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Qu’ai-je appris en 25 ans de photo pro ? Partie 2/2

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La première partie de cet article avait connu un certain succès (Qu’ai-je appris en 25 ans de photo professionnelle – partie 1) voici donc un petit complément : avec quelques points auxquels je n’avais pas pensé initialement, mais qu’il me semble indispensable d’ajouter…

Dans cette seconde partie, je vais notamment essayer de partager quelques « enseignements » plus pratiques et plus professionnels, que j’ai tiré de mon expérience de terrain… Quelles « leçons » ai-je tiré de toutes ces années à vivre, mais parfois aussi « à survivre » de la photo ? Certains constats sont assez difficiles et risquent de décourager les aspirants photographes, du moins ceux dont la conviction est la plus fragile. Tant pis ! Je préfère leur dire la vérité, plutôt que de contribuer à les « envoyer dans le mur »… En les décourageant : je vais peut-être leur rendre service ?

Il est certain que si j’avais eu 25 ans en 2018 plutôt qu’en 1992 (année de mes débuts)… et bien je n’aurais probablement pas eu la moindre chance de devenir photographe. En 2018, la société telle qu’elle est (du moins en France) vous offre beaucoup moins de chance (qu’en 1992) de faire ce que vous voulez faire de votre vie… Oui, j’en suis absolument certain. Vos commentaires et témoignages sont toujours les bienvenus : en bas de l’article !

Vietnam 1996 : sur le chemin de l’école… Scan de diapositive, Fuji Velvia 50.

 

 


Le contact réel avec vos clients reste primordial : j’avais naïvement imaginé à partir des années 97, et 98, lorsque j’ai lancé mon premier site de photographe, que j’aurais moins besoin de me déplacer pour aller montrer mes images à mes clients (principalement des iconographes de magazines à cette époque). J’ai même pensé que je n’aurais plus besoin de me déplacer du tout ! Grave erreur… Il faut continuer à rencontrer « physiquement » vos clients, si vous voulez qu’ils continuent à vous acheter des photos… Car ils achètent autant « la personne que vous êtes » que vos photos.

Certes, il ne sera plus nécessaire de réaliser des impressions grand format : un bon iPad Pro, rend vos images encore plus belles. Mais quelques impressions de très bonne qualité, peuvent éventuellement êtres utiles, ne serait-ce que vous maitrisez toute la chaine graphique. Et de façon à démontrer que vos images « tiennent » le choc de l’impression. Car vos clients (eux aussi), savent bien qu’une photo peut « faire illusion » sur l’écran (magnifique) d’un iPad Pro.

Dans certains cas, l’impression d’une planche contact (également envoyée sous forme de JPG ou de PDF qui pourra être distribuée), peut elle aussi faciliter la décision, notamment dans le cadre d’un travail d’équipe. Car tout le monde ne dispose pas d’un bon logiciel de classement et d’affichage d’images.

2016 – Rajasthan, Inde. Manifestation en faveur de la préservation de l’environnement…

 

 


Envisagez de perdre 10% à 20% de vos clients, à cause de vos tarifs élevés. Comment déterminer le juste niveau pour les tarifs, de vos prestations ou de vos tirages ? Voilà une question qui obsède beaucoup de professionnels débutants… Pourtant, ce n’est pas si compliqué.

Il me semble que le juste tarif, est celui qui sera accepté par vos clients. Et c’est lorsque vous commencez à perdre quelques clients (de 10 à 20% éventuellement), c’est là que vous savez que vous avez atteint le montant maximal à ne pas dépasser.

Au delà d’un certain taux de perte : c’est votre chiffre d’affaire qui sera mis en danger. En dessous : c’est vos prix qui ne sont pas assez élevés : car si 100% de vos clients sont satisfaits de vos tarifs, alors il est évident que vous n’êtes pas assez cher…

Ensuite : il y a des tas de cas particulier ! Par exemple, si vous travaillez dans le Luxe et que vos clients (potentiels) sont des Emirs du Golf, alors peu importe que 90% des clients refusent vos devis : il suffira d’une ou deux belles ventes par an, pour que votre business reste prospère. Mais cela n’est pas donné à tout le monde…

2017 – Ladakh, Inde… Avant de se lancer dans le grand bain de la photo professionnelle, tous les photographes devraient faire un stage sur un « marché » (aux fruits et légumes)… Pour apprendre à marchander un peu !

 

 


Ne vous épuisez pas, avec de trop de « petits boulots »… Le problème les « petits boulots photos » que les professionnels sont tentés d’accepter, lorsqu’il y a rien d’autre à se mettre sous la dent : c’est qu’ils vous épuisent sans rapporter grand chose… Ils vous démotivent et vous prennent tout votre temps. Le pire est qu’ils vous empêchent de consacrer suffisamment d’énergie à la recherche de « vrais boulots ».

Voilà un dilemme assez terrible, auquel sont confrontés la plupart des jeunes photographes. Les petits boulots, c’est un cercle vicieux qui vous tire vers le bas… Un jour j’ai décidé de refuser tout ce qui n’était pas « assez bien pour moi » : cela à bien fonctionné. Tant que le marché de la photo s’est bien porté…

Mais un jour je me suis retrouvé sans boulot. Ni gros boulots… Ni petits boulots : et ceux-là, de toutes façons je n’aurais plus eu envie de les faire ! Car lorsque l’on a vendu des images à quelques gros clients pendant quelques années, on est pas prêt à recommencer au bas de l’échelle.

