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Pourquoi prendre… de 500 à 1000 photos par jour ?

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Lorsque je reviens d’un beau voyage (tous les voyages ne sont pas obligatoirement réussis), je fais le compte de mes images et je divise, par le nombre de jours passés… Et je constate en général : que pour un « beau voyage », j’aurais pris entre 500 et 1000 photos par jour. Vous trouvez que c’est beaucoup ?

Et même, beaucoup trop ? Certains s’étonnent qu’il me soit nécessaire de shooter autant que cela, pour parvenir à un résultat qui me plaise… Surtout depuis le temps que je fais de la photo ! Et bien je suis persuadé que c’est pourtant nécessaire et plus les années passent et plus je prends de photos. Cela faisait longtemps que j’avais envie d’expliquer : pourquoi je crois il est nécessaire de shooter « autant que cela »… Voici mes raisons : 

1 – La créativité est comme un « muscle » : qu’il faut entrainer… Et c’est en essayant et en essayant encore : que vous trouverez de nouveaux angles, de nouveaux cadrages et de nouvelles idées. Ne me faites pas croire que c’est « dans la tête », que l’on peut « visualiser » une idée de photo… Non, c’est en tentant de la réaliser : en vrai grandeur.

Certes, après quelques années de cet entrainement : vous serez peut-être capables (comme moi) de « réaliser virtuellement » des images dans votre tête. En sachant exactement ce que donneront tel ou tel choix de focale, d’ouverture et de correction d’exposition… Mais pour arriver à ce stade de maitrise : il faut avoir pris des milliers d’images pendant des années. Et ce n’est pas parceque j’ai une vague idée de ce que donnera la photo, que je m’épargne la peine de la faire, quand même… Il y aura toujours une différence entre ce que l’on croit que la photo sera : et ce qu’elle est vraiment.

2 – Le jour ou vous serez face à une situation urgente, au moins vous serez prêt à déclencher… Vos réglages, vos cadrages, votre choix de focal, tout cela sera devenu un automatisme : un travail d’instinct ! Car vous vous serez beaucoup entrainé (à raison de 1000 photos par jour, éventuellement inutiles pour 99% d’entre elles). Tout ça, pour le jour ou vous serez face à un véritable sujet intéressant !

Et ce jour là, vous verrez que votre entrainement aura servi à quelque chose. Car vous serez beaucoup plus efficace, rapide et créatifs, que quelqu’un qui aura déclenché de façon trop mesurée lorsqu’il n’y avait pas grand chose à photographier.

Par ailleurs votre workflow sera fluide et bien rodé : cartes mémoires disponibles, batteries et batteries de secours pleines, procédure de déchargement et de sauvegardes : rien ne vous surprendra… Vous serez comme un soldat capable de démonter et remonter son arme dans le noir.

3 – Car parfois, des photos intéressantes sortent du lot sans que l’on ne s’y attende : alors que vous ne pensiez n’avoir pris que des images inintéressantes… C’est pour ça que généralement, j’essaye : j’essaye toujours de faire quelque chose, avec ce que j’ai sous les yeux. Et parfois il y a une très bonne surprise…

Comme hier justement (c’est ce qui m’a rappelé l’idée décrire ce billet), ou j’ai pris cette photo… Dans cette rue de Temple Street ou je suis déjà passé 1000 fois à toutes les heures du jour. Hier, ou je ne m’attendais pas du tout à faire une bonne photo en plein midi ! Et je n’ai réalisé que la lumière était parfaite, que au moment précis ou j’ai portant l’appareil à mon oeil… Si j’avais été « économe », il est probable qu’à cette heure de lumière plate… l’appareil aurait été bien rangé dans le sac à dos.

4 – Car il y aura toujours une différence entre deux photos quasiment identiques… Pour une idée et pour un point de vue : je multiplie les cadrages… En changeant légèrement de focale, en me décalant légèrement de côté. J’essaye systématiquement quelques verticales (systématiquement quelques verticales, si, si…).

Si la scène est vraiment intéressante et contrastée : je réalise même un petit bracketing d’exposition (encore plus souvent depuis que Lightroom propose cette fonction de Fusion HDR)… Bref : là ou la plupart des gens ne prennent que deux ou trois photos : moi j’en prends 10 ou 15… Et j’accord une extrême importance au tri de ces 10 ou 15 images dans Lightroom.

