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Test terrain : Canon EOS 5Ds R au Kenya (partie 2)

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BILLET PREC.
BILLET SUIV.

Il y a trois ans de cela, j’avais publié un test terrain du Nikon D800 réalisé au Kenya (qui a vu un nombre de lectures impressionnant)… C’est au tour du Canon EOS 5Ds R de passer le test terrain au Kenya. A lire ici en plusieurs partie (patience pour la suite, que je publiais au fur et à mesure) : 

Test terrain : Canon EOS 5Ds R au Kenya (partie 1)
Test terrain : Canon EOS 5Ds R au Kenya (partie 3)
Fiche technique : Caractéristiques du Canon EOS 5Ds R
Canon EOS 5Ds R : fichiers JPEG et RAW à télécharger

 

… et relire notre présentation initiale du Canon EOS 5Ds.

 


Exposition, Mode Manuel et nouveaux paramètres en ISO Auto

La question de l’exposition Automatique n’est plus un débat depuis longtemps me semble-t-il. D’ailleurs, cela fait des années que je n’utilise plus que la mesure Multizones. Elle se fait dorénavant sur 256 zones épaulée d’un capteur RVB de 150.000 pixels permettant une reconnaissance des formes (qui participe aux performances de l’AF). A quoi bon en ajouter toujours plus ? Il me semble que tout marchait déjà très bien avec l’antique mesure 35 zones…

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Vitesse 1/2500 sec, Ouverture f/5,6, Sensibilité 100 ISO. Correction exposition -1 IL. Focale 70 mm. Objectif EF 24-70 mm f/4 L IS USM.

 

Petite remarque, certains regretteront qu’en Mode de Mesure Spot la zone de mesure reste bloquée sur le rond central. Et ne soit toujours pas liée au collimateur AF utilisé. Pas bien grave vu ma façon de travailler… Traditionnellement chez Canon l’exposition est régulière et fiable, elle est d’autant plus performante sur ce modèle, ce qui ne m’empêche pas d’apprécier une petite correction de -1/3 de diaph dès que le lumière est belle, de façon à avoir des images un peu plus denses…

Dès que j’ai des velléités créatives j’utilise le Mode M, ou je pratique de fortes correction d’expo, avec la molette arrière (verrouillable), qui est parfaite pour cela (jusqu’à -1 IL dans certains cas)… Les Corrections manuelles d’exposition sont possibles sur + ou – 5 diaph depuis l’EOS 5D MkIII, ce qui est parfait. A noter que l’utilisation dans tous les modes, de la « large » molette arrière pour la correction manuelle d’exposition, est une différence fondamentale de philosophie ergonomique entre Canon et Nikon (et une des raisons pour lesquelles je préfère l’ergonomie Canon). Remarque sans rapport avec le sujet : le fait que dorénavant on la retrouve sur le petit EOS 760D me ravi d’ailleurs.

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Comme un air d’Avatar non ? Vitesse 1/60 sec, Ouverture f/4, Sensibilité 320 ISO.. Focale 89 mm. Objectif EF 70-200 mm f/4 L IS USM.

 

Sur l’EOS 5Ds, le Mode M autorise désormais la correction d’exposition et le braketing d’exposition, ce qui servira lorsque vous travaillez en Mode M et ISO Auto. Ce progrès reste malheureusement interdit à l’EOS 5D MkIII, mais a été ajouté à l’EOS 1Dx via une Mise à jour Firmware. Utile en vidéo par exemple, mais pas seulement… En effet, en ISO Auto, le Mode M ne peut plus être considéré comme « Manuel », puisque l’exposition est Automatique : ce qui justifie l’existence de la correction d’exposition.

Vous aurez remarqué qu’en Mode Manuel la molette arrière est occupée à régler l’Ouverture : il faudra donc utiliser l’écran Quick Menu (touche Q), pour régler la correction d’exposition (sur + ou – 3 IL). Et vous découvrirez au passage qu’il est même possible de régler un braketing d’expo (sur + ou – 5 IL) en même temps, en tournant la molette avant. 

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Autre nouveauté dans les paramétrages de l’ISO Auto : vous pourrez désormais choisir une vitesse d’obturation minimum… De sorte que la vitesse d’obturation réglée automatiquement ne soit pas trop lente lorsque vous travaillez en ISO auto. Jusqu’à présent, on pouvait seulement encadrer la sensibilité ISO Maxi et Mini sur la plupart des EOS (sauf peut-être l’EOS 1Dx). Il sera désormais plus pratique en modes Programme et Priorité Ouverture, de limiter tout risque de flou de bougé lors de l’utilisation de l’ISO Auto.