Peut-être est-ce un manque d’humilité ? Pas grave, je m’en suis sorti autrement… En commençant à former les autres notamment. Et tant pis pour les commandes et les reportages prestigieux, qui se sont fait plus rares avec les années. De toutes façons, il n’y a plus vraiment de « petits boulots photo » désormais : il y a surtout des demandes de photos gratuites… Et ces demandes là : elles sont assez faciles à refuser ! Sans scrupules…

2010 – Paris, Pigalle… Sortie de boite au petit matin (avec l’air frais malgré tout).

 

 


Les service pro des marques : à la rescousse… Je n’ai pas assez fait appel au Service Pro de Canon alors que j’étais jeune photographe.  Et j’avais tord car les Services Pro des marques sont là pour vous aider (mention spéciale à l’excellent Service Pro de Canon France ainsi qu’au Service Pro Nikon lui aussi très réputé).

Les services sont variés : prêt de matériel en cas de casse, réparations en urgence, expéditions de matériel… Accès aux service pro locaux lorsque vous êtes en déplacement à l’étranger. Récemment avec le numérique, les plateformes se sont modernisées et internationalisé : il faut enregistrer votre matériel. Ce qui donne droit à des points donc à des statuts (Silver, Gold…). Mais le « contact direct » avec les personnels des services pro reste irremplaçable : une petite visite, sur un Salon ou sur le stand de la marque lors d’un grand évènement est le sésame. C’est bien entendu réservé aux professionnels (ou quasi professionnels)…

2015 – Kenya, un village Massai très isolé…

 

 


Osez le matériel d’occasion ! Mais pas n’importe quelle occasion… Mes premiers boîtiers et objectifs, je les avais acheté (pour la moitié) en occasion… Bien entendu, il faut se méfier. Il faut étudier le profile des vendeurs. Certains personnes sont très soigneuses et cela se voit. C’est en général de « bonnes affaires ».

Il faut aussi soigneusement choisir son matériel : construire rationnellement son équipement en ce concentrant sur les modèles « réputés »solides et fiables. Dons, des modèles forcément très répandus : évitez l’originalité (plus risquée)…

Par exemple : je ne conseillerais pas l’achat de « mirorless » d’occasion (type Sony A7 ou Fuji. X), à de jeunes photographes fauchés… Non pas que ces marques soient réputées « moins fiables », car ça on ne le sait pas encore… Mais par contre ce qui est certain : c’est qu’elles n’ont pas encore démontré qu’elles « sont » fiables. Trop récentes, ces marques n’ont tout simplement pas encore eu le temps de démontrer leur fiabilité. Peut-être le sont-elles ? Mais on ne le sait pas encore…

2013 – Shinjuku est un quartier situé autour de la gare de Shinjuku (la plus animée au monde). C’est l’un des quartiers les plus vivants de Tokyo, mais aussi un haut lieu des affaires abritant le siège de nombreuses grandes sociétés. Au pied des tours, il subsistait encore quelques petites boutiques regorgeant d’occasions intéressantes… Malheureusement, beaucoup ont finalement disparue ces dernières années.

 

 


Méfiez-vous des solutions exotiques, alternatives, ou marginales…  Je ne crois pas au père Noël. Par exemple je ne crois pas au logiciel « Libre ». Même si je n’ai absolument rien contre… pour les autres ! Mais pour moi, je ne veux utiliser que. le meilleur logiciel : pas un logiciel « alternatif », ni un logiciel « rare » ou « exotique ».

J’utilise donc Adobe Lightroom Classic car il est le leader et la référence de l’avis général. Et que ce n’est pas par hasard : il est le seul à me proposer tout ce dont j’ai besoin, tout en étant suffisamment fiable. Si il est devenu « la » référence (avec un ou deux autres logiciels, comme Capture One) ce n’est pas par hasard : c’est après 12 années d’évolution, de « débugguage » et d’optimisations régulières et patientes…

Existe-t-il le moindre équivalent à Lightroom Classic, en logiciel Open Source ? Non, vraiment aucun : on en est encore à 10.000 années lumières… Soyons sérieux : ne confondons pas quelque logiciels bricolés, imparfaits et incomplets à l’ergonomie généralement désastreuse, avec cet « aboutissement » extraordinairement sophistiqué, qu’est devenu Lightroom Classic en version 8.

Je conseillerais donc aux débutants (surtout si ils n’y connaissent rien) de rester sagement fidèle aux « outils de référence » : comme Adobe Lightroom, les reflex Canon, ou Nikon. Le jour ou une autre solution, deviendra meilleur que ces outils les plus utilisé : alors cette nouvelle solution deviendra la « nouvelle référence »… A la place des anciennes références, (ou « à côté » d’elles).

Il y a toujours un jeune photographe « webmaster » ou « développeur » qui me parle d’un logiciel « alternatif innovant », ou même « open source » qui est très prometteur : il ne me faut que 5 minutes pour lui démontrer en quoi celui-ci ne fait pas l’affaire… Car je connais bien les besoins d’un photographes, alors que lui avec son « point de vue d’informaticien » : il ne les connait pas, (il les imagine seulement, ou connait ses besoins de photographe amateur mais ignore tout ce qui fait un bon logiciel pour un photographe pro : et ce n’est pas ce que vous imaginez)…

2011 – Tombes de. baleiniers au Spitzberg. L’histoire du matériel photo est jonchée de cadavres : marques, gammes optiques et logiciels abandonnés et disparus…

 

 


