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Analyse d’image : décryptez les lignes rayonnantes

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J’adore ce petit « exercice créatif », qui consiste à repérer les lignes, courbes, rythmes et même les spirales, qui « habitent » et structurent les bonnes images… Cela ne marche pas toujours, ce qui ne veut pas dire qu’une image est alors mauvaise.

Mais parfois ça marche bien. Et même trop bien, ce qui ne veut pas dire qu’il s’agit alors, obligatoirement d’une bonne photo… Car une image n’est pas faite que de géométrie comme l’écrivait Cartier-Bresson :

« La composition doit être une de nos préoccupations constantes, mais au moment de photographier elle ne peut être qu’intuitive, car nous sommes aux prises avec des instants fugitifs où les rapports sont mouvants ».

Exemple aujourd’hui d’une image que j’ai immédiatement aimé (dans le viseur), sans bien comprendre pourquoi au moment ou j’ai déclenché… Puis je l’ai découvert sur l’écran de mon EOS 5Ds et j’ai compris en repérant trois lignes « rayonnantes ». Puis j’en ai encore découvert d’autres, le soir sur l’écran du Mac.

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Affine-t-on le cadrage à la prise de vue, en repérant ces « lignes de force » ? Parfois oui, mais c’est rare… Souvent ça va beaucoup trop vite. C’est d’ailleurs pour cette raison que je multiplie les prises. Ce jour-là j’en pris 2042 photo (précisément), ce qui me laisse beaucoup plus de chance de découvrir ce genre d’image « géométriques », dans mon cataloguer un peu plus tard… Ou beaucoup pus tard.

Les premières lignes rayonnantes sont faciles à repérer : il s’agit de la perspective formée par les têtes, par la sagaie sur l’épaule au premier plan… et par la sagaie sur l’épaule du second garçon à l’arrière plan. Etrangement elles rayonnent d’un point situé exactement sur le cadre de l’image.

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Je précise que cette image  n’a subit qu’un recadrage très léger… Dans le feu de l’action, je n’étais pas très horizontal (ces images ont été réalisées à toute vitesse, je me disais qu’à tout moment les garçons allaient décamper et que je n’aurais pas de seconde chance).

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Ces trois premières lignes, je les avais rapidement repéré pendant la prise de vue. C’est pour cette raison d’ailleurs que je tiens absolument à éviter les viseur électroniques : car ils m’empêchent (vraiment) de repérer les grandes lignes… Ce que je fais rarement avant de mettre l’oeil dans le viseur.

C’est le plus souvent une fois l’oeil dans le viseur et la focale choisie, que je les vois apparaitre. Car les perspectives changent évidement avec la focale utilisée (l’oeil ne « voit pas, n’imagine pas à l’avance, ce qui se passerait » au 150 mm).

Je préfère aussi éviter les grossissement excessif : car lorsque l’on est « trop près » : on ne peut plus embrasser d’un seul coup d’oeil l’ensemble de l’image. Et ça m’est absolument nécéssaire, exactement comme un peintre doit se reculer au maximum pour composer et esquisser les grandes lignes d’un tableau, le bras tendu avec un pinceau long (ici Henri Matis).

Pour composer, un grossissement de 0,7x est idéal comme sur l’EOS 5Ds : je peux coller mon oeil « tout contre » l’oculaire… Au dessus de 0,75x, ça devient trop gros : mon oeil parcours désespérément le cadre de droite à gauche et de haut en bas, sans pouvoir apprécier l’ensemble d’un coup… Lorsque je cadre avec un EOS 1Dx, je me surprend parfois, à reculer (physiquement) mon oeil du viseur…

Passons à une seconde série de lignes rayonnantes, que j’ai vu dans un second temps (une fois dans Lightroom)… Ici, ça commence à devenir très intéressant car elles forment un « rythme » : leur écartement augmente progressivement ainsi que leur angle qui change progressivement aussi…

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La verticale de gauche « ferme » la gauche de l’image en suivant le bras. La seconde ligne verte s’aligne sur le bâton du berger quasi vertical. La troisième suit les lignes du vêtement et traverse l’oeil le plus fort… Et la quatrième ferme à droite, tout en « ouvrant » vers le coin en haut à droite…

Combinons un peu les deux. Elles cohabitent plutôt bien :  la sagaie verticale de l’arrière plan, fait étrangement un angle droit avec la sagaie du premier plan ce qui donne une structure géométrique forte.