L’EOS 5Ds profite enfin d’un paramétrages Auto de la vitesse minimum en ISO Auto… Avec une pondération favorisant, soit une vitesse plus lente (en paysage par exemple), soit plus rapide (en reportage, en sport)….

ISO Auto EOS 5Ds R

 

 


Diverses nouvelles options d’exposition…

A titre de rappel, l’obturateur prévu pour 150,000 déclenchements (comme l’EOS 5D Mk III), peut-être réglée classiquement entre 1/8000 sec et 30 secondes, avec la synchro flash au 1/200 sec.

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A noter que sur l’EOS 6D et le Nikon D750, vous être limité au 1/4000 sec maximum, ce qui ne pose pas de soucis la plupart du temps… Sauf à quelques occasions ! Lorsque vous souhaitez par exemple utiliser un 85 mm f/1.4 à sa plus grande ouverture, face à un contre jour ou face à un coucher de soleil.

 

Il arrive de fleurter avec la surexposition, même en descendant à 50 ISO… L’utilisateur d’EOS 6D se munira d’un filtre gris neutre s’il tient vraiment à travailler à f/1.4 dans ce genre de cas.

Revenons au Canon EOS 5Ds : un Mode Pause longue (Bulb) est disponible. L’exposition reste ouverte tant que vous appuyez sur le déclencheur, sans limite de temps. Bien entendu, un Minuteur Bulb est également prévu : vous programmez via un menu, la durée d’exposition (jusqu’à 99h 59’ 59’’). Il est inutile de maintenir le déclencheur enfoncé, donc il y a moins de risques de flou de bougé.

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Vitesse 1/80 sec, Ouverture f/13, Sensibilité 200 ISO. Correction exposition -1/3 IL. Focale 14 mm. Objectif EF 14 mm f/2.8 L IS USM.

 

Il existe évidement un retardateur de 10 ou 2 secondes, pour les photos de familles… Ou pour les images nocturnes de villes la nuit (à combiner avec la fonction relevée du miroir qui se charge d’ailleurs d’activer le retardateur 2 sec). Car c’est beau une ville la nuit, comme disait Richard…

Citons enfin la fonction intervalomètre, pour les amateurs de Timelapse. L’intervalle est réglable entre 1 seconde, à 99h, 59 ‘ et 59’’, rendez-vous page 239 du manuel (téléchargeable ici). Les images peuvent être enregistrées sous forme de « film timelapse » en .mov (sans son).

ANtiscintillement

 

 

Ultime raffinement, ce nouvel EOS profite d’un système « Anti Scintillement » (Flicker Synchronization) apparu sur l’EOS 7D MkII, qui sera notamment utile aux reporters d’actualité : « L’appareil photo détecte la fréquence du clignotement de la source lumineuse et prend la photo lorsque le scintillement a un effet moindre sur l’exposition ou la couleur ». Ce mode assure une exposition constante, même sous l’éclairage scintillant des néons fluorescents. Voilà qui m’aurait bien aidé au Japon lors d’une séance avec l’EOS 6D dans la chambre d’une Geisha éclairée par un vieux plafonnier qui a causé quelques dégâts et bandes violettes sur quelques images.

 

  

 


Fonctions HDR et protection des hautes lumières…

Je ne suis pas un grand fan de la fonction HDR qui ne produit des résultat « acceptables » qu’en Mode « Naturel »… Fuyez les pré-réglages « Artistiques » bien entendu. Si toutefois vous souhaitez tenter le coup, cochez bien l’option qui conserve précieusement les 3 fichiers RAW ayant servi à créer le JPEG HDR : cela revient à une sorte de « braketing »… Malheureusement, contrairement à un bracketing classique, le traitement du HDR immobilisera de longues de secondes votre appareil. Méfiez-vous, car cela peut vous conduire à rater une image qui surviendrait à l’improviste.

Finalement le seul intérêt de ce JPEG HDR, ce sera d’apparaitre dans votre grille Lightroom… Pour vous rappeler de tenter une fusion HDR dans Lightroom à partir des 3 RAW enregistrés… Et vous constaterez, que le DNG HDR de Lightroom est potentiellement beaucoup plus intéressant que le JPEG HDR fabriqué par l’appareil.

Plus intéressante éventuellement, la fonction « Protection des hautes lumières »… Notez que dans ce mode, la sensibilité minimale est alors bloquée à 200 ISO… Elle existe depuis de nombreuses années, mais étrangement je ne l’avais jamais vraiment testé sur mes précédents EOS. Peut-être parceque je suis assez adepte de la correction manuelle d’exposition (de -1/3 à -2/3) et que je me fiche un peu d’avoir quelques pixels cramés, par-ci par là… Quelques zones blanches limitées n’ont jamais gâché une belle image imprimée ! Au contraire ils garantissent un certain dynamisme aux photos (tant que ce n’est que quelques pixels, entendons-nous bien).

