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Rembrandt aurait utilisé la Correction d’exposition

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Tiens, juste en passant comme ça ! Au lieux de nous parler de « protéger les hautes lumières », de « déboucher les ombres », ou de débattre vainement de la dynamique de leur capteur (comme ici), les apprentis photographes feraient mieux de s’inspirer des lumières de Rembrandt.

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La ronde de nuit (correction d’expo suppsoée : 1 IL) : une « grande machine » un peu banale, mais quelle audace dans l’éclairage brutal du premier plan et dans les passages progressifs vers le noir complet, à l’arrière plan…

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Le pont de pierre (correction d’expo -2/3 IL) : ici tout repose sur l’impact d’une lumière crue. On est quasiment dans l’impressionnisme avant l’heure, mais sans trop de maniérisme.

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Die Blendung Simsons : un contre jour cinématographique étonnament moderne, quel contraste on dirait une scène de Sin City ! Quel rapport entre Rembrandt et la photo ? Mais la lumière crue bien sûr… Car ça me surprend toujours cette obsession de beaucoup de « geeks photographes », qui ne s’intéressent qu’aux soi-disant « performances de leur capteur ».

Et oublient de mettre le nez dehors à la recherche du contraste, de la lumière crue et des moments exceptionnels que peuvent offrir les après midi d’automne. On est arrivé à un tel niveau qualitatif avec les APN de 2013, que l’on pourrait quasiment se contenter d’un capteur de compact pour tout faire (genre G15). A condition de s’intéresser un peu à la lumière. Pour capter la lumière, il faut parfois la « dessiner avec de l’ombre ». Un peu à la façon de Rembrandt, qui pour cela aurait certainement utilisé la »mémorisation d’exposition », ou la « correction d’expo »… Plutôt que le HDR !

 

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34 commentaires

  1. J.aime bien cette réflexion ! Je connais mal Rembrandt, mais j.aime Vermer, un autr Hollandais maître de la lumière … Qui pourrait nous inspirer aussi.

  2. Bravo Jean-François! Tu as un sacré coup d’oeil.A ce sujet,
    j’aime beaucoup les photos, dans le même style lumineux, que tu as faîtes au Japon.Merci!

  3. Pour ce sujet j’aurais choisi Le Carravage, c’est plus querelleur ;o)
    Le HDR est une horreur dans la plupart des cas, après tout ce n’est que l’enfant, mal né, des carences du début du numérique que l’on continue à bercer… trop près du mur ;o)
    Histoire de mettre quelque litres dans le moulin à eau :
    http://www.alain-barre.com/categorie-12004957.html
    Sur le site en liens:
    http://img.over-blog.com/640×427/0/24/37/64/photo-49/photo-49-0187.jpg
    Ce tableau de Hentrick ter Brugghen, à quelque chose de HDR ;o)

  4. Ce que tu oublies de dire, si tu es de mauvaise foi volontairement, ou si tu es de bonne foi involontairement, c’est que, pour avoir vu la « La ronde de nuit » au Nouveau Rijksmuseum d’Amsterdam, c’est que sur le vrai tableau, dans la vraie vie, pas celle des mauvaises reproduction qui circulent sur internet, on voit pratiquement tous les détails dans les ombres, un peu comme dans une photo HDR où on aurait utilisé le rendu photographique (Fusion natural de Photomatix Pro) et pas le rendu HDR extrême (Tone mapping), comme le font certains adeptes du HDR ayant le goût du grand-guignolesque.

  5. ça n’est peu etre pas trés moderne ni révolutionnaire mais c’est plein de bon sens !! « connaitre les bases » et de vouloir les dépasser, c’est bien mais le mieux est encore de mes « maitriser » ces bases ! et si les dépasser c’est aller chercher les « poils de c…' » qui trainent dans les hautes et basses lumiéres, je n’y vois aucun progrés. la photo c’est avant tout une « émotion », un « ambiance », le reste comme cette quéte obstinée du détail à outrance, ça n’est que de la chirurgie photographique ! mais finalement à chacun son plaisir

  6. Bonjour Bige,
    Il me semble que le HDR remonte à beaucoup plus loin que les débuts du numérique, car le zone system était bel et bien l’ancêtre du HDR.

  7. Bonjour Olivier,
    Ansel Adams, avec son utilisation à outrance du zone system, faisait-il de la masturbation intellectuelle en cherchant : « les « poils de c… » qui trainent dans les hautes et basses lumières » ?

