est interressant ….chapeau

    et je me retrouve totalement dans le fait que lorsque l’on voyage ,ça ouvre notre imagination,notre envie ,nos yeux tout simplement plus que dans l’entourage immediat de là ou nous vivons ,c’est une verité ,meme si c’est dommage dans le fond ,il faudrait arriver a garder un regard neuf sur tout ce qui nous entoure quotidiennement mais ce n’est pas si simple dans la folie du travail et de la vie en general .

    et les voyages me manquent et pour moi la photo est indissociable du voyage,et si j’avais les moyens je partirai bien avec toi mais il est vrai que les impots fonciers sont passés par là et la taxe d’habitation arrive a grand pas mais bon c’est un autre débat :))

    et comme disait mon prof de photo ,pendant nos années avant le diplome , »il faut se passer les yeux au papier de verre »

    encore merci pour ce magnifique retour

    bruno

  13. Enfin Jean Francois, un article avec lequel je suis quasi en accord avec toi, c’est là que tu démontre que tu es un vrai photographe avec lequel j’aime partager ce que tu as vécu et tu dois nous faire partager à nous (tes lecteurs) plus d’expérience et de ressenti de ce genre, ça nous aide à progresser et nous aiguillent sur les chemins à suivent,  plus que c’est débats stérile sur le matériel qui de toute façon penchera toujours d’un coté ou de l’autre.

    Je suis d’accord, c’est vrai que c’était mieux avant sans être nostalgique du moins du point de vu photos, maintenant sur le moindre site tu te trouves en face d’une flopée de pseudo photographe normalement en smartphone qui t’accaparent le monde endroit ou tu puissent faire ta photo sans que eux même savent ce qu’ils font (c’est désolant)

    Enfin bon c’est la vie d’aujourd’hui et on doit suivrent, sinon continue ce genre d’article, ce sont cela qui me font envie de chaque fois retourner te lire.

    Bien amicalement.

     

  14. D’accord avec les 3/4 des idées présentées ici mais il y en a deux qui, perso, me font bondir !

    « Ce qui survit aux années : ce sont les portraits, pas les paysages »

    « rien de plus facile que de photographier des paysages…  Quitte à y consacrer beaucoup de temps, tout le monde est capable de réussir quelques bons paysages : c’est finalement très facile et cela ne demande pas énormément de talent. »

    Ahhhhrrrgggg… !!! Je viens de frôler l’infarctus ! Même si j’y décèle un brin de provocation, faut quand même en avoir une grosse paire pour la sortir celle-là ;-) En tant que fan absolu d’Ansel Adams (entre autres), laissez-moi ne pas être d’accord du tout avec cette idée. Et comme j’aime pas les portraits…

     

    « Pour progresser en photo, voyagez »

    C’est votre style de photo donc c’est logique quand on y pense. Mais c’est pas du tout soutenable à long terme et à grande échelle. Je préfère explorer à fond mon environnement proche et m’obliger à y trouver constamment de nouvelles idées photographiques.

     

    Pour finir je passe sur « la dynamique »… mettez-vous sérieusement au paysage et vous verrez ;-)

    • Je vais vous donner mon avis (ne soyez pas choqué) : Ansel Adams, je trouve ça limite un peu… « chiant » ! Terrrrriblement classique et presque un peu « pompier » (vous savez, comme les « peintres pompiers »)

      C’est probablement très « sur-coté » à notre époque. Certainement le côté « nostalgique » qui joue en sa faveur. C’était impressionnant et novateur, à son époque. Mais aujourd’hui, ça ne m’impressionne pas tant que ça… (enfin, c’est personnel).

      Chacun son avis… mais je ne comprend toujours pas bien le mythe « Ansel Adams ». C’est bien : c’est sur… mais de là, à en faire tout un plat ?

      Réaliser de tels paysage : ça la me semble « facile ».

      • Je suis d’accord et encore mieux que le portrait, l’humain (ou l’animal) dans son environnement, son époque, sa vie. Le paysage, si il y a un signe de passage ; sinon je préfère le voir en vrai, la photo n’apportant aucun plus à part le souvenir (et non l’instant primordial)

        On a eu Bresson, Doisneau, Newton, Capa, Franck, Levitt et plus proche, Périer, DiCorcia, Parr, MacCurry et tant d’autres…

        Mais mon préféré est Erwitt pour son coté léger et son œil coquin, satirique et perspicace.