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Vitesse 1/250 sec, Ouverture f/11, Sensibilité 200 ISO. Correction exposition -1/3 IL. Focale 100 mm. Objectif EF 70-200 mm f/4 L IS USM.

 

A ma grande surprise (et contrairement aux corrections d’objectifs de l’appareil), il semblerait que son effet reste visible sur le RAW directement dans Lightroom. Ainsi que dans Canon DPP (mais ça c’est beaucoup plus normal). Il semblerait que l’on gagne un « tout petit peu » de matière dans les très hautes lumières, avec une transition (à peine) plus douce entre le « presque blanc » et le blanc… J’ai réalisé plusieurs prises de vues (avec et sans la protection des hautes lumières), mais j’ai eu du mal à trouver des exemples ou l’effet soit bien visible dans Lightroom. L’effet est par exemple moins perceptible que de changer de Profile dans l’Onglet Etalonnage… Alors concluons que, comme c’est très discret il n’est probablement pas gênant ni dangereux d’activer la protection des hautes lumières, dans certaines occasions..

Voilà qui relativisera encore un peu plus le « sois-disant » handicape du Capteur Canon et de sa dynamique qui serait limitée à 12 IL… Là ou les capteurs Sony monteraient à 14 IL. La belle affaire, de toutes façons au delà d’un certain nombre d’IL, la différence est si subtile qu’elle ne fait plus de différence…

Quelle est la différence entre une « très très » bonne dynamique et une « très très très » bonne dynamique ? Cette question a fait l’object de long débats sur ce blog. Lire par exemple cet article, ou je relativise cette question de Dynamique : Polémique autour des RAW compressés du Sony A7R II. j’y reviendrais un peu plus loin…

 

 


Trois résolutions au choix et recadrage à la prise de vue… si l’on y pense !

Il faut deux processeur Digic 6 pour encaisser des rafales à la vitesse respectable de 5 images / sec (ce qui permet déjà pas mal de choses). Les fichiers RAW pesant tout de même de 60 à 65 Mo, le buffer du boîtier encaisse 31 JPEG à la suite. Ou 12 RAW sans ralentir. Ce qui me convient assez bien… Toutefois comme indiqué plus haut, ne lésinez pas sur le choix de votre carte CF : prenez la plus rapide possible (actuellement Lexar 1066x), si vous tenez à conserver une vitesse d’affichage suffisante.

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Surprise : la taille des fichiers interdit (pour la première fois depuis pas mal d’années sur un EOS), d’appliquer une correction de la distorsion et du vignetage, à la volée sur les JPEG moulinés par l’appareil… Cela ne gênera que ceux qui travaillent en JPEG directement. Car vous pourrez évidement corriger ces défaut (si nécessaire), sur les RAW dans Canon DPP et Lightroom, en lot éventuellement. Vous pourrez même appliquer une correction de distortions dans le Menu retouche de l’appareil…

Il est bien dommage que Canon n’ai pas choisi la norme la plus rapide actuellement pour la carte SD (qui est seulement compatible SD, SDHC, SDXC, UHS-I)… On choisira donc plus volontiers d’utiliser la carte CF comme carte principale. Carton rouge pour les ingénieurs Canon (et nouvel indice qui laisse à penser que le développement de cet EOS 5Ds a été lancé il y a bien longtemps. Et que sa sortie commerciale a été retardé aussi longtemps que possible. Hypothèse personnelle : aussi longtemps que Sony prendrait son temps pour proposer un modèle de haute résolution celui a été le cas avec le Sony A7R II).

Je pensais que j’utiliserais à l’occasion la résolution intermédiaire de 28 Mpix, qui est bien suffisante pour la plupart des cas. En fait j’ai complètement oublié de le faire une fois sur le terrain ! Je ne peux donc vous en parler, même si je persiste à penser que c’est une excellente solution pour alléger un peu votre flux de travail, lorsque « l’enjeux photographe » est modéré… Pour moi cette possibilité reste un vrai avantage pour les EOS. Rappelons que la seconde taille RAW proposée par le Nikon D810 n’est que de 12 Mpix : ce qui est trop petit pour s’intégré dans un flux de travail en 2015 (la moyenne des capteurs allant désormais de 16 à 24 Mpix).