Certes, pouvoir choisir à postériori entre 10 ou 15 variantes d’une même image, ne fera le plus souvent que une « petite » différence, par rapport à LA bonne photo que je peux faire du premier coup. Sauf que parfois cette « petite » différence, se transforme en « grosse » différence ! Et il suffit d’une ou deux par ans, de ce genre de « grosse » différence : pour passer d’une bonne photo à une photo fantastique.

à venir)Cet article sera complété par une seconde partie (à venir). Car il existe encore d’autres excellentes raisons de prendre beaucoup de photos, que je vais détailler plus tard. En conclusion : shootez plus et triez mieux… Il en restera forcément quelque chose.

 


 

PS : Les dates du prochain voyage photo à Hong Kong sont : du ven. 05 au sam. 13 janvier 2018. Si vous n’avez jamais participé à un voyage photo, commencez par celui-ci :

http://photoetmac.com/2015/11/voyage-hong-kong/

http://www.destinationphoto.com

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38 commentaires

  1. Bonjour,

    Et merci pour cet article, car cela paraissait presque tabou que de prendre autant de photos que nous permet le numérique. Sans nommer de grand photographe connus, l’un d’eux me racontait une anecdote, ou il aurai aimé pouvoir avoir une pellicule de 250 vues.

    Car le nombre de fois où c’était la 37 em, qui aurai était la bonne : il ne les comptait plus… Cette agréable discussion, ce faisait à bord d’un hélico au dessus de Bonifacio il y pres de 25 ans après un changement de magasin sur un 6/4.

    Oui il n’y à rien de mal à appuyer compulsivement sur le déclencheur, ou a prendre son temps devant une vue magnifique, ou à ne pas prendre de photos du tout.

    C’est un métier de passion d’artisanat d’Art, ou l’on doit absolument se laisser guider par l’instant, tout en maîtrisant bien sur les fondamentaux.

    Prenons du plaisir, ne culpabilisons pas, que nous soyons pro, ou pas… Mais la technologie permet de prendre 200 photos voir plus sur une carte : ne nous gênons pas.

    Bonne journée à vous tous et toutes le doit sur le déclencheur et l’œil derrière le viseur.

    PPB

     

  2. Un petit tour à l’expo HC Bresson rappellerons à beaucoup que c’est l’œil et le cœur qui commande pas le doigt ……sinon on perd l’habitude de Regarder et surtout d’aiguiser son regard. De plus s’il faut comme en sport faire du filmage cela n’a aucun intérêt, d’ailleurs avez vous vu de grandes photos de sport et de très belles images ces dernières années, dignes d’êtres dans un salon????? Effectivement profitons de la technique mais s’il faut passer pour un jour de voyage 8 jours à trier il ne fait avoir que cela à faire et des tonnes de mémoire et surtout tu auras fait un voyage à travers ton viseur ( en plus si c’est un voyage sur mesure ou dit équitable là c’est un aberration…) …

    Le sport l’événementiel n’est plus que du filmage et de l’envoi instantané, pour dire seulement « on y était » méme si la photo est pourrie et l’heure suivante tout est balayé par d’autres images et RIEN ne reste.  C’est pour cela que l’on a plus besoin de Photographes pour ce type de reportage ( on le vois d’ailleurs ) mais de « grouillots » qui savent uniquement  tenir un appareil et faire clicclac.

    Si tu fais du filmage photo sur 500 jours il serait malheureux de ne pas en avoir une dizaine de « bonnes » par contre ces 10 , racontent t’elles une histoire…?, si tu as eu un léger sourire de la petite grand mère qui vend ses légumes sur le marché de Ventiane c’est parce que tu as échangé un regard « complice » avant de déclencher sinon tu n’auras pas La photo que tu pourras mettre le beau tirage dans ton séjour

    • Tu n’as visiblement rien compris aux explications de JF… ET peut-être rien compris à la photo non plus ! 
       
      Il ne s’agit pas de « filmage » (terme limite insultant) : mais justement de recherche créative, du meilleur cadrage, du meilleur moment… de la meilleurs coïncidence des hasards.

