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Test terrain du Fuji X10 – Partie 2

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Les Fuji X100s et X20 viennent d’être annoncés. L’occasion de relire notre test du Fuji X100 (ici en 4 parties) et du petit X10 ci-dessous. Avant de craquer ? 



… partie 2 sur 3 :

AVERTISSEMENT : TEST REALISE DEBUT 2012. IL NE TIENT PAS COMPTE DES PROGRES REALISES PAR D’AUTRES COMPACTS PAR LA SUITE (NOTAMENT SONY RX100 (relire notre test terrain), CANON S110, FUJI XF-1). 

Qualité d’image en RAW

Le capteur CMOS 12 Mpix du X10 mesure 8,8 x 6,6 mm (2/3 de pouce). Alors que celui du G12 est de 1/1,7 pouces. Cette différence est négligeable mais le G12 est resté en technologie CCD, sensée être moins performante. Il faudrait donc plutôt comparer le X10 au Canon S100, lui aussi équipé d’un CMOS 12 Mpix.

Les JPEG produits par le Fuji X10 m’ont semblé excellents, le capteur profite d’une excellente dynamique et encaisse très bien les hautes lumières. Pas de soucis…

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Par contre les RAW du X10 développés dans Lightroom souffrent d’un effet « peau d’orange », très perceptible dès 100 ISO. Inexistant sur les JPEG issus de l’appareil, ce grain n’est pas moche et fait penser à du grain argentique. Mais, il « bouffe » tous les fins détails et empêche toute augmentation de la netteté…

L’image RAW dans Lightroom restera donc obligatoirement « douce »… Trop douce à mon goût et c’est dommage, car le piqué de l’objectif permettrait sans doute mieux…

Ce moutonnement restera invisible sur un tirage A4 et sera peu gênant à 50% (affichage recommandé pour vérifier si la netteté est suffisante)… Mais il semblera excessif sur un tirage plus grand, ainsi qu’à 100% (affichage utilisé seulement pour s’assurer que la netteté et le bruit ne sont pas excessifs). Etrangement, ce moutonnement n’augmente pas vraiment avec la sensibilité, ce qui m’intrigue d’autant plus quand à son origine… Les développeurs d’Adobe auraient-ils bâclé le travail, ou auraient-ils butté sur une spécificité propre à ce capteur ?

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C’est frustrant, car dans le même temps Lightroom excelle à développer les RAW du Canon S100… Je crains malheureusement qu’aucune amélioration du dématriçage ne soit à espérer à moyen terme, un gros problème pour ceux qui refusent de travailler en JPEG… Et qui sont encore moins disposé à utiliser un autre logiciel que Lightroom (on change plus facilement d’appareil que de logiciel) ; d’autant que Sylkipix livré par Fuji n’est pas engageant (mais alors pas du tout)…

 


Dans le même goût, le Fuji X10 propose les habituels styles d’image Fuji (films Velvia, Provia, ect), mais vous ne pourrez en profiter qu’en JPEG, ou en RAW dans Sylkipix. Car Adobe n’a en effet pas encore émulé leur rendu dans l’onglet profile, ou l’on trouve habituellement l’émulation des « Styles d’images » Canon et « Picture Controls » Nikon…

 




Mesure et exposition

Le pilotage de la sensibilité (100 à 3200 ISO) est aisé par la touche Fn, accessible de l’index et légèrement en relief. Comment d’autres constructeurs osent-ils nous faire encore passer par les menus ? On s’habitue aux réglages d’ouverture et de vitesse via les deux molettes arrière, qui sont un peu trop petites… On dispose d’une touche AEL-AFL configurable sous le pouce, dont certains ne peuvent se passer. La mesure TTL sur 256 zones ne m’a jamais posé de problème, je l’ai testé dans des conditions variées : plage de sable blanc, intérieurs, mer, soirées, flash…

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Le design du Fuji X10 est agréable et conserve une certaine neutralité grâce à l’absence de logo en façade… L’ergonomie est surprenante, mais Fuji imprime un vrai manuel, lorsque d’autres se contentent d’un CD-ROM. Pour ma part, j’ai apprécié surtout la bague de zoom manuelle et le viseur, avec lequel on se surprend à viser sans déclencher, juste par plaisir ! L’avantage d’un viseur optique est de rester disponible à tout moment. Ainsi les quelques instants nécessaires à l’allumage, sont mis à profit pour préparer le cadrage. Mode manuel – 1/950 sec – f/7,1 – 100 ISO – 28 mm.