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Vitesse 1/500 sec, Ouverture f/4, Sensibilité 100 ISO. Correction exposition -1 IL. Focale 40 mm. Objectif EF 24-70 mm f/4 L IS USM.

 

A noter que le Canon EOS 5D propose aussi des fonctions de recadrage à la prise de vue… Le viseur affiche un discret « grisé » pour signaler la zone recadrée. Toutefois (contrairement aux boîtiers Nikon), les fichiers RAW resteront entiers (il ne sont donc pas plus légers, si c’était le but recherché, c’est raté). Et Lightroom affiche votre image : « déjà recadrée », ce qui est assez pratique  ! Vous laissant éventuellement le choix de réinitialiser le recadrage, donc de retrouver le RAW dans son intégralité.

Je ne vois pas l’intérêt de ça… Sauf éventuellement lorsque vous êtes loin d’un animal : vous gagnerez peut-être un peu de temps en post-production. Puisqu’il sera inutile de « recadrer à la main » dans Lightroom sur chaque image. Le cadrage étant fait dans le viseur à la prise de vue… Mwouais, pourquoi pas.

 

 


Alors, 50 Pixels c’est bien ?

Oui, ça claque ! C’est indiscutable, l’effet « whaou » est bien au rendez-vous chaque soir lorsque vous montrez à vos camarade, l’oeil du lion que vous avez cadré le matin même… Mais n’oubliez pas de vérifier qu’il est bien net préalablement. Prenez aussi le temps d’appliquer un petit réglage de netteté et de reconstruire vos aperçu à 100% dans Lightroom (pour préserver la réactivité de votre démonstration)…

Pour autant, la très haute définition de l’EOS 5Ds n’aura pas changé grand chose à mes habitudes… J’avoue monter parfois la sensibilité un « petit peu plus » qu’avec l’EOS 6D, ce qui me permet de prendre un peu plus de sécurité en terme de vitesse et/ou de profondeur de champs… J’évite de trop fermer le diaph pour ne pas risquer trop de diffraction, m’en tenant à une plage allant de f/2.8 à f/16 autant que possible.

C’est vrai, j’ai eu tendance à travailler « un peu plus fermé » que d’habitude. Craignant de découvrir une profondeur de champs trop courte sur mon sujet… Car avec autant de pixels, le moindre décalage du mise au point est plus vite repérable.

Du coup, lorsque je travail volontairement à très grande ouverture (entre f/1.4 et f/2.8), j’utilise plus souvent un « Collimateur unique »… En soignant davantage ma mise au point… Oui, ces 50 Mpix exigent un tout petit peu plus d’attention, mais rien qui ne soit à la portée d’un photographe confirmé. Et je n’ai pas connu le problème du grand nombre de « déchets » qu’ont connu de nombreux utilisateurs du Nikon D800 (première génération), causés par les vibrations lors du déclenchement. Car en effet, le relevé du miroir est très bien amorti…

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Vitesse 1/250 sec, Ouverture f/7,1, Sensibilité 320 ISO. Correction exposition -1/3 IL. Focale 90 mm. Objectif EF 70-200 mm f/4 L IS USM.

 

 


Lequel choisir Canon EOS 5Ds R ? Ou le Canon EOS 5Ds avec filtre anti moiré ?

J’ai personnellement choisi le Canon EOS 5Ds R, sur lequel le filtre « anti moiré » est « annulé »… Je n’ai toujours pas bien compris comment, mais c’est sans importance. La question est : cela peut-il être gênant dans la pratique ? 

Je n’ai pas eu à m’en plaindre… Et sur 11.000 images, je n’ai pas trouvé d’exemple de moiré gênant. Je n’ai pas photographié d’oiseaux d’assez près il faut dire, puisque c’est apparement sur les plumes que le moiré apparait facilement. 

Je ne recommanderais pas forcément la version R à des personnes photographiant beaucoup de tissus (portraits, mode, actualité, mariages, maillots de sports par exemple)… Par contre les amateur de nature (à l’exception des oiseaux vus de près), peuvent y aller.

L’autre question est : la version EOS 5Ds R présente-il un intérêt particulier ? Peu d’intérêt particulier en fait ! Sauf, peut-être pour la revente, car je suppose que ce modèle sera le plus recherché.

Mais il est apparement difficile de faire apparaitre une vrai différence entre les deux. Tout juste le poids d’un RAW sorti de la version R sans filtre, serait-il un peu plus élevé. Ce qui démontrerait que cette version enregistre plus de détails !

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Une résolution inférieur à 50 Mpix ne présente « pas d’intérêt spécifique » pour la qualité d’image.