  8. Jf qui découvre les tableaux =))
    j’avais déjà constaté çà depuis longtemps ;-)
    Le Sacre de Napoléon est aussi un bon exemple mais pas de Rembrandt

  9. je pensais mémorisation d’expo (avec mesure spot éventuellement)…
    Mais la correction d’expo me semble plus rapide… Mais elle demande aussi plus d’expérience : face à une scène le photographe doit « anticiper » ce que ferait l’appareil… ET corriger de la valeur qui lui semble optimale.
    Moi, j’ai appris ça en grillant des milliers de films diapo Velvia 50 ISO pendant presque 10 ans ! C’était une bonne école.

  10. et bien oui tout à fait, effectivement de la masturbation intellectuelle ! car si on retirait des photos de ce brave Ansel toute la matiére qu’il allait chercher via le zone systeme dans ses plans film, ses photos seraient d’une banalité consternante ! Je l’imagine se trimballer avec sa chambre grand format dans les montagnes de l’ouest américain pour passer la journée à faire une malheureuse photo et passer ensuite une semaine dans son labo à essayer d’en tirer la « quintessence » ! tout ça pour ça ? des photos cadrées au cordeau mais finalement chiantes comme la pluie ! mais je précise une nouvelle fois qu’à chacun son plaisir, se masturber pour aller chercher ce que l’on ne voit pas ou saisir l’instant !!!

  11. l’hdr n’est pas une horreur en soi, l’horreur vient plutôt de la façon dont c’est utilisé (généralement très mal ;) )

  12. Ah ! on ne parle plus hautes et basses lumiéres mais valeur ajoutée et profitabilité de l’acte photographique ? je ne vois pas le rapport entre fouiller les raw pour en sortir tous le jus possible et le prix de vente de la photo obtenue aprés trituraje masturbationnel !
    l’exemple d’Ansel Adams est parfait , car même si il a eu quelques honneurs de son vivant, il a néanmoins crevé la dalle toute sa vie avec ses photos !! aujourd’hui elles ont effectivement une valeur hautement speculative alors qu’a la base il ne photographiait absolument pas pour cela, plutot pout la beauté du geste, son but étant la diffusion de masse à bas prix !! il était donc bien dans la branlette intellectuelle ! je repéte donc à chacun son trip photographique !

  13. Moi j’aime bien les peintures rupestres, le grain, la matière, l’évocation et le coté hdr sous les feux de la frontale :-)))

  14. Même si tu trouves le travail du Pape du Zone System d’une banalité consternante, que tu le veuilles ou non c’est un photographe qui a marqué l’histoire de la photographie et l’histoire des États-Unis, à cause de la beauté des paysages qu’il a su magnifier par sa technique et… son art.
    C’est la raison pour laquelle le prix de ses tirages atteignent des montants stratosphériques.
    Le prix maximum atteint par une de mes photos a été 1 500 €. Comparé à Ansel Adams je ne suis qu’un obscur besogneux, un assemblage insignifiant d’atomes.

  15. oh là là ! il ne faut pas faire de complexe comme ça par rapport à Adams ! lui aussi n’était qu’un obscur besogneux, assemblage insignifiant d’atomes. Effectivement il a marqué l’histoire de la photographie, mais c’est juste parce qu’il a fait ça à une période qui lui a permis d’être « mis en lumiére » !
    Alors pour toi rien n’est perdu et positive donc plus sur ton travail car qui sait si aprés ta mort le monde ne va pas découvrir tes photos et leur prix s’envoler ! ça serait une belle récompense pour avoir trituré du pixel, non ?

  16. J’avais déjà un peu de mal avec la lumière crue (par opposition à la lumière cuite?), mais alors là, lumière létale je sèche complètement…

  17. Apres des articles sur tes opinions « politiques » que je décriais voici enfin un article intéressant. De l’ombre tu passes à la lumière.
    Rembrandt, Caravage révolutionnaire en leur temps et toujours aussi magnifique. Dans un autre art, on ne peut que conseiller de voir ou revoir « La belle et la bête » remastérisé et lire son livre au sujet du film « Des lumières et des ombres »

  18. Comme quoi, ce qui compte c’est le contraste…
    Si je parlais de Rembrandt tous les jours, ce serait avec moins de passion et ce serait beaucoup moins intéressant !
    D’ou le charme de passer sans aucune transition d’un sujet à l’autre…
    Sinon, ce n’est pas de la politique ! Mais de la logique économique…
    Du bon sens (donc l’inverse de la politique).