      Exactement comme un peintre, multiple les esquisses préparatoires… avant de choisir la meilleure pour faire un tableau. Il suffit d’étudier un peu l’histoire de l’Art pour comprendre que la photo c’est comme la peinture. 

      Pour paraitre « improvisée » et prise dans l’instant avec facilité et spontanéité :  il aura fallu préalablement répéter le geste, des milliers de fois, durant des années…

      C’est exactement comme la calligraphie Chinoise : elle se réalise en quelques secondes…

      Mais elle est le fruit d’un travail qui dure des décennies pour acquérir le « geste parfait » : c’est exactement ce que JF explique…

      Toutes les photos inutiles qu’il prends (1000 par jour), serviront à réaliser « LA » photo exceptionnelle : le jour ou celle-ci, se présentera à lui… (et alle est déjà arrivée à quelques reprises, va visiter son site).

      ce joyr-là : il ne la ratera pas ! Car il s’est beaucoup entrainé…

      Mais toi : peut-être bien que tu la ratera (faute d’avoir assez fait de « filmage » : le temps que tu fasse ton réglage et que tu pense à ton cadrage, le « moment décisif », se sera envolée…

  3. La photo est un art qui demande souvent la répétition ad nauseam pour obtenir le meilleur.

    Un des apports majeurs du numérique à la photo est de déclencher sans retenue et d’expérimenter. Alors pourquoi sans privé !

    Merci JF pour ce partage.

  4. Mouais, moi qd je lis (bon après c ptet du pipeau :) ) qu’un Vincent Munier déclenche peu mais au bon moment, j’ai plutôt tendance à me dire que la vraie maîtrise c’est de savoir déclancher au bon moment :)

    Après c’est sur que dans certaines situations (lumière délicate, sujet en mouvement…etc), il faut en effet bcp shooter une même scène pour être sur d’en tirer la meilleure photo. Mais encore une fois, pas sur qu’on puisse généraliser à ce point quoi…

    même si c’est super de dédramatiser le fait de shooter bcp et surtout de « casser » un peu le mythe du photographe pro qui appuie qu’une fois sur le déclencher pour sortie la photo du siècle !

    D’ailleurs quand on voit les planches contacts de certains »grands » photographes, on voit bien que même au temps de l’argentique ils mitraillaient souvent une scène intéressante.

    Au fond c’est peut-être ça le secret et ce qui fait la synthèse de tout cela : déclencher bcp mais que qd la situation est photographiquemet intéressante !

    • La photo animalière n’a rien à voir en terme de spécificités avec la photo de voyage…

      Quand je fais des reportages industriels ou de la pub je shoot beaucoup. Mon client me paye cher pour un résultat, je dois absolument lui donner le meilleur, donc j’essaie un maximum de paramètres, d’attitude, de rendu pour qu’il ait le choix le plus diversifié et optimum.

      En photo animalière c’est complètement différent. Tu peux passer des jours à trouver ton sujet, à choisir la mise en scène, à attendre que ton « putain » de sujet daigne se présenter dans la « putain » de mise en scène, et qu’il daigne y faire un « putain » de truc intéressant. Parfois tu ne fais pas de photo pendant 15 jours, et puis à un moment, c’est l’instant de grâce, ton sujet tant désiré arrive exactement ou tu voulais et te fait un show de 1 min… Je te garanti qu’après 15 jours coincé dans l’affut, sans faire une seule image, cette minute te semble éternelle et tu as le doigt rivé sur le déclencheur en mode « ludicrous » à 14 frames/s…

    • Pour avoir travaillé avec Vincent sur sa photothqèque Lightroom, je peux te dire qu’il mitraille pas mal le Vincent… comme les autres !

      Un de mes ami photographe chez Magnum, m’a un nour fait visiter les « planches-contact » de « second choix », entreposées sur le site du 17em à Paris (car lui et moi on habite pas trop loin)…

      Je peux te dire qu’il y a du « déchet » ! Et beaucoup, beaucoup, beaucoup de planches contact… SI on avait donné aux « pro » de l’époque, les outils d’aujourd’hui : je te garanti qu’ils mitrailleraient exactement comme notre génération le fait : car c’est le moyen de produire de meilleures photos.