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On comprend des choses intéressantes sur la planche contact ci-dessous, entre les photos 9580 et 9586 : il m’a fallut 7 photos pour arriver au cadrage optimum : c’est peu et c’est beaucoup sachant que la scène allait disparaitre en quelques secondes.

La première (9580) a été prise à 16h14.47. La dernière (9586) à 16h14.51 : sept images toutes légèrement différentes, en moins de 5 secondes…

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Entre la 9583 et le 9584, j’ai veillé à me décaler de moins d’une dizaines de centimètres vers ma droite : pour éviter que la sagaie du premier plan ne vienne « heurter » la tête du second jeune Massai. J’ai également surveillé qu’il subsistait un « passage », pour que l’arrière plan sépare les deux garçons, dessinant une sorte de « détroit »… Qui par chance, n’est interrompu que par les croisement des lances, qui du coup est bien visible.

Au fur et à mesure je me suis approché très légèrement, jusqu’au moment ou j’ai jugé être trop près et ou je risquais de « déranger » mes modèles. Pour la dernière image de la série, j’ai donc très légèrement reculé à nouveau. Et c’est celle que j’ai sélectionné finalement. Pour deux raisons : premièrement car le cadrage est le meilleur… Mais aussi : car le regard du second garçon à l’arrière plan, a été attiré vers l’extérieur. Ce qui ajoute une dimension « supplémentaire » à l’ambiance… 

Toutes ces images ont été faites au 70 mm, avec le EF 70-200 mm f/4 USM L IS. Toutes en priorité Ouverture à f/4.5, au 1/400 sec et à 100 ISO. Et je n’ai pas pris le temps de vérifier l’image sur l’écran après les prises de vues bien entendu, j’ai enchainé avec la suite…

Pour aller plus loin, on peut même superposer une spirale sur les lignes de force de l’image, en partant du centre du visage de droite qui est le centre d’intérêt principal de l’image… Et même deux spirales concentriques. La forme des coliers, les plis du vêtement et la courbure des visages, donnent un peu de « rondeur » à l’image. Ces courbes contrastent avec les lignes droites des deux lances et du bâton vertical.

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Juste par curiosité, j’ai vérifié ou se trouvaient les « tiers »… Pour voir si ils ne tombaient (par hasard) sur des points forts de l’image… Souvent il ne s’agit pas vraiment de tiers précis, mais plutôt de « faux tiers ». Ou de « tiers approximatifs » (c’est à dire que l’on est pas trop loin du tiers) :

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En effet… On est « pas loin » de retrouver l’oeil droit : exactement au croisement des deux lignes « nobles », celle du haut et celle de droite… A gauche, ça tombe un peu moins bien mais ça ne me dérange pas trop.

Car de toutes façons, je ne suis pas un grand fanatique de la « règle des tiers » en général. Car suivie scrupuleusement, elle vous conduit à produire des images toujours un peu monotones et stéréotypées. Relire : Brisez ces « règles de Composition » 

 

 

Ecrire des articles de fond (test terrain) prend énormément de temps… Mais c’est ceux-là qui vous intéressent le plus (et moi aussi). Je ne sais combien de temps je pourrais continuer à enrichir ce blog (qui existe depuis plus de 10 ans) sans rémunération directe. En effet, depuis que le Mensuel Déclic Photo a disparu, l’écriture des « tests terrain » n’est plus financée en quelque sorte).

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Donc pour « garder le rythme », je compte un peu sur « l’investissement » sur ce blog, que vous pourriez faire par vos dons via Paypal. Merci d’avance et bonne lecture…

 

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