  19. « des lumières et des ombres » d’henri Alekan, une référence pour qui veut comprendre la lumière et qui fut directeur de la photo sur la belle et la bête.
    on peut voir dans ce livre qu’il n’a eut de cesse de s’inspirer de la peinture
    dans son travail.

  20. Le bon sens mon bon ami est une chose fort peu partagée et souvent bien mauvaise conseillère.
    Un exemple:
    Aaah il a commis un crime, vite vite tuons-le pour qu’il évite la récidive ! Bon et on fait quoi quand on se rend compte qu’en fait ben non il ne l’avait pas commis ce crime?
    Et il y aurait bien d’autres exemples.
    Quant à la logique économique, elle est intéressante, nécessaire, mais de régler sa vie sur son rythme, c’est avoir une vision bien triste de l’Humanité, une vision nullement épanouissante.
    Tiens pour revenir (un peu) à ce billet, l’Art… tu t’imagines si on appliquait la logique économique à ce domaine… Quelle tristesse ce serait !

  21. ahah ! Mais la logique économique s’applique à l’Art a 100%…
    C’est bien peu connaitre l’histoire de l’Art, que l’ignorer… Si Van Gogh ne vendait aucun de ses tableaux il aurait été contraint de faire un autre métier et de s’arrêter de peindre. Même dans la misère, il vivait (mal) de son Art.
    Michel Ange était un peintre « officiel », qui travaillait sur commande…
    Bref, pas d’Art sans logique économique ! ce n’est pas parceque beaucoup d’artistes vivaient dans la misère qu’ils échappaient à la logique économique et à un certain « réalisme ».

  22. Pour info, Vincent van Gogh n’a vendu qu’un seul tableau de son vivant : « Vignoble Rouge à Arles », vendu à Anna Boch 350 francs.

  23. Oui, mais il avait la motivation de gagner sa vie grâce à sa peinture… (sans y parvenir totalement, mais ce n’est pas faute d’avoir essayé).
    Même chez Vincent Van Gogh, il n’y a donc pas d’Art sans logique économique. Mais si ! Puisque sa motivation était « d’en vivre », ce qui est la définition même de « l’économie » (s’enrichir pour assurer sa survie)…
    Van Gogh a d’ailleurs reçu le soutien « matériel » du docteur Gachet… Une sorte de sponsoring « économique » :
    http://www.musee-orsay.fr/fr/collections/oeuvres-commentees/recherche/commentaire/commentaire_id/le-docteur-paul-gachet-435.html?no_cache=1
     » Spécialisé en psychiatrie, le praticien aida de son mieux Vincent à vaincre ses angoisses tout en lui offrant un confort matériel propice à l’épanouissement.  »

  24. Il vivait pour peindre, mais on ne peut en aucun cas dire qu’il vivait de sa peinture.
    De même, il n’a jamais peint un tableau avec pour problématique de plaire au spectateur, pour que le tableau puisse être vendu par son frère Théo.
    Il a survécu grâce aux aides financières de son frère, ainsi que de quelques amis (dont le docteur Gachet).
    Il vivait dans son monde et ne cherchait pas à s’adapter au monde qui l’entourait, c’est la raison pour laquelle son œuvre est en total décalage avec les courants esthétiques de l’époque, et ce, pour notre notre plus grand plaisir aujourd’hui.

  25. Tu te laisses emporter par cette logique économique que tu veux voir partout.
    Bien sûr que bien des artistes ont créé des chefs d’oeuvre suite à une commande ou parce qu’ils étaient officiels. Mais comme le souligne Murier, il y a une grosse différence entre vivre pour son art et vivre de son art.
    La logique économique que je pointe du doigt c’est celle qui veut qui voit le profit, la réussite économique comme seul critère de réussite. Et bien non… ce n’est pas parce qu’une photo, un tableau, une sculpture est vendu des millions que cela signifie que c’est une oeuvre d’art…

  26. Quand je parle de logique économique… je ne pense pas forcément au rêve de faire fortune !
    Mais simplement de parvenir à « vivre de son Art »… ce qui est le but de la plupart des Artistes, qui ne veulent rien faire d’autre que leur Art.
    D’ou la logique économique, tous les artistes sont contraints un jour ou l’autre de faire quelques compromis, pour vivre.
    Pour les uns, c’est avoir deux boulots (et rester libre de créer)… Logique économique !
    Pour les autres, c’est de créer un Art, qu’ils parviennent à vendre ! Logique économique !

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