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60 € pour 5h : de nouveaux barèmes de piges indécents

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Franchement, je ne sais pas pourquoi je me sens encore concerné, car je considère depuis quelques années que le métier de photographe de presse est mort et j’ai abandonné toute collaboration avec la presse…

Car aux tarifs proposés : vraiment, ça ne m’intéresse plus… Mais là franchement : cinq ans de gouvernement sois-disant « socialiste » (sans doutes le plus calamiteux de tout l’histoire de la république à tous égards, qui en doute ?) :  pour pondre ceci, la dernière semaine… Il fallait oser ! Je vous transmet dans son intégralité le mail reçu de la SAIF ce matin

« Bonjour, Ce mail pour vous informer que la Société des Auteurs des arts visuels et de l’Image Fixe – Saif, la SCAM, les syndicats de journalistes SNJ, SNJ-CGT, les Journalistes-CFDT, le SJ-CFTC, le SNJ-FO, ainsi que l’Union des photographes professionnels (UPP), publient le communiqué commun ci-joint

Barème de piges des reporters-photographes : un salaire indécent (télécharger ici).

Ce communiqué est une réaction à l’une des dernières décisions du gouvernement de la présidence Hollande, qui fixe par décret la rémunération minimum des photographes à 60 euros la commande pour un temps minimum d’exécution de cinq heures … Six années d’attente pour une telle proposition !

La Saif s’engage et se mobilise pour qu’un barème respectable soit adopté et pour que la profession de reporter-photographe soit respectée. » Je crois que l’on est au « bord du gouffre » là…

High altitude road, Ladakh Himalaya Inde. Photo : Vibert / Actionreporter.com

Rendez-vous compte : « 60 euros la commande pour un temps minimum d’exécution de cinq heures » ? Vu de l’étranger : c’est là que l’on comprend que la France est en voie de « paupérisation ». Le tarif de la consultation chez le Médecin est également ridiculement bas : qui aurait envie d’étudier 10 ans pour gagner aussi peu ? Qui peut accorder assez d’attention à ses patients, si il doit faire de l’abattage »  ?

Bref, si vous aimez la photo : choisissez un vrai métier et faites en le week end ou en vacance… Heureusement, on compote sur un nouveau En Marche ! (marche arrière ou marche avant, on ne sait pas encore), pour nous faire faire « un grand pas en avant » !

 

 

 

SNJ, SNJ-CGT, Journalistes-CFDT, SJ-CFTC, SNJ-FO Union des photographes professionnels (UPP) SAIF, SCAM

Barème de piges des reporters-photographes : Un salaire indécent

Il était temps : le Journal officiel du 10 mai a publié le décret fixant « les conditions de détermination du salaire minimum des journalistes professionnels auteurs d’images fixes rémunérés à la pige ». Les deux ministres signataires, Audrey Azoulay et Myriam El Khomri, ont attendu les derniers jours de leur mandat pour apposer leur paraphe, le gouvernement ayant démissionné le même jour.

Ce décret, prévu par la loi Hadopi du 12 juin 2009 et dont le contenu est de la seule responsabilité des deux ministères, était en effet attendu depuis le 14 juin 2011.

Si les ministres successifs de la culture et de la communication ont fait preuve d’excès de prudence dans le traitement du dossier, c’est en raison de la volonté politique du gouvernement de ne pas s’opposer frontalement aux patrons de presse, qui ont usé de toute leur influence pour faire échec à une revendication des reporters-photographes exprimées lors des négociations sur les modalités de réutilisation des œuvres des journalistes.

Les reporters-photographes, à la demande de leurs représentants, ne devant être soumis aux nouvelles règles fixées par la loi Hadopi qu’après la négociation d’un barème de piges.

Les nombreux patrons de presse, faisant un usage immodéré de photos libres de droits et souvent gratuites après avoir réduit les effectifs, n’entendent pas sortir des négociations de gré à gré lorsqu’ils sont contraints de faire appel à des reporters-photographes professionnels.
Les reporters-photographes ont vu ainsi les commandes et leurs revenus diminuer drastiquement et, aujourd’hui, nombre d’entre eux ne répondent plus aux critères de détention de la carte d’identité de journaliste.

Le gouvernement a été sorti de son immobilisme après de multiples réunions, rapports, actions, communiqués, livre noir de la SCAM et autres interpellations à Perpignan et ailleurs.

Mais le décret d’aujourd’hui, qui tourne le dos à nos revendications, ne répond pas aux attentes de la profession. En effet, la rémunération minimum pour une commande demandant 5 heures minimum de travail a été fixée par arrêté à 60 €, soit l’équivalent d’un salaire mensuel brut de 1820 € ; mais pour arriver à ce salaire, le pigiste devrait avoir travaillé 30 jours, c’est-à-dire sans aucun jour de repos.