      D’ailleurs à chaque fois que j’aborde ce sujet avec des pro que je forme sur Lightroom, je constate qu’ils sont nombreux à shooter à ce « rythme » de 500 à 1000 images par jour (au moins… Mais j’ai du certains jours dépasser les 2000)

      Ce que les amateurs ont du mal à comprendre…

  5. « D’ailleurs quand on voit les planches contacts de certains »grands » photographes, on voit bien que même au temps de l’argentique ils mitraillaient souvent une scène intéressante. Au fond c’est peut-être ça le secret et ce qui fait la synthèse de tout cela : déclencher bcp mais que qd la situation est photographiquement intéressante ! »

    –> ça résume bien je pense. Quand on a une image devant sois, on a le droit de « tourner autours » pour essayer de chopper la bonne. Des fois ça se fait en 1 ou 2 photos, des fois il en faut 50. quand on sait qu’on va avoir quelque chose et qu’on est pas encore dessus, pas de remords à avoir à shooter ! Par contre, au final on ne garde pas plusieurs images qui racontent la même histoire. Donc en en shoot 100 Et on en met 98 à la poubelle….

    Tu as raison de dire que en argentique des grands photographes passaient une, 2 ou 3 pellicules pour ne garder au final qu’une seule image sur un même sujet.

    Après, JF est en « voyage photo ». c’est un vrai reportage sur la journée. c’est pas des vacances desquelles on rapporte quelques souvenirs. c’est pas étonnant de shooter beaucoup.

    A mon avis c’est aussi con de dire que il faut shooter 1000 photos par jours ou que c’est l’oeil qui fait tout, l’important c’est ce qu’on présente au final. une série de 10, 20, 30 photos sur un reportage. qu’on ai appuyé 100x ou 50 000x ça change rien, chacun sa technique.

    BTW, belles images JF sur cet article.

  6. Un très bon article dont le messages de fond est, je crois, pas tant « 1000 photos par jour » que « pratiquez autant que vous le pouvez ». À partir de là, c’est à chacun de faire ce qu’il peut selon son intérêt et, très souvent, le temps disponible.

    La comparaison avec l’époque de l’argentique n’a pas vraiment de sens. À l’époque, les bons photographes brûlaient aussi beaucoup de pellicules relativement à la moyenne du temps, même si aujourd’hui ça semble peu. Il ne fait aucun doute que les photographes du temps auraient eux aussi  profiter de pouvoir déclencher sans compter si cela leur avait été possible. Si ils se limitaient à quelques prises, c’était d’abord et avant tout en raison des limites techniques et économiques imposées par l’argentique et non pas une limite volontaire.

    Dans la partie 2, ou dans un autre article, ce serait intéressant d’aborder la question du tri. Il y a toujours quelques unes qui ressortent immédiatement du lot comme meilleure, d’autres carrément ratées qu’on supprime sans hésiter, mais c’est souvent embêtant de décider quoi faire des autres, l’immense majorité. Celles ne nous accrochant pas nécessairement pas au premier coup d’oeil, mais pas non plus assez mauvaise pour justifier une suppression instantanée. Perso, je les garde, au cas où, mais des fois je me demande quand même si je n’en garde pas trop pour rien…

    • Quand je faisais du « reportage voyage » en diapo, pour les mensuels et hebdo… je shootais en générale de 30 à 50 Films de Velvia en 2 ou 3 semaines. C’était le tarif !

      Et je faisais pas mal de bracketing déjà (par 1/3 de diaph) ; car il arrivait que les magasines perdent des originaux. Je leur donnais l’expo qui me plaisais le moins (dans la limite d’une expo correcte) et je gardais la bonne pour moi ! Comme ça, j’avais une assurance en cas de perte… ET ça coutait moins cher que de faire des « duplis contacts » qui étaient nettement moins bons que l’original.

      Mais à la même époque, il m’arrivait de shooter 20 ou 30 films par jour, pour un évènement ou une compétition de quelque chose avec une commande. Tant que ce n’était pas moi qui payais les films… Et les résultats étaient évidement bien meilleurs que lorsque je me limitais.