Combattons une légende répandue : non les performances d’un objectif (d’ancienne génération par exemple), ne se dégradent pas en passant de 18 Mpix, à 50 Mpix. Sûrement pas ! Sa netteté restera identique « dans l’absolu », comprenez : « proportionnellement à la diagonale de l’image »… On pourra donc réaliser des tirages aussi nets (et généralement plus nets) à un format d’impression donné, qu’on le faisait avec un petit capteur.

Dans le pire des cas : le tirage sera « aussi net » et jamais « moins net »… Dans 90% des cas, il sera tout simplement « plus net » avec davantage de détails. Car une plus grande résolution offre plus de flexibilité dans la gestion précise de l’accentuation dans votre logiciel de traitement RAW : ce qui permettra au final de mieux révéler les fins détails lorsque l’on exporte l’image à une résolution inférieure à la résolution d’origine. Et lorsque l’on agrandi l’image (ou une fraction de celle-ci), on reste évidement « plus détaillé », que si l’on partait d’une résolution plus basse. 

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Vitesse 1/250 sec, Ouverture f/13, Sensibilité 200 ISO. Correction exposition -1/3 IL. Focale 24 mm. Objectif EF 24-70 mm f/4 L IS USM.

 

Donc en terme de qualité d’image, une résolution inférieur à 50 Mpix, ne présente à mon avis absolument aucun intérêt… Du moins en dessous de 3200 ISO. Au delà de cette sensibilité, il faudra voir ! Mais ça ne m’intéresse pas trop, car je n’y vais jamais. Il y a forcément une taille de tirage en dessous de laquelle un boîtier moins défini prendra l’avantage. Oui, mais quelle est cette taille ? Peu importe…

Lorsque j’ai fait une petite photo de la voie lactée (profitant de l’absence de pollution visuelle en plein Massai Mara), je suis monté à 6400 ISO. Mais pour moi c’est anecdotique et rare ce genre de photo. Si je me spécialisais dans ce genre d’exercice, j’achèterais un appareil spécifique. En dehors de cette photo traditionnelle que j’essaie une ou deux fois par ans, je n’ai quasiment jamais l’occasion d’aller au delà de 3200 ISO.

Une fois dans Lightroom, on s’habitue très vite à cette nouvelle résolution et ce sont les images de moins de 24 Mpix qui soudain, semblent « insufisamment définies »… On s’habitue à tout ! Aucun doute là-dessus : dans les 5 ans à venir la majorité des reflex passeront à des résolutions comprises entre 36 et 50 Pixels… Ce qui sera assez compréhensible avec la généralisation des écrans Retina : les photographes apprécieront de plus en plus de pouvoir boomer dans leurs images : c’est comme une « troisième dimension » que permet la photo numérique et qui n’existait pas en argentique. De toutes façons, il faudra bien l’argument « résolution », pour distinguer les reflex des APN hybrides, qui tentent de ressembler de plus en plus à des reflex (en imaginant que leurs viseurs électroniques fassent d’énormes progrès).

 

 


Flux de travail : n’oubliez pas les Aperçus dynamiques dans Lightroom

Dans le même temps, alors que je me réjoius de découvrir mes images de 50 Mpix, j’entend aussi certains collègues expliquer que « la très haute résolution est sans intérêt en tant que telle » et qu’il ne s’agit que d’une source de problème supplémentaires (stockage, sauvegardes, etc…). Oui, c’est vrai dans une certaine mesure…

D’ailleurs, je faisais déjà de très belle images avec 6, 8, 10, 12 ou 18 Mpix… Mais pouvoir retravailler son cadrage au développement à partir de 51 Mpx, ça fait une énorme différence… En Sport, en animalier, ou en reportage d’actualité, c’est un avantage énorme, dans certains cas. Pas tout le temps, évidement ! Mais dans certains cas, ça ouvre évidement quelques possibilités supplémentaires. Ainsi, j’ai pu m’en donner à cœur joie en reccadrant les animaux bien plus que d’habitude : un sacré avantage lorsque l’on ne dispose que d’un 300 mm en Safari, alors que d’autres utilisent un 400 mm… 

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Vitesse 1/1250 sec, Ouverture f/4, Sensibilité 100 ISO. Correction exposition -1/3 IL. Focale 116 mm. Objectif EF 70-200 mm f/4 L IS USM.

 

Le poids des images est-il aussi monstrueux que vous l’imaginer ? Oui et non ! Oui, si vous n’utilisez pas Lightroom, car elles pèsent entre 60 et 65 Mo en moyenne… Alors que l’EOS 6D de 20 Mpix, produit des fichiers RAW ne pesant que 25 Mo environ. Dans ce cas, optez pour un EOS 5D MkIII (vous avez le choix des armes).