 

A noter que la vitesse maxi monte au 1/4000 sec en Mode Manuel et en Priorité Vitesse, ce qui est mieux qu’avec beaucoup de compacts et permet d’utiliser la plus grande ouverture par forte luminosité.

Par contre la vitesse maximale sera limitée à 1/1000em en Priorité Ouverture, ce qui est surprenant… Je n’ai pas trouvé de filtre gris neutre logiciel, pourtant si utile sur les compacts et présent sur les Canon, Olympus et Nikon… Mais on pourra utiliser un filtre physique, après avoir investi dans le coûteux pare-soleil LH-X10. Possibilité interdite à de nombreux compacts…

Autre surprise, le  Mode P n’est pas décalable lorsque ISO et Plage Dynamique sont sur Auto… Je me suis beaucoup énervé avec ça et c’est finalement en lisant le Manuel, que j’ai trouvé la réponse… Un exemple des petites incohérences ergonomiques typique de Fuji. Il n’est vraiment pas normal de devoir recourir à un manuel, pour un si petit détail.

 




Flash capricieux
 

Le petit flash qui sort à la demande grâce à un bouton poussoir est un plus très appréciable. C’est beaucoup plus rapide que le bouton flash des Canon S100 et G12, donnant accès à un menu flash… Mais j’ai trouvé son éclair un peu timide. Heureusement, une griffe standard accueillera éventuellement deux modèles Fuji : les EF-20 et EF-42.

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Le X10 ne propose qu’une correction de puissance du flash de plus ou moins 2/3, seulement accessible par les menus ! Je me suis encore énervé avec le bouton flash du trèfle arrière, qui était parfois désactivé sans raison… Un bug, heureusement corrigé après la mise à jour en Firmware 1.0.3. Attention, le flash ne se déclenchera plus (du tout), si vous activez la prise de vue en rafale lente, ou moyenne (menu Drive). Je me suis longtemps demandé pourquoi, d’autant qu’aucun message d’avertissement n’est délivré. Je vous conseil de rester en vue par vue…

Dans les Modes M et S, le bouton des options de flash reste inactif. Dans les autres modes on ne disposera que de rares options, variables selon les modes c’est un peu déstabilisant : Auto, flash forcé, flash synchro lente…

Mais pas de déclenchement au second rideau, on n’est frappé par ce genre de chose qu’en faisant un « test terrain ».

Le pilotage du flash est donc un peu décevant sur le X10. L’utilisation du flash est pourtant vitale sur un compact, par exemple lorsqu’on vous demande de photographier une réunion de famille. Un compact sert aussi à prendre ce genre de photos, pour lesquelles vous avez la flemme de transporter ou de sortir votre reflex.

 




Rafales et Autofocus

Si le déclenchement est plutôt réactif globalement, j’ai trouvé l’AF à 49 zones moyennement impressionnant dans certains cas. La présence d’un vrai bouton pour choisir le type d’AF (Continu, Single ou Manuel) est appréciable (aux antipodes de l’ergonomie décevante d’un Nikon V1). Il évite de se perdre dans le dédale des menus, qui sont spécialement pénibles chez Fuji.

J’ai principalement utilisé l’AF Single (Mémorisation du point par le déclencheur). Avec le Mode de sélection de Zone AF Automatique (priorité au sujet le plus proche), qui donne satisfaction. A noter que la détection des visages fonctionne bien…

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La batterie de 1.000 mAh ne tient que 200 à 300 images, soit une grosse demie journée intensive. Mieux vaut investir dans une seconde batterie, d’autant que la jauge est peu précise. Mais il existe une position économie d’énergie et surtout, on pourra éteindre l’écran en permanence pour travailler exclusivement au viseur, comme à l’époque argentique ! Une expérience très intéressante, que tous les photographes devraient tenter un jour…

 