    • Apres des annees, j’ ai enfin trouve le bon workflow. Comme beaucoup, je shoote trop, mais plutot que d’effacer les « mauvaises » photos, je selectionne mes preferees. L’outil « affiner les photos » de LR est un vrai sauveur, et a considerablement diminue le temps passe devant le mac.

      Apres 2-3 passage avec « affinage », il ne me reste que rarement plus de 10-20 photos par jour, et c’est assez rapide.

      • JF tu nous ferais pas un tutoriel sur ta technique pour éditer un reportage et garder que les bonnes images avec LR ?

        Perso je fais ca avec photo mechanic qui est ultra rapide mais si ya mieux ailleurs, je suis intéressé.

  7. Vous savais plus travailler, Mr que je respecte beaucoup vous proposer de faire ce qui a tuer le reportage video: camera de surveillance …

    Bien loin de ce que j’ai appris en temps que arpète: regarder, se placer, savoir attendre le bon moment

    Cédric

    • N’importe quoi…

      Les temps ont changé c’est certain, les façons de travailler aussi. Maintenant ce qui fait une bonne image, non. Il faut tj avoir le bon sujet, et shooter au bon moment, sauf que maintenant on a des 10ene d’images de ce bon moment. Leurs diversités permet de trouver la bonne image.

      J’ai rien d’un correcteur orthographique professionnel, mais là quand même ça pique les yeux niveau conjugaison, vous pourriez faire un effort, surtout quand il s’agit de donner des leçons… Ca donnerait juste un coté « plus crédible » à votre remarque.

       

  8. Quand j’ai commencé à pratiquer sérieusement la photographie (il n’y a qu’une petite dizaine d’années), je trouvais que je prenais beaucoup trop de photos  »pour rien » : un peu tout et n’importe quoi, souvent n’importe comment. Je tâtonnais, j’expérimentais, j’apprenais.

    Je me disais que c’était un défaut typique des débutants et que, avec le temps et l’expérience, j’apprendrais à faire de meilleures photos et donc, aurais besoin d’en faire moins pour avoir des résultats qui me plaisent.

    Aujourd’hui, quelques années plus tard, mes photos se sont certes améliorées (afin j’espère…) mais finalement, j’en prends encore plus, BEAUCOUP PLUS !!! C’est grave docteur ? (à priori non…)

    Par contre, je pratique un écrémage sévère lors de l’editing. Certains considèrent que c’est une erreur et gardent tout, même le plus mauvais. Personnellement, je n’en vois pas l’intérêt. Mais j’en garde quand même au moins une ou deux de chaque scène, même si elles ne sont pas top, pour le coté  »souvenir ».

    L’été dernier j’ai fait une semaine de randonnée dans le massif du Mont Blanc, et suis revenu avec un peu plus de 5000 photos. Après editing (3 passages), il ne m’en restait qu’environ 1500.

     

    • C’est bien comme cela qu’il faut procéder… Plus je suis confirmé et plus je prends de photos.

      Car je suis bien plus efficace qu’avant pour les trier.

      Mais supprimer les mauvaises photos est une perte de temps ! Cela ne sert à rien (et le poids des images n’est plus un soucis).

      D’une part, tu regrettera dans quelques années de ne pas pouvoir retrouver les images supprimées.

      De plus tes goûts aura,t changé, et tu trouvera intéressantes, des images que tu jugeais sans intérêt avant.

      Il suffit d’apprendre à utiliser les outils de filtrage de Lightroom et les collections, pour se concentrer sur le meilleur. Lorsque l’on maitrise cela : il devient inutile de supprimer les « chutes ».

  9. Pour ma part, je mitraille AVANT et APRES un voyage, jamais pendant. Mitrailler permet forcément de progresser et de s’améliorer. Mais si vous mitraillez pendant un voyage, vous ne profitez plus de ce que vous voyez, vous passez votre temps à vous poser la question de connaître le meilleur cadrage et vous ignorez l’ambiance, et vous ne rencontrez personne. D’où une question: quel est le but d’un voyage ?