        Du coup parmi tes photos postées, mes préférées : Funérailles Indonésie, Déchargement du riz, Yangoon, Birmanie, Hong Kong, Tsim Sha Tsui, Pêcheurs, Indonésie.

        Merci pour l’article et les images.

      • L’instant décisif ça existe aussi en paysage. Il faut avoir de l’œil, du temps et de la patience. Trouver LE paysage à la fois beau ET que tout le monde n’a pas déjà photographié 150 fois, c’est pas quelque chose de facile. Tout comme éviter les 38 écueils classiques de la photo de rue ou du portrait.

        Par contre je suis d’accord sur le fait qu’en règle générale, le paysage est un peu trop ennuyant, ou disons pour faire aussi marquant et durable qu’une photo de portrait, il faut que la photo de paysage soit nettement « meilleur » (composition, traitement, moment photographié).

        Quant à la dynamique… ben, ça aide, mais les meilleures photos de paysages que j’ai faites comprenaient rarement une dynamique de scène énorme (souvent c’était au lever du soleil, ou au coucher, et la lumière était douce et sculptée).

        Maintenant, une grosse dynamique, c’est comme un autofocus, une mesure d’expo, le numérique, une bonne gestion du bruit : du confort, qu’il est très agréable d’utiliser.

    • Celui-ci est un de mes préférés récemment (aout 2017)… ça a été facile !

      Mais ce qui n’a pas été facile par contre, c’est de se rendre sur place :  trois jours de 4×4 à l’aller.

      Trois jours sur place…

      Et deux jours full (8h à rouler par jour), pour rentrer…

      Se rendre sur place et attendre la météo : c’est bien ce qu’il y a de plus difficile dans l’Art du paysage… Me semble-t-il. Mais c’est « tout en Art ». en un sens, c’est vrai…

    • Enfin, sur. le dynamique : j’insiste… La dynamique ne sert à rien (tout juste est-ce une « toute petite » aide) : en paysage pas plus qu’ailleurs… (d’ailleurs Ansel Adams ne disposait pas de tant de dynamique que cela et il s’est bien débrouillé).

      Parmi mes plus beaux paysages : il y a ceux que j’ai fait en 2005 au Ladakh : tous en JPEG (comme celui-ci, d’ailleurs exactement au même endroit que l’image précédente… Sauf que en 2005 : ça a été 10 jours de marche avec des mules et pas trop d’électricité : d’ou le JPEG. Car je ne disposais d’un Micro Drive IBM de 1 Go et quelques cartes de 256 Mo)…

      Tout ça : avec une dynamique ridicule… Et je ne parle pas des paysages que j’ai fait en diapos avec 2001 : avant encore moins de dynamique !

    • Genre ça : c’était en diapo en 1995 je crois bien, en Fuji Velvia 50 ISO. Si l’on regarde bien, certaines hautes lumières sont cramées : (dynamique ridicule encore plus gâche par le Scan en TiFF ;-)

      Mais cela ne gène en rien ! Car la diapo. reproduit le contraste naturel de la lumière solaire… Il « faut » que les hautes lumières soient à la limite du blanc : c’est ce qui. donne le contraste qui séduit l’oeil.

  15. La ou je serais toujours d’accord c’est que:

    _Voyager c’est toujours avoir un œil neuf et donc faire de bonnes photos. Et des fois le voyage commence dans l’arrondissement d’à coté.

    _Il vaut mieux se payer des voyages que le dernier boitier à la mode.

    _Un capteur FF et rien d’autre.

    _Un 24-70mm si il doit en rester qu’un seul objectif dans mon sac.

    _Préparer ces sujets, c’est la base vu que le plus important dans une photo c’est en premier le sujet. Donc utiliser internet pour trouver les festivals, les beaux coins, les choses intéressantes. Et trouver des choses intéressantes que l’on ne voir pas 10 000 fois déjà sur @.

    _Un bonne photo c’est pas la photo techniquement parfaite. C’est une photo qui fait réfléchir.

     

    Voila ma vision de ma pratique photographique.

  16. Merci pour ce très bel article JF !!! ça inspire à défaut de faire progresser.

    Je me permet un commentaire d’amateur. ça fait vieux c… de dire « c’était mieux avant ». j’ai 57 ans, et je dois avouer qu’il y quand même pas mal de truc ou………  « c’était mieux avant ».