J’ai toujours privilégié la « fiabilité » plutôt que la performance… Si vous êtes convaincus que Fuji ou Sony sont en train de devenir les « nouvelles références » : alors ok, allez-y foncez… Pendant que moi je reste fidèle aux valeurs sûres, encore quelques. temps… Et le jour ou Fuji et Sony seront considérés comme des « valeurs sures », alors j’y passerais peut-être. Mais ce n’est pas encore le cas : du moins pas à 100%. On en reparlera disons, en 2022 (environ)…

Beaucoup trop d’utilisateurs de boîtiers Fuji et Sony servent encore de « beta-testeurs » et « essuient » encore les plâtres, même si ces marques progressent chaque année : il y a encore un peu de chemin à faire… J’ai par. exemple reçu énormément de témoignages de gens qui ont eu des soucis de SAV avec ces marques. Pour un amateur qui n’a pas un usage intensif de son boitier : peut-être les pannes sont-elles assez rares tant que l’utilisation n’est pas intensive (et de toutes façons une panne n’a rien de dramatique, si vous êtes amateur)…

Mais si vous êtes professionnel et que votre outil de travail est immobilisé 3 ou 4 semaine à la moindre panne : alors là vous êtes vraiment « dans la mouise ». C’est votre gagne pain qui est directement menacé ! Et même votre crédibilité. Un professionnel ne peut absolument pas prendre ce risque… Réfléchissez y : seriez-vous prêt à jouter votre « emploi » sur un matériel, dont la fiabilité est encore inconnue ?

Peu importe la dynamique du capteur : ce n’est qu’une problématique « d’amateurs pinailleurs »… La problématique d’un professionnel : c’est la fiabilité, à 100%…  De plus, un professionnel peut réussir n’importe quelle photo, avec n’importe quelle dynamique (même si son Canon accuse 10% de dynamique en moins qu’un Sony : cela n’a absolument aucune incidence pratique).

Mais si dans votre domaine très particulier : un Sony ou un Fuji vous apporte des avantages évidents (par exemple un photographe de cinéma, qui a besoin d’un déclenchement 100% silencieux) : alors ce sera à vous de voir… Peut-être dans votre domaine, le jeux en vaut-il la chandelle ? Pas dans mon domaine, mais c’est à vous de voir : pour votre propre cas. Et que dire de Pentax en ce moment ? C’est jute un exemple pour illustrer mon propos… Oui, le reflex Pentax K1 est intéressant, pas trop cher et performant… Mais est-il bien raisonnable de parier sur l’avenir de Pentax ? Conseilleriez-vous ce Pentax à votre petit cousin qui va se lancer dans la photo professionnelle ? Pentax incarne-t-il vraiment l’avenir en ce moment ?

Il en est de même des logiciels. Si par exemple vous créez votre site web à l’aide d’un système de publication. Assurez-vous qu’il soit fiable. Qu’il ne disparaisse pas du jour au lendemain : combien de systèmes de publications de sites web pour photographes ont-ils disparus ces 10 dernières années ? Des dizaines…

Et que dire des logiciels de catalogage ? Disparition de MediaPro récemment (Media Pro abandonné : Phase One a bien « merdé »)… Disparition d’Aperture il y a quelques années (La trahison d’Apple : l’arrêt d’Aperture) : on en avait beaucoup parlé et rappelez-vous à quel point j’avais prévenu (très longtemps à l’avance) les utilisateurs de Aperture que ce logiciel n’avait plus d’avenir… Je le considérais comme une « solution exotique ».

Même chez les grand constructeurs ou éditeurs : il existe des « solutions exotiques » qui inspirent moins confiance. (rappelez-vous la gamme Nikon One par exemple). Oui, il faut « du nez » pour éviter de gaspiller son temps et son argent, avec des outils sans avenir. C’est une question de « stratégie à long terme »…

2010 – Ne foncez pas tête baissée, sur le premier outil qui vous séduit… Donnez-vous le temps de la réflection, renseignez-vous. Demandez à d’autres professionnels, quels matériels et logiciels, ils utilisent…

 

 


Photo ou vidéo : faut-il choisir ? Si vous ne croyez plus à la  photo, faites de la vidéo ! Si vous croyez vraiment à la vidéo, ou au drone : allez-y à fond et faites ça bien… Quitte à laisser tomber la photo. Mais je ne crois pas qu’il soit très productif d’hésiter entre les deux : au risque de se « disperser » et de ne rien faire de bien.

Il me semble en effet, que plus le marché est difficile : plus il faut être pointu, performant et spécialisé dans son domaine… au risque de « ramer » (photo ci-dessous) Notez bien, que je ne suis pas 100% certain d’avoir raison à ce sujet ; c’est juste mon impression.  Peut-être quelqu’un me démontrera-t-il que dans son cas, la polyvalence à payé… Les commentaires sont ouverts !

2014 – Japon, tout près de Kyoto… Si vous ne savez pas choisir entre photo et vidéo : vous risquez de « ramer ».

 

 


Formez-vous en permanence, ne vous laissez pas distancer… On sait ce que coute un formateur de bon niveau : ça coute assez cher ! Mais on ne mesure pas ce que coute finalement, un mauvais formateur ! Ou le fait, de « ne pas se former »… Et de se faire « distancer ».

Beaucoup de photographes (alors âgés de plus de 50 ans) qui avaient été surpris par le passage au numérique (entre 2001 et 2005), ne s’en sont jamais relevé. Et ont tout simplement perdu leur travail… Mais certains l’ont retrouvé un peu plus tard, après être repassés par la case « formation ».