    Pour cette photo, j’ai fait 2 clichés : https://flic.kr/p/yeKA3m. L’une avec flash, l’autre sans. On est à Besalampy dans l’ouest de Madagascar, La jeune femme aux lunettes est l’institutrice qui est originaire de Tananarive. Elle veut repartir passer les vacances dans la capitale mais les routes sont impraticables. Elle attend donc le boûtre pour revenir à Majunga et de là prendre un taxi brousse pour Tana. Mais elle redoute le voyage car elle a le mal de mer. En attendant, elle vend des mofy pour arrondir ses fins de mois. J’ai papoté 20 minutes avec elle…

    Si j’a vais déclenché 500/1000 photos par jour, je n’aurais pas eu cette histoire. La photo n’est pas terrible ? Je m’en fous, pour moi, un voyage c’est une rencontre avant tout…

     

    • Jolies images à Mad, comme celle-ci : https://www.flickr.com/photos/hedes/21144817866/in/dateposted/

      Mais pour le coup, celle au flash : bof, pas si géniale… Car si il y a une chose qui « tue » les photos de voyage, c’est bien le flash… Sans parler de ‘tuer » l’ambiance tout court aussi… (dans certains cas).

      Je crois qu’il faut faire une différence entre le photos ou l’on a « vécu » une histoire, mais celle-ci n’intéressent jamais personne d’autre que sois-même. Et les photos qui « suggèrent » une histoire (pour celui qui va la regarder) : celle-ci sont plus intéressantes je crois…

      Sinon, je ne dis pas que je « mitraille » (notamment les personnes)… D’ailleurs le terme « mitrailler » est vraiment très, très « loin » de ce que je pratique ! ! !

      J’ai bien peur que vous ne m’ayez mal compris : chaque image que je prends est : « pensée », « réfléchie », exactement comme quelqu’un qui ne prend pas beaucoup d’images… Sauf que vu mon expérience de la photo, je suis à peu près certain (sans être prétentieux) qu’un professionnel réfléchis et pense un peu plus vite que la moyenne des photographes amateurs : aux cadrages, aux réglages, aux corrections d’expo… Ce qui nous permet de multiplier les variantes… ce qu’un amateur de pense pas à faire (ou n’a pas l’énergie de faire), car déjà les photos « les plus évidentes » (et obligatoires) lui demandent toute son attention et sa concentration.

      Un photographe en bonne santé et que est « un peu motivé » par ses photos, fait 10 à 11h de photo par jour en voyage… (ou moins : si la lumière est moche, ou si les sujets manquent). C’est du moins mon rythme, depuis des années…

      Et c’est justement cette quête qui me permet de rencontrer beaucoup de gens et de discuter, puisque je discute la plupart du temps avec les gens avant, ou après les photographier… on prend le thé assez souvent (on ne peut refuser les invitations)

      Bref : je disais 10h de photos par jour sur 15 ou 20 jours de voyage.

      En admettant,t que l’on « croise » 5 sujets intéressants par heure (parfois beaucoup plus) : cela fait 50 thèmes (sujet) par jours… auxquels on prépara attention (tant qu’on en a la motivation et l’énergie).

      Le minimum de photos que je prend sur un thème (sujet) : c’est au moins 10 photos… Car je tourne toujours autour du sujet ! Lumière de coté, de face et surtout contre jour, que j’adore (et qui demande de nombreux essais et échecs)… J’essaye au grand angle, au 50 mm, au télé. Et je fais systématiquement des verticales aussi. Parfois ça peut donc monter à 40 ou 50 images sur un thème. Il y a des thèmes plus intéressants que d’autres. Parfois beaucoup plus encore !

      Au final, on arrive très rapidement à  5 X 10 X 10 = 500 photos au minimum par jour (si la journée a été entière avec de la bonne lumière). Et il y a des voyages ou j’ai eu 15 jours de bonne lumière ! Comme en Birmanie je me souviens…

      Et je monte parfois à 2500 photos, pour une journée exceptionnelle (comme le jour de ce festival à Tokyo)…

      • Pour la photo, c’est une chercheuse d’or sur au bord de la Betsiboka. Elle a 19 ans, un enfant et son mari travaille au champs et elle a marche 3h pour arriver sur le ‘spot’, elle arrêtera vers 15h car la nuit tombe à 17h30. Au total, 5h de recherche pour pas grand chose. On a aussi croisé des hommes mais mon accompagnatrice m’a conseillé de ne pas m’attarder…

        Intéressant ton point de vue, mais d’où la question : ‘pourquoi fait on un voyage?’, ‘que cherche-t-on pendant un voyage?’, ‘Doit on rapporter la meilleure photo possible ?’