    La bise à tous

  17. PHILIPPE LAUDINAS on

    Voilà encore un très belle article mon ami Jeff. Bravo et merci de nous faire voyager à travers tes très belles images …

    Je suis bien d’accord avec toi concernant le matériel, car au fond il n’a pas tant d’importance . Il faut juste se sentir bien avec, ce n’est qu’un instrument mais il ne fait pas le musicien !… En revanche, la lumière est effectivement importante, et, il faut savoir la capturer et s’en servir ce qui n’est pas toujours évident .

    Aujourd’hui, après un bref passage infructueux chez Fuji (relire ici  :   http://photoetmac.com/2017/09/temoignage-parti-vers-fuji-revenu-vers-canon/  ), je me régale avec un Canon 6D MII +3 Objectifs Canon et un Tamrom 35 mm ; Mais, des quelques appareils photos que j’ai eu en 20 ans, celui avec lequel j’ai vraiment pris le plus de plaisir à photographier était un Contax Aria avec Objectifs Zeiss, mais ça c’était l’bon temps de la pelloche (j’utilisait de la vélvia 50 et l’excellente Réala Fuji pour la couleur. ), avec ces avantages, et, ces inconvénients !…

    Dans les années à venir je sais qu’il va me falloir alléger mon Fourre tout (raison de santé, lol !), mais en attendant la solution que j’ai trouvé : Je me force à ne partir en ballade qu’avec un voir deux Objos Maxi !!!

    Encore un grand merci à toi mon ami Jeff, et, continu à nous faire baver avec des magnifiques Clichés !…

    Amicalement,

    Philgood …

  18. Bel article, qui ne se préoccupe pas de « faire l’unanimité », mais qui affirme des parti-pris,peu importe qu’ils nous conviennent ou pas,que nous les estimions légitimes ou fondés…c’est à mon humble avis le principal intérêt de ce retour d’expérience. Ne pas oublier non plus quelques judicieux conseils : Le « best of »annuel à eu l’effet sur moi d’un « coup de massue » :comment n’y ai-je pas pensé avant ?.Merci en tout cas,et on en redemande!…Même si je sais que des articles pareils,il va falloir un peu de temps avant d’en retrouver d’une telle qualité…

    Cordialement

  19. Quel article ! Je m’empresse de l’enregistrer dans mes favoris, pour le relire régulièrement, histoire de ne jamais perdre de vue l’essentiel, si bien exposé… Merci !

  20. Pingback: Qu'ai-je appris en 25 ans de photo ? Partie 2/2 - photoetmac.com

  21. Un article bien personnel sur la photo et bien agréable à lire, sans promotion de marque d’appareils que j’ai réexpédié.

  22. Salut Jean-François,

    Un grand merci pour ce bel et très intéressant article, avec de superbes photos, qui revient sur 25 ans d’une vie professionnelle bien remplie, avec des hauts et des bas comme dans tout métier. Sa rédaction a dû te prendre pas mal de temps. C’est surtout la première partie qui a retenu mon attention, la seconde concernant davantage les photographes professionnels et ceux qui voudraient le devenir. Le métier a en effet bien changé depuis plusieurs années. L’époque des photographes dits humanistes tels Cartier-Bresson, Doisneau, Izis, Ronis, Erwitt, Lange, Arbus et bien d’autres, qui réussissaient à en vivre (plus ou moins bien), est révolue. C’était l’âge d’or de la photo argentique. Ce que tu écris est une belle leçon de modestie. Rien n’est définitivement acquis et il faut sans cesse se remettre en question pour pouvoir progresser. Une philosophie de vie aussi : considérer l’appareil photo comme un outil de travail, apprendre de ses erreurs, voyager pour se renouveler (je rajouterais : sans nécessairement partir à l’autre bout du monde), photographier avec un sens éthique, recourir à un œil extérieur pour progresser (même si l’amour-propre en prend pour son grade). C’est que pour toi, le facteur humain prime sur le reste. Nous le voyons bien avec nos photos de famille et de voyage? Qu’est-ce qui prend le plus d’importance au fil du temps ? Ce sont les portraits et non les paysages. De ton article, je retiens également tes précieux conseils en matière de prise de vue : la primauté des objectifs sur le boîtier, savoir capter la lumière, être attentif au cadrage et aux couleurs, rechercher la simplicité, connaître les règles de la composition pour mieux les transgresser, se méfier des « recettes » et des « modes ». Et en post-production, l’importance du catalogue et du « best of » annuel. Mais le plus difficile dans tout ça est de trouver un style personnel. La technique est importante mais il faut aussi apprendre à lâcher prise, à se laisser guider par ses émotions, tout en prenant plaisir à faire de la photo. Un conseil pour terminer. Je recommande à ceux qui ne l’auraient pas encore vue la magnifique exposition des photos de Willy Ronis au Pavillon Carré de Baudouin, rue de Ménilmontant, Paris 20ème. Un bel exemple de photographie inspirée de la peinture et de la musique. Et puis, lire et relire les articles de Jean-François comme celui-ci.