En 2018, il y a moins de révolutions au niveau de la prise de vue, que celle qui était survenue suite à la disparition du film. Mais il y a toujours des évolutions rapides : dans le développement des RAW, dans la gestion des médias, la sauvegarde, l’utilisation du Cloud. Autant de domaines, qui exigent de se tenir « au jus ».

Contactez-moi si vous voulez participer à une de mes formations sur Lightroom. Lisez ici les témoignages des nombreux professionnels, que j’ai formé à ce logiciel. Et plus largement, à une maitrise optimale de leurs outils numériques.

2015 – Travaillez avec les outils d’aujourd’hui, formez-vous, mettez vous « à jour »… Rizière au Japon.

 

 


Evitez de travailler seul… trop longtemps ! Le photographe est souvent solitaire par nature… Attention : c’est un véritable piège. Privilégiez les boulots, qui vous donneront l’occasion de « croiser » du monde. C’est d’ailleurs pour cette raison, que j’aime la formation professionnelle, car pendant des années j’ai souffert de travailler seul dans mon coin.

Lorsque tout va bien : tout va bien ! On profite d’une insolente liberté… Mais tout ne marche pas idéalement tout le temps et toute la vie. Il y a des périodes plus difficiles, dès que les difficultés arrivent, dès que l’on vous refuse des engagements : c’est là que vous prenez véritablement conscience de votre isolement…

Vous vous retrouvez un peu dans la peau du « privé » plongée dans un film noir : prisonnier d’un scénario dramatique duquel il ne peut sortir seul. Par nature le travail de photographe est rarement un travail d’équipe. Alors prenez garde à ne pas vous retrouver seul… trop longtemps !

2018 – Japon, gare de Kyoto.

 

 


Restez inquiet de votre avenir… Ne vous emballez pas trop vite : même si vous connaissez un petit succès dans la photo, cela risque d’être très temporaire… Tout ce qui est « à la mode, se démode ». J’ai connu plein de photographes, montés très hauts, puis tombés très bas… Ce métier n’est probablement pas plus sûr que « chanteur de rock », acteur de « téléréalité », ou « Nouvelle Star ».

Les photographes qui « durent » le plus longtemps, sont ceux qui ont pratiqué un « vrai métier » dans leur vie (avant ou pendant)… Ou ceux qui sont salariés et qui acceptent de faire des boulots, pas toujours très facile, ni très drôles. En gros : ceux qui ont un « vrai travail ».

Par définition : un « vrai travail » est ce que d’autres personnes ne veulent pas faire gratuitement (car ce n’est pas drôle)… Des gens, sont donc prêt à vous payer pour que vous le fassiez à leur place. Ou alors un « vrai travail », c’est quelque chose que les autres ne savent pas faire (car c’est très technique) : on est donc prêt à payer quelqu’un pour le faire ! Peut-être vous…

Tout ce qui est entre les deux, qui est soit très amusant, soit très facile : n’a pas beaucoup de valeur ! Dit autrement, on est pas prêt à lâcher beaucoup d’argent pour vous demander de vous en charger.

Si des gens sont prêt à « payer » pour faire votre travail gratuitement pendant leurs vacances (par exemple des photos de voyage), dites-vous qu’il va être difficile de vous faire rémunérer pour ça… Par quel miracle, ai-je réussi à me faire embaucher pendant des années pour faire des photo de voyage ? Je me le demande encore.

2017 – Vue inquiétante de la Baie de Hong Kong, Chine.

 

 


N’oubliez pas de vous faire « un peu plaisir »… aussi ! Pour réussir dans n’importe quel domaine, il faut se battre… Et le domaine de la photo est extrêmement concurrentiel : on y gagne mal sa vie et les déceptions sont plus fréquentes que les aboutissements… Rejoindre le « haut du panier » et « s’y faire une place », implique énormément de sacrifices et de travail… Au point de ne plus éprouver de plaisir, éventuellement.

Alors là : attention ! Si vous vous rendez compte que ce métier devient un calvaire pour vous : vous risquez d’en être dégouté : vous ne tiendrez pas la distance sur le long terme. Il faudra donc trouver un moyen « d’éprouver un peu de plaisir » de temps en temps, dans le cadre de votre activité ! Les DRH (directeurs des ressources humaines) des grandes entreprises essayent de maintenir cette petite flamme du plaisir et de la motivation dans la tête des salariés… Mais vous, en tant que photographe indépendant, vous n’avez pas de DRH qui veille sur vous, pour vous re-motiver.

C’est donc à vous de vous organiser, afin que ce métier vous offre quelques « récompenses » et que vous conserviez du plaisir et de la motivation. Pour les uns ce sera une exposition. Pour les autres une pause sous forme de partages et rencontres… Je ne sais pas : à vous de trouver… Pour moi, c’est un départ en voyage.

Une autre « récompense » qui me re-motivais, ce fut pendant longtemps de me consacrer le week end à la fabrication (manuelle) de mon premier site web (débuté en 1997). C’était tout nouveau et je trouvais ça magique de pouvoir partager mes photos de voyage aussi facilement. Lorsque les première ventes directes à des clients à l’étranger ont commencé en 1998. (sans la commission d’une agence), alors là : c’était encore plus magique… C’était ma petite récompense hebdomadaire !

2016 – Rajasthan, Inde… Un photographe ne doit pas oublier de « se faire plaisir », si il veut rester créatif. Pour moi cela passe par des voyages. C’est ce qui me démotive…

 

 


Ne vous contentez pas uniquement de « photos alimentaires », mais il faudra en faire ! J’ai pris garde durant des années, à éviter de faire trop de boulots « disons » ennuyeux ou « alimentaires »… Ceci afin de « préserver » ma motivation et le plaisir de travailler. Par exemple, je n’ai jamais accepté de faire le moindre « Mariage ».