        • Intéressant ton point de vue, mais d’où la question : ‘pourquoi fait on un voyage?’, ‘que cherche-t-on pendant un voyage?’, ‘Doit on rapporter la meilleure photo possible ?’

          C’est à chacun d’y apporter sa réponse. Et aussi la différence entre « voyage d’agrément » et « voyage photo ». Les voyages dont JF parlent sont dans la seconde catégorie. Et oui, le but est alors de ramener des photos, du meilleur niveau possible, et tant mieux si l’on y trouve aussi son plaisir. Dans le premier cas, la photo est secondaire, on y cherche autre chose, mais tant mieux si l’on parvient à faire aussi un peu de photos. Mais on ne prendrait aucune photo que le voyage n’en serait pas moins réussi. Évidemment, on prendra aussi beaucoup plus de photo dans un voyage photo que dans un voyage d’agrément…

          Ce n’est pas un versus l’autre, ou l’un meilleur que l’autre, c’est juste le but qui doit correspondre à ce que l’on cherche. Mais même dans le cas d’un voyage d’agrément, les constats énumérés dans l’article demeurent valides sur le fond. On aura plus de chance de faire quelques choses de bien dans ces circonstances si on a les bons réflexes, au bon moment, et qu’on connait son matos sur le bout des doigts… Et pour ça, il faut avoir fait beaucoup de photos avant le voyage.

          • Mais bien sur c’est complètement ça, un coureur ne va pas faire le tour de france sans avoir préparer sa saison avant, si il arrive au départ du tour (du voyage photo) sans avoir pédaler de puis le 1er janvier (sans avoir fais de photos depuis 6 mois) tu peux être sur que le 1er jour il abandonne (que le 1er jour il range son matos)

            Il n’y a que l’entrainement, la pratique de vrai, on est pas tous de HCB

      • Non bien sur, ce n’est pas de la prétention JF c’est normal c’est ton métier de réagir vite, dans mon job, c’est clair que je le fais aussi 10 fois plus vite que toi, et c’est bien de préciser la différence entre mitrailler et shooter plus pour une même scène, d’après ce que je suis entrain de lire depuis le début de ce post, je crois aussi que beaucoup n’ont pas compris ce que tu voulais dire en prenant plus de photos, c’est pas rester le doigt appuyer sur le déclencheur, moi aussi j’en fait beaucoup plus qu’avant, ce qui me coute du temps, c’est l’editing et franchement c’est vrai que ça me gave, c’est pour ça que rare sont les sortie à + de 500 photos ou journée exceptionnelle comme tu le dis si bien

        En tout cas très bon post, c’est vraiment bien de nous redonner quelques conseils pour nos sorties photos, et pour une fois que tu nous parles pas de Canon…

         

    • Ahah ! EN effet ! Même endroit !

      Mais je préfère la mienne… j’aime pas trop les noirs bouchés et très lourdingues de l’image sur Yellow Corner (à coup de curseurs Clarity) ! Mais je ne doute pas que les gens adorent cet aspect « charbonneux » à la mode !

  10. Etrange, pour moi: la quantité n’a jamais signifié la qualité.
    Au début, surtout en numérique, il n’est pas idiot de shooter « en nombre » afin de bien comprendre ce qui se passe bien ou pas. Idem pour la notion d’entrainement qui permet à notre cerveau, notre regard et nos corps à bien se placer.

    Ensuite, exploser le compteur de prise de vues tous les jours, en prenant un nombre incalculable de photos est pour moi une erreur.
    Mettre le paquet sur un sujet, tourner autour, faire de la rafale pour figer le bon mouvement: pas de problèmes ! Ca fait parti de l’acte photographique.
    Photographier frénétiquement en espérant saisir le moment presque par hasard: très peu pour moi… Autant devenir  cameraman. Ce n’est plus le même métier.