Aujourd’hui la réalité est bien différente ; le pigiste n’arrive pas à enchaîner plus de quelques commandes, dans le meilleur des cas. Néanmoins, il doit continuer à investir dans des matériels (matériel photo, ordinateur et sauvegarde numérique sécurisée) entièrement à sa charge.

Enfin, il faut préciser que pour une commande de 60 €, l’éditeur pourra réutiliser les photos dans les mêmes conditions que celles des œuvres des autres journalistes, sur Internet notamment. « Reventes » et « repasses » seront rémunérées dans les conditions fixées par un accord sur une « période dite d’actualité » définie par accord d’entreprise.

Assurément le compte n’y est pas : les reporters-photographes ne se sentent ni respectés, ni reconnus et ni payés au juste prix.

Les syndicats signataires, les organisations professionnelles et les sociétés d’auteur signataires de ce communiqué rejettent un tel montant et vont se rencontrer pour examiner les suites à donner à ce qu’ils considèrent comme une insulte non seulement à la profession mais aussi à une information de qualité.

Le 12 mai 2017 

SNJ, SNJ-CGT, Journalistes-CFDT, SJ-CFTC, SNJ-FO Union des Photographes Professionnels/Auteurs (UPP) SAIF, SCAM

 

 

 

 

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19 commentaires

  1. Ces marchands du temple ont le but de tout ubériser, ils n’hésitent pas à transformer des seigneurs en crève-la-faim.

    Le cochonnet surgelé (http://kecebolaphotographie.blogspot.fr/) tire la sonnette d’alarme depuis bien longtemps, car cela n’est pas récent, juste potentialisé par le numérique et les F***lia et divers, la grande Françoise Demulder, l’immortelle fifi, est morte sans une vraie couverture sociale.

    Et nos édiles souvent financés par la même oligarchie continuent à leur servir la soupe …

     

  2. Julius Polopino on

    Pourquoi « soit-disant socialiste » ? C’est du socialisme pur et dur !

    En tant qu’enseignant je peux dire que le plus sale coup sur mon niveau de vie a été commis par le 2ème gouvernement Mauroy, en 1983, avec Anicet Lepors ministre communiste de la fonction publique.

  3. Bah, 60 euros, c’est pas si mal que ça : à raison de deux piges par jour, rapporté à 20jours de travail par mois, ça représente l’équivalent de 2400 euros/mois – brut, certes.

    Il y a trente ans, je pigeais pour la presse régionale, c’était 25 francs la photo plus indemnité kilométrique, c’était d’ailleurs grâce à cette dernière que c’était relativement rentable. Avec des sorties tous les vendredi-samedi-dimanche, en soirée, plus quelques soirs de la semaine, en étant assidu, on arrivait à se faire, pour les plus actifs, environ 1200 à 1500 francs (180 à 225 euros) par mois, pour l’équivalent de 80 heures sur les routes et en shooting…

    Bref, même si les époques ne sont pas comparables d’un point de vue argent, pour le reste, ça ne change pas grand chose et les photographes d’aujourd’hui sont mieux payés et mieux lotis. La grosse différence, c’est qu’aujourd’hui, ils sont confrontés à la concurrence sauvage tandis qu’à notre époque, on n’était beaucoup, certes, mais pas tant que ça et, surtout, on était des copains à se répartir le boulot entre les différents canards, et même à se filer mutuellement des coups de main.

    • Je cite :

      la rémunération minimum pour une commande demandant 5 heures minimum de travail a été fixée par arrêté à 60 €, soit l’équivalent d’un salaire mensuel brut de 1820 € ; mais pour arriver à ce salaire, le pigiste devrait avoir travaillé 30 jours, c’est-à-dire sans aucun jour de repos.

      Aujourd’hui la réalité est bien différente ; le pigiste n’arrive pas à enchaîner plus de quelques commandes, dans le meilleur des cas. Néanmoins, il doit continuer à investir dans des matériels (matériel photo, ordinateur et sauvegarde numérique sécurisée) entièrement à sa charge. Enfin, il faut préciser que pour une commande de 60 €, l’éditeur pourra réutiliser les photos dans les mêmes conditions que celles des œuvres des autres journalistes, sur Internet notamment. « Reventes » et « repasses » seront rémunérées dans les conditions fixées par un accord sur une « période dite d’actualité » définie par accord d’entreprise.