  23. Lecteur silencieux depuis 10 ans, je réagis à votre article car cette question : « qu’ai-je vraiment appris en photo ces 25 dernières années ? », je me la suis posée alors que je suis de retour en Iran 25 ans après mon premier voyage.

    1- on ne fait pas de photo uniquement avec un appareil, mais avec tout ce vous avez vu, les livres que vous avez lus, la musique que vous avez entendue, les personnes que vous avez aimées.
    « Quand on regarde dans le viseur, l’œil ouvert regarde le monde tandis que l’œil fermé regarde à l’intérieur de soi. » ( Henri Cartier Bresson )

    2- que ce qui compte c’est l’optique.
    Vous avez mille fois raison, le reste ne sert à rien. Mon « équipement » s’est épuré lentement à l’extrême et je n’ai plus qu’un boîtier léger à capteur plein format, dont je me fous totalement de sa dynamique, mais à l’optique fixe superlative.
    Je crois malheureusement qu’on ne comprend cela qu’après plusieurs années.

    3- qu’une image se compose.
    Avec des lignes et des courbes, des lumières et des ombres, des éléments juxtaposés ou décalés, des textures et des tons.

    4- qu’à 55 ans à défaut d’avoir trouvé un style, je crois avoir trouvé un genre.
    Car il est relativement facile de photographier dans une lumière et un lieu prédéterminés ( la photo de paysage ) mais composer à la volée en une seule tentative ne l’est pas ( la photo de rue, la photo de voyage ).
    Le défi que cela représente, de capturer l’inconnu, de partir le matin sans aucune idée de ce avec quoi on va revenir le soir, stimule la créativité.
    J’aime cette incertitude, la joie de saisir un moment parfait en termes de lumières, de textures et d’éléments harmonieusement alignés qui se rencontrent au hasard, visible pendant quelques secondes, avant de disparaître.

    Pour finir, j’aime beaucoup les images qui accompagnent votre article, d’autant plus qu’elles correspondent à des pays qui me sont chers. Mention spéciale pour « Déchargement du riz en provenance de Chine, sur les rives de l’Irriwaday. Mandalay, Birmanie. Mars 2017. » que j’avais pu « critiquer » positivement à une époque où je fréquentais encore Facebook.

    Et pour le reste : oui, c’était mieux avant … !!

    Bien Amicalement.

      • et c est pas pres de s arranger avec les dizaines de millions de chinois ( qui comme nous en apres guerre ont leurs premieres vacances) qui se déversent sur l asie du sud est… et pour qui on rase tout et on construit des mega hotels en mode disney… le cambodge et le vietnam c est maintenant ou jamais …quelle deprime …

  24. Je vous rejoins lorsque vous évoquez les photos de portraits. Il est vrai que les paysages sont inspirants et faciles à photographier. Mais pour les portraits, c’est totalement différent. En effet, il y a obligatoirement (sauf pour les photos volées mais je préfère même pas en parler…) un échange entre la personne prise en photo et celui qui prend la photo. Et le verbe prendre a bien un double sens… J’ai pas mal voyagé et je dois dire que c’est de plus en plus difficile de photographier de manière authentique les gens et ce, même en s’intéressant à eux, en parlant avec eux et bien-sûr en demandant leur autorisation. Au Myanmar et sur le Lac Inle, c’est encore chose facile et agréable de communiquer avec les locaux et de les prendre en photo tout comme dans la Cienaga Grande de Magdalena en Colombie mais ces endroits là sont malheureusement de plus en plus rares.

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