    Je n’ai personnellement pas envie de me retrouver avec 50 subtiles variantes d’exactement la même photo/sujet. Bonjour le tri ! Si après x années de photo on en est toujours à ce point là c’est que le cerveau n’est pas encore tout à fait modelé.
    Un photographe c’est avant tout savoir regarder, savoir anticiper, savoir se placer et être prêt: c’est à dire avoir son appareil allumé, bouchon enlevé.

    • ahah ! Si c’était aussi simple que ça, ce serait bien plus facile en effet…

      Mais non : ce n’est pas comme ça que ça marche… Il faut multiplier les prises, multiplier les opportunités…

      C’est con à dire : mais il faut TRAVAILLER ! C’est un mot que pas mal de photographes ont un peu de mal à accepter.

      C’est en travaillant plus, que l’on provoque « la chance » et que l’on recherche le bon cadrage.

      Et ensuite c’est en passant davantage de temps que les autres à trier, que l’on « sort » les bonne ‘plaques ». Ceux qui ne shootent pas avec acharnement et ne trient pas (avec acharnement aussi), ne « sortent » rien du tout !

      C’est le travail qui révèle (et développe) l’instinct… et le coup d’oeil.

      C’est exactement comme en musique : les improvisation magistrales enregistrées par les jazzman, ne sont jamais la première prise ! Mais la x-ième variante de l’improvisation… et une fois de temps en temps : se produit un miracle : qui n’aurait jamais eu lieu, si il n’avait pas été précédé de centaines de tentatives…

      J’en suis personnellement convaincu : et je ne suis pas le seul d’ailleurs. Tous les grands photographes que j’ai eu l’occasion de croiser et de connaitre : sont des « travailleurs acharnés ».

  11. pour le jazzman c’est raté.. pour l’anecdote: Miles Davis ne donnait les partitions de ce que le groupe allait jouer juste avant de débuter sur scene. Les musiciens avaient donc tout au plus 5 minutes pour visualiser ce qui les attendaient et ça démarrait ainsi, de toute fraicheur, avec de la maladresse probablement mais surtout beaucoup de fraîcheur dans leurs échanges musicaux!

    • Ce qui ne contredit absolument en rien, ce que je dis d’ailleurs !

      Pour la majorité des jazzman : les thèmes ont étés joués des centaines et des milliers de fois…
      On peut donc improviser : les impros seront différentes à chaque fois, avec une totale liberté, car le thème est archi connu et archi repris par des centaines d’autres musiciens avant.

      C’est à force de répétition que l’import est possible et le génie émerge !

      Celui qui a déjà fait de la musique sait bien cela.

      Et cela s’applique d’ailleurs à la musique classique aussi, ou l’interprète garde une certaine liberté dans l’interprétation d’une partition. Ce n’est qu’après l’avoir interprété des centaines de fois « telle qu’elle est écrite », qu’il peut commencer à y mettre « un peu sa patte ».

  12. Excellent article, instructif, celui d’un photographe passionné et bosseur, d’un artisan.

    Le résultat est au rendez-vous :)

     

  13. Complètement en désaccord avec cet article. Une photo se construit d’abord avec le regard, en tournant autour du sujet et en repérant les angles intéressants. En général, deux à trois pellicules de 36 sont largement suffisantes pour trouver le bon cadrage, la bonne lumière, les bons effets, etc.

    J’ai organisé pas mal de stages où j’interdis pendant deux heures plus de 50 photos et avec un cache sur l’écran de contrôle. Les stagiaires ramènent presque toujours une photo exceptionnelle sur les 50 ainsi que deux ou trois très bonnes. Quand ils ont ensuite droit à la liberté totale et qu’ils mitraillent, ils ramènent au moins une bonne photo sur 500.

    Mitrailler est un refuge de paresse de l’oeil et de la réflexion.

    • ahah ! Chacun son point de vue…

      Mais moi j’ai pris à l’école argentique et 36 pauses…

      ET je sais bien à quel point je suis plus créatif, depuis que je suis libre de déclencher sans compter.

      Je suis complètement en désaccord avec vous : c’est une vision « romantique » et peu réaliste de le photo.

      Par ailleurs : déclencher plus, n’interdit pas de réfléchir et de « construire » sa photo… Bien au contraire, c’est une aide et une stimulation pour la réflexion.

      Mais bon, chacun son avis.
      Il y a certainement plusieurs façons de prendre de bonnes photos…

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