  4. Sérieusement !!! Je ne suis pas photographe professionnel et ne connait pas particulièrement bien les tarifs en vigueur pour ce genre de mission, mais 60 Euros (brut qui plus est !!!) pour 5 heures de boulot, ça me parait effectivement indécent et irrespectueux.

    Une fois déduit les frais fixes et ponctuels, ainsi que les charges (toutes les professions libérales voient bien de quoi je parle, hein…), on peut facilement diviser par 2 pour avoir le bénéfice net. Ca fait pas lourd…

    Il est où le respect de la valeur du travail (et de la personne)  la dedans ?

  5. Le problème, c’est que vous comparez tous la pige avec un emploi à plein temps. Pour avoir été pigiste, à côté d’un staff de photographes permanents et salariés, il me semble qu’on parle bien de commandes ponctuelles.

  6. Nope…

    Le problème, c’est que la profession n’est plus protégée par le prix et la complexité de ses outils.

    En effet : faire une photo vendable il y a 20 ans nécessitait un matériel un tant soit peu sophistiqué et des connaissances en labo. Aujourd’hui,  il suffit de sortir son iPhone, et le logiciel intégré fait le reste. Résultat : l’offre explose, les prix baissent.

    Ajoutons à cela que, dans la société actuelle, beaucoup de gens qui rêvent d’être reconnus en tant qu’artistes par leurs proches feraient à peu près n’importe quoi pour accéder à ce statut… même travailler gratuitement.

    Mettez les 2 ensemble : des outils relativement faciles d’accès et beaucoup de personnes motivées pour les utiliser… Sans compter que les moyens de communication actuels ont largement simplifiés la diffusion et le transfert des images…

     

     

    • Oui, mais avec ça il faut s’équiper et renouvelle son matériel !

      Et prendre en compte le fait, que l’on ne trouve pas du travail à temps plein…

      Et acquérir le savoir faire d’un photographe pro, pour ne gagner que le SMIC ? C’est franchement très mal payé…

      • Il y aussi des coiffeuses, des boulangers, des garagistes, etc. qui ont des charges énormes par rapport à un photographe et son matos à deux sous, et qui se privent même du moindre salaire.

        Les photographes ont connu leu âge d’or dans les années 80-90, certains en ont bien profité et, aujourd’hui, c’est terminé.

        • C’est pas faux, beaucoup d’autres professions souffrent de salaires indécents, mais ce n’est pas une raison pour se laisser faire. Dans un pays ou le chômage a augmenté de 75% en 8 ans continuons à dégouter les gens de se lever le matin pour aller gagner des clopinettes. Une fois que les retraités auront été mis également à contributions (si…si c’est prévu) on se demande qui il restera pour payer le train de vie de l’état.

          • Pas grave ! on a plein de lingot d’or à la banque de France qu’on échange contre des devises étrangères (dollars/yens) pour spéculer et pour vivre et assurer un bon train de vie à l’état, mais le peuple lui ne croquera jamais ce butin.

            Et on commence déjà à nous gonfler avec ces jeux olympiques qui vont nous couter un bras alors que le peuple doit faire des efforts sous l’excuse de l’état disant que les caisses sont vides !

    • justement si ce n’est pas à plein temps ça laisse le loisir d’etre un revenu de complément.

      pour le renouvellement du matériel ce n’est pas une obligation de le faire tout les ans, 5 ans en moyenne ça suffit .

      quand à l’investissement initial pour une qualité équivalente à ce que l’on pouvait avoir en 2000 les prix on bien baissé tout de même.

      et puis il y a l’allocation pour frais d’emploi » de 7650€ ça laisse de quoi bien s’équiper.

      http://droit-finances.commentcamarche.net/faq/704-journalistes-et-carte-de-presse-abattement-forfaitaire-de-7-650-euros

       

      • Pour avoir la carte de presse il faut justifier de 3 demi smic de salaire sur 3 mois consecutif, payé par une agence  de presse ou un journal  qui a un numero de commission paritaire.

        Et si l’année d’après on ne réuni pas à minima ces même conditions plus de carte.

        Tout en sachant que les revenus issu de la presse doivent etre au minimum egal à 51% des revenus totaux.

        Pour vivre uniquement de la pige de nos jour, faut aimer  manger des patates à l’eau, et parfois sans patate et sans eau !!!

         

        M.

         

  7. Encore une fois d’accord….. et pas d’aujourd’hui….. le métier de reporter photo pigiste est….mort. Ceux qui perdure dans les conditions actuelles, sont soit riches soit malades, ils se mordront les roubignolles une fois la retraite venue, s’ils arrivent jusque là…..ils auront le minimum vieillesse…. un régal !!!!

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