Petite parenthèse, je précise que les « photos de mariage » : je ne trouve pas « ça drôle » ! Pour ce qui me concerne… Ce n’est que mon avis personnel et je sais bien que ça peut être intéressant, pour qui « se prend au jeu ». Il y a des tas de gens qui gagnent leur vie (très bien parfois) avec cette activité très honorable… Mais personnellement je n’ai jamais eu envie de la pratiquer, donc j’ai systématiquement refusé toutes les demandes »mariages ».

Disons que durant mes 10 premières années d’activité, la proportion du « travail alimentaire pas amusant » : devait être d’environ 25% à 30%…  Par la suite cette proportion a augmenté, jusqu’à 70% peut-être. Et c’est ce qui m’a surpris : normalement avec l’âge et l’expérience, ce métier aurait du devenir de plus en plus facile… Et bien non : ça a été l’inverse.

Il a fallut travailler de plus en plus : pour gagner de moins en moins ! J’ai fini par douter de moi… Puis j’ai préféré me persuader que c’était le marché qui se dégradait. Il fallait mieux ne pas trop douter, au risque de tout laisser tomber. Et avec du recul : c’est bien ce qui s’est passé. C’est le marché de la photo qui s’était effondré…

2015 – Déjeuner Japonais très simple, dans un petit restaurant de la Préfecture de Chiba. L’amour du travail bien fait à tous les niveaux… (ce n’est justement pas de la photo « alimentaire »)…

 

 


Aimez le travail bien fait ! Pour en revenir à la photo alimentaire : je suppose que si vous voulez vivre de la photo, il faudra accepter de passer 70% à 80% de votre temps à des tâches « alimentaires ». Après tout : c’est un peu la définition du « travail ». On paye un « pro » pour réaliser ce que l’on a pas. envie de faire… Ou pour réussir ce que l’on ne « sait pas faire ». Tout cela c’est du travail, pas de l’amusement… Mais vous aurez la fierté de travailler dans le secteur que vous aurez choisi. Très peu de gens peuvent en dire autant. Et vous aurez peut-être à la fin : cette fierté du travail accompli et « bien fait ».

Même si deux générations coupables d’enseignants « syndiqués » (si, si…) ont vainement essayé d’effacer de la tête des élèves, ce genre de « valeurs ancestrales »… Il subsiste pourtant – malgré le lavage de cerveau que nous avons reçu à l’école puis à la FAC – cette notion de « travail bien fait » chez de nombreux artisans et notamment de photographes. Qui par nature sont tout l’inverse d’un « fonctionnaire ».

Si vous voulez comprendre la notion de « travail bien fait » et de « passion de la perfection » : alors voyagez au japon qui est le pays du « travail bien fait ». Las-bas, le moindre petit cuisto de quartier à l’amour du travail bien fait (j’y pense, emmenez votre copine voire La Saveur des ramens, elle va adorer) ! Le « je-m’en-foutisme » n’existe quasiment pas au Pays du Soleil Levant (ou alors il se cache, car il a honte)… Et comme par hasard le Japon est le seul pays ou prospère encore l’industrie du matériel photo, ce n’est pas par hasard… Par tous ses aspects, la civilisation Japonaise est la plus admirable qui soit et ce n’est pas sans rapport avec notre sujet.

2012 – Le chef Toshiyuki Hondo de Kyoto. La façon dont ce grand chef s’était concentré et impliqué pour que je puisse réaliser au mieux mes « petites » photos m’avait impressionné et honoré… Grand chef ou petit chef : au Japon on aime le travail « bien fait » point à la ligne.

 

 

Lire la première partie : Qu’ai-je appris en 25 ans de photo professionnelle 1/2

 


 

 

 

Ecrire des articles de fond et des test, prend énormément de temps… Mais c’est ceux-là qui vous intéressent le plus (et moi aussi). Je ne sais combien de temps je pourrais continuer à enrichir ce blog (qui existe depuis plus de 10 ans) sans rémunération directe. En effet, depuis que le Mensuel Déclic Photo a disparu, l’écriture des « tests terrain » n’est plus financée en quelque sorte).

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34 commentaires

  1. Pingback: Qu'ai-je appris en 25 ans de photo professionnelle ? - photoetmac.com

  2. A te lire, Fuji et Sony sont apparus en 2012. Allons faire un tour sur wikipédia: Sony a été créé en 1946 et Fujifilm en 1934. Il te faut combien de siècles pour estimer qu’une marque est fiable, exactement? Les 2 marques ont prouvé que si elles sont toujours là après 70-80 ans, c’est qu’elles le sont. Sur le marché du mirrorless pour un photographe fauché tu conseillerais peut-être plus des occasions Canon ou Nikon…qui n’existent pas (ou pire un Nikon One mdr)?

    • C’est dommage parce que tout le reste de l’article est très intéressant, mais tu te décrédibilises systématiquement en critiquant les marques qui ne sont pas la tienne. Canon fait des hybrides APS-C et FF du coup tu ne parles que de Fuji et Sony qui en font aussi…quand Panasonic et plus tard Olympus se mettront au mirrorless FF, j’anticipe en te disant d’oublier là encore l’argument des « marques récentes », elles sont encore plus anciennes que Sony et Fuji!

