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Test Terrain du Canon EOS 6D au Japon (partie 2/4)

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Suite de notre test terrain du Canon EOS 6D au Japon. Vous pouvez accéder à tous nos tests terrains ici et à la catégorie compacts experts ici.

 



 

… partie 2 sur 4 :

Equipements, le minimum vital  –  A de nombreuses reprises lors de notre périple entre Osaka, Kyoto et Tokyo, j’ai regretté l’absence d’un petit flash embarqué sur le Canon EOS 6D. D’autant plus regrettable que l’EOS 6D est destiné à des photographes amateurs, se « saignant » déjà pour passer le cap du full frame. Une déception pour moi, qui ai longtemps été utilisateur d’EOS à deux chiffres (de l’EOS 10D, à l’EOS 60D) et de Nikon à trois chiffres (du D200 au D800)… Tous équipés d’un flash !

Dire que j’espérais l’arrivée d’un flash sur un EOS full frame, depuis l’EOS 5D de 2005. Autre déception, la synchro flash descend à 1/180 sec (face aux 1/200 sec du D600). Dans les deux cas, ce n’est pas spécialement rapide si vous souhaitez faire du fill-in en plein jour.

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D’une façon générale Canon a élagué la fiche technique du 6D dans à peu près tous les domaines. Pas de sortie casque pour les vidéastes par exemple (mais je suppose que les passionnés de vidéo préfèrent utiliser un enregistreur externe). L’EOS 6D ne grimpe pas au delà du 1/4000 (comme le D600). Mais il se trouve que je n’ai jamais eu besoin d’aller au delà, même à contre jour… Pas trop grave, d’autant que l’EOS 6D peut descendre à 50 ISO (comme le D600).

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L’EOS 6D ne possède qu’un emplacement SD. Contre deux SD pour le D600. Et un binôme SD+CF pour l’EOS 5D MkIII. En pratique, ça ne m’a jamais gêné, prévoyez juste des cartes en réserve… Précisons que la question est moins vitale avec cet EOS 6D de 20 Mpix seulement (dont les RAW pèse environ 21 Mo), qu’avec les 24 Mpix du D600, ou les 36 Mpix du D800 (dont les RAW dépassent 33 Mo).

Rappelons que l’EOS 6D propose deux tailles de RAW inférieures (comme tous les EOS sauf en entrée de gamme). Si vous optez pour une taille réduite, le piège est d’oublier de revenir en résolution maximale (un classique). C’est pour ça que j’évite cette option…

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Quartier de Shinjuku à Tokyo. En ville, j’ai beaucoup aimé travailler avec le petit EF 24 mm f/2.8 L IS : léger, discret et spécialement efficace sur l’EOS 6D. Un duo d’enfer, on en redemande ! Les amateurs de grand-angle attendent le même, en 18 mm et en dessous des 1000 € SVP…

Priorité Ouverture – 1/640 sec – f/6,3 – 100 ISO – Au 24 mm, avec l’EF 24 mm f/2.8 L IS USM.

 

 


Qualité d’image, exceptionnelle  –  Après un mois au Japon et près de 10.000 images réalisées avec l’EOS 6D, ma conclusion est que l’EOS 6D expose à la perfection. Pourtant, les sujets difficiles n’ont pas manqué dans les temples, ou dans les villes comme Tokyo et Osaka, avec des contrastes extrêmement forts entre les buidings, dans les passages sous terrains…

Les villes Japonaises sont très photogéniques, un peu comme des décors de Blade Runner avec un empilement de couches : sous-sol, rues, métros, échangeurs… Un cauchemar urbain et un rêve de photographe ! Nous avons eu des journées de beau temps glacial, avec un air très sec qui créait de magnifiques lumières contrastées et des ombres très denses…

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PHOTO n° :  vignette page de droite

Autre ambiance à Tokyo, dans le quartier de l’électronique Hakihabara (Electric City). L’EOS 6D est sensiblement plus léger et discret que son grand frère l’EOS 5D MkIII, un atout évident en « street photography ». C’est la première qualité que j’attendais d’un second boîtier Full frame, une caractéristique qui jouera certainement en sa faveur auprès des photographes voyageurs.