Non, si vous savez exploiter les aperçus dynamiques de Lightroom ! Dans ce cas, vous ne constatez aucune différence de vitesse de traitement, que vous développiez des RAW de 50, de 51, ou de 4,4 Megapix. Car tous les aperçus dynamiques pèsent en moyenne 1 Mo par image et sont limités à 2560 x 1707 pixels (soit 4,4 Mpix) : quelque soit la taille des fichiers RAW originaux.

Lightroom charge l’aperçu dynamique en Développement (à la place de l’original), dès que votre disque externe est déconnecté. Et dans la Bibliothèque c’est lui qui est utilisé, ce qui garanti une grande fluidité… Donc déconnectez votre disque externe, si vous voulez travailler plus vite ! J’enseigne en cours particulier le « flux de travail idéal avec Lightroom » : contactez moi…

Grâce aux aperçus dynamiques, vous pourrez même exporter vos images (sans l’original), à la taille maximale de 2560 x 1707 pixels. Une fois le disque recommencé, LR rétablira évidement la connexion vers l’original. L’aperçu dynamique est plein d’avantage si vous utilisez un disque de stockage externe. Il constitue même une sorte de sauvegarde (en 4,4 Mpix) de vos RAW (que je recommande de stockés sur disque SSD externe).

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Le seul moment ou les aperçus dynamiques de Lightroom ne pourront vous aider, c’est au moment de décharger vos cartes évidement. Ainsi qu’au moment de réaliser des copies de sauvegarde de vos images vers une second disque externe. Enfin au moment d’exporter ou de réaliser des aperçus 100% de vos images, Mais toutes ces opérations peuvent être réalisés le soir ou à certains moments plus calmes : il suffit de s’organiser un peu…

Ainsi en plus de trois semaines, j’ai réalisé environ 11.000 images. L’ensemble pèse 700 Go et reste stocké sur un disque SSD externe en USB3 (qui m’aura coûté environ 350 €). J’ai au fur et à mesure (chaque jour ou presque), réalisé une copie de sauvegarde des dossiers d’images, sur un second disque externe (classique) en USB3. Au retour une copie supplémentaire est réalisée sur mon Mac Pro, qui embarque plusieurs disques internes de 6 To.

Après 10 jours de terrain j’ai été totalement rassuré, ayant réussi à trier partiellement mes RAW et ayant pu construire les aperçus dynamiques et 100% au fur et à mesure. De façon à pouvoir travailler confortablement dans l’avion (sur batterie) au retour… Le poids relativement considérable de cette production est passé quasiment comme une lettre à la poste. Mon petit Macbook Air fin 2013 a bien tenu le choc et peut « faire face » à la production issue conjointement de mon EOS 5Ds (pour 75%) et de l’EOS 6D (pour 25% environ). Je ne serais pas obligé de le changer immédiatement et ça tombe bien…

 

 


Un nouveau Picture Style « Détails fins » pour le JPEG crées par l’appareil

Depuis le Nikon D800, pas mal d’eau a coulé sous les ponts… Rappelez-vous : de nombreux utilisateurs avaient étés refroidis (à la longue) par le nombre élevé de photos floues qu’ils réalisaient avec leur Nikon D800 (un problème qui ne m’avait pas vraiment marqué lors de mon propre test terrain).

Il s’est finalement avéré que la résolution n’en était pas la cause principale, mais plutôt qu’un problème d’amortissement de l’ensemble miroir obturateur était probablement en cause (semble-t-il corrigé depuis, sur le Nikon D810). Sachant que Canon a spécifiquement soigné l’amortissement du miroir (peut-être alerté par les déboires du D800 ?), vous pourrez vous laisser tenter par les 51 Mpix des Canon EOS 5Ds et EOS 5Ds R, sans trop d’inquiétude.

Obturateur Canon EOS 5Ds 1078

 

 

Et dès les première images vous constaterez comme moi, que l’EOS 5Ds fait des photos souvent nettes. Surtout si vous personnalisez les réglages des style d’image… Choisissez le nouveau réglage « Détails Fins » par exemple qui s’applique sur les JPEG crée par l’appareil (c’est donc observable à l’écran en mode zoom)..

C’est vraiment important ! Car « l’impression de netteté » dépend vraiment de l’échelle (ou de la distance), à laquelle vous observez l’image. Donc en fonction de la distance d’observation typique que vous allez favoriser (c’est à dire d’une taille de tirage envisagée, par exemple le A2, ou le A1), des réglages de netteté différents doivent être envisagés. Globalement le rayon doit être plus fin si vous envisagez des tirages plus grands (ou de forts reccadrages, ce qui est équivalent).