      • Alex, au cas ou tu ne l’aurais pas compris, on parle de photographes professionnels et ni Sony, ni Fuji n’ont pas encore de matos prouvés fiables car trop jeunes dans la photo pro.

      • Alex, je connais assez raisonnablement l’histoire de Fuji, de Sony et même de Minolta (peut-être bien plus que toi, car j’ai enquêté sur la question)…

        Fuji : http://photoetmac.com/2007/12/petit-historiqu/

        Sony / Minolta : http://photoetmac.com/2007/01/histoire-des-re/

        Olympus : http://photoetmac.com/2007/12/petite-histoire/

        Pentax : http://photoetmac.com/2008/01/k10d-k100d-supe/

        Sigma : http://photoetmac.com/2007/06/sigma_sd14_un_o/

        Canon : http://www.macandphoto.com/2007/06/les-canon-eos-o.html

        Là n’est pas le problème : il y a des marques ancestrales, qui peuvent faire des produits non fiables. Simplement il se trouve que ces marques (Fuji, Sony, Olympus)… ont « déserté le marché  » du reflex numérique (et singulièrement du reflex numérique professionnel) à partir de l’an 2000 pendant un peu plus de 10 ans…

        Ces années d’absence ont laissé des traces dans l’esprit des photographes pro (comme un père absent, ne rattrape pas si facilement le temps perdu avec ses enfants : la confiance est rompue… pour longtemps. On peut. dire que certaines marques « ont laissé tombé » les photographes lors du passage au numérique). En 2018 : rien ne démontre leur fiabilité (elle le sont peut-être… mais on ne le sait pas ! C’est donc « à l’aveuglette » ce qui pour un pro, est une situation inconfortable. Voir inacceptable, inenvisageable…).

        Alors que Canon et Nikon (vu les millions d’exemplaires vendu) : ont démontré leur fiabilité. Plutôt 10 fois qu’une… Et lorsqu’il y a eu des problèmes (Nikon D600) : cela s’est vu, car il ya avait suffisamment de gens touchés pour que cela « se voit »…

        Alors que chez Sony et Fuji : c’est bien trop récent, il y a bien trop peu d’exemplaires en circulation (les ventes actuelles sont faibles même pour le n°1 des ventes), pour que l’on possède une « vue d’ensemble » et suffisamment recule. Cela me semble être un fait avéré et malheureusement « statistique » : je m’appuie ici d’abord sur le nombre d’exemplaires en circulation…

        Et pour la même raison : je ne fais pas 100% confiance davantage aux nouveaux hybrides Canon et Nikon : puisqu’ils sont 100% nouveaux (contrairement aux reflex précédents qui sont des « déclinaisons de modèles anciens et approuvés) et pour ces modèles hybrides (eux-aussi comme chez Sony et Fuji) : on a pas assez de recul…

        A noter que les premiers retours sur la fiabilité des premiers Sony A7 (à l’eau), n’a pas été 100% rassurante (sans que l’on puisse en tirer davantage de conclusion, car le nombre de retours est vraiment trop faible pour les prendre en considération). Idem concernant le SAV de Fuji : on a noté quelques retours et témoignages assez désastreux… ET les services Pro de ces deux marques ont été crée il y a moins de 2 ans : ce sont des débutants en la matière…

        A la question « Sony et Fuji sont-ils suffisamment fiables pour les pro ?  » : je ne peux avoir qu’une seule réponses : on n’en sait rien ! ! !  Et c’est une réponse très, très inquiétante pour un professionnel. Moi je ne prendrais pas le risque… Mais vous : vous faites conne vous sentez ! Et cela vous réussira peut-être : je vous le souhaite et tant mieux…

        La grosse différence concernant Canon et Nikon (je parle des reflex et non des hybrides) : c’est qu’à la même question : « Canon et Nikon sont-ils suffisamment fiables pour les pro ? « … et bien je peux répondre avec assurance. deux fois oui ! ! ! Car on a suffisamment de recul pour l’affirmer.

        • Salut JF,
          Ca fait un moment que je lis de tps à autre tes écrits, sans vraiment m’impliquer dans des échanges. Mais là, je dois dire que cette série d’articles est vraiment très rafraîchissante et donne à réfléchir.

          Le matos, je m’en fous plus ou moins, mais ta perspective (et expérience) sur l’évolution du métier et de la situation générale du milieu de la photo résonnent avec ce que j’ai pu constater dans mon propre parcours, et je trouve ça à la fois juste et très joliment exprimé.

          Tu as aussi réussi à m’intriguer sur le Japon, que je ne connais pas et ça me donne encore plus envie de creuser le sujet. C’est d’ailleurs une coïncidence amusante que je lise cet article après avoir vu un film avant hier qui m’a aussi semblé très intéressant. Il s’agit de Silence, de Martin Scorcese, que je te recommande chaudement.

          Si tu passes un jour sur Montpellier, je serais enchanté de mieux faire ta connaissance (tu vois, je suis ton conseil de ne pas rester seul dans son coin ;o)!

  3. Bonsoir, merci JF pour cette nouvelle contribution comme toujours éclairante et “opiniated”. On en apprends à chaque fois un peu plus, et certains propos remettent les choses en perspective. S’agisisant des marques, bien que simple amateur passionné, je suis personnellement passé de Canon et de sa gamme large d’optiques professionnelles, à Fuji, essentiellement pour des raisons de poids et d’encombrement eu égard aux contraintes résultant de mes voyages, renonçant ainsi aux bénéfices du FF.

    J’avoue, dans les limites de mes compétences, ne pas être encore complètement à l’aise avec la performance de Fuji, sans doute parce que je ne maîtrise pas encore suffisamment son écosystème.