Priorité Ouverture. 1/250 sec. f/5,6. 800 ISO. Au 105 mm avec EF 24-105 mm f/4 L IS USM.

 

Par exemple lors de notre visite du cimetière millénaire de Kyoasan, ou les cèdres laissaient filtrer des taches de lumière dans l’obscurité. La mesure d’exposition s’est révélée sans faille. Elle s’appuie sur un module à 63 zones (commun à l’EOS 5D MkIII, l’EOS 60D et l’EOS 7D), plus sophistiquée que celui du prédécesseur l’EOS 5D MkII, qui s’en sortait déjà honorablement. On profite d’une correction d’exposition sur +/- 5 diaph, très pratique pour la photo créative (contre jours très denses) et évite d’avoir recours au Mode M trop souvent. Je l’ai beaucoup utilisé.

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La qualité d’image est excellente en RAW comme en JPEG, avec une très bonne dynamique (en progrès face à l’EOS 5D MkII). L’accentuation peut être poussée assez loin dans Lightroom 4.3. J’ai trouvé la colorimétrie spécialement agréable, ma préférence va au Picture Style Fidèle, que l’on ne trouve que chez Canon (vous trouverez une « émulation » de ce Picture Style dans Lightroom 4.3).

Même particulièrement sur ou sous exposées, les fichiers RAW en gardent sous le pied. Ils autorisent d’importantes corrections en post traitement, sans perdre trop de leur naturel.

Les adeptes du JPEG apprécieront le Mode Haute lumière, toujours très efficace (mais en RAW vous n’en profiterez qu’en utilisant Canon DPP fourni gratuitement avec l’appareil, car Lightroom ne sait pas le décoder)… Les performances en hautes sensibilités m’ont paru exceptionnelles. Des progrès ont même été réalisés depuis l’EOS 5D mkIII.

Il est possible d’utiliser l’EOS 6D sans inquiétude jusqu’à 3200, ou 6400 ISO. Le lissage du bruit dans Lightroom, se fera en conservant suffisamment de détails pour réaliser des tirages A3. Au delà de 6400 ISO le bruit s’affirme progressivement, toutefois les résultats restent supérieurs à ceux de tous les appareils que j’ai pu essayer précédemment.

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Autofocus, du très bon et du moins bon  –  Les utilisateurs venant d’un EOS plus ancien (EOS 5D MkII pour moi), seront globalement satisfaits de la vélocité de l’AF de l’EOS 6D. Avec quelques nuances, mais rien de rédhibitoire car le collimateur central est très réactif et s’avère hyper efficace en ambiance nocturne (- 3 IL). Il surclasse même le Nikon D600 et l’EOS 5D MkIII dans ce cas très particulier. Donc, ne pas hésiter à sélectionner le collimateur central uniquement, ou à le pointer sur la zone à mettre au point (par exemple en mémorisant le point en One-shot)…

C’est ce que j’ai fait, pour traquer de nuit les silhouettes fugitives des Gaisha et des Maikos dans le quartier de Gion. Les petites rues y sont peu éclairées par les lanternes rouges des maisons de thé, ou l’on pratique le commerce de l’eau… Une expression, qui n’a aucun rapport avec l’eau, ni avec le thé.

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Les 10 collimateurs latéraux sont moins convaincants et toujours trop centrés. J’ai cru ressentir l’absence des collimateurs invisible de l’EOS 5D MkII, lors du suivi latéral de sujets en Mode AI Servo. Comme sur le précédant EOS 5D MkII, cet AF à 11 collimateurs est issu de l’ancestral AF des reflex APS-C… On est déçu de ne pas profiter d’un AF « nouvelle génération », décliné de l’EOS 5D MkIII.

On ne dispose pas davantage des menus de personnalisation avancés d’AF, qui s’avèrent efficaces sur l’EOS 5D MkIII (mais assez complexes pour les amateurs). C’est le second rapproche que je ferais à l’EOS 6D, après l’absence de flash. Je suppose que Canon n’a pas voulu cannibaliser son EOS 5D MkIII.