Donc, le nouveau Picture Style Détails fin, sera mieux adapté à un tirage de grande taille (ou à un fort recadrage). Ainsi qu’à une observation de l’image sur ordinateur entre 50% et 100%. Il est d’ailleurs rapidement nécessaire de vous mettre en garde : observez plus généralement vos images à un taux de 50% (du moins, si vous voulez retrouver un peu les habitudes que vous aviez avec vos précédents reflex de 18 à 24 Mpix).

 

 


Canon EOS 5Ds – Le développement des RAW et le flux de travail Lightroom

Lors de l’ajustement des images dans Lightroom, l’œil de l’opérateur jouera là un rôle très important. Et c’est ce que j’enseigne aux élèves, lorsque nous abordons le Module Développement pendant mes formations Lightroom chez Pyramyd ou à l’Ecole Supérieure de Photo d’Arles.

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Vitesse 1/100 sec, Ouverture f/16, Sensibilité 200 ISO. Correction exposition -2/3 IL. Focale 100 mm. Objectif EF 70-200 mm f/4 L IS USM.

 

Dans Lightroom ou Camera Raw, le réglage d’accentuation par défaut (netteté ou détail) doit être beaucoup plus vigoureux pour les reflex de très haute résolution, que pour de petits capteurs inférieurs à 24 Mpix… Car les pixels devenant plus petits (par rapport à la diagonale de l’image), l’accentuation devient plus fine donc moins visible. Etant bien entendu, que vous l’observiez toujours à la même distance d’observation (par exemple égale à la diagonale du tirage).

Pour compenser, vous devez donc augmenter beaucoup le gain… En acceptant forcément une légère montée du bruit, lorsque vous observez l’image de très (trop) près… (mais ce « bruit », ce n’est pas si grave que vous le croyez). Sans quoi il se pourrait que vos images de l’EOS 5Ds, vous semblent moins « croustillante », que celle de vos boîtiers précédents.

En effet, le fait que vos photos de 50 Pixels soient plus détaillées à une échelle réduite, ne garantit pas une « sensation de netteté suffisante », lorsque observées dans leur globalité… Voyez-vous la nuance ?

Attention ! Ces réglages ne sont surtout pas ceux qu'il vaut mieux adopter...

Attention ! Ces réglages ne sont surtout pas ceux qu’il vaut mieux adopter…

 

Vous devez donc gérer de façon intelligente la largeur (le rayon) de l’accentuation, en fonction de la taille du tirage envisagée : donc le plus fin possible pour les tirages de grande taille (par exemple supérieurs à 1 m)… C’est ce qui a poussé Canon à proposer ces nouveaux réglages d’accentuation plus avancés (similaires à ceux de l’outil de Photoshop ou de Lightroom), qui s’appliquent sur les JPEG et sur les RAW (dans Canon DPP), avec possibilité d’ajuster :

  • en « Intensité », ou force de l’accentuation (le Gain).
  • en « Epaisseur » de l’accentuation (le Rayon).
  • en « Seuil » c’est dire le « Niveau » de différence entre deux pixeld à partir du quel s’applique l’accentuation.

Un nouveau Picture Style (appelé Détails fins), proposant un « pré réglage » optimal de l’ensemble de ces curseurs a été ajouté… Mais il est bien entendu possible de personnaliser ces différents curseurs, pour chacun des Picture Style habituels.

Grâce à cette avancée, je crois que Canon vient de marquer un point de plus dans l’amélioration de la qualité d’image en JPEG (après avoir pris une certaine avance dès 2005 en inventant ce type de pré-réglages). 

 


Test terrain du Canon EOS 5Ds R à lire ici en plusieurs partie (patience pour la suite, que je publiais au fur et à mesure) : 

Test terrain : Canon EOS 5Ds R au Kenya (partie 1)
Test terrain : Canon EOS 5Ds R au Kenya (partie 3)
Fiche technique : Caractéristiques du Canon EOS 5Ds R
Canon EOS 5Ds R : fichiers JPEG et RAW à télécharger

 

… et relire notre présentation initiale du Canon EOS 5Ds.

 

 

Ecrire des articles de fond (test terrain) prend énormément de temps… Mais c’est ceux-là qui vous intéressent le plus (et moi aussi). Je ne sais combien de temps je pourrais continuer à enrichir ce blog (qui existe depuis plus de 10 ans) sans rémunération directe. En effet, depuis que le Mensuel Déclic Photo a disparu, l’écriture des « tests terrain » n’est plus financée en quelque sorte).