    En revanche, je suis étonné de lire dans ton article et dans certains commentaires que Fuji n’a convaincu aucun pro. C’est pourtant l’inverse. Sans citer de nom, il suffit de se renseigner sur le calibre des “Fuji Ambasadors”, il est vrai essentiellement anglo-saxons, ou en tout cas non francais, pour constater que de nombreux professionnels, ont fait le saut et s’en félicitent jour après jour.

    Il est exact qu’il s’agit le plus souvent de « travel photographers » ou de spécialistes du portrait vs. les photographes naturalistes ou sportifs mais il est indéniable qu’une certaine frange des photographes professionnels ont abandonné Nikon ou Canon avec réelle conviction. Voilà, juste un petit recadrage qui ne se veut pas polémique mais simplement factuel et objectif (haha).

    • Le problème des « Fuji Anmbassador », c’est justement qu’ils sont ambassadeur : on leur donne du matériel (et / ou de l’argent, ça je ne sais pas) : pour qu’ils assurent la promotion du matériel…

      En cas de panne : c’est échange express ! Pas de problème de SAV pour eux…

      Donc je ne crois pas que ce soit un vrai bon exemple… et une vrai preuve que les pro ont adopté Fuji.

      Alors il y en a certain : probablement… Notamment avec le matériel Fuji Moyen format (totalement hors de prix pour des amateurs). Si aucun pro ne les achètent : personne d’autre ne les achètera ces moyen formats.

      Ils présentent quelques arguments intéressant bien entendu (même si le prix me semble peu justifié).

    • Et je n’ai écrit nul part, que « Fuji n’aurait séduit aucun pro »… Jamais dit ça !

      J’en connais quelques uns personnellement : des. pro passé en Fuji (3 ou 4 pas plus). C’est très peu, tout de même…

      Les gens comme toi (que je connais et qui sont passé en Fuji), sont quand même généralement pour leur immense majorité, des amateurs passionnés (certains très bon, comme toi ;-) Mais peu de professionnels…

  4. Bonjour JF,

    Merci pour cette contribution. Diriez-vous que le marché français est à ce point malade ou déclinant par rapport aux autres pays ?

    Je vous pose cette question en regardant les photographes US (les Northtrup, Jared Polin, Manni Ortiz) et Canadien (le révérend Abbott), et les expatriés (tel que Ramelli, ou Lannier) ou même dans d’autres pays (Angleterre, Suede, Allemagne) qui eux semblent s’en sortir et avoir un réel succès.

    Pensez-vous que ce sont des personnes qui ont su faire mieux que les autres (diversification ou au contraire spécialisation) ou que « l’herbe est vraiment plus verte ailleurs » ?

    Merci pour votre réponse,

     

    Julien

    • Il me semble que ces Youtubers, connaissent le succès dans leur activité de Youtubers… Mais c’est un autre métier !

      Et peut-être le signe, qu’ils n’ont. pas le même succès dans le domaine de la photo « stricto sensus » ? Ce qui n’enlève rien à leur talent, mais ce n’est pas le même métier…

      Sur YouTube : lorsque vous parlez « en Anglais », vous parlez au Monde entier (avec un potentiel 20 fois plus large que si vous enregistrez en Français).

      Il est donc normal (et assez dramatique) que le point de vue Anglo saxon, soit majoritaire et écrase rapidement tous les autres points de vue (et toutes les autres cultures). Car les Anglo Saxon ont quand même des gouts de chiotte ! C’est ce qui nous a valu cette mode désastreuse du HDR par exemple… Seule la culture Chinoise sera capable d’y résister j’imagine…

      Pour revenir à la photo : je crois qu’il y a par ailleurs certains handicapes spécifiques à la France (les charges), ou l’on fait tout pour vous décourager ! Un jeune photographe professionnel, part probablement avec plus de handicapes qu’ailleurs… Ce qui s’ajoute au fait que dans l’hexagone : le marché est déjà « saturé » de photographes (plus qu’ailleurs peut-être)…

    • Franchement, citer Ramelli, c’est faire insulte à JF.

      Ramelli pour le coup c’est vraiment du consensuel mou, de la photo qu’on retrouve chez IKEA…

       

      Ok il vend un max, mais ce n’est pas gage de qualité. (il est surement capable de très bien, sans aucun doute bien meilleur que moi, mais ce qu’il vend, c’est des goûts de m****e, parfait pour le marché US).

  5. Pour Julien,

    Je crois que tu confonds entre des Youtubeurs qui passent plus de temps à faire de Vlog et à essayer de se faire de la pub envers des photographes amateurs que des photographes pros qui ont du succès uniquement par la qualité de leur production ou le nombre de leurs clients.

  6. Pourtant les pros que je connais sont passés à Fuji, avant d’être devenus Fuji Ambassadors. D’autres ne sont pas ambassadeurs du tt.

    Je pense sincèrement que ces personnes sont séduites par la proposition Fuji, du mirorless hybride au moyen format. V.

    • Qu’elles soient séduite : oui…
      Cela ne prouve pas qu’elles ont fait le bon calcul.

      Moi je reste très circonspect. D’autant que Canon et Nikon proposeront eux aussi des gammes hybrides, combinant les avantages des hybrides et certains avantages propres à Canon et Nikon.

      Mais bon : au final : c’est une très bonne chose d’avoir plus de choix.