En pratique l’AF de l’EOS 6D ne m’a pas posé de problèmes, il faut apprendre à connaître ses forces et limites. Détail idiot, lorsque l’on presse du pouce le bouton de sélection des collimateurs AF, ceux-ci ne sont plus dessinés sur l’écran monochrome. Dommage, car je me servais de cet affichage depuis les années 90 et mes EOS argentiques. Dorénavant il faut porter le viseur à hauteur d’œil, ou visualiser les collimateurs sur l’écran arrière, ce qui est moins pratique.

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Lors de la bascule verticale horizontale, l’EOS 6D se rappel de la précédente position des collimateurs sélectionnés, comme l’EOS 5D MkIII. C’est génial !

Par exemple pour les portraits : basculez en vertical et vous retrouvez un seul collimateur décentré vers le haut… Revenez en cadrage horizontal et vous retrouvez votre réglage habituel. Une pression sur la touche SET permet de passer de la sélection auto des collimateurs, à la sélection du collimateur central.

L’EOS 6D dispose comme les EOS pro, de la correction de décalage AF (globalement, ou par optique). Et les collimateurs AF permettent d’afficher dans le viseur un niveau latéral…

Dommage que l’AF vidéo et Live View reste toujours aussi inutilisable en pratique. Années après années les progrès se font attendre… Mais cela ne généra que ceux qui se sont trompés en choisissant un reflex, alors qu’ils voulaient un caméscope. Les vidéastes se passent d’AF et utilisent des techniques plus professionnelles (et plus encombrantes).

 

Lire la suite ici :  Canon EOS 6D au Japon : Partie 3.


Lire aussi à propos de Canon : 

  • Canon S90 et viseur externe, l’astuce qui tue !
  • Deux petits accessoires utiles pour le Canon S90.
  • Test terrain : Canon G10 au Costa Rica (en attendant le G11).

 


 

 

 

Ecrire des articles de fond (test terrain) prend énormément de temps… Mais c’est ceux-là qui vous intéressent le plus (et moi aussi). Je ne sais combien de temps je pourrais continuer à enrichir ce blog (qui existe depuis plus de 10 ans) sans rémunération directe. En effet, depuis que le Mensuel Déclic Photo a disparu, l’écriture des « tests terrain » n’est plus financée en quelque sorte).

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6 commentaires

  1. Il est vrai que lorsque j’ai décidé de passer au full frame, j’ai eu la possibilité d’en profiter pour changer de marque, car j’ai eu la mauvaise idée d’acheter un parc d’optiques Dx pour équiper mon D7000 (matos revendu depuis)
    J’ai longtemps hésité entre un 6D ou un D600 (les autres marques étant éliminées d’office à cause d’un parc d’optiques insuffisant, d’EFV disqualifiant ou de caractéristiques techniques inférieures)
    Je préférais le rendu des couleurs du Canon, mais la dynamique Nikon.
    Pour les autres caractéristiques, rien de disqualifiant de part et d’autre, sauf, sauf… Le petit flash embarqué du Nikon ; n’étant pas maqué avec aucune marque, je serais facilement passé chez Canon, si ce 6D avait eu un flash.
    Je suis donc resté Nikon et maintenant équipé d’optique Fx, je le resterai jusqu’au jour il y aura un réel gap avec un autre marque.
    Surtout que la dernière mise à jour du firmware du D600, m’a rendu les couleurs naturelles des photos (que je n’ai plus à corriger systématiquement sous LR)

  2. Hello ! ça m’étonnerais un peu… Car c’est assez constant d’un modèle à l’autre.
    Etes-vous certain que ce n’est pas votre écran de PC, qui ne serait pas calibré ?
    Avez-vous vérifié l’histogramme de vos images un peu dense ?
    Qu’indique l’histogramme ?
    Et par rapport à quel boîtier par exemple, vous basez-vous ?

  3. Merci pour la réponse
    En fait sur le boitier l’histogramme est souvent décalé à gauche avec une partie vide à droite.
    les résultats sont mieux en mesure centrale pondérée.
    Mais en regardant les forums il semble que je ne sois pas le seul.

  4. Souvent comment ?
    Une fois sur 10 ?
    Une fois sur 20 ?
    A peu près ?
    Vous n’avez pas de correction d’expo qui traine par hasard ? Vous pouvez le vérifieur dans Lightroom…

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