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Donc pour « garder le rythme », je compte un peu sur « l’investissement » sur ce blog, que vous pourriez faire par vos dons via Paypal. Merci d’avance et bonne lecture…

 

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24 commentaires

  1. Petite coquille JF. Le réglage de la vitesse mini en Mode M et Iso auto existe depuis le 5DIII. Par contre dans le 5DIII il y a moins de vitesses sélectionnables.

  2. pas trop tot, l’ intervallometre integré, mon pentax (pour ne citer que lui) avait deja cette fonction (de base pour un appareil numerique) depuis tres longtemps.

     

    ca evitera de mettre Magic Lantern

      • je n’ai jamais fait de time lapse (allez, si, une fois pour voir) mais j’utilise beaucoup l’intervalometre

        en astro pour faire du stacking d’images de 30s chacune sur plusieurs heure pour faire des filés d’etoiles

        souvent pour me passer du retardateur (qui ne declenche qu’une fois) alors qu’en shootant un 20aine de prises a 3s d’intervalle, on trouve souvent son bonheur sans avoir a revenir a l’apn

        et ya plein d’autres utilités (comme quand je doit me prendre en photo quand je bosse a l’exterieur, j’ai meme plus besoin de m’occuper de l’appareil)

        le time-lapse, c’est pour les geeks :)

  3. Hello
    ton paragraphe sur le recadrage à la prise de vue vient d’achever de me convaincre !

    tu dis que tu ne vois pas l’interet, pour moi il est juste essentiel et revolutionnaire !! merci !
    primo je deteste l’homothetie 24×36 , j’ai toujours preferé quelque chose d’un peu plus carré genre 6X7 ou 4×3

    deuxio la taille d’une pleine page verticale dans un journal est globalement ce format 4×3, ne pas avoir ce format en affichage dans le viseur revient à ne pas avoir la maitrise de ton cadrage sur la parution que ce soit en reportage ou en studio quand je « compose » une image. Savoir que tu vas couper un peu en haut et en bas ne marche pas chez moi, j’ai besoin de lignes… Sur mon D800 j’ai ces lignes mais ce cretin recadre le RAW alors que moi je ne veux qu’un indication. Si je photographie un bâtiment en contre plongée, je vais couper mon surplus en bas et donc eviter au max les fuyantes
    c’est donc une nouvelle fabuleuse pour moi
    Hâte de voir en vrai ce que ça rend dans le viseur

    cerise sur le gateau si Lightroom garde ce cadre à l’import !!
    pour une raison que j’ignore ce foutu logiciel que j’adore n’a jamais permis d’inclure les cadrages dans les presets !! ce qui est STUPIDE

    merci Jean Francois pour cet bouffée d’enthousiasme involontaire ;-)
    Vais je pouvoir arreter de « graver » mes verres de visées…

    • Ah ben heureux, que cette fonction te convienne !

      Tu me diras, celui qui veut un recadrage plus léger, peut combiner le recadrage et le M RAW de 28 Mpix !

      C’est peut)être pas plus mal comme ça… effectivement ton explication sur le cadrage vertical en vue d’une pleine page est plein de bon sens !

  4. Très belles photos JF! Vraiment bravo, les portraits sont magnifiques et ces 50mp changent la donne.

    Je suis content que Canon l’ai fait. J’étais passé chez Nikon pour les 36mp (dont je suis amoureux) et quelques petits plus niveau réglages et fonctions. Avoir enfin de la grosse résolution chez les rouges c’est top et ça va faire avancer tout le monde encore plus fort.

    Comme tu le dis, c’est l’avenir, quand on a shooté avec de tels détails, c’est dur de revenir à autre chose. La différence est tellement flagrante! Le multi raw et le recadrage plein est aussi superbe (cela manque au d810 – trop partiel). M’enfin, on peut pas tout avoir, l’important c’est de shooter et se faire plaise!

    Bonne continuation sur ce test.

    PS: une question me trotte… Combien de temps met-tu pour trier (pas développer, juste marquer, taguer et noter) 11000 photos ???

  5. Superbes photos! Pour moi pas besoin de blabla, les photos suffisent à me convaincre de la qualité de ce boitier et surtout du talent du photographe, bravo!

  6. Bonjour,

    Belles photos! Et surtout belles couleurs ! C’est ce qui me fait pester, ces couleurs chaudes. Canon tire clairement vers le rouge alors que Nikon c’est verdâtre. Hormis les différences d ergonomie pensez vous qu’il y ait une différence de colorimétrie ou cela dépend t’il du développement principalement?

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