Le pilotage de la mise au point manuelle est moins démultiplié que sur le X100, ce qui le rend plus agréable. L’écran affiche une astucieuse échelle de distance, précisant la zone de profondeur de champs en fonction de l’ouverture. Cela permet éventuellement aux connaisseurs de travailler à l’hyperfocale, en se passant d’AF. On pilotera la distance en utilisant la molette inférieur (celle qui cerne le bouton Menu / OK), ce qui active l’affichage d’une loupe en plein écran…

Une bague d’objectif manuelle aurait été appréciable, je serais prêt à dépenser 100 à 200 € de plus pour cela. Le bouton AF à gauche de l’écran ne sert alors qu’à déplacer la loupe. Alors que les paramètres de prise de vue seront pilotés par la molette supérieure cliquable. En mise au point Manuelle et Exposition Manuel, un clic sur la molette supérieure alterne Vitesse et Ouverture (comme avec une souris à molette clicable).

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Les rafales montent à 7 im/sec sur 8 vues. Peu utile, car malheureusement le X10 reste ensuite bloqué de longues secondes pour digérer les RAW… Dans le Menu Drive (dédié à la cadence), le Mode de Déclenchement Vue par vue se nomme « Photo », il fallait deviner ! On s’étonnera aussi de découvrir le Menu Bracketing dans ce Menu Drive… On ne comprendra qu’en déclenchant, car le X10 lance une rafle de trois images (impossible de bracketer à son rythme).

 




Ergonomie perfectible

Nombre de tracasseries qui m’avaient gâché le plaisir d’utiliser le Fuji X100, ont étés corrigées sur le X10… Mais pourquoi diable ne l’avaient-elles pas étés dès le début ? En 2012, il n’est pas raisonnable de vendre des appareils en version ßeta ! 

D’une façon générale, l’allumage du X10 reste trop long (2,5 sec). Il existe un mode Démarrage rapide (1,5 sec), mais on ne sait pas ce que l’on perd… Autonomie ?

La mise sous tension par rotation de l’objectif plaira certainement, pour ma part je suis partagé, car elle oblige à enlever le bouchon d’objectif. Hors il m’arrive d’allumer l’appareil pour visualiser des images ou explorer les menus. J’aurais donc apprécié un bouton On-Off classique accessible de l’index près du déclencheur… On peut au moins accéder à la lecture des images, grâce à une pression longue de 3 sec sur la touche play. 

La molette de correction d’expo ne propose que + ou – 2 diaph de correction, ce qui n’est pas assez à mon goût. Mais au moins tient-elle bien en place, tout comme que le bouchon d’objectif. Mais il est dommage que celui-ci ne se fixe, que si l’objectif est rentré ce qui oblige à éteindre l’appareil. Il devrait tenir en place dans toutes les positions de l’objectif, en s’accrochant sur l’avant de l’objectif grâce à des cliquets, comme un bouchon de reflex.

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Le X10 peut se montrer parfaitement silencieux après à un appui long (3 sec) sur la touche Disp / Back, qui coupe le son et le flash… On réglera le son et le volume du déclenchement à sa guise, trois sons au choix, via les Menus. Les plus confirmés ne manqueront pas de mémoriser leurs configurations préférées en position C1 et C2 de la molette des modes, comme sur un reflex.

 




Ecran fixe et vidéo

L’écran LCD de 7,11 cm (2,8 pouces) n’affiche que 460.000 points ce qui n’a rien d’exceptionnel par rapport à d’autres APN. Il est assez agréable et son rendu est plus doux et plus réaliste (à vue de nez) que celui du Canon S100.

J’ai regretté que cet écran ne soit pas orientable, notamment en réalisant des images d’architecture.

J’aurais sans problème accepté quelques dizaines de gramme supplémentaires, afin de bénéficier de l’articulation du G12, ou du G1 X, qui invitent à adopter des points de vues différents, en plongée ou contre plongée. Lors d’un test terrain du Canon G12, j’avais pu vérifier à quel point un écran orientable n’est pas un gadget !