      Je suis très admiratif de Fuji pour avoir osé lancé ces moyen format : ils ont pris un risque considérable, car vu le prix de fabrication (et de vente) de ces engins : ils risquent de ne pas en vendre assez pour rentabiliser leurs investissements… Enfin nous verrons.

      Ce qu’il faut bien comprendre c’est qu’ils sont totalement inaccessible financièrement à 95% des acheteurs « amateurs ». ET les pro qui ont besoin de ce format ne sont pas très nombreux, eux non plus (sans parler de ceux qui peuvent le financer)…

      Je reste persuadé que Fuji aurait du lancer une gamme Full Frame. Mais bon l’avenir nous dira : si ils ont joué un coup de maitre, ou donné un grand coup d’épée dans l’eau… !

      A suivre…

  7. Merci pour cet article en deux parties. Cette deuxième partie axée plus professionnelle est intéressante car elle peut s’appliquer à n’importe quel métier indépendant : choix du bon matériel, du bon logiciel, de la bonne hotline, …

    Votre réflexion est vraiment pertinente sur l’importance du gout du travail bien fait et d’y trouver du plaisir : ce qui est de plus en plus difficile face à l’envahissement des tracasseries administratives qui polluent notre travail. Je ne sais pas si le photographe pro est aussi polluer que certains métiers (normes à respecter, déclarations diverses et variées, …).

    Je partage aussi l’analyse à propos de l’enseignement qui n’offre plus la satisfaction du travail bien réalisé. Le travail bien fait est considéré comme normal et donc non gratifié la plupart du temps. Par contre la moindre erreur est considérée comme impardonnable et souvent durement punie (dans le monde du travail).

    Je me demandais aussi si le photographie pro ne devrait pas « doubler » son matériel pour pouvoir continuer même en panne d’un boitier, réglant de fait l’utilisation d’une marque plus qu’une autre. Bien sûr l’investissement est plus élevé.

    Pour ma part j’ai toujours un deuxième « système » au cas où.

     

      • Y compris pour les sauvegardes, double back-up (double disques avec les RAW) + Time machine. Par contre en voyage, je ne prends qu’un mac, mais je n’efface pas les cartes même déchargées sur le Mac, j’en change (donc double back-up aussi)

  8. Pour devenir un bon photographe, il faut se spécialiser et se distinguer des autres tout aussi bons, ou alors connaître par exemple Mme B Macron, ou avoir la carte du bon parti politique, ou faire parti du bon réseau, et en plus il faut en vouloir, le matériel peu importe de toute façon on peut le louer. J’apprécie quand même votre sincérité et votre franchise dans vos articles bien que je sois qu’un pas très moyen photographe amateur, tout Nikon.

  9. Très chouette article.

    Je suis personnellement en pleine réflexion de switch. J’ai un Canon 100D (qui va très bien).

    Mais j’ai eu deux petits fuji (x10 et x30). Et je n’ai jamais autant apprécié l’ergonomie d’aucun appareil que de mes deux petits fuji.

    J’ai d’ailleurs pris une de mes plus belles photos avec le x10. (Mais je rejoins ton avis JF… Il vaut mieux se payer un voyage qu’un APN. Jamais je n’aurais pu prendre cette photo ici, en Belgique).

    Je suis amateur, donc même si la fiabilité est importante, je ne fais pas un usage extrême de mon appareil (environ 10.000 photos par an).

    En tous cas, toujours un plaisir de lire ce genre d’article.

     

  10. Je ne suis pas un pro de la photo, donc la fiabilité n’est pas quelque chose de primordial pour moi. Bien que Sony et Fuji ont l’air plutôt fiable, je pense que si la photographie était mon métier et surtout mon gagne pain quotidien, je continuerai à utiliser Canon ou Nikon dont la fiabilité  n’est plus a prouver et le service après vente excellent, sur ce point, je suis plutôt d’accord avec Jean Francois.

    Dans mon cas, j’ai basculé de Nikon à Sony et j’en suis très satisfait.

    Autrement, très bien ton article ….. ;)

     

     

    • Merci Philippe ! Je suis toujours ravis d’avoir les félicitations des plus « anciens » dans le jury (excuse moi : mais tu es un des plus anciens lecteurs il me semble ;-)

      Oui, je suppose que les Sony et les Fuji « sont bien assez fiables », pour la plupart des photographes « non pro »…

      Et même « bien assez fiables » pour quelques pro aussi (puisqu’il y a quelques pro qui les utilisent : mais peut-être pas dans les pires conditions genre la boue et la pluie…). Je dirais à condition d’avoir deux boîtiers de « premier ordre » (le second étant à peine moins bon que le second) : dans ce cas une petite panne n’est pas trop dramatique…

      Et même parmi ceux qui ont totalement confiance dans leur boitier en Canon ou Nikon : même ceux-là ont toujours deux boitiers. (les Pro Sérieux). Car il n’y a pas que la fiabilité. du. matériel : mais aussi l’erreur humaine, la chute malencontreuse, ou le vol…

  11. Seconde partie de lue et je vous remercie pour cet article !

    Vraiment passionnant, mêlant l’humain à la technique et vice versa, une approche qui me parle directement.

    Merci pour ce partage utile, et je ne manquerai pas de vous suivre.

  12. Je reviens tout juste d’un séjour de deux semaines au Japon, et je te rejoins totalement. Ce qui m’a le plus marqué, c’est la méticulosité et cet exigence du travail bien fait pour TOUT (du chef cuisto au « simple » agent chargé de faire traverser les gens car il y a des travaux sur le trottoir).

    C’est impressionnant, et j’ai passé des heures à observer ça.

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