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Retour aux sources, la voix d’Henri Cartier-Bresson

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Allez ! Oublions cinq minutes les megapixels, le bokeh ( ! ), le dematriçage et autres déhixoteries… Pour écouter la voix de Henri Cartier Bresson illustrée de photos grâce à ce petit film réalisé en 1973…

Et après 18 minutes passionnantes, demandons-nous une fois de plus : qu’est-ce qu’une photo intéressante ? Je préfère d’ailleurs parler de photos intéressantes, plutôt que de me risquer à parler de belles photos, car la  » beauté  » c’est si subjectif… A quoi pourrait donc bien servir une photo intéressante ? En quoi pourrait-elle intéresser un jour nos descendants ? Ou pas… Et pourquoi faisons-nous toujours des photos, alors qu’il est devenu presque aussi simple de faire des vidéos aujourd’hui ? Notre fascination pour les photos demeure un mystère…

Pourtant, à l’heure ou l’abondance d’images nous submerge, je crois que nous devrions être de plus en plus sélectifs avec nos propres images, au risque de provoquer l’écoeurement chez ceux qui les reçoivent (trop de bokeh, tue le bokeh comme nous l’avons vu précédemment ;-)

La tentation d’en montrer trop nous guète. J’en suis victime moi aussi, car balancer une galerie de 300 images sur le net est si facile. Je crois avoir lu quelque part que 95% du contenu posté sur les réseaux sociaux, ne serait vu par personne ! Qu’en est-il des galeries photos… Si l’on devait tirer une leçon de ce film et de la parole de Cartier Bresson, c’est je crois, que nous devrions limiter à quelques dizaines, le nombre d’image que chaque photographe dévoile à l’extérieur. Voeu pieux : le genre de bonne résolution qu’on prend généralement au mois de janvier…

Sélectionner serré, implique un risque élevé de se tromper d’images évidement : un risque de choisir le moyen, en passant à côté du bon… Mais c’est un risque à prendre, car ce n’est pas au public de faire le tri. Face à une avalanche de photo, on zape, on prend la fuite et on ne regarde rien du tout ! Tout l’art du photographe est donc de choisir. C’est aussi important que la prise de vue, c’est 50% du boulot… Et c’est de là d’ailleurs, que me vient cette passion pour les logiciels de catalogage. Mais le drame, c’est le temps qui nous file entre les doigts.

Il arrive que des mois passent, avant que je ne trouve le temps de trier, de sélectionner et d’exploiter la dizaine d’image à retenir d’un reportage… Parfois je me rassure en me disant que c’est mieux ainsi : on a un « oeil neuf » et l’on est beaucoup plus sélectif en se replongeant dans un reportage longtemps après.

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14 commentaires

  1. JF fait de la « contre programation » ! au moment ou l’on attend tous les nouveautés d’Apple…
    Tu me dira j’ai bien aimé ce film et ton point de vue.

  2. Une ou deux fois par an j’effectue cet élagage… Et supprime, par exemple pour les shoots des concerts, en ne conservant que 10 ou 30 photos. Mais c’est un tri important pour la qualité de l’image que je veux véhiculer que je ne peux faire qu’avec du recul, beaucoup de recul…

  3. Super article, et super film
    Je suis 100% d’accord avec toi quand tu dis que se replonger dans une série photo quelques semaines après permet de procéder a un tri beaucoup plus pertinent, comme si en quelque sorte c’était une autre personne que celle ayant pris les photos qui triait.
    PS : j’écris ce message sur mon iPad pour la première fois et je suis littéralement bluffé par le clavier : je tape aussi vite que sur mon clavier ! Incroyable :)

  4. Autre temps, autre photographie.
    On est passé des années 60 ou l’appareil photo n’était pas démocratique et ou les gens vivaient libres sans Big Brother (flicage, caméra…).
    En 2011 90% des gens, enfants compris ont un apn dédié ou un smartphone avec caméra et le fait d’être pris en photo est une violation de sa vie privée sauf dans un rassemblement de rue.
    Et puis l’exotisme est devenu le même en bas de ta rue qu’au bout du monde. Big Brother.
    JF tu vas à l’autre bout du monde pour donner du sens à tes photos. Mais comme le rappel Cartier Bresson, le plus dur est de faire des images dans son quotidien, dans sa ville, quitte à utiliser une grande ouverture pour avoir de Bokeh.

  5. Prendre un bonne photo, c’est figer un événement ou une action particulière.
    Faire une photo c’est utiliser sa technique pour faire d’une action ordinaire un événement.
    C’est de moi et j’ai eu 7 au bac philo. On comprend mieux pourquoi.

  6. Après avoir couru après les millions de pixels de mon 5D MKII avec un 24-105 L qui va bien, je le délaisse de plus en plus au profit de mon Olympus OM1 (je précise je suis un amateur passionné).
    Je prend de plus en plus mon pied à le sortir et à l’utiliser car l’argentique procure vraiment des sensations différentes.
    L’appareil est un bel objet mécanique et donc dépourvu de tout stabilisateur ou options superflues, la pellicule est un film vivant qu’il faut acheter, stocker, prévoir le nombre de poses, rembobiner, re-dérouler…
    J’aime aussi l’avoir sur moi par toute occasion et ne plus passer pour un pro à cause du matos (il y a même des personnes que je croise qui sont étonnés de voir encore ce genre d’appareil photo …)
    Je pense qu’il faut effectivement se limiter dans le nombre de photos telle une discipline qui se faisait naturellement au temps de l’argentique à cause du nombre de poses des pellicules mais plus maintenant car les capacités de stockages des cartes CF /SD sont devenues presque infinies.
    Avec le numérique, on a plutôt tendance à prendre 3 ou 4 photos en rafale d’une scène en se disant qu’il y en a bien une qui sortira du lot et qui de toute façon sera lightroomisée voire photoshopée …
    Pour moi, l’argentique permet de revenir à une pratique simplifiée de la pratique photographique, de prendre le temps pour prendre LA photo et non pas plusieurs photos moyennes.
    Et enfin, ce qui est jouissif, c’est d’être obligé d’attendre le résultat final : la planche contact. La découvrir c’est comme un cadeau de noël en avance … Déçu ou agréablement surpris, l’argentique ne laisse jamais de marbre.

  7. Ça fait plaisir de voir que les commentaires du post sur le bokeh sont pris en compte avec brio. Cette vidéo est vraiment géniale, elle vaut pour moi toutes les expos que j’ai pu voir sur HCB.
    Merci Vibert

  8. Article très intéressant; Pour moi bien plus pertinent dans un combat pour la sauvegarde d’une démarche artistique recherchée, que cet article qui critiquait l’inculture à travers l’exemple du bokeh. Car connaissance (contrairement aux apparences) ne doit pas rimer avec condescendance…

  9. Bien sûr que cette vidéo est passionnante, mais ça ne vous choque pas de diffuser la copie illégale d’une oeuvre copyrightée ?
    Vous êtes très à cheval sur le respect des droits d’auteur (avec raison), il serait cohérent de respecter les propriétaires de cette vidéo, qui est manifestement sur Vimeo sans leur autorisation ni rémunération… Non ?
    (Merci pour votre blog que je scrute avec grand intérêt chaque jour.)

  10. Bonjour. C’est légalement la responsabilité de Vimeo je crois…
    Bonjour.
    Du moment que c’est chez eux, et que le bouton « intégrer » est disponible, je considère que ce n’est pas mon problème… Car la vidéo est chez Vimeo pas chez moi.
    La vidéo que vous voyez sur mon site est un iframe : une petit bout de Vimeo qui s’affiche dans un cadre chez moi.
    Avant de mettre un film sur vimeo vous devez en avoir le droit. Peut-être est-ce le cas d’ailleurs ? Peut-être pas…
    Si tel n’est pas le cas, c’est une question à régler entre Vimeo et la personne qui a posté.
    S’il décident de la retirer, elle disparaitra de mon site (ce qui prouve bien que c’est chez eux, pas chez moi).

  11. D’un certain point de vue, la vidéo contredit l’article: « la photo est un plaisir visuel » dit-il. Elle doit certes traduire d’un coup d’œil la situation d’un lieu(je paraphrase là) mais de ce que j’ai compris, Cartier Bresson explique bien qu’il cherche avant tout l’effet visuel, la géométrie, etc. Au final, ses images sont aussi dénuées de sens sauf qu’elles ont été prises il y a longtemps, et loin donc, comme il dit, c’est facile d’éblouir les gens !
    Que ce soit pour la culture, l’information, faire ses courses, il faut trier, comparer, sélectionner. On est abreuvés de tout, mais, il y a toujours moyen de trouver ce que l’on cherche. Donc ya pas de quoi s’alarmer !
    Alors Mônsieur Macandphoto.com, faites nous découvrir des photographes talentueux plutôt que critiquer ce qui facile à critiquer ! Ou bien, dans un exercice de style, expliquez nous pourquoi vous détester Cartier Bresson (vous avez 4 heures) ;)
    amicalement,
    zz

  12. J’aime beaucoup ce film et ce qu’il nous enseigne. Ceci dit, HCB me sort parfois par les trous de nez aussi. On ne doit pas déifier Cartier-Bresson et prendre tout ce qu’il a fait pour une production divine. Il y a de très, très grandes photos et d’autres qui sont floues, mal cadrées, parfois mêmes inintéressantes.

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