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Le viseur du X10 est dépourvu d’indication (défaut corrigé sur le X-20), mais une diode de confirmation d’AF (peu utile) reste visible du coin de l’œil. Les plus expérimentés ne seront pas gênés par cette façon de travailler à l’aveugle car ils savent si leurs réglages sont « à la louche » adaptés à la scène. De temps à autre, il leur suffira de jeter un coup d’œil rapide à une image, ou au barre graphe de l’écran. Certains débutants seront par contre déstabilisé par ce viseur et ressentiront le besoin de leurs images à chaque fois, ce qui les empêche de travailler vite… Priorité ouverture – 1/680 sec – f/4,5 – 100 ISO – 28 mm.

 

Un petit mot sur la vidéo, en Full HD 1080p, à la cadence de 30 im/sec, le standard minimum en 2012. Peu de réglages sont disponibles, à l’exception de la correction manuelle d’exposition. Le bruit de l’AF est audible sur la vidéo mais on pourra désactiver l’AF et préparer sa mise au point à l’hyperfocale… Le son est enregistré en stéréo par deux micro, mais il manque une prise micro externe.

Il manque aussi l’habituel bouton rouge servant à déclencher rapidement la vidéo, quelque soit le Mode de prise de vue… Au lieu de cela, il faut tourner la molette des modes en position vidéo, ce X10 n’intéressera donc pas spécialement les vidéastes…

 




Menus décevants

Si vous n’avez pas fait la mise à jour du Firmware en 1.03, vous constaterez que les réglages de sensibilité restent « attachés » au Mode choisi, ce qui m’avait déjà énervé sur le X100… Exemple : si en plein jour vous réglez 100 ISO en Priorité Vitesse et qu’il vous vient l’envie de travailler en Priorité Ouverture, vous risquez de vous retrouver à 1600 ISO… Parce que vous aviez utilisé cette sensibilité la veille dans ce mode là… Il faudra s’en souvenir.

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Heureusement, le firmware 1.03, corrige ce défaut. Il est aussi sensé corriger certaines anomalies constatées sur les reflets spéculaires (taches blanches, effet « Bloming »). Mais j’ai pourtant constaté la persistance du problème après la mise jour. A ce propos, Fuji a communiqué sur un éventuel nouveau capteur qui équipera les prochains X10. Détails sur macandphoto.com.

Pour savoir quelle est la version de votre firmware, il faut appuyer sur la touche DISP BACK, pendant que vous allumez l’appareil. J’ai vainement cherché cette information dans les menus, comme c’est le cas traditionnellement chez d’autres marques… Mais sur un Fuji, rien ne semble se passer comme ailleurs !

Les menus ont progressé par rapport à ceux du X100 (commercialisé en quasi version beta), mais ils restent denses, vieillots et confus… Au moins, lorsque l’on appui sur la touche Menu, le X10 revient-il systématiquement au dernier Menu de Prise de vue exploré. Ce qui permet de tester rapidement toutes les options. Ajoutons que la revue des images est peu pratique… 

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Autre carton rouge à l’affichage écran systématique et horripilant d’une Molette des modes virtuelle, lors de chaque réglage de la Molette physique (qui est par ailleurs pratique). On n’était pas embêté par ça sur le X100… Cet affichage énervant bloque la visée de longues secondes, vous obligeant à titiller le déclencheur pour le faire disparaître. Quand on dispose d’une molette des modes « physique », je ne vois pas l’intérêt d’afficher une molette des modes virtuelle !

A suivre :  Partie 3. 

 


 


 

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Un commentaire

  1. Philippe Dolbeau le

    Bonjour,

    Je suis possesseur d’un Canon EOS 300D âgé de 8 ans maintenant. Toujours vaillant envers son utilisateur toujours aussi novice, n’ayant pas tout compris des réglages de prises de vues. Actuellement je suis en pleine recherche d’un bon numérique ayant une esthétique rappelant l’argentique et non fabriqué en Chine. Je suis adepte du viseur et mon 300D me maintient dans cet pratique. Je garde mon Canon et j’attends un Fujifilm X10 acheté 260 euros (frais d’envoi compris). J’attends de lui un autre discours sur la photo, d’autres découvertes que celles d’un réflex. Vos articles me donnent l’ambition d’apprécier cet appareil et j’ai d´couvert un autre article tout aussi motivant : http://rayonsdecoulhdr.canalblog.com/archives/2011/11/20/22712883